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וְקַבְעוּהָ בִּשְׁמֵיהּ. כִּי הֲוָה לָמַד, ״בֶּן זַכַּאי״ הֲוָה קָרֵי לֵיהּ, כְּתַלְמִיד הַיּוֹשֵׁב לִפְנֵי רַבּוֹ. כִּי הֲוָה לִימֵּד, הֲוָה קָרֵי לֵיהּ ״רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי״. כִּי קָרֵי לֵיהּ ״בֶּן זַכַּאי״ – עַל שֵׁם דְּמֵעִיקָּרָא, וְכִי קָרֵי לֵיהּ ״רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי״ – עַל שֵׁם דְּהַשְׁתָּא.
et Rabbi Yehuda HaNasi l’a établi dans la michna en son nom. Lorsqu’il étudiait, on l’appelait ben Zakkai, de la manière dont on appellerait un élève assis devant son maître, et lorsqu’il enseignait aux autres, on l’appelait Rabban Yoḥanan ben Zakkai. En ce qui concerne la baraita et la michna, lorsqu’on l’appelait ben Zakkai dans la Michna, c’était d’après le nom sous lequel il était appelé au début. Et lorsqu’on l’appelait Rabban Yoḥanan ben Zakkai dans l’autre baraita, c’était d’après le nom sous lequel il est appelé maintenant.
מַעֲשֶׂה וּבָדַק כּוּ׳. מָה בֵּין חֲקִירוֹת כּוּ׳. מַאי ״אֲפִילּוּ שְׁנַיִם אוֹמְרִים״? פְּשִׁיטָא! כִּי אָמַר אֶחָד ״אֵינִי יוֹדֵעַ״ – עֵדוּתָן קַיֶּימֶת, כִּי אָמְרִי בֵּי תְרֵי נָמֵי עֵדוּתָן קַיֶּימֶת!
§ La michna enseigne : Un incident s’est produit, et ben Zakkai a interrogé les témoins au sujet des tiges de figues. Quelle est la différence entre les interrogatoires et les examens ? Dans le cas des interrogatoires, si l’un des témoins dit : Je ne connais pas la réponse, leur témoignage est immédiatement annulé. Dans le cas des examens, si l’un dit : Je ne connais pas la réponse, et même si deux témoins disent : Nous ne connaissons pas la réponse, leur témoignage reste valable. La Guemara demande : Quel est le sens de : Même si deux disent ? N’est-ce pas évident ? La michna a déjà déclaré que lorsqu’un témoin dit : Je ne sais pas, leur témoignage reste valable, ce qui indique que la connaissance des réponses à ce type de questions n’est pas requise. En conséquence, lorsque deux témoins disent qu’ils ne savent pas, leur témoignage reste également valable. Quelle est la nouveauté de cette décision ?
אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: אַרֵישָׁא קָאֵי, וְהָכִי קָאָמַר: בַּחֲקִירוֹת, אֲפִילּוּ שְׁנַיִם אוֹמְרִים ״יָדַעְנוּ״ וְאֶחָד אוֹמֵר ״אֵינִי יוֹדֵעַ״ – עֵדוּתָן בְּטֵילָה. כְּמַאן? כְּרַבִּי עֲקִיבָא, דְּמַקֵּישׁ שְׁלֹשָׁה לִשְׁנַיִם.
Rav Sheshet a dit : Cette clause se réfère à la première clause de la michna, et voici ce qu’elle dit : En ce qui concerne les interrogatoires, même si deux témoins disent : Nous savons, et un témoin supplémentaire dit : Je ne sais pas, leur témoignage est invalide. Selon l’opinion de qui cette michna est-elle rédigée ? Conformément à l’opinion de Rabbi Akiva, qui compare dans toutes les procédures judiciaires trois témoins à deux, soutenant que, tout comme deux témoins doivent rendre un témoignage pleinement valable, il en va de même pour trois. Par conséquent, si le troisième témoin ne connaît pas la réponse à l’un des interrogatoires, le témoignage des trois est invalide.
אָמַר רָבָא: וְהָא ״עֵדוּתָן קַיֶּימֶת״ קָתָנֵי! אֶלָּא אָמַר רָבָא: הָכִי קָאָמַר: אֲפִילּוּ בַּחֲקִירוֹת, שְׁנַיִם אוֹמְרִים ״יָדַעְנוּ״ וְאֶחָד אוֹמֵר ״אֵינִי יוֹדֵעַ״ – עֵדוּתָן קַיֶּימֶת. כְּמַאן? דְּלָא כְּרַבִּי עֲקִיבָא.
Rava dit : Mais la michna enseigne : Leur témoignage est maintenu, et non : Leur témoignage est annulé. Au contraire, Rava a dit : C’est ce que la michna dit : Même en ce qui concerne les interrogatoires, si deux témoins disent : Nous savons, et un témoin dit : Je ne sais pas, leur témoignage est maintenu, car le tribunal accepte le témoignage des deux. Conformément à l’opinion de qui cette michna est-elle rédigée ? Pas conformément à l’opinion de Rabbi Akiva.
רַב כָּהֲנָא וְרַב סָפְרָא תָּנוּ סַנְהֶדְרִין בֵּי רַבָּה. פְּגַע בְּהוּ רָמֵי בַּר חָמָא. אֲמַר לְהוּ: מַאי אָמְרִיתוּ בַּהּ בְּסַנְהֶדְרִין דְּבֵי רַבָּה? אָמְרִי לֵיהּ: וּמַאי אָמְרִינַן בַּהּ בְּסַנְהֶדְרִין גְּרֵידְתָּא? וּמַאי קַשְׁיָא לָךְ?
La Guemara raconte : Rav Kahana et Rav Safra étudiaient le traité Sanhedrin dans l’école de Rabba. Rami bar Ḥama les rencontra. Rami bar Ḥama leur dit : Que dites-vous au sujet du traité Sanhedrin que vous avez étudié dans l’école de Rabba ? Rav Kahana et Rav Safra lui dirent : Et que disons-nous au sujet du traité ordinaire Sanhedrin ? Et qu’est-ce qui te pose difficulté ? As-tu une difficulté précise à laquelle tu voudrais une réponse ?
אֲמַר לְהוּ, מֵהָא דְּקָתָנֵי: מָה בֵּין חֲקִירוֹת לִבְדִיקוֹת? חֲקִירוֹת – אֶחָד אוֹמֵר ״אֵינִי יוֹדֵעַ״, עֵדוּתָן בְּטֵילָה, בְּדִיקוֹת – אָמַר אֶחָד ״אֵינִי יוֹדֵעַ״, וַאֲפִילּוּ שְׁנַיִם אוֹמְרִים ״אֵין אָנוּ יוֹדְעִים״, עֵדוּתָן קַיֶּימֶת. מִכְּדֵי, אִידֵּי וְאִידֵּי דְּאוֹרָיְיתָא הִיא, מַאי שְׁנָא חֲקִירוֹת וּמַאי שְׁנָא בְּדִיקוֹת?
Rami bar Ḥama leur dit : J’ai une difficulté à partir de ce qui est enseigné dans la michna : Quelle est la différence entre les interrogatoires et les examens ? Dans le cas des interrogatoires, si l’un des témoins dit : Je ne sais pas la réponse, leur témoignage est annulé immédiatement. Dans le cas des examens, si l’un dit : Je ne sais pas la réponse, et même si deux disent : Nous ne savons pas la réponse, leur témoignage reste valable. Rami bar Ḥama demande : Après tout, ce type de question et cet autre type de question sont requis par la loi de la Torah ; qu’est-ce qui distingue les interrogatoires et qu’est-ce qui distingue les examens ? Pourquoi y a-t-il une différence de halakha entre les deux ?
אָמְרִי לֵיהּ: הָכִי הַשְׁתָּא? בַּחֲקִירוֹת, אָמַר אֶחָד ״אֵינִי יוֹדֵעַ״ – עֵדוּתָן בְּטֵילָה, דְּהָוְיָא לַהּ עֵדוּת שֶׁאִי אַתָּה יָכוֹל לַהֲזִימָּהּ. בְּדִיקוֹת, אָמַר אֶחָד מֵהֶן ״אֵינִי יוֹדֵעַ״ – עֵדוּתָן קַיֶּימֶת, עֵדוּת שֶׁאַתָּה יָכוֹל לַהֲזִימָּהּ הוּא.
Rav Kahana et Rav Safra lui dirent : Comment peut-on comparer ces cas ? En ce qui concerne les interrogatoires, si un témoin dit : Je ne sais pas, leur témoignage est nul, car c’est un témoignage que vous ne pouvez pas rendre conspiratoire. Si les témoins n’indiquent pas un moment et un lieu précis, il n’y a aucun moyen pour d’autres témoins de prétendre que les premiers témoins étaient avec eux ailleurs au moment où ils affirment que l’événement s’est produit. En revanche, en ce qui concerne les examens, si l’un des témoins dit : Je ne sais pas, leur témoignage reste valable, car c’est un témoignage que vous pouvez rendre conspiratoire.
אֲמַר לְהוּ: אִי הָכִי אָמְרִיתוּ בַּהּ, טוּבָא אָמְרִיתוּ בַּהּ. אָמְרִי לֵיהּ: מִטֵּיבוּתֵיהּ דְּמָר אָמְרִינַן בַּהּ טוּבָא, מִנְּזִיהוּתֵיהּ דְּמָר לָא אָמְרִינַן בַּהּ וְלָא חֲדָא.
Rami bar Ḥama leur dit : Si vous avez dit une remarque pénétrante comme celle-ci au sujet de ce traité, vous en avez beaucoup dit. Rav Kahana et Rav Safra lui dirent : Grâce à la bonté du Maître, c’est-à-dire grâce à ta bonne volonté et à ton désir d’accepter notre réponse à ta question, nous en avons beaucoup dit. Mais face au reproche du Maître et à sa contestation nous ne dirions même pas une réponse à ce sujet, c’est-à-dire que, si tu avais voulu critiquer cette réponse, tu aurais pu la réfuter, et cela aurait été comme si nous n’avions donné aucune réponse.
אֶחָד אוֹמֵר כּוּ׳. עַד כַּמָּה? אָמַר רַבִּי אַחָא בַּר חֲנִינָא, אָמַר רַבִּי אַסִּי, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: עַד רוּבּוֹ שֶׁל חוֹדֶשׁ.
§ La michna enseigne que si un témoin dit que l’événement s’est produit le deuxième jour du mois et qu’un témoin dit que l’événement s’est produit le troisième jour du mois, leur témoignage est maintenu, car il est possible de dire qu’un témoin sait qu’un jour a été ajouté au mois précédent, tandis que l’autre témoin ne le sait pas. Leur témoignage est considéré comme concordant. La Guemara demande : Jusqu’à combien de jours dans le mois le tribunal présume-t-il que l’un des témoins ne sait pas quand le mois a commencé ? Rabbi Aḥa bar Ḥanina dit que Rabbi Asi dit que Rabbi Yoḥanan dit : Jusqu’à ce que la majeure partie du mois soit passée.
אָמַר רָבָא: אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא, אֶחָד אוֹמֵר ״בִּשְׁלֹשָׁה״ וְאֶחָד אוֹמֵר ״בַּחֲמִשָּׁה״ – עֵדוּתָן בְּטֵילָה. וְאַמַּאי? נֵימָא שֶׁזֶּה יוֹדֵעַ בִּשְׁנֵי עִיבּוּרִין וְזֶה אֵינוֹ יוֹדֵעַ בִּשְׁנֵי עִיבּוּרִין? אֶלָּא לָאו, מִשּׁוּם דִּבְרוּבָּה יָדַע!
Rava dit : Nous apprenons cela également dans la michna, car elle enseigne : Si un témoin dit que l’événement s’est produit le troisième du mois et un témoin dit que l’événement s’est produit le cinquième du mois, leur témoignage est nul. Mais pourquoi est-il nul ? Disons que ce n’est pas une contradiction, car ce témoin sait qu’il y a eu deux ajouts, c’est-à-dire qu’un jour a été ajouté aux deux mois précédents, et cet témoin ne connaît pas les deux ajouts. Plutôt, n’est-ce pas nul parce qu’une fois que la majeure partie du mois est passée, un témoin sait quel jour on est, de sorte qu’une erreur de deux jours ne peut pas se produire ?
לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ: בְּרוּבָּה נָמֵי לָא יָדַע, וּבְשִׁיפּוּרָא יָדַע. בְּחַד שִׁיפּוּרָא אָמַר דְּטָעֵי, בִּתְרֵי שִׁיפּוּרֵי לָא אָמַר דְּטָעֵי.
La Guemara rejette cette preuve : En réalité, je pourrais te dire qu’un témoin peut ne pas savoir le jour même une fois que la majorité du mois est passée. La raison de la décision de la michna est qu’il connaît le shofar [ubeshipura], que le tribunal sonnait à la nouvelle lune. Il est possible que, concernant un son du shofar, on puisse dire qu’il s’est trompé et qu’il ne s’en soit pas rendu compte. Concernant deux sons du shofar, on ne peut pas dire qu’il s’est trompé. En revanche, dans le cas de la michna ici, peut-être tant que les témoins témoignent au sujet de deux jours consécutifs au sein d’un même mois, l’erreur de l’un d’eux a persisté tout au long du mois.
וְאָמַר רַבִּי אַחָא בַּר חֲנִינָא אָמַר רַב אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: עַד כַּמָּה מְבָרְכִין עַל הַחֹדֶשׁ? עַד שֶׁתִּתְמַלֵּא פְּגִימָתָהּ. וְכַמָּה? אָמַר רַב יַעֲקֹב בַּר אִידִי אָמַר רַב יְהוּדָה: עַד שִׁבְעָה. נְהַרְדָּעֵי אָמְרִי: עַד שִׁשָּׁה עָשָׂר.
§ Après avoir cité une déclaration de Rabbi Aḥa bar Ḥanina, citant Rabbi Asi, citant Rabbi Yoḥanan, la Guemara cite une autre déclaration en son nom : Rabbi Aḥa bar Ḥanina dit que Rav Asi dit que Rabbi Yoḥanan dit : Jusqu’à combien de jours dans un nouveau mois peut-on réciter une bénédiction sur le mois, c’est-à-dire Birkat HaLevana ? Jusqu’à ce que le défaut de la lune soit comblé, lorsqu’elle ne paraît plus déficiente. Et jusqu’à combien de jours cela va-t-il ? Rav Ya’akov bar Idi dit que Rav Yehuda dit : Jusqu’à sept jours du mois écoulés. Les Sages de Neharde’a disent : Jusqu’à seize jours du mois écoulés.

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