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וּדְכוּלֵּי עָלְמָא כְּרַבָּנַן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה, וְהָכָא בְּאַקּוֹשֵׁי הַגָּדָה לִרְאִיָּה קָא מִיפַּלְגִי. מָר סָבַר: מַקְּשִׁינַן הַגָּדָה לִרְאִיָּה, וּמָר סָבַר: לָא מַקְּשִׁינַן.
Et tous, tant le premier tanna que Rabbi Natan, soutiennent, conformément à l’opinion des Sages qui sont en désaccord avec Rabbi Yehoshua ben Korḥa, et déduisent de ce verset qu’il est nécessaire que les témoins voient l’incident ensemble, c’est-à-dire qu’ils soient tous deux présents et observent l’incident au même moment. Et ici, quant à savoir si les témoins doivent ou non témoigner ensemble au tribunal, ils sont en désaccord sur la question de savoir si la déclaration des témoins, c’est-à-dire leur témoignage au tribunal, est comparée à leur observation de l’incident. Un Sage, le premier tanna, soutient que nous comparons leur déclaration à leur observation. Par conséquent, de même qu’ils doivent voir l’incident ensemble, ils doivent aussi témoigner ensemble au tribunal. Et un Sage, Rabbi Natan, soutient que nous ne comparons pas leur déclaration à leur observation.
רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְיָקִים הֲוָה מִשְׁתְּקִיד עֲלֵיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא לְמִסְמְכֵיהּ, וְלָא קָא מִיסְתַּיַּיע מִילְּתָא. יוֹמָא חַד הֲוָה יָתֵיב קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן,
La Guemara raconte : Rabbi Shimon ben Elyakim s’efforçait d’ordonner Rabbi Yossei, fils de Rabbi Ḥanina, et n’y parvenait pas dans ses tentatives. Un jour, Rabbi Shimon ben Elyakim était assis devant Rabbi Yoḥanan parmi les autres élèves de Rabbi Yoḥanan.
אֲמַר לְהוּ: מִי אִיכָּא דְּיָדַע הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה, אוֹ לָא? אֲמַר לֵיהּ רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְיָקִים: דֵּין יָדַע. אֲמַר לֵיהּ: לֵימָא אֵיזוֹ. אֲמַר לֵיהּ: לִיסְמְכֵיהּ מָר בְּרֵישָׁא. סַמְכֵיהּ.
Rabbi Yoḥanan dit à ses élèves : Y a-t-il quelqu’un qui sache si la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehoshua ben Korḥa, ou non ? Rabbi Shimon ben Elyakim lui dit : Celui-ci, Rabbi Yosei, fils de Rabbi Ḥanina, sait. Rabbi Yoḥanan lui dit : Si c’est le cas, qu’il parle. Rabbi Shimon ben Elyakim lui dit : Que le Maître l’ordonne d’abord ; puisque nous avons tous besoin de sa sagesse, il est digne de l’ordination. Rabbi Yoḥanan ordonna alors Rabbi Yosei, fils de Rabbi Ḥanina.
אֲמַר לֵיהּ: בְּנִי, אֱמוֹר לִי כֵּיצַד שָׁמַעְתָּ? אֲמַר לֵיהּ: כָּךְ שָׁמַעְתִּי, שֶׁמּוֹדֶה רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה לְרַבִּי נָתָן.
Rabbi Yoḥanan lui dit : Mon fils, dis-moi ce que tu as entendu. Rabbi Yosei, fils de Rabbi Ḥanina, lui dit : Voici ce que j’ai entendu : que Rabbi Yehoshua ben Korḥa concède à l’opinion de Rabbi Natan qu’il n’est pas nécessaire que les témoins témoignent ensemble.
אָמַר: לָזֶה הוּצְרַכְתִּי?! הַשְׁתָּא, וּמָה עִיקַּר רְאִיָּה בַּהֲדֵי הֲדָדֵי אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה ״לָא בָּעֵינַן״, הַגָּדָה מִיבַּעְיָא?
Rabbi Yoḥanan fut déçu, et dit : Pour cela, il fallait que je l’ordonne ? Maintenant que, concernant l’élément principal du témoignage, c’est-à-dire l’observation de l’incident, Rabbi Yehoshua ben Korḥa dit que nous n’avons pas besoin que les deux témoins le voient ensemble, en ce qui concerne leur déclaration au tribunal, est-il nécessaire d’expliquer qu’il n’y a pas d’exigence qu’ils témoignent ensemble ?
אֲמַר לֵיהּ: הוֹאִיל וְעָלִיתָ, לֹא תֵּרֵד. אָמַר רַבִּי זֵירָא: שְׁמַע מִינַּהּ, גַּבְרָא רַבָּה, כֵּיוָן דְּאִיסְתְּמִיךְ – אִיסְתְּמִיךְ.
Bien que la déclaration de Rabbi Yossei, fils de Rabbi Ḥanina, fût inutile, Rabbi Yoḥanan lui dit : Puisque tu es monté, c’est-à-dire que tu as été ordonné, tu ne redescendras pas, même si cela s’est produit par erreur. Rabbi Zeira dit : Conclus-en qu’en ce qui concerne un grand homme, une fois qu’il est ordonné, même si cela résulte d’un jugement erroné, il est ordonné. L’ordination n’est pas annulée.
אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אָבִין אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה, בֵּין בְּקַרְקָעוֹת בֵּין בְּמִטַּלְטְלִין.
Quant à la halakha dans cette affaire, Rabbi Ḥiyya bar Avin dit que Rav dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehoshua ben Korḥa selon laquelle il n’est pas nécessaire que les deux témoins observent l’incident ensemble, tant en ce qui concerne les cas de terrain qu’en ce qui concerne les cas de biens meubles.
עוּלָּא אָמַר: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה בְּקַרְקָעוֹת, אֲבָל לֹא בְּמִטַּלְטְלִין.
Oulla dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehoshua ben Korḥa en ce qui concerne la terre, qui est immobile, et par conséquent les deux témoignages portent certainement sur la même parcelle de terre ; mais pas en ce qui concerne les biens meubles, car on craint qu’ils ne témoignent pas au sujet du même objet.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: הֲלָכָה, מִכְּלָל דִּפְלִיגִי? וְהָאָמַר רַבִּי אַבָּא אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב: מוֹדִים חֲכָמִים לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה בְּעֵדוּת קַרְקַע!
Abaye dit à Oulla : Si tu dis que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehoshua ben Korḥa concernant la terre, par inférence tu soutiens qu’ils sont en désaccord à ce sujet. Mais Rabbi Abba ne dit-il pas que Rav Houna dit que Rav dit : Les Sages concèdent à l’opinion de Rabbi Yehoshua ben Korḥa concernant le témoignage au sujet de la terre ?
וְתָנֵי רַב אִידִי בַּר אָבִין בִּנְזִיקִין דְּבֵי קַרְנָא: מוֹדִין חֲכָמִים לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה בְּעֵדוּת בְּכוֹר, וּבְעֵדוּת קַרְקַע, וּבְעֵדוּת חֲזָקָה, וְכֵן שֶׁבַּבֵּן וְשֶׁבַּבַּת.
Et Rav Idi bar Avin enseigne dans les halakhot des dommages qui ont été enseignées à l’école du sage Karna : Les Sages concèdent à l’opinion de Rabbi Yehoshua ben Korḥa que les témoins n’ont pas besoin de voir l’incident ensemble en ce qui concerne le témoignage relatif à un défaut chez un premier-né mâle casher, ce qui le rend permis d’en tirer profit, et en ce qui concerne le témoignage relatif à la propriété d’une terre, et en ce qui concerne le témoignage relatif à la possession présumée d’une terre. Puisqu’il est clair qu’ils témoignent au sujet de la même terre, il n’est pas nécessaire qu’ils la voient ensemble. Et ainsi ils concèdent en ce qui concerne le témoignage sur les deux poils pubiens d’un garçon ou d’une fille, qui sont un signe de majorité.
גַּבְרָא אַגַּבְרָא קָא רָמֵית? מָר סָבַר פְּלִיגִי, וּמָר סָבַר לָא פְּלִיגִי.
La Guemara rejette la question d’Abaye : Opposes-tu la déclaration d’un homme à la déclaration d’un autre homme ? Un Sage, Oulla, soutient que les rabbins sont en désaccord avec Rabbi Yehoshua ben Korḥa même en ce qui concerne la terre, et un Sage, c’est-à-dire Rav et Rav Idi, soutient qu’ils ne sont pas en désaccord.
מַאי ״וְכֵן שֶׁבַּבֵּן וְשֶׁבַּבַּת״? אִילֵּימָא: אֶחָד אוֹמֵר אַחַת בְּגַבָּהּ, וְאֶחָד אוֹמֵר אַחַת בִּכְרֵיסָהּ? הַאי חֲצִי דָבָר וַחֲצִי עֵדוּת הוּא!
La Guemara demande incidemment au sujet de l’affirmation : Et ainsi ils concèdent en ce qui concerne le témoignage sur les deux poils pubiens d’un garçon ou d’une fille : À quoi cela fait-il référence ? Si nous disons qu’il s’agit du témoignage selon lequel une fille a atteint sa majorité, dans lequel un témoin dit qu’il a vu un poil sur le bas du dos d’elle et un témoin dit qu’il a vu un poil sur son bas-ventre, cela est difficile. Une fille est considérée comme ayant atteint la maturité lorsqu’elle a deux poils pubiens. Dans ce cas, deux témoins témoignent séparément qu’ils ont chacun vu un poil. Dans ce cas, chaque témoignage est évidemment invalide, car c’est une demi-affaire et aussi un demi-témoignage. Non seulement chaque témoignage se rapporte à un poil, ce qui constitue une demi-affaire, mais il est aussi présenté par un seul témoin, ce qui constitue un demi-témoignage. Par conséquent, il est évident que la fille n’est pas considérée comme ayant atteint sa majorité dans ce cas.
אֶלָּא, אֶחָד אוֹמֵר: שְׁתַּיִם בְּגַבָּהּ, וְאֶחָד אוֹמֵר: שְׁתַּיִם בִּכְרֵיסָהּ.
Au contraire, il doit s’agir d’un cas où l’un dit qu’il a vu deux poils sur le bas de son dos, et l’autre dit qu’il a vu deux poils sur le bas de son abdomen. Puisqu’ils témoignent tous deux qu’elle a atteint l’âge adulte, il n’est pas nécessaire qu’ils voient les mêmes poils.
אָמַר רַב יוֹסֵף: אֲנָא אָמֵינָא מִשְּׁמֵיהּ דְּעוּלָּא: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה, בֵּין בְּקַרְקָעוֹת בֵּין בְּמִטַּלְטְלִין. וְרַבָּנַן דְּאָתוּ מִמָּחוֹזָא אָמְרִי: אָמַר רַבִּי זֵירָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: בַּקַּרְקָעוֹת – אִין, אֲבָל לָא בְּמִטַּלְטְלִין.
Rav Yosef a dit : Je dis au nom de Ulla que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehoshua ben Korḥa à la fois en ce qui concerne la terre et les biens meubles. Mais les Sages qui sont venus de Meḥoza disent que Rabbi Zeira dit au nom de Rav : En ce qui concerne la terre, la halakhaest conforme à l’opinion de Rabbi Yehoshua ben Korḥa, mais pas en ce qui concerne les biens meubles.
רַב לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר רַב: הוֹדָאָה אַחַר הוֹדָאָה, הוֹדָאָה אַחַר הַלְוָאָה – מִצְטָרְפִי.
La Guemara commente : Rav est conforme à sa ligne habituelle de raisonnement, car Rav dit : Les témoignages d'un aveu après un aveu sont réunis en un seul ; si un témoin atteste que le défendeur a admis en sa présence qu’il doit au demandeur, et que l’autre témoin atteste que le défendeur a admis en sa présence qu’il doit au demandeur lors d’un incident distinct, leurs témoignages sont réunis. De même, les témoignages d'un aveu après un prêt sont réunis en un seul ; lorsqu’un témoin atteste que le défendeur a admis en sa présence qu’il doit au demandeur, et que l’autre atteste qu’à une date antérieure le défendeur a emprunté de l’argent au demandeur en sa présence, leurs témoignages sont réunis.
הַלְוָאָה אַחַר הַלְוָאָה, הַלְוָאָה אַחַר הוֹדָאָה – לָא מִצְטָרְפִי.
Rav poursuit : Mais les témoignages d’un prêt après un autre prêt ne sont pas combinés. Si l’un témoigne que le demandeur a prêté au défendeur cent dinars en sa présence, et que l’autre témoigne qu’il lui a prêté cent dinars lors d’un incident distinct en sa présence, leurs témoignages ne sont pas combinés, car ils témoignent clairement de deux prêts distincts. De même, les témoignages d’un prêt après un aveu ne sont pas combinés. Si l’un témoigne que le demandeur a prêté de l’argent au défendeur, et que l’autre témoigne qu’à une date antérieure le défendeur a reconnu devoir au demandeur, leurs témoignages ne sont pas combinés.
אַשְׁכְּחֵיהּ רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק לְרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ. אֲמַר לֵיהּ: מַאי שְׁנָא הַלְוָאָה אַחַר הַלְוָאָה דְּלָא? דְּמָנֶה דְּקָא חָזֵי הַאי, לָא קָא חָזֵי הַאי. הוֹדָאָה אַחַר הוֹדָאָה נָמֵי – אַמָּנֶה דְּקָא מוֹדֵי קַמֵּי הַאי, לָא מוֹדֵי קַמֵּי הַאי?
Rav Naḥman bar Yitzḥak rencontra Rav Houna, fils de Rav Yehoshua. Il lui dit : Qu’y a-t-il de différent dans un prêt après un prêt, dans lequel les témoignages ne sont pas combinés, puisque les cent dinars que ce témoin a vus, cet autre témoin ne les a pas vus ? Dans le cas d’un aveu après un aveu également, peut-être les cent dinars au sujet desquels le défendeur a avoué en présence de ce témoin, il ne les a pas avoués en présence de cet autre témoin. Peut-être que ses aveux se rapportaient à deux prêts distincts, et par conséquent les témoignages ne devraient pas être combinés.
דְּאָמַר לֵיהּ לְהַאי בָּתְרָא: בְּהַאי מָנֶה דְּאוֹדַיי לֵיהּ קַמָּךְ, אוֹדַיי לֵיהּ נָמֵי קַמֵּי פְּלוֹנִי.
Rav Houna, fils de Rav Yehoshua, lui répondit : Il s’agit d’un cas le défendeur a dit à ce dernier témoin : Concernant les cent dinars que j’ai reconnu devoir en ta présence, j’ai reconnu les devoir également en présence d’untel, le premier témoin, aussi.
אַכַּתִּי, בָּתְרָא יָדַע, קַמָּא לָא יָדַע.
Rav Naḥman bar Yitzḥak demanda : Malgré cela, le dernier témoin sait qu’il témoigne au sujet du même prêt que le premier témoin, mais le premier témoin ne le sait pas. Puisqu’un seul témoin atteste qu’il s’agit du même prêt, les témoignages ne peuvent toujours pas être combinés.
דַּהֲדַר אָזֵיל, אָמַר לֵיהּ לְקַמָּא: הַאי מָנֶה דְּאוֹדַיי לֵיהּ קַמָּךְ, אוֹדַיי לֵיהּ נָמֵי קַמֵּי פְּלוֹנִי. אֲמַר לֵיהּ: תָּנוּחַ דַּעְתְּךָ שֶׁהִתְנַחְתָּ אֶת דַּעְתִּי.
Rav Houna, fils de Rav Yehoshoua, répondit : Il s’agit d’un cas où, après son aveu devant le second témoin, le défendeur est revenu et a dit au premier témoin : En ce qui concerne ces cent dinars que j’ai reconnu devoir en ta présence, j’ai reconnu les devoir aussi en présence d’untel. Par conséquent, les deux témoins savent qu’ils témoignent au sujet du même prêt. Rav Naḥman bar Yitzḥak lui dit : Que ton esprit soit apaisé, de même que tu as apaisé le mien et l’as mis au repos en répondant à cette question qui me troublait.
אֲמַר לֵיהּ: מַאי נִיחוּתָא? דְּרָבָא, וְאִיתֵּימָא רַב שֵׁשֶׁת, שְׁדָא בַּהּ נַרְגָּא – לָאו הַיְינוּ הוֹדָאָה אַחַר הַלְוָאָה?
Rav Huna, fils de Rav Yehoshua, lui dit : Qu’y a-t-il de convaincant dans cette explication ? Car Rava, et certains disent Rav Sheshet, a lancé une hache contre ma réponse, c’est-à-dire qu’il a rejeté mon explication, comme suit : Selon cette interprétation du cas d’un aveu après un aveu, n’est-ce pas la même chose qu’un aveu après un prêt ? Le cas d’un aveu après un aveu devient maintenant superflu, car il n’ajoute aucun nouvel éclairage sur la question.
אֲמַר לֵיהּ: הַיְינוּ דִּשְׁמִיעַ לִי עֲלַיְיכוּ, דְּרָמֵיתוּ דִּיקְלֵי וְזָקְפִיתוּ לְהוּ.
Rav Naḥman bar Yitzḥak lui dit : Voici ce que j’ai entendu à votre sujet, sages de Meḥoza, que vous abattez des palmiers et les redressez, c’est-à-dire que vous construisez puis détruisez ce que vous avez construit. Après être parvenus à une explication si excellente, vous l’avez vous-mêmes ruinée.
נְהַרְדָּעֵי אָמְרִי: בֵּין הוֹדָאָה אַחַר הוֹדָאָה, בֵּין הוֹדָאָה אַחַר הַלְוָאָה, בֵּין הַלְוָאָה אַחַר הַלְוָאָה, בֵּין הַלְוָאָה אַחַר הוֹדָאָה – מִצְטָרְפוֹת. כְּמַאן? כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה.
Les Sages de Neharde’a disent : Que ce soit un cas de reconnaissance après reconnaissance, ou reconnaissance après un prêt, ou prêt après prêt, ou prêt après reconnaissance, dans tous ces cas les témoignages sont combinés. Conformément à l’opinion de qui cela est-il ? C’est conformément à l’opinion de Rabbi Yehoshua ben Korḥa, qui enseigne que, puisque les deux témoins témoignent d’une dette de cent dinars, cela est considéré comme un seul témoignage.
אָמַר רַב יְהוּדָה: עֵדוּת הַמַּכְחֶשֶׁת זוֹ אֶת זוֹ בִּבְדִיקוֹת, כְּשֵׁרָה בְּדִינֵי מָמוֹנוֹת.
§ Rav Yehuda dit : Le témoignage de deux témoins qui contredisent le témoignage l’un de l’autre lors de l’interrogatoire des juges sur les détails de l’affaire est valable en matière de droit pécuniaire, bien qu’une contradiction de ce type invalide le témoignage dans les affaires passibles de la peine capitale.
אָמַר רָבָא: מִסְתַּבְּרָא מִילְּתֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה בְּאֶחָד אוֹמֵר ״בְּאַרְנָקִי שְׁחוֹרָה״, וְאֶחָד אוֹמֵר ״בְּאַרְנָקִי לְבָנָה״. אֲבָל אֶחָד אוֹמֵר ״מָנֶה שָׁחוֹר״, וְאֶחָד אוֹמֵר ״מָנֶה לָבָן״ – אֵין מִצְטָרְפִין.
Rava dit : La déclaration de Rav Yehuda est raisonnable dans un cas où un témoin dit : L’argent était dans une bourse noire [be’arnaki], et l’autre dit : Il était dans une bourse blanche. Puisqu’il s’agit d’un détail secondaire, il se peut qu’ils ne s’en souviennent pas avec précision. Mais si l’un dit : Il lui a prêté une pièce noire, c’est-à-dire que la pièce était sombre, et l’autre dit : Il lui a prêté une pièce blanche, les témoignages ne sont pas combinés. Puisqu’ils se contredisent au sujet d’une caractéristique de l’argent lui-même, l’un d’eux ment probablement.
וְאַרְנָקִי שְׁחוֹרָה בְּדִינֵי נְפָשׁוֹת לָא? וְהָאָמַר רַב חִסְדָּא: אֶחָד אוֹמֵר ״בְּסַיִיף הֲרָגוֹ״ וְאֶחָד אוֹמֵר ״בַּאֲרִירָן הֲרָגוֹ״ – אֵין זֶה ״נָכוֹן״; אֶחָד אוֹמֵר ״כֵּלָיו שְׁחוֹרִים״ וְאֶחָד אוֹמֵר ״כֵּלָיו לְבָנִים״ – הֲרֵי זֶה ״נָכוֹן״.
La Guemara conteste la décision de Rabbi Yehuda : Et si des témoins se contredisent au sujet de détails secondaires tels qu’une bourse noire dans des affaires de droit capital, est-ce à dire que leur témoignage n’est pas accepté ? Mais Rav Ḥisda ne dit-il pas : Dans un cas où l’un des témoins dit : Le meurtrier a tué la victime avec une épée, et l’un des témoins dit : Le meurtrier a tué la victime avec un ariran, un autre type d’arme, ce n’est pas un témoignage concordant, car il s’agit d’une contradiction manifeste. Mais si l’un des témoins dit : Les vêtements du meurtrier étaient noirs, et l’un des témoins dit : Les vêtements du meurtrier étaient blancs, c’est un témoignage concordant, car il ne s’agit pas d’une divergence significative.

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