״וּכְתָב הַנִּשְׁתְּוָן כָּתוּב אֲרָמִית וּמְתֻרְגָּם אֲרַמִּית״. וּכְתִיב: ״לָא כָהֲלִין כְּתָבָא לְמִקְרֵא וּפִשְׁרֵהּ לְהוֹדָעָה לְמַלְכָּא״. [מְלַמֵּד שֶׁבְּאוֹתוֹ הַיּוֹם נִיתַּן] וּכְתִיב: ״וְכָתַב אֶת מִשְׁנֵה הַתּוֹרָה הַזֹּאת״ – כְּתָב הָרָאוּי לְהִשְׁתַּנּוֹת.
« Et l’écriture de la lettre [hannishtevan] était écrite en écriture araméenne, et formulée en langue araméenne » (Esdras 4:7). Le terme « hannishtevan » est semblable au mot nishtana, qui signifie changé, faisant allusion au fait que l’écriture avait été changée. Et il est écrit au sujet de l’écriture sur le mur du palais de Belschatsar : « Alors entrèrent tous les sages du roi. Mais ils ne purent lire l’écriture, ni faire connaître au roi l’interprétation » (Daniel 5:8), et la raison pour laquelle ils ne purent la lire est qu’elle était écrite dans la nouvelle écriture qu’Esdras transmettrait. Et il est écrit : « Qu’il écrira pour lui-même une seconde [mishne] Torah » (Deutéronome 17:18), où « seconde [mishne] » enseigne qu’elle est écrite dans une écriture susceptible d’être changée [lehishtannot].
לָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ אַשּׁוּרִי? שֶׁעָלָה עִמָּהֶם מֵאַשּׁוּר.
La baraita continue : Pourquoi cette écriture est-elle appelée Ashurit ? Parce qu’elle est montée avec le peuple juif depuis Ashur lorsqu’ils sont revenus de leur exil en Babylonie.
תַּנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: בַּתְּחִלָּה בִּכְתָב זֶה נִיתְּנָה תּוֹרָה לְיִשְׂרָאֵל. כֵּיוָן שֶׁחָטְאוּ, נֶהְפַּךְ לָהֶן לְרוֹעֵץ. כֵּיוָן שֶׁחָזְרוּ בָּהֶן, הֶחְזִירוֹ לָהֶם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שׁוּבוּ לְבִצָּרוֹן אֲסִירֵי הַתִּקְוָה גַּם הַיּוֹם מַגִּיד מִשְׁנֶה אָשִׁיב לָךְ״.
Il est enseigné dans une baraita (Tosefta 4:5) : Rabbi Yehuda HaNasi dit : Au début, la Torah a été donnée au peuple juif dans cette écriture,Ashurit, qui est en usage aujourd’hui. Une fois que le peuple juif a fauté, cela est devenu une altération pour eux et ils ont commencé à écrire avec une autre écriture, Libona’a. Une fois qu’ils se sont repentis, la première écriture leur a été rendue, et ils ont repris l’écriture en Ashurit, comme il est dit : « Retournez à la forteresse, prisonniers de l’espérance ; aujourd’hui encore je déclare que je vous rendrai le double [mishne] » (Zacharie 9:12), ce qui signifie que Dieu a restauré au peuple juif cette écriture qui avait été changée [nishtanna].
לָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ אַשּׁוּרִי? שֶׁמְּאוּשָּׁר בִּכְתָבוֹ.
La baraita continue : Si cette écriture est antérieure à l’exil en Babylonie, pourquoi est-elle appelée Ashurit ? Parce qu’elle est meusheret, belle et droite, dans l’écriture.
רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן פַּרְטָא, שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר הַמּוֹדָעִי: כְּתָב זֶה לֹא נִשְׁתַּנָּה כׇּל עִיקָּר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וָוֵי הָעַמּוּדִים״. מָה עַמּוּדִים לֹא נִשְׁתַּנּוּ, אַף וָוִים לֹא נִשְׁתַּנּוּ. וְאוֹמֵר: ״וְאֶל הַיְּהוּדִים כִּכְתָבָם וְכִלְשׁוֹנָם״ – מָה לְשׁוֹנָם לֹא נִשְׁתַּנָּה, אַף כְּתָבָם לֹא נִשְׁתַּנָּה.
La baraita continue : Rabbi Shimon ben Elazar dit au nom de Rabbi Eliezer ben Perata, qui a dit au nom de Rabbi Elazar HaModa’i : Cette écriture n’a pas changé du tout, comme il est dit au sujet de la construction du Tabernacle : « Les crochets des [vavei] poteaux » (Exode 27:10). Cela enseigne que de même que les poteaux n’ont pas changé, de même les crochets [vavim] n’ont pas changé. La lettre vav dans l’écriture Ashurit a la forme d’un crochet. Il est donc évident que c’est pour cette raison que le terme pour crochet dans la Torah est vav. Et le verset déclare : « Et aux Juifs selon leur écriture et selon leur langue » (Esther 8:9). Cela enseigne que de même que leur langue n’a pas changé au fil des générations mais est restée l’hébreu, de même leur écriture n’a pas changé.
אֶלָּא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״אֶת מִשְׁנֵה הַתּוֹרָה הַזֹּאת״? לִשְׁתֵּי תּוֹרוֹת: אַחַת שֶׁיּוֹצְאָה וְנִכְנֶסֶת עִמּוֹ, וְאַחַת שֶׁמּוּנַּחַת לוֹ בְּבֵית גְּנָזָיו. אוֹתָהּ שֶׁיּוֹצְאָה וְנִכְנֶסֶת עִמּוֹ – עוֹשֶׂה אוֹתָהּ כְּמִין קָמֵיעַ וְתוֹלָהּ בִּזְרוֹעוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שִׁוִּיתִי ה׳ לְנֶגְדִּי תָּמִיד״.
La baraita continue : Mais, si en fait l’écriture n’a pas été changée, comment dois-je comprendre le sens de l’expression « une seconde [mishne] Torah » (Deutéronome 17:18) ? Cela sert à enseigner la halakha concernant les deux rouleaux de la Torah que le roi écrit, l’un qui sort et entre avec lui, et l’un qui est placé dans son trésor. Quant à celui qui sort et entre avec lui, il le fait très petit, comme une amulette, et il l’accroche à son bras. Comme il est dit par le roi David : « Je place l’Éternel constamment devant moi ; puisqu’il est à ma droite, je ne chancellerai pas » (Psaumes 16:8). Ce verset fait allusion aux deux rouleaux de la Torah, l’un qui est devant lui et l’autre qui est à sa droite.
וְאִידַּךְ, הַאי ״שִׁוִּיתִי״ מַאי דָּרֵישׁ בֵּיהּ? הָהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ כִּדְרַב חָנָה בַּר בִּיזְנָא, דְּאָמַר רַב חָנָה בַּר בִּיזְנָא אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן חֲסִידָא: הַמִּתְפַּלֵּל צָרִיךְ שֶׁיִּרְאֶה עַצְמוֹ כְּאִילּוּ שְׁכִינָה כְּנֶגְדּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שִׁוִּיתִי ה׳ לְנֶגְדִּי תָמִיד״.
La Guemara demande : Et en ce qui concerne l’autre Sage, c’est-à-dire Rabbi Yehouda HaNassi, qui ne soutient pas que le roi doit écrire et attacher le second rouleau à son bras, que déduit-il de ce verset : « J’ai placé » (Psaumes 16:8) ? La Guemara répond : Il a besoin de ce verset conformément à l’enseignement de Rav Ḥana bar Bizna, car Rav Ḥana bar Bizna dit que Rabbi Shimon Ḥasida dit : Celui qui prie doit se voir comme si la Présence divine se tenait en face de lui, comme il est dit : « J’ai placé le Seigneur constamment devant moi » (Psaumes 16:8).
לְרַבִּי שִׁמְעוֹן, דְּאָמַר: ״כְּתָב זֶה לֹא נִשְׁתַּנָּה״, מַאי ״לָא כָהֲלִין כְּתָבָא לְמִקְרֵא״? אָמַר רַב: בְּגִימַטְרִיָּא אִיכְּתִיב לְהוֹן ״יטת יטת אדך פוגחמט״.
La Guemara demande : Selon Rabbi Shimon, qui dit que cette écriture n’a pas été modifiée du tout, quelle est la raison pour laquelle « ils ne pouvaient pas lire l’écriture » (Daniel 5:8) ? Rav dit : Parce que cela leur avait été écrit en le code obscur de la guématria. Il était écrit : yod, tet, tav ; yod, tet, tav ; alef, yod, dalet, khaf ; peh, vav, gimel, ḥet, mem, tet. Ces lettres correspondent à : mem, noun, alef ; mem, noun, alef ; tav, kouf, lamed ; vav, peh, reish, samekh, yod, noun ; cela est fondé sur l’échange de lettres connu sous le nom de at bash, c’est-à-dire le remplacement d’une lettre par sa correspondante à la position opposée dans l’alphabet, par exemple alef, la première lettre, par tav, la dernière lettre.
מַאי פָּרֵישׁ לְהוּ? ״מְנֵא מְנֵא תְּקֵל וּפַרְסִין״. ״מְנֵא״ – מְנָא אֱלָהָא מַלְכוּתָךְ וְהַשְׁלְמַהּ לָךְ. ״תְּקֵל״ – תְּקִילְתָּא בְמֹאזַנְיָא וְהִשְׁתְּכַחַתְּ חַסִּיר. ״פַּרְסִין״ – פְּרִיסַת מַלְכוּתָךְ וִיהִיבַת לְמָדַי וּפָרָס.
Qu’est-ce que Daniel leur a expliqué ? Les lettres représentent les termes : “Mene mene tekel ufarsin” (Daniel 5:25). Il a ensuite expliqué le sens : “Mene” : Dieu a compté [mena] les jours de ton royaume et y a mis fin. “Tekel” : Tu as été pesé [tekilta] dans la balance et tu as été trouvé insuffisant. “Parsin” : Ton royaume a été divisé [perisat] et donné aux Mèdes et aux Perses” (Daniel 5:26–28).
וּשְׁמוּאֵל אָמַר: ״ממתוס ננקפי אאלרן״. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: ״אנם אנם לקת ניסרפו״. רַב אָשֵׁי אָמַר: ״נמא נמא קתל פורסין״.
Et Shmuel dit : L’écriture utilisait les lettres correctes pour ces termes, mais au lieu d’être écrits dans l’ordre, les quatre mots, mene mene tekel ufarsin, furent écrits verticalement et devaient donc être lus de haut en bas. Si on les lit de la manière habituelle, de droite à gauche, cela donne : “Mamtos nankafei a’alran.” Et Rabbi Yoḥanan dit : Chaque mot fut écrit à l’envers, de sorte que, lus de droite à gauche, ils formaient Anem anem leket nisrapu. Rav Ashi dit : Ils furent écrits avec les deux premières lettres de chaque mot inversées : Nema nema ketal pursin.
מַתְנִי׳ אֵין רוֹכְבִין עַל סוּסוֹ, וְאֵין יוֹשְׁבִין עַל כִּסְאוֹ, וְאֵין מִשְׁתַּמְּשִׁין בְּשַׁרְבִיטוֹ, וְאֵין רוֹאִין אוֹתוֹ כְּשֶׁהוּא מִסְתַּפֵּר, וְלֹא כְּשֶׁהוּא עָרוֹם, וְלֹא כְּשֶׁהוּא בְּבֵית הַמֶּרְחָץ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שׂוֹם תָּשִׂים עָלֶיךָ מֶלֶךְ״, שֶׁתְּהֵא אֵימָתוֹ עָלֶיךָ.
MICHNA :On ne peut pas monter sur le cheval du roi, ni s’asseoir sur son trône, ni utiliser son sceptre, et on ne peut pas le voir lorsqu’il se fait couper les cheveux, ni lorsqu’il est nu, ni au bain, comme il est dit : « Tu établiras sur toi un roi » (Deutéronome 17:15), c’est-à-dire, veille à ce que sa crainte soit sur toi. Toutes ces actions diminueraient la crainte et la révérence envers le roi.
גְּמָ׳ אָמַר רַב יַעֲקֹב אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֲבִישַׁג מוּתֶּרֶת לִשְׁלֹמֹה, וַאֲסוּרָה לַאֲדֹנִיָּה. מוּתֶּרֶת לִשְׁלֹמֹה – דְּמֶלֶךְ הָיָה, וּמֶלֶךְ מִשְׁתַּמֵּשׁ בְּשַׁרְבִיטוֹ שֶׁל מֶלֶךְ. וַאֲסוּרָה לַאֲדֹנִיָּה – דְּהֶדְיוֹט הוּא.
GUEMARA :Rav Ya’akov dit que Rabbi Yoḥanan dit : Avishag, la Shounamite, était permise à Salomon mais interdite à Adonias, qui voulait en fait l’épouser. Elle était permise à Salomon, car il était roi, et un roi peut utiliser le sceptre d’un roi. Le statut d’Avishag était semblable au sceptre du roi, puisqu’elle avait été désignée pour servir le roi David. Elle était interdite à Adonias, car il était une personne ordinaire, et non un roi.
אֲבִישַׁג מַאי הִיא? דִּכְתִיב: ״וְהַמֶּלֶךְ דָּוִד זָקֵן בָּא בַּיָּמִים וְגוֹ׳ וַיֹּאמְרוּ לוֹ עֲבָדָיו יְבַקְשׁוּ וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״וַיְבַקְשׁוּ נַעֲרָה יָפָה וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״וְהַנַּעֲרָה יָפָה עַד מְאֹד וַתְּהִי לַמֶּלֶךְ סֹכֶנֶת וַתְּשָׁרְתֵהוּ״. אֲמַרָה: ״נִינְסְבַן!״ אֲמַר לַהּ: ״אֲסִירַתְּ לִי״.
La Guemara précise : L’histoire d’Avishag, qu’est-ce que c’est ? Comme il est écrit : « Or le roi David était vieux et avancé en âge... et ses serviteurs lui dirent : qu’on cherche... une jeune vierge... et qu’elle couche dans ton sein, afin que mon seigneur le roi se réchauffe » (I Rois 1:1–2) ; et il est écrit : « Alors ils cherchèrent une belle jeune fille...et trouvèrent Avishag » (I Rois 1:1–3) ; et il est écrit : « Et la jeune fille était très belle, et elle devint une compagne du roi et le servait, mais le roi ne la connut pas » (I Rois 1:1–4). Avishag dit au roi David : Épouse-moi. Le roi David lui dit : Tu m’es interdite, car j’ai déjà dix-huit épouses.
אֲמַרָה לֵיהּ: חַסְּרֵיהּ לְגַנָּבָא, נַפְשֵׁיהּ בְּשַׁלְמָנָא נָקֵיט. אֲמַר לְהוּ: קִרְאוּ לִי לְבַת שֶׁבַע. וּכְתִיב: ״וַתָּבֹא בַת שֶׁבַע אֶל הַמֶּלֶךְ הַחַדְרָה״. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: בְּאוֹתָהּ שָׁעָה קִינְּחָה בַּת שֶׁבַע בִּשְׁלֹשׁ עֶשְׂרֵה מַפּוֹת.
Abishag lui dit : Quand il manque au voleur de quoi voler, il se fait passer pour un homme de paix. En d’autres termes, elle disait que puisque le roi David était physiquement incapable d’avoir des rapports sexuels, il inventa une excuse pour ne pas l’épouser. Le roi David dit à ses serviteurs : Appelez-moi Bethsabée. Et il est écrit : « Et Bethsabée entra auprès du roi dans la chambre ; or le roi était très âgé, et Abishag la Shounamite servait le roi » (I Rois 1:15). Rav Yehouda dit que Rav dit : À ce moment-là, Bethsabée s’essuya avec treize linges, correspondant au nombre de mots dans le verset, indiquant qu’elle eut des rapports sexuels avec le roi David treize fois.
אָמַר רַב שֶׁמֶן בַּר אַבָּא: בֹּא וּרְאֵה כַּמָּה קָשִׁין גֵּירוּשִׁין, שֶׁהֲרֵי דָּוִד הַמֶּלֶךְ הִתִּירוּ לוֹ לְיַיחֵד, וְלֹא הִתִּירוּ לוֹ לְגָרֵשׁ.
Rav Shemen bar Abba dit : Viens voir à quel point l'affaire du divorce est grave, car ils ont jugé permis que le roi David s'isole avec Abishag sans l'épouser, mais ils n'ont pas jugé permis qu'il divorce de l'une de ses femmes afin de pouvoir épouser Abishag.
אָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: כׇּל הַמְגָרֵשׁ אֶת אִשְׁתּוֹ רִאשׁוֹנָה, אֲפִילּוּ מִזְבֵּחַ מוֹרִיד עָלָיו דְּמָעוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְזֹאת שֵׁנִית תַּעֲשׂוּ כַּסּוֹת דִּמְעָה אֶת מִזְבַּח ה׳ בְּכִי וַאֲנָקָה מֵאֵין עוֹד פְּנוֹת אֶל הַמִּנְחָה וְלָקַחַת רָצוֹן מִיֶּדְכֶם״, וּכְתִיב: ״וַאֲמַרְתֶּם עַל מָה עַל כִּי ה׳ הֵעִיד בֵּינְךָ וּבֵין אֵשֶׁת נְעוּרֶיךָ אֲשֶׁר אַתָּה בָּגַדְתָּה בָּהּ וְהִיא חֲבֶרְתְּךָ וְאֵשֶׁת בְּרִיתֶךָ״.
§ Rabbi Eliezer dit : Concernant quiconque divorce de sa première femme, même l’autel verse des larmes à son sujet, comme il est dit : « Et voici encore ce que vous faites : vous couvrez l’autel du Seigneur de larmes, de pleurs et de gémissements, de sorte qu’Il ne se tourne plus vers l’offrande et ne la reçoit plus avec bienveillance de votre main » (Malachie 2:13), et il est écrit : « Pourtant vous dites : Pourquoi ? Parce que le Seigneur a été témoin entre toi et la femme de ta jeunesse, envers laquelle tu as agi perfidement, bien qu’elle soit ta compagne et la femme de ton alliance » (Malachie 2:14).
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, וְאִיתֵּימָא רַבִּי אֶלְעָזָר: אֵין אִשְׁתּוֹ שֶׁל אָדָם מֵתָה אֶלָּא אִם כֵּן מְבַקְּשִׁין מִמֶּנּוּ מָמוֹן וְאֵין לוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאִם אֵין לְךָ לְשַׁלֵּם לָמָּה יִקַּח מִשְׁכָּבְךָ מִתַּחְתֶּיךָ״.
Rabbi Yoḥanan, et certains disent Rabbi Elazar, dit : La femme d’un homme ne meurt que si ses créanciers lui demandent de l’argent qu’il doit et qu’il ne l’a pas, comme il est dit : « Si tu n’as pas de quoi payer, pourquoi prendrait-il ton lit de dessous toi ? » (Proverbes 22:27). Le lit mentionné dans le verset fait allusion à l’épouse d’un homme.
וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל אָדָם שֶׁמֵּתָה אִשְׁתּוֹ רִאשׁוֹנָה, כְּאִילּוּ חָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ בְּיָמָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בֶּן אָדָם הִנְנִי לֹקֵחַ מִמְּךָ אֶת מַחְמַד עֵינֶיךָ בְּמַגֵּפָה לֹא תִסְפֹּד וְלֹא תִבְכֶּה וְלֹא תָבוֹא דִּמְעָתֶךָ״. וּכְתִיב: ״וָאֲדַבֵּר אֶל הָעָם בַּבֹּקֶר וַתָּמׇת אִשְׁתִּי בָּעָרֶב״. וּכְתִיב: ״הִנְנִי מְחַלֵּל אֶת מִקְדָּשִׁי גְּאוֹן עֻזְּכֶם מַחְמַד עֵינֵיכֶם״.
Et Rabbi Yoḥanan dit : Car tout homme dont la première femme meurt, c’est comme si le Temple avait été détruit de son vivant, comme il est dit : « Fils de l’homme, voici, Je t’enlève le désir de tes yeux d’un seul coup ; pourtant tu ne te lamenteras pas et tu ne pleureras pas, et tes larmes ne couleront pas » (Ézéchiel 24:16). Et il est écrit : « Ainsi je parlai au peuple le matin, et le soir ma femme mourut » (Ézéchiel 24:18). Et il est écrit dans la suite du même passage : « Voici, Je profanerai Mon Sanctuaire, l’orgueil de votre puissance, le désir de vos yeux » (Ézéchiel 24:21), illustrant que la femme d’un homme lui est aussi précieuse que le Temple l’est pour l’ensemble de la nation juive.
אָמַר רַבִּי אֲלֶכְּסַנְדְּרִי: כׇּל אָדָם שֶׁמֵּתָה אִשְׁתּוֹ בְּיָמָיו, עוֹלָם חָשַׁךְ בַּעֲדוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אוֹר חָשַׁךְ בְּאׇהֳלוֹ וְנֵרוֹ עָלָיו יִדְעָךְ״. רַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא אָמַר: פְּסִיעוֹתָיו מִתְקַצְּרוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יֵצְרוּ צַעֲדֵי אוֹנוֹ״. רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר: עֲצָתוֹ נוֹפֶלֶת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְתַשְׁלִיכֵהוּ עֲצָתוֹ״.
Rabbi Alexandri dit : Car tout homme dont l’épouse meurt de son vivant voit le monde s’assombrir pour lui, comme il est dit : « La lumière s’obscurcira dans sa tente, et sa lampe au-dessus de lui s’éteindra » (Job 18:6), puisque le mot tente est couramment employé comme une métonymie pour désigner une épouse. Rabbi Yosei bar Ḥanina dit : Ses pas se raccourcissent, comme il est dit : « Les pas de sa force seront resserrés » (Job 18:7). Rabbi Abbahu dit : Son conseil s’effondre, comme il est dit : « Et son propre conseil le fera tomber » (Job 18:7).
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: קָשֶׁה לְזַוְּוגָם כִּקְרִיעַת יַם סוּף, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֱלֹהִים מוֹשִׁיב יְחִידִים בַּיְתָה מוֹצִיא אֲסִירִים בַּכּוֹשָׁרוֹת״. אַל תִּיקְרֵי ״מוֹצִיא אֲסִירִים״ אֶלָּא ״כְּמוֹצִיא אֲסִירִים״, אַל תִּיקְרֵי ״בַּכּוֹשָׁרוֹת״ אֶלָּא ״בְּכִי וְשִׁירוֹת״.
Rabba bar bar Ḥana dit que Rabbi Yoḥanan dit : Il est aussi difficile d’apparier un couple que la séparation de la mer Rouge, comme il est dit : « Dieu fait habiter les solitaires dans une maison ; Il fait sortir les prisonniers vers la prospérité » (Psaumes 68:7). Ne lis pas le verset comme « fait sortir les prisonniers » ; plutôt, lis-le ainsi : Comme faire sortir les prisonniers. En conséquence, l’acte décrit dans la première proposition du verset, Dieu faisant habiter les solitaires dans une maison, c’est-à-dire les marier, est comparé à l’acte décrit dans la proposition suivante du verset, c’est-à-dire faire sortir les prisonniers. Et ne lis pas le verset comme « vers la prospérité [bakkosharot] » ; plutôt, lis-le ainsi : Pleurs et chants [bekhi veshirot], ce qui fait allusion à la séparation de la mer Rouge, lorsqu’il y eut à la fois des pleurs et des chants.
אִינִי? וְהָאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אַרְבָּעִים יוֹם קוֹדֶם יְצִירַת הַוָּלָד, בַּת קוֹל יוֹצֵאת וְאוֹמֶרֶת ״בַּת פְּלוֹנִי לִפְלוֹנִי״! לָא קַשְׁיָא: הָא בְּזִוּוּג רִאשׁוֹן, הָא בְּזִוּוּג שֵׁנִי.
La Guemara demande : Est-ce bien le cas qu’il soit si difficile de trouver un conjoint ? Mais Rav Yehouda ne dit-il pas que Rav dit : Quarante jours avant la formation du fœtus, une Voix Divine sort et déclare : La fille d’un tel sera l’épouse d’un tel ? Pourquoi serait-il donc si difficile de les apparier, puisque cela est préparé pour eux avant même leur naissance ? La Guemara répond : Ce n’est pas difficile. Cette dernière déclaration, au sujet des unions prédestinées, est dite au sujet de la première union ; tandis que cette première déclaration, au sujet de la difficulté de former des unions, est dite au sujet de la seconde union.
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָן: לַכֹּל יֵשׁ תְּמוּרָה, חוּץ מֵאֵשֶׁת נְעוּרִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאֵשֶׁת נְעוּרִים כִּי תִמָּאֵס״. מַתְנֵי לַהּ רַב יְהוּדָה לְרַב יִצְחָק בְּרֵיהּ: אֵין אָדָם מוֹצֵא קוֹרַת רוּחַ אֶלָּא מֵאִשְׁתּוֹ רִאשׁוֹנָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יְהִי מְקוֹרְךָ בָרוּךְ וּשְׂמַח מֵאֵשֶׁת
Rabbi Shmuel bar Naḥman dit : Pour tout ce qui est perdu, il existe un substitut, sauf pour l’épouse de jeunesse de quelqu’un qui meurt, comme il est dit : « Et une épouse de jeunesse, peut-elle être rejetée ? » (Isaïe 54:6). Rav Yehuda enseigna à Rav Yitzḥak, son fils : Un homme ne trouve la tranquillité d’esprit qu’auprès de sa première épouse, comme il est dit : « Que ta source soit bénie et réjouis-toi avec l’épouse de