עַל הַיִּיחוּד, וְעַל הַפְּנוּיָה.
au sujet de l’isolement, qu’un homme ne doit pas s’isoler avec des femmes qui lui sont interdites, et au sujet d’une femme célibataire.
יִחוּד? דְּאוֹרָיְיתָא הוּא! דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יְהוֹצָדָק: רֶמֶז לְיִיחוּד מִן הַתּוֹרָה מִנַּיִין? שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי יְסִיתְךָ אָחִיךָ בֶן אִמֶּךָ״. וְכִי בֶּן אֵם מֵסִית, בֶּן אָב אֵינוֹ מֵסִית? אֶלָּא לוֹמַר לָךְ: בֵּן מִתְיַיחֵד עִם אִמּוֹ, וְאֵין אַחֵר מִתְיַיחֵד עִם כׇּל עֲרָיוֹת שֶׁבַּתּוֹרָה.
La Guemara objecte : la réclusion avec une femme interdite en raison de liens familiaux est interdite par la Torah, et ce n’était pas un décret rabbinique promulgué à l’époque de David. Comme le dit Rabbi Yoḥanan au nom de Rabbi Shimon ben Yehotzadak : D’où y a-t-il une allusion à la halakha selon laquelle la réclusion est interdite par la Torah ? Comme il est dit : « Si ton frère, le fils de ta mère, t’incite » (Deutéronome 13:7). On peut demander : Mais est-ce le fils d’une mère qui incite, et le fils d’un père n’incite-t-il pas ? Pourquoi ne mentionner que le fils d’une mère ? Au contraire, ce verset vient t’enseigner que seul un fils peut être en réclusion avec sa mère. Les fils sont fréquemment avec leur mère, et deux demi-frères d’une même mère ont par conséquent l’occasion de se rapprocher l’un de l’autre. Mais un autre individu ne peut pas être en réclusion avec celles avec qui les relations sont interdites par la Torah, y compris une belle-mère. Par conséquent, des demi-frères d’un même père passent moins de temps ensemble.
אֶלָּא אֵימָא: גָּזְרוּ עַל יִיחוּד דִּפְנוּיָה.
Puisque l’isolement est donc interdit par la loi de la Torah, comment Rav a-t-il pu dire qu’il avait été interdit par un décret promulgué à l’époque du roi David ? Dis plutôt qu’ils ont décrété contre l’isolement d’un homme avec une seule femme, afin d’éviter des cas comme celui d’Amnon et Tamar.
״וַאֲדֹנִיָּה בֶן חַגִּית מִתְנַשֵּׂא לֵאמֹר אֲנִי אֶמְלֹךְ״. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: מְלַמֵּד שֶׁבִּיקֵּשׁ לְהוֹלְמוֹ, וְלֹא הוֹלַמְתּוֹ.
À propos d’Amnon, la Guemara cite des traditions au sujet d’un autre fils de David : « Or Adonija, fils de Haggith, s’éleva en disant : Je serai roi » (I Rois 1:5). Rav Yehuda dit que Rav dit : Le terme « s’éleva » enseigne qu’il chercha à ce que la royauté lui convienne, mais elle ne lui convint pas.
״וַיַּעַשׂ לוֹ רֶכֶב וּפָרָשִׁים וַחֲמִשִּׁים אִישׁ רָצִים לְפָנָיו״. מַאי רְבוּתָא? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: כּוּלָּן נְטוּלֵי טְחוֹל וַחֲקוּקֵי כַּפּוֹת רַגְלַיִם הָיוּ.
Le verset continue : « Et il se prépara des chars, des cavaliers et cinquante hommes pour courir devant lui » (I Rois 1:5). La Guemara demande : Quelle est la nouveauté de ces actes, puisque d’autres personnes riches font de même, même si elles ne sont pas les fils de rois, avec des visées sur le trône ? Rav Yehouda dit que Rav dit : Ce qui était unique, c’est que les coureurs avaient tous leur rate retirée et la plante des pieds creusée, en retirant la chair de leurs pieds, et ces deux procédures augmentaient leur vitesse.
מַתְנִי׳ ״לֹא יַרְבֶּה לּוֹ סוּסִים״, אֶלָּא כְּדֵי מֶרְכַּבְתּוֹ. ״וְכֶסֶף וְזָהָב לֹא יַרְבֶּה לּוֹ מְאֹד״, אֶלָּא כְּדֵי לִיתֵּן אַפְסַנְיָא. וְכוֹתֵב לוֹ סֵפֶר תּוֹרָה לִשְׁמוֹ. יוֹצֵא לַמִּלְחָמָה – מוֹצִיאָהּ עִמּוֹ, נִכְנָס – הוּא מַכְנִיסָהּ עִמּוֹ, יוֹשֵׁב בַּדִּין – הִיא עִמּוֹ, מֵיסֵב – הִיא כְּנֶגְדּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהָיְתָה עִמּוֹ וְקָרָא בוֹ כׇּל יְמֵי חַיָּיו״.
MICHNA : Le roi « n’accumulera pas pour lui-même beaucoup de chevaux » (Deutéronome 17:16), mais seulement assez pour son char en temps de guerre et en temps de paix. « Il n’accumulera pas non plus excessivement pour lui-même de l’argent et de l’or » (Deutéronome 17:17), mais seulement assez pour assurer la subsistance de ses soldats [aspanya]. Et le roi écrit pour lui-même un rouleau de Torah à son intention, comme stipulé en Deutéronome 17:18. Lorsqu’il part en guerre, il l’emporte avec lui. Lorsqu’il revient de la guerre, il le ramène avec lui. Lorsqu’il siège en jugement, il est avec lui. Lorsqu’il s’incline pour manger, il est devant lui, comme il est dit : « Et il sera avec lui, et il le lira tous les jours de sa vie » (Deutéronome 17:19).
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: ״לֹא יַרְבֶּה לוֹ סוּסִים״ – יָכוֹל אֲפִילּוּ כְּדֵי מֶרְכַּבְתּוֹ וּפָרָשָׁיו? תַּלְמוּד לוֹמַר ״לוֹ״ – לוֹ אֵינוֹ מַרְבֶּה, אֲבָל מַרְבֶּה הוּא כְּדֵי רִכְבּוֹ וּפָרָשָׁיו. הָא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״סוּסִים״? סוּסִים הַבַּטְלָנִין. מִנַּיִין שֶׁאֲפִילּוּ סוּס אֶחָד וְהוּא בָּטֵל שֶׁהוּא בְּ״לֹא יַרְבֶּה״? תַּלְמוּד לוֹמַר ״לְמַעַן הַרְבּוֹת סוּס״.
GEMARA:Les Sages ont enseigné dans une baraita au sujet du verset : « Il n’accumulera pas pour lui-même beaucoup de chevaux [susim] et ne fera pas retourner le peuple en Égypte afin d’accumuler des chevaux [sus] » (Deutéronome 17:16) : On aurait pu penser qu’il ne doit pas avoir même assez de chevaux pour son char et ses cavaliers. C’est pourquoi le verset déclare : « pour lui-même », enseignant que ce n’est que si les chevaux sont pour lui-même, pour son plaisir personnel, qu’il ne doit pas les accumuler, mais il peut accumuler des chevaux pour son char et ses cavaliers. Comment, alors, dois-je comprendre le sens de « chevaux [susim] » dans le verset ? Il s’agit de chevaux inutilisés, qui ne servent à rien d’autre qu’à glorifier le roi. D’où est-il déduit que même si le roi a un seul cheval inutilisé, il transgresse « il n’accumulera pas » ? Le verset déclare : « afin d’accumuler cheval [sus] », le terme pour cheval étant écrit au singulier.
וְכִי מֵאַחַר דַּאֲפִילּוּ סוּס אֶחָד וְהוּא בָּטֵל קָאֵי בְּ״לֹא יַרְבֶּה״, ״סוּסִים״ לְמָה לִי? לַעֲבוֹר בְּלֹא תַעֲשֶׂה עַל כׇּל סוּס וְסוּס.
La Guemara demande : Mais puisque le verset a enseigné que même un seul cheval inactif est inclus dans l’interdiction de « il n’en accumulera pas », pourquoi ai-je besoin de la forme plurielle « chevaux » dans la première proposition du verset ? La Guemara répond : Son but est d’enseigner qu’un roi transgresserait l’interdiction une fois supplémentaire pour chacun des chevaux inactifs .
טַעְמָא דִּכְתַב רַחֲמָנָא ״לוֹ״, הָא לָאו הָכִי הֲוָה אָמֵינָא אֲפִילּוּ כְּדֵי רִכְבּוֹ וּפָרָשָׁיו נָמֵי לָא? לָא צְרִיכָא, לְאַפּוֹשֵׁי.
La Guemara remet en question cette décision : La raison précise de limiter l’interdiction aux chevaux inutilisés est que le Miséricordieux écrit : « Il n’accumulera pas pour lui-même, » ce qui indique, par conséquent, que si la Torah n’avait pas écrit cela, je dirais que même suffisamment de chevaux pour son char et ses cavaliers ne sont pas permis ; et cela est déraisonnable, puisque le roi a besoin d’une armée. La Guemara répond : Non, l’expression « pour lui-même » est nécessaire pour enseigner qu’il est permis au roi d’ajouter un nombre raisonnable de chevaux au-delà du minimum nécessaire, et seul l’usage strictement personnel est interdit.
״וְכֶסֶף וְזָהָב לֹא יַרְבֶּה לוֹ״, אֶלָּא כְּדֵי לִיתֵּן אַפְסַנְיָא. תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְכֶסֶף וְזָהָב לֹא יַרְבֶּה לוֹ״ – יָכוֹל אֲפִילּוּ כְּדֵי לִיתֵּן אַפְסַנְיָא? תַּלְמוּד לוֹמַר ״לוֹ״ – לוֹ אֵינוֹ מַרְבֶּה, אֲבָל מַרְבֶּה הוּא כְּדֵי לִיתֵּן אַפְסַנְיָא.
La michna enseigne : « Il n’accumulera pas excessivement pour lui-même argent et or » (Deutéronome 17:17), mais seulement assez pour assurer la subsistance de ses soldats. Les Sages ont enseigné dans une baraita : Du commandement « il n’accumulera pas excessivement pour lui-même argent et or », on aurait pu penser qu’il ne devrait pas avoir même assez pour assurer la subsistance de ses soldats. Pour écarter cela, le verset déclare : « pour lui-même, » enseignant que ce n’est que si l’argent et l’or sont pour lui-même, pour son plaisir personnel, qu’il ne doit pas les accumuler, mais il peut accumuler assez d’argent et d’or pour assurer la subsistance de ses soldats.
טַעְמָא דִּכְתַב רַחֲמָנָא ״לוֹ״? הָא לָאו הָכִי, הֲוָה אָמֵינָא: אֲפִילּוּ כְּדֵי לִיתֵּן אַפְסַנְיָא נָמֵי לָא? לָא צְרִיכָא, לְהַרְוָוחָה.
La Guemara remet en question cette décision : La raison spécifique de limiter l’accumulation de richesse personnelle est que le Miséricordieux écrit : « Il n’accumulera pas non plus excessivement de l’argent et de l’or pour lui-même, » ce qui indique, par conséquent, que si la Torah n’avait pas écrit cela, je dirais qu’il n’est pas permis au roi d’accumuler même suffisamment d’argent et d’or pour assurer la subsistance de ses soldats ; cela est déraisonnable, puisque le roi a besoin d’une armée. La Guemara répond : Non, l’expression « pour lui-même » est nécessaire pour enseigner qu’il est permis au roi d’autoriser une affectation généreuse au budget militaire, afin que l’armée dispose d’une réserve financière confortable.
הַשְׁתָּא דְּאָמְרַתְּ ״לוֹ״ לִדְרָשָׁה, ״לֹא יַרְבֶּה לוֹ נָשִׁים״ מַאי דָּרְשַׁתְּ בֵּיהּ? לְמַעוֹטֵי הֶדְיוֹטוֹת.
La Guemara demande : Maintenant que tu as dit que l’expression « pour lui-même » dans le verset est énoncée pour le but d’une dérivation en halakha pratique, ce qui limite et restreint la portée du verset, que déduis-tu de la phrase suivante du verset : « Il ne multipliera pas pour lui-même les femmes » ? La Guemara répond : Cet emploi de « pour lui-même » sert à exclure les gens ordinaires, en précisant que seul le roi est limité quant au fait d’avoir de nombreuses femmes, tandis qu’un civil peut épouser autant de femmes qu’il le souhaite, à condition de pouvoir les entretenir financièrement.
רַב יְהוּדָה רָמֵי: כְּתִיב ״וַיְהִי לִשְׁלֹמֹה אַרְבָּעִים אֶלֶף אֻרְוֹת סוּסִים לְמֶרְכַּבְתּוֹ״, וּכְתִיב ״וַיְהִי לִשְׁלֹמֹה אַרְבַּעַת אֲלָפִים אֻרְווֹת סוּסִים״. הָא כֵּיצַד? אִם אַרְבָּעִים אֶלֶף אִיצְטַבְלָאוֹת הָיוּ, כׇּל אֶחָד וְאֶחָד הָיוּ בּוֹ אַרְבַּעַת אֲלָפִים אֻרְווֹת סוּסִים. וְאִם אַרְבַּעַת אֲלָפִים אִיצְטַבְלָאוֹת הָיוּ, כׇּל אֶחָד וְאֶחָד הָיוּ בּוֹ אַרְבָּעִים אֶלֶף אֻרְווֹת סוּסִים.
§ Rav Yehuda soulève une contradiction : Il est écrit dans un verset : « Et Salomon avait quarante mille stalles de chevaux pour ses chars » (I Rois 5:6), et il est écrit dans un autre verset : « Et Salomon avait quatre mille stalles pour les chevaux et les chars » (II Chroniques 9:25). Comment peut-on réconcilier ces textes ? S’il y avait quarante mille grandes écuries [itztablaot], chacune et chacune d’entre elles contenait quatre mille stalles, ou rangées, pour les chevaux. Et, à l’inverse, s’il y avait quatre mille grandes écuries, chacune et chacune d’entre elles contenait quarante mille stalles pour les chevaux. Par conséquent, les deux versets sont réconciliés.
רַבִּי יִצְחָק רָמֵי: כְּתִיב ״אֵין כֶּסֶף נֶחְשָׁב בִּימֵי שְׁלֹמֹה לִמְאוּמָה״, וּכְתִיב ״וַיִּתֵּן שְׁלֹמֹה אֶת הַכֶּסֶף בִּירוּשָׁלִַים כָּאֲבָנִים״? לָא קַשְׁיָא: כָּאן – קוֹדֶם שֶׁנָּשָׂא שְׁלֹמֹה אֶת בַּת פַּרְעֹה, כָּאן – לְאַחַר שֶׁנָּשָׂא שְׁלֹמֹה אֶת בַּת פַּרְעֹה.
Rabbi Yitzḥak soulève une contradiction : Il est écrit dans un verset : « L’argent n’avait aucune valeur aux jours de Salomon » (II Chroniques 9:20), et il est écrit dans un autre verset : « Et le roi fit que l’argent à Jérusalem fût comme des pierres » (I Rois 10:27), c’est-à-dire des gemmes. La Guemara répond : Ce n’est pas difficile : Ici, là où l’argent était sans valeur, c’était avant que Salomon n’épouse fautivement la fille de Pharaon. Là-bas, là où l’argent avait de la valeur, c’était après que Salomon eut épousé la fille de Pharaon.
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: בְּשָׁעָה שֶׁנָּשָׂא שְׁלֹמֹה אֶת בַּת פַּרְעֹה, יָרַד גַּבְרִיאֵל וְנָעַץ קָנֶה בַּיָּם, וְהֶעֱלָה שִׂירְטוֹן, וְעָלָיו נִבְנָה כְּרַךְ גָּדוֹל שֶׁבְּרוֹמִי.
Rabbi Yitzḥak dit : Lorsque Salomon épousa la fille de Pharaon, l’ange Gabriel descendit du Ciel et planta un pieu dans la mer. Et progressivement un banc de sable [sirton] s’éleva autour de lui, créant une nouvelle terre sèche, et sur elle fut bâtie la grande ville de Rome. Cela montre que le début de la chute du peuple juif face à Rome est venu avec le mariage de Salomon avec la fille de Pharaon.
וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק: מִפְּנֵי מָה לֹא נִתְגַּלּוּ טַעֲמֵי תּוֹרָה? שֶׁהֲרֵי שְׁתֵּי מִקְרָאוֹת נִתְגַּלּוּ טַעְמָן, וְנִכְשַׁל בָּהֶן גְּדוֹל הָעוֹלָם. כְּתִיב: ״לֹא יַרְבֶּה לוֹ נָשִׁים״. אָמַר שְׁלֹמֹה: ״אֲנִי אַרְבֶּה וְלֹא אָסוּר״. וּכְתִיב: ״וַיְהִי לְעֵת זִקְנַת שְׁלֹמֹה נָשָׁיו הִטּוּ אֶת לְבָבוֹ״.
Et Rabbi Yitzḥak dit : Pour quelle raison les raisons des commandements de la Torah n’ont-elles pas été révélées ? C’est parce que les raisons de deux versets ont été révélées, et le plus grand du monde, le roi Salomon, a échoué en ces matières. Il est écrit au sujet d’un roi : « Il ne multipliera pas pour lui-même les femmes, afin que son cœur ne se détourne pas » (Deutéronome 17:17). Salomon dit : J’en multiplierai, mais je ne me détournerai pas, car il pensait qu’il est permis d’avoir beaucoup de femmes si, par ailleurs, on veille scrupuleusement à ne pas s’égarer. Et plus tard, il est écrit : « Et il arriva, lorsque Salomon fut vieux, que ses femmes détournèrent son cœur vers d’autres dieux » (I Rois 11:4).
וּכְתִיב: ״לֹא יַרְבֶּה לּוֹ סוּסִים״, וְאָמַר שְׁלֹמֹה: ״אֲנִי אַרְבֶּה וְלֹא אָשִׁיב״. וּכְתִיב: ״וַתֵּצֵא מֶרְכָּבָה מִמִּצְרַיִם בְּשֵׁשׁ וְגוֹ׳״.
Et il est aussi écrit : « Seulement, il ne devra pas s’amasser beaucoup de chevaux et il ne fera pas retourner le peuple en Égypte afin d’amasser des chevaux » (Deutéronome 17:16), et Salomon dit : J’en amasserai beaucoup, mais je ne ferai pas retourner. Et il est écrit : « Et un char monta et sortit d’Égypte pour six cents sicles d’argent » (I Rois 10:29), enseignant que Salomon non seulement a violé la Torah, mais qu’il a aussi échoué à appliquer la raison donnée pour ses commandements. Cela démontre la sagesse du silence habituel de la Torah quant à la raison de ses mitzvot, afin que les gens ne s’appuient pas à tort sur leur propre sagesse pour conclure que les mitzvot sont inapplicables dans certaines circonstances.
וְכוֹתֵב סֵפֶר תּוֹרָה לִשְׁמוֹ. תְּנָא: וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִתְנָאֶה בְּשֶׁל אֲבוֹתָיו.
§ La michna enseigne que le roi écrit un rouleau de la Torah pour lui-même. Les Sages ont enseigné dans une baraita (Tosefta 4:4) : Le roi accomplit la mitsva à condition de ne pas se parer avec le rouleau de la Torah de ses ancêtres à cette fin, c’est-à-dire qu’il doit écrire son propre rouleau.
אָמַר רָבָא: אַף עַל פִּי שֶׁהִנִּיחוּ לוֹ אֲבוֹתָיו לְאָדָם סֵפֶר תּוֹרָה, מִצְוָה לִכְתּוֹב מִשֶּׁלּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעַתָּה כִּתְבוּ לָכֶם אֶת הַשִּׁירָה״. אֵיתִיבֵיהּ אַבָּיֵי: וְכוֹתֵב לוֹ סֵפֶר תּוֹרָה לִשְׁמוֹ, שֶׁלֹּא יִתְנָאֶה בְּשֶׁל אֲחֵרִים. מֶלֶךְ – אִין, הֶדְיוֹט – לֹא!
Rava dit : En ce qui concerne la mitsva imposant à chaque Juif d’écrire pour lui-même un rouleau de la Torah, même si les ancêtres d’une personne lui ont laissé un rouleau de la Torah, c’est une mitsva d’écrire un rouleau à soi, comme il est dit : « Maintenant donc, écrivez pour vous ce cantique et enseignez-le aux enfants d’Israël » (Deutéronome 31:19). Abaye lui opposa une objection tirée d’une baraita concernant le rouleau de la Torah du roi : Et il écrit pour lui-même un rouleau de la Torah pour son propre usage, afin de ne pas se parer avec le rouleau de la Torah d’autrui. À lire précisément, cela indique qu’un roi, oui, est inclus dans la halakha selon laquelle un rouleau hérité de ses ancêtres ne suffit pas, mais une personne ordinaire non.
לָא, צְרִיכָא לִשְׁתֵּי תּוֹרוֹת, וְכִדְתַנְיָא: ״וְכָתַב לוֹ אֶת מִשְׁנֵה וְגוֹ׳״ – כּוֹתֵב לִשְׁמוֹ שְׁתֵּי תּוֹרוֹת: אַחַת שֶׁהִיא יוֹצְאָה וְנִכְנֶסֶת עִמּוֹ, וְאַחַת שֶׁמּוּנַּחַת לוֹ בְּבֵית גְּנָזָיו.
La Guemara rejette l’objection d’Abaye : Non, la décision de cette baraita est nécessaire pour enseigner que le roi a pour commandement d’écrire deux rouleaux de la Torah ; il écrit un rouleau comme tout Juif, et il écrit un rouleau supplémentaire parce qu’il est roi. Et c’est comme cela est enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Qu’il écrira pour lui-même une seconde Torah dans un rouleau, à partir de celle qui est devant les prêtres lévites » (Deutéronome 17:18). Cela enseigne qu’il écrit pour lui-même deux rouleaux de la Torah, l’un qui sort et entre avec lui à tout moment, et l’un qui est placé dans son trésor.
אוֹתָהּ שֶׁיּוֹצְאָה וְנִכְנֶסֶת עִמּוֹ, עוֹשֶׂה אוֹתָהּ כְּמִין קָמֵיעַ וְתוֹלָהּ בִּזְרוֹעוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שִׁוִּיתִי ה׳ לְנֶגְדִּי תָמִיד כִּי מִימִינִי בַּל אֶמּוֹט״. אֵינוֹ נִכְנָס בָּהּ לֹא לְבֵית הַמֶּרְחָץ וְלֹא לְבֵית הַכִּסֵּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהָיְתָה עִמּוֹ וְקָרָא בוֹ״ – מָקוֹם הָרָאוּי לִקְרוֹת בּוֹ.
La baraita continue : En ce qui concerne celle qui sort et entre avec lui, il la fait très petite, comme une amulette, et il l’accroche à son bras, comme il est dit : « Je place toujours le Seigneur devant moi ; puisqu’Il est à ma droite, je ne chancellerai pas » (Psaumes 16:8). Cela fait allusion au petit rouleau de la Torah qui est toujours à sa droite. Il n’entre pas avec elle dans le bain public, ni aux toilettes, comme il est dit : « Et elle sera avec lui, et il y lira » (Deutéronome 17:19), c’est-à-dire qu’elle doit rester dans un endroit approprié pour y lire.
אָמַר מָר זוּטְרָא, וְאִיתֵּימָא מָר עוּקְבָא: בַּתְּחִלָּה נִיתְּנָה תּוֹרָה לְיִשְׂרָאֵל בִּכְתָב עִבְרִי וּלְשׁוֹן הַקּוֹדֶשׁ. חָזְרָה וְנִיתְּנָה לָהֶם בִּימֵי עֶזְרָא בִּכְתָב אַשּׁוּרִי וּלְשׁוֹן אֲרַמִּי. בֵּירְרוּ לָהֶן יִשְׂרָאֵל כְּתָב אַשּׁוּרִי וּלְשׁוֹן הַקּוֹדֶשׁ, וְהִנִּיחוּ לַהֶדְיוֹטוֹת כְּתָב עִבְרִית וּלְשׁוֹן אֲרַמִּי.
§ Mar Zutra dit, et certains disent que c’est Mar Ukva qui dit : Au début, la Torah fut donnée au peuple juif en écriture ivrit, la forme originelle de la langue écrite, et dans la langue sacrée, l’hébreu. Elle leur fut donnée de nouveau à l’époque d’Ezra en écriture ashurit et en langue araméenne. Le peuple juif choisit l’écriture ashurit et la langue sacrée pour le rouleau de la Torah et laissa l’écriture ivrit et la langue araméenne aux gens du commun.
מַאן הֶדְיוֹטוֹת? אָמַר רַב חִסְדָּא: כּוּתָאֵי. מַאי כְּתָב עִבְרִית? אָמַר רַב חִסְדָּא: כְּתָב לִיבּוֹנָאָה.
La Guemara demande : Qui sont ces gens du commun ? Rav Ḥisda a dit : Les Samaritains [Kutim]. La Guemara demande : Qu’est-ce que l’écriture Ivrit ? Rav Ḥisda dit : l’écriture Libona’a.
תַּנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: רָאוּי הָיָה עֶזְרָא שֶׁתִּינָּתֵן תּוֹרָה עַל יָדוֹ לְיִשְׂרָאֵל, אִילְמָלֵא לֹא קְדָמוֹ מֹשֶׁה. בְּמֹשֶׁה הוּא אוֹמֵר: ״וּמֹשֶׁה עָלָה אֶל הָאֱלֹהִים״, בְּעֶזְרָא הוּא אוֹמֵר: ״הוּא עֶזְרָא עָלָה מִבָּבֶל״. מָה עֲלִיָּיה הָאֲמוּרָה כָּאן – תּוֹרָה, אַף עֲלִיָּיה הָאֲמוּרָה לְהַלָּן – תּוֹרָה.
Il est enseigné dans une baraita (Tosefta 4:5) : Rabbi Yosei dit : Ezra était digne, compte tenu de sa grandeur, que la Torah soit donnée par son intermédiaire au peuple juif, si Moïse n’était pas venu en premier et n’avait pas déjà reçu la Torah. En ce qui concerne Moïse, le verset déclare : « Et Moïse monta vers Dieu » (Exode 19:3), et en ce qui concerne Ezra, le verset déclare : « Cet Ezra monta de Babylone et il était un scribe habile dans la Torah de Moïse, que le Seigneur, Dieu d’Israël, avait donnée » (Esdras 7:6). De même que la montée mentionnée ici, au sujet de Moïse, est pour la Torah, qu’il reçut de Dieu et transmit au peuple juif, de même la montée mentionnée là-bas, au sujet d’Ezra, est pour la Torah, car il enseigna la Torah au peuple juif et était digne d’avoir initialement mérité de la donner.
בְּמֹשֶׁה הוּא אוֹמֵר: ״וְאֹתִי צִוָּה ה׳ בָּעֵת הַהִיא לְלַמֵּד אֶתְכֶם חֻקִּים וּמִשְׁפָּטִים״. בְּעֶזְרָא הוּא אוֹמֵר: ״כִּי עֶזְרָא הֵכִין לְבָבוֹ לִדְרֹשׁ אֶת תּוֹרַת ה׳ אֱלֹהָיו וְלַעֲשֹׂת וּלְלַמֵּד בְּיִשְׂרָאֵל חֹק וּמִשְׁפָּט״. וְאַף עַל פִּי שֶׁלֹּא נִיתְּנָה תּוֹרָה עַל יָדוֹ, נִשְׁתַּנָּה עַל יָדוֹ הַכְּתָב, שֶׁנֶּאֱמַר:
La baraita continue : En ce qui concerne Moïse, le verset déclare : « Et le Seigneur m’ordonna en ce temps-là de vous enseigner des lois et des ordonnances » (Deutéronome 4:14), et en ce qui concerne Ezra, le verset déclare : « Car Ezra avait appliqué son cœur à rechercher la Torah du Seigneur son Dieu, à la pratiquer et à enseigner en Israël lois et ordonnances » (Ezra 7:10). Et bien que la Torah n’ait pas été donnée littéralement par lui, l’écriture de la Torah fut changée par lui, comme il est dit :