״וַיִּמְשְׁחוּ לַה׳ לְנָגִיד וּלְצָדוֹק״, מַקִּישׁ נָגִיד לְצָדוֹק: מָה צָדוֹק – מֶחֱצָה לוֹ וּמֶחֱצָה לְאֶחָיו, אַף נָגִיד – מֶחֱצָה לוֹ וּמֶחֱצָה לְאֶחָיו.
« Et ils firent de Salomon, fils de David, roi pour la seconde fois, et ils l’oignirent devant le Seigneur comme chef, et Tzadok comme prêtre » (I Chroniques 29:22). Ce verset compare un chef, en référence au roi Salomon, à Tzadok, le Grand Prêtre : De même que pour Tzadok, la moitié des pains de proposition donnés aux prêtres est pour lui, le Grand Prêtre, et la moitié est pour tous ses frères, les autres prêtres, de même pour le chef, la moitié est pour lui et la moitié est pour ses frères, le reste de l’armée.
וְצָדוֹק גּוּפֵיהּ מְנָלַן? דְּתַנְיָא: רַבִּי אוֹמֵר: ״וְהָיְתָה לְאַהֲרֹן וּלְבָנָיו״ – מֶחֱצָה לְאַהֲרֹן וּמֶחֱצָה לְבָנָיו.
La Guemara demande : Et en ce qui concerne Tzadok lui-même, d’où déduisons-nous que le Grand Prêtre prend la moitié ? La Guemara répond : Comme il est enseigné dans une baraita : Rabbi Yehuda HaNasi dit : La Torah déclare au sujet du partage des pains de proposition : « Et cela sera pour Aaron et ses fils, et ils le mangeront dans un lieu saint » (Lévitique 24:9), d’où l’on déduit : La moitié pour Aaron et la moitié pour ses fils.
מַתְנִי׳ ״לֹא יַרְבֶּה לוֹ נָשִׁים״, אֶלָּא שְׁמֹנֶה עֶשְׂרֵה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מַרְבֶּה הוּא לוֹ, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְהוּ מְסִירוֹת אֶת לִבּוֹ. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אֲפִילּוּ אַחַת וּמְסִירָה אֶת לִבּוֹ – הֲרֵי זֶה לֹא יִשָּׂאֶנָּה. אִם כֵּן, לָמָּה נֶאֱמַר ״לֹא יַרְבֶּה לוֹ נָשִׁים״? דַּאֲפִילּוּ כַּאֲבִיגַיִל.
MICHNA : Le roi « ne devra pas multiplier pour lui-même les femmes » (Deutéronome 17:17), mais seulement dix-huit. Rabbi Yehouda dit : Il peut prendre beaucoup de femmes pour lui-même, à condition qu’elles ne soient pas de celles qui détournent son cœur de la révérence envers Dieu. Rabbi Chimon dit : Même s’il veut épouser seulement une femme, si elle détourne son cœur, il ne doit pas l’épouser. Si tel est le cas, pourquoi est-il dit : « Il ne devra pas multiplier pour lui-même les femmes » ? Cela enseigne que même si ses femmes sont comme Avigaïl, qui était juste et empêcha David de pécher (voir I Samuel, chapitre 25), il lui est interdit d’avoir beaucoup de femmes.
גְּמָ׳ לְמֵימְרָא דְּרַבִּי יְהוּדָה דָּרֵישׁ טַעְמָא דִּקְרָא, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן לָא דָּרֵישׁ טַעְמָא דִּקְרָא? וְהָא אִיפְּכָא שָׁמְעִינַן לְהוּ!
GUEMARA : La Guemara demande : Faut-il dire que Rabbi Yehouda interprète la raison qui sous-tend la mitsva dans le verset et en tire des conclusions halakhiques sur la base de cette interprétation, tandis que Rabbi Shimon n’interprète pas la raison dans le verset ? Mais ne les avons-nous pas entendus soutenir des opinions opposées concernant l’interprétation de la raison qui sous-tend une mitsva dans un verset ?
דְּתַנְיָא: אַלְמָנָה, בֵּין שֶׁהִיא עֲנִיָּה בֵּין שֶׁהִיא עֲשִׁירָה, אֵין מְמַשְׁכְּנִין אוֹתָהּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא תַחֲבֹל בֶּגֶד אַלְמָנָה״ – דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: עֲשִׁירָה – מְמַשְׁכְּנִין אוֹתָהּ, עֲנִיָּיה – אֵין מְמַשְׁכְּנִין אוֹתָהּ, וְאַתָּה חַיָּיב לְהַחְזִיר לָהּ, וְאַתָּה מַשִּׂיאָהּ שֵׁם רַע בִּשְׁכֵנוֹתֶיהָ.
Comme il est enseigné dans une baraita (Tosefta, Bava Metzia 10:3) : Dans le cas d’une veuve, qu’elle soit pauvre ou riche, on ne peut pas prendre de gage auprès d’elle pour un prêt, comme il est dit : « Tu ne prendras pas en gage le vêtement d’une veuve » (Deutéronome 24:17) ; telle est l’opinion de Rabbi Yehouda. Rabbi Shimon dit : Dans le cas d’une veuve riche, on peut prendre un gage auprès d’elle. Mais dans le cas d’une veuve pauvre, on ne peut pas prendre de gage auprès d’elle, parce que tu es tenu de le lui rendre, et tu lui donneras une mauvaise réputation parmi ses voisines.
וְאָמְרִינַן: מַאי קָאָמַר? הָכִי קָאָמַר: מִתּוֹךְ שֶׁאַתָּה מְמַשְׁכְּנָהּ, אַתָּה חַיָּיב לְהַחֲזִיר לָהּ, וְאַתָּה מַשִּׂיאָהּ שֵׁם רַע בִּשְׁכֵנוֹתֶיהָ. אַלְמָא, רַבִּי יְהוּדָה לָא דָּרֵישׁ טַעְמָא דִּקְרָא, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן דָּרֵישׁ טַעְמָא דִּקְרָא.
Et nous disons au sujet de cette dispute : Que dit Rabbi Shimon ? Voici ce qu’il dit : Parce que tu prends d’elle un gage, tu es tenu de le lui rendre, à elle, comme le dit le verset : « Et s’il est pauvre, tu ne dormiras pas avec son gage ; tu ne manqueras pas de lui rendre le gage au coucher du soleil » (Deutéronome 24:12–13), et tu lui donnes ainsi une mauvaise réputation parmi ses voisines, qui soupçonneront une conduite licencieuse lorsqu’elles verront un homme venir chez elle chaque matin et chaque soir. Il est donc évident que, selon cette dispute, Rabbi Yehuda n’interprète pas la raison du verset et Rabbi Shimon, lui, interprète la raison du verset.
בְּעָלְמָא, רַבִּי יְהוּדָה לָא דָּרֵישׁ טַעְמָא דִּקְרָא, וְשָׁאנֵי הָכָא דִּמְפָרֵשׁ טַעְמָא דִקְרָא: מַה טַּעַם ״לֹא יַרְבֶּה לוֹ נָשִׁים״? מִשּׁוּם דְּ״לֹא יָסוּר לְבָבוֹ״.
La Guemara explique : En général, Rabbi Yehouda n’interprète pas la raison dans le verset, mais ici c’est différent, car le verset lui-même explique la raison dans le verset : Quelle est la raison pour laquelle « il ne multipliera pas les femmes pour lui-même » ? Il ne doit pas multiplier les femmes à cause de ce qui est énoncé dans la suite du verset : « Afin que son cœur ne se détourne pas. »
וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אָמַר לָךְ: מִכְּדִי בְּעָלְמָא דָּרְשִׁינַן טַעְמָא דִּקְרָא, אִם כֵּן לִכְתּוֹב קְרָא ״לֹא יַרְבֶּה לוֹ נָשִׁים״ וְלִישְׁתּוֹק, וַאֲנָא אָמֵינָא: מָה טַעַם ״לֹא יַרְבֶּה״? מִשּׁוּם דְּ״לֹא יָסוּר״. ״לֹא יָסוּר״ לְמָה לִי? אֲפִילּוּ אַחַת וּמְסִירָה אֶת לִבּוֹ – הֲרֵי זוֹ לֹא יִשָּׂאֶנָּה. אֶלָּא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״לֹא יַרְבֶּה״? דַּאֲפִילּוּ כַּאֲבִיגַיִל.
Et Rabbi Shimon aurait pu te dire : Puisque, de manière générale, nous interprétons la raison dans le verset, alors si c’est ainsi que l’interdiction d’épouser de nombreuses femmes ne s’applique qu’à des femmes susceptibles de détourner son cœur, le verset devrait écrire seulement : « Il ne multipliera pas pour lui-même de nombreuses femmes » et ensuite se taire. Dans ce cas, je dirais, de moi-même, quelle est la raison pour laquelle il ne multipliera pas les femmes ? C’est afin que son cœur ne se détourne pas. En conséquence, pourquoi ai-je besoin de la phrase supplémentaire « que son cœur ne se détourne pas » ? Elle vient enseigner une autre halakha, à savoir que même s’il veut épouser seulement une femme, si elle détourne son cœur, il ne doit pas l’épouser. Mais alors comment comprendre le sens du verset : « Il ne multipliera pas pour lui-même de nombreuses femmes » ? Cela signifie qu’il ne doit pas avoir de nombreuses femmes même si elles sont comme Abigail.
הָנֵי שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה מְנָלַן? דִּכְתִיב: ״וַיִּוָּלְדוּ לְדָוִד בָּנִים בְּחֶבְרוֹן וַיְהִי בְכוֹרוֹ אַמְנוֹן לַאֲחִינֹעַם הַיִּזְרְעֵאלִית. וּמִשְׁנֵהוּ כִלְאָב לַאֲבִיגַיִל אֵשֶׁת נָבָל הַכַּרְמְלִי וְהַשְּׁלִישִׁי אַבְשָׁלוֹם בֶּן מַעֲכָה ... וְהָרְבִיעִי אֲדֹנִיָּה בֶן חַגִּית וְהַחֲמִישִׁי שְׁפַטְיָה בֶן אֲבִיטָל. וְהַשִּׁשִּׁי יִתְרְעָם לְעֶגְלָה אֵשֶׁת דָּוִד אֵלֶּה יֻלְּדוּ לְדָוִד בְּחֶבְרוֹן״.
§ Quant à ces dix-huit femmes que le roi peut épouser, d’où dérivons-nous ce nombre ? La Guemara répond : Comme il est écrit : « Des fils naquirent à David à Hébron ; son premier-né fut Amnon, d’Ahinоam la Jizréélite ; le deuxième, Kiléab, d’Abigaïl, femme de Nabal le Carmélite ; le troisième, Absalom, fils de Maaka, fille de Talmaï, roi de Gueshour ; le quatrième, Adonias, fils de Haggith ; le cinquième, Shephatia, fils d’Abital ; le sixième, Ithream, d’Égla, femme de David. Ceux-ci naquirent à David à Hébron » (II Samuel 3:2–5). Dans ces versets, un total de six femmes est mentionné.
וְקָאָמַר לֵיהּ נָבִיא: ״אִם מְעַט, וְאֹסִיפָה לְּךָ כָּהֵנָּה וְכָהֵנָּה״. ״כָּהֵנָּה״ – שֵׁית, ״וְכָהֵנָּה״ – שֵׁית, דְּהָווּ לְהוּ תַּמְנֵי סְרֵי.
Et le prophète Nathan dit au roi David dans sa réprimande : « Et je t’ai donné la maison de ton maître et les femmes de ton maître dans ton sein, et je t’ai donné la maison d’Israël et de Juda ; et si cela avait été trop peu, alors je t’aurais ajouté des choses comme celles-ci et comme celles-là” (II Samuel 12:8). “Comme celles-ci” ; cela fait référence aux femmes énumérées ci-dessus, c’est-à-dire encore six. “Et comme celles-là” ; cela fait référence à encore six, de sorte qu’au total il y en a dix-huit qu’il lui serait permis d’épouser.
מַתְקֵיף לַהּ רָבִינָא: אֵימַר, ״כָּהֵנָּה״ – תַּרְתֵּי סְרֵי, ״וְכָהֵנָּה״ – עֶשְׂרִין וְאַרְבַּע.
Ravina objecte à cette explication : Dis plutôt : « Comme celles-ci » ; cela fait référence à six supplémentaires, comme les femmes énumérées ci-dessus, pour un total de douze. « Et comme celles-là » ; cela fait référence à toutes celles énumérées précédemment, pour un total de vingt-quatre.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: ״לֹא יַרְבֶּה לוֹ נָשִׁים״ – יוֹתֵר מֵעֶשְׂרִים וְאַרְבַּע. לְמַאן דְּדָרֵישׁ וָיו, אַרְבָּעִים וּשְׁמֹנֶה הָווּ. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: ״לֹא יַרְבֶּה לוֹ נָשִׁים״ – יוֹתֵר מֵאַרְבָּעִים וּשְׁמֹנֶה.
La Guemara ajoute : Un appui à l’interprétation de Ravina est également enseigné dans une baraita : « Il ne multipliera pas pour lui-même les femmes » ; cela signifie qu’il ne peut pas épouser plus de vingt-quatre femmes. La Guemara commente : Selon celui qui interprète la lettre vav, traduite comme la conjonction « et » dans l’expression « et comme celles-là », comme venant ajouter et développer ce qui précède, le vav est écrit pour ajouter davantage, et par conséquent, il y a quarante-huit femmes. La Guemara commente : Un appui à cette interprétation est également enseigné dans une baraita : « Il ne multipliera pas pour lui-même les femmes » ; cela signifie qu’il ne peut pas épouser plus de quarante-huit femmes.
וְתַנָּא דִּידַן, מַאי טַעְמֵיהּ? אָמַר רַב כָּהֲנָא: מַקִּישׁ ״כָּהֵנָּה״ בָּתְרָא לְ״כָּהֵנָּה״ קַמָּא: מָה ״כָּהֵנָּה״ קַמָּא – שֵׁית, אַף ״כָּהֵנָּה״ בָּתְרָא – שֵׁית.
La Guemara demande : Et quant au tanna de notre michna, quelle est sa raison de limiter le nombre à dix-huit ? Rav Kahana dit : Le verset compare le dernier terme : « comme celles-là [kahenna] », au premier terme : « comme celles-ci [kahenna] », enseignant que, de même que le premier terme : « comme celles-ci », signifie six, de même le dernier terme : « comme celles-là », signifie six et pas davantage.
וְהָא הֲוַאי מִיכַל! אָמַר רַב: עֶגְלָה זוֹ מִיכַל, וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמָהּ עֶגְלָה? שֶׁחֲבִיבָה עָלָיו כְּעֶגְלָה. וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״לוּלֵי חֲרַשְׁתֶּם בְּעֶגְלָתִי וְגוֹ׳״.
La Guemara conteste l’idée selon laquelle David n’avait que six femmes. Mais il y avait aussi Mikhal, et il avait donc au moins sept femmes. Rav a dit : L’une de ces six femmes, Eglah, c’est Mikhal, et pourquoi était-elle appelée Eglah dans le verset ? C’était parce qu’elle lui était chère comme un veau [egla], et ainsi le verset déclare que Samson a désigné sa femme par le même terme : « Si vous n’aviez pas labouré avec mon veau, vous n’auriez pas trouvé mon secret » (Juges 14:18).
וּמִי הֲווֹ לְמִיכַל בְּנֵי? וְהָכְתִיב: ״וּלְמִיכַל בַּת שָׁאוּל לֹא הָיָה לָהּ וָלָד עַד יוֹם מוֹתָהּ״! אָמַר רַב חִסְדָּא: עַד יוֹם מוֹתָהּ לֹא הָיָה לָהּ, בְּיוֹם מוֹתָהּ הָיָה לָהּ.
La Guemara conteste l’identification d’Egla avec Mikhal : Et Mikhal a-t-elle eu des enfants ? N’est-il pas écrit : « Et Mikhal, fille de Saül, n’eut pas d’enfant jusqu’au jour de sa mort » (II Samuel 6:23) ? Rav Ḥisda a dit : Jusqu’au jour de sa mort, elle n’a pas eu d’enfant, mais le jour de sa mort, elle a eu un enfant.
מִכְּדֵי, בָּנִים הֵיכָא קָא חָשֵׁיב לְהוּ? בְּחֶבְרוֹן. וְאִילּוּ מַעֲשֶׂה דְּמִיכַל בִּירוּשָׁלַיִם הֲוָה, דִּכְתִיב: ״וּמִיכַל בַּת שָׁאוּל נִשְׁקְפָה בְּעַד הַחַלּוֹן וַתֵּרֶא אֶת הַמֶּלֶךְ דָּוִד מְפַזֵּז וּמְכַרְכֵּר לִפְנֵי ה׳ וַתִּבֶז״. וְאָמַר רַב יְהוּדָה, וְאִיתֵּימָא רַב יוֹסֵף: שְׁקַלְתֵּהּ מִיכַל לְמִיטְרַפְסַהּ! אֶלָּא אֵימָא: עַד אוֹתוֹ מַעֲשֶׂה – הָיָה לָהּ, מִכָּאן וְאֵילָךְ – לֹא הָיָה לָהּ.
La Guemara objecte à cela : Or, ces enfants de David, où les compte-t-on ? À Hébron, car Égla a été mentionnée plus haut parmi les femmes de David à Hébron. Mais l’incident avec Mikhal, dans le contexte duquel le verset dit qu’elle n’eut pas d’enfants, a eu lieu à Jérusalem, comme il est écrit : « Et il arriva, lorsque l’Arche du Seigneur entra dans la cité de David, que Mikhal, fille de Saül, regarda par la fenêtre et vit le roi David sautant et dansant devant le Seigneur, et elle le méprisa dans son cœur » (II Samuel 6:16). Et Rav Yehouda dit, et certains disent que c’est Rav Yossef qui dit : Mikhal reçut sa punition [lemitarpesah] immédiatement, et ne pouvait donc pas avoir eu d’enfants par la suite. Plutôt, dis une autre explication : Jusqu’à cet incident, elle avait un enfant ; à partir de ce moment-là, elle n’eut plus d’enfant.
וְהָכְתִיב: ״וַיִּקַּח דָּוִד עוֹד פִּלַגְשִׁים וְנָשִׁים בִּירוּשָׁלַיִם״? לְמַלּוֹיֵי שְׁמוֹנָה עֶשְׂרֵה. מַאי ״נָשִׁים״ וּמַאי ״פִּלַגְשִׁים״? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: נָשִׁים – בִּכְתוּבָּה וּבְקִידּוּשִׁין, פִּלַגְשִׁים – בְּלֹא כְּתוּבָּה וּבְלֹא קִידּוּשִׁין.
La Guemara conteste l’idée selon laquelle David n’avait que ce nombre limité d’épouses. Mais n’est-il pas écrit : « Et David prit encore des concubines et des épouses à Jérusalem après être venu d’Hébron » (II Samuel 5:13). La Guemara répond : Toutes celles-ci étaient pour compléter le compte de dix-huit et pas davantage. La Guemara demande au sujet de ce verset : Que signifie « épouses » et que signifie « concubines » dans ce verset ? Rav Yehuda dit que Rav dit : Les épouses reçoivent un contrat de mariage et des fiançailles ; les concubines sont prises sans contrat de mariage et sans fiançailles.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אַרְבַּע מֵאוֹת יְלָדִים הָיוּ לוֹ לְדָוִד, וְכוּלָּן בְּנֵי יְפַת תּוֹאַר הָיוּ, וּמְגַדְּלֵי בְלוֹרִיּוֹת הָיוּ, וְכוּלָּן יוֹשְׁבִין בִּקְרוֹנוֹת שֶׁל זָהָב, וּמְהַלְּכִין בְּרָאשֵׁי גְיָיסוֹת הָיוּ, וְהֵם הָיוּ בַּעֲלֵי אֶגְרוֹפִין שֶׁל בֵּית דָּוִד.
Rav Yehuda dit que Rav dit : David avait quatre cents enfants dans son armée, et tous étaient les fils de belles femmes capturées dans leurs foyers gentils pendant la guerre (voir Deutéronome 21:10–14). Et ils laissaient pousser leurs cheveux selon une coiffure gentile, et tous étaient assis dans des carrosses [bikronot] d’or. Et ils marchaient à la tête des troupes, et ils étaient le bras fort exécuteur de la maison de David, sur la loyauté desquels reposait la monarchie de David.
וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: תָּמָר בַּת יְפַת תּוֹאַר הָיְתָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעַתָּה דַּבֶּר נָא אֶל הַמֶּלֶךְ כִּי לֹא יִמְנָעֵנִי מִמֶּךָּ״. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ בַּת נִישּׂוּאִין הֲוַאי, אֲחָתֵיהּ מִי הֲוָה שַׁרְיָא לֵיהּ? אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ: בַּת יְפַת תּוֹאַר הָיְתָה.
Et Rav Yehuda dit que Rav dit : Tamar, la fille de David, était la fille d’une belle femme capturée à la guerre et née avant que sa mère ne se convertisse. Par conséquent, Tamar n’était pas considérée comme la fille de David selon la halakha. La preuve en est dans ce qu’elle dit à Amnon, fils de David, comme il est dit : « Maintenant donc, je te prie, parle au roi, car il ne me refusera pas à toi » (II Samuel 13:13). Et s’il te vient à l’esprit de dire qu’elle était la fille d’une femme que David a épousée, David aurait-il permis la sœur d’Amnon à lui comme épouse ? Au contraire, apprends de là de ce verset qu’elle était la fille d’une belle femme qui s’est convertie après la naissance de Tamar, de sorte que, selon la halakha, Tamar n’était pas la fille de David.
״וּלְאַמְנוֹן רֵעַ וּשְׁמוֹ יוֹנָדָב בֶּן שִׁמְעָה אֲחִי דָוִד וְיוֹנָדָב אִישׁ חָכָם וְגוֹ׳״. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אִישׁ חָכָם לְרִשְׁעָה.
La Guemara continue d’interpréter l’histoire d’Amnon et Tamar. Le verset déclare : « Amnon avait un ami dont le nom était Yonadav, fils de Shimea, frère de David, et Yonadav était un homme très sage » (II Samuel 13:3). Rav Yehouda dit que Rav dit : Un homme sage pour la méchanceté.
״וַיֹּאמֶר ... מַדּוּעַ אַתָּה כָּכָה דַּל בֶּן הַמֶּלֶךְ ... וַיֹּאמֶר לוֹ יוֹנָדָב שְׁכַב עַל מִשְׁכָּבְךָ וְהִתְחָל וְגוֹ׳״, עַד ״וְעָשְׂתָה לְעֵינַי אֶת הַבִּרְיָה״. ״וַתִּקַּח הַמַּשְׂרֵת וַתִּצֹק לְפָנָיו״. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: שֶׁעָשְׂתָה לוֹ מִינֵי טִיגּוּן.
Le verset rapporte les paroles de Yonadav à Amnon : « Et il lui dit : Pourquoi, fils du roi, es-tu ainsi, devenant plus maigre de jour en jour… et Yonadav lui dit : Couche-toi sur ton lit et feins la maladie, et lorsque ton père viendra te voir, dis-lui : Que ma sœur Tamar vienne, je te prie, et me donne du pain, et qu’elle prépare la nourriture sous mes yeux… Et elle prit la poêle et les servit devant lui » (II Samuel 13:4–5, 9). Rav Yehouda dit que Rav dit : Cela signifie que Tamar a préparé diverses sortes d’aliments frits [tiggun] pour Amnon.
״וַיִּשְׂנָאֶהָ אַמְנוֹן שִׂנְאָה גְּדוֹלָה מְאֹד״. מַאי טַעְמָא? אָמַר רַבִּי יִצְחָק: נִימָא נִקְשְׁרָה לוֹ וַעֲשָׂאַתּוּ כְּרוּת שׇׁפְכָה. וְכִי נִקְשְׁרָה לוֹ, אִיהִי מַאי עֲבַדָה? אֶלָּא אֵימָא: קָשְׁרָה לוֹ נִימָא וַעֲשָׂאַתּוּ כְּרוּת שׇׁפְכָה.
À la fin de l’histoire, le verset déclare : « Alors Amnon la haït d’une haine extrêmement grande, car la haine avec laquelle il la haïssait était plus grande que l’amour avec lequel il l’avait aimée » (II Samuel 13:15). La Guemara demande : Quelle est la raison de la haine intense d’Amnon ? Rabbi Yitzḥak dit : Pendant qu’il la violait, un cheveu [nima] à elle s’est enroulé autour de son pénis et a fait de lui quelqu’un dont le pénis a été sectionné. La Guemara demande : Mais si le cheveu s’est enroulé autour de son pénis, qu’a-t-elle fait, elle ? Pourquoi Amnon lui en tiendrait-il rigueur ? Il faut plutôt dire qu’elle a intentionnellement attaché un cheveu autour de son pénis pendant le rapport, et l’a rendu comme quelqu’un dont le pénis a été sectionné afin de se venger de lui, et c’est pour cela qu’il la haïssait.
אִינִי? וְהָא דָּרֵשׁ רָבָא: מַאי דִּכְתִיב ״וַיֵּצֵא לָךְ שֵׁם בַּגּוֹיִם בְּיׇפְיֵךְ״? שֶׁאֵין לָהֶן לִבְנוֹת יִשְׂרָאֵל לֹא שְׂעַר בֵּית הַשֶּׁחִי וְלָא בֵּית הָעֶרְוָה! שָׁאנֵי תָּמָר, דְּבַת יְפַת תּוֹאַר הֲוַאי.
La Guemara objecte : Est-ce bien le cas ? Mais Rava n’a-t-il pas interprété un verset de manière homilétique : Que signifie ce qui est écrit : « Et ta renommée se répandit parmi les nations à cause de ta beauté » (Ézéchiel 16:14) ? Cela enseigne que les femmes juives n’ont pas de poils aux aisselles ni de poils pubiens. Par conséquent, Tamar n’aurait pas eu de poils pour blesser Amnon de cette manière. La Guemara répond : Tamar est différente, car elle était la fille d’une belle femme, qui était une non-juive.
״וַתִּקַּח תָּמָר אֵפֶר עַל רֹאשָׁהּ וְאֶת כְּתֹנֶת הַפַּסִּים אֲשֶׁר עָלֶיהָ קָרָעָה״. תָּנָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה: גָּדֵר גָּדוֹל גָּדְרָה תָּמָר בְּאוֹתָהּ שָׁעָה. אָמְרוּ: לִבְנוֹת מְלָכִים כָּךְ, לִבְנוֹת הֶדְיוֹטוֹת עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה. אִם לַצְּנוּעוֹת כָּךְ, לַפְּרוּצוֹת עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: בְּאוֹתָהּ שָׁעָה גָּזְרוּ
Le verset rapporte qu’après qu’Amnon l’eut violée : « Et Tamar mit de la cendre sur sa tête et déchira le vêtement multicolore qu’elle portait » (II Samuel 13:19). Les Sages ont enseigné au nom de Rabbi Yehoshua ben Korḥa : Tamar établit une grande barrière à ce moment-là par son cri public, comme les gens disaient : Si une telle chose pouvait arriver aux filles des rois, à plus forte raison cela pouvait arriver aux filles des gens ordinaires. Si une telle chose pouvait arriver à des femmes pudiques comme Tamar, qui résista, à plus forte raison cela pouvait arriver à des femmes licencieuses. Rav Yehuda dit que Rav dit : À ce moment-là, ils décrétèrent