בִּשְׁנֵי רְעָבוֹן.
pendant les années de famine. Lorsque le grain se fait rare, intercaler l’année aggraverait la pénurie alimentaire en retardant l’offrande du omer, apportée en nissan, prolongeant ainsi la période pendant laquelle la nouvelle récolte est interdite.
תַּנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: ״וְאִישׁ בָּא מִבַּעַל שָׁלִישָׁה וַיָּבֵא לְאִישׁ הָאֱלֹהִים לֶחֶם בִּכּוּרִים עֶשְׂרִים לֶחֶם שְׂעֹרִים וְגוֹ׳״.
Il est enseigné dans une baraita : Rabbi Yehuda HaNasi dit que ce principe peut être démontré à partir d’un incident rapporté dans la Torah. Le verset déclare au sujet du prophète Élisée : « Et un homme vint de Ba’al Shalisha, et il apporta à l’homme de Dieu du pain des prémices, vingt pains d’orge, et des épis frais dans son sac. Et il dit : Donne au peuple, afin qu’ils mangent » (II Rois 4:42).
וְאֵין לְךָ קַלָּה בְּכׇל אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל לְבַשֵּׁל פֵּירוֹתֶיהָ יוֹתֵר מִבַּעַל שָׁלִישָׁה, וְאַף עַל פִּי כֵן לֹא בִּכְּרָה אֶלָּא מִין אֶחָד. שֶׁמָּא תֹּאמַר: חִטִּים? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״שְׂעוֹרִים״. שֶׁמָּא תֹּאמַר: לִפְנֵי הָעוֹמֶר? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״תֵּן לָעָם וְיֹאכֵלוּ״. אַחַר הָעוֹמֶר הָיָה.
L’incident est analysé ainsi : Tu n’as dans toute Eretz Yisrael aucun endroit où le fruit mûrit plus rapidement que à Ba’al Shalisha, et malgré cela, une seule des sept espèces avait mûri à ce moment-là, comme le verset en témoigne lorsqu’il dit qu’il lui apporta « du pain des prémices ». De peur que tu ne dises que le verset parle de blé, qui mûrit près du moment de la fête de Shavuot, le verset dit « orge ». De peur que tu ne dises que l’incident eut lieu avant que le omer ne soit offert, le verset dit : « Donne au peuple, afin qu’ils mangent. » Puisqu’il leur était permis de manger, il faut donc que l’incident ait eu lieu après l’offrande du omer.
אֱמוֹר מֵעַתָּה: רְאוּיָה הָיְתָה אוֹתָהּ שָׁנָה שֶׁתִּתְעַבֵּר, וּמִפְּנֵי מָה לֹא עִיבְּרָהּ אֱלִישָׁע? שֶׁשְּׁנַת בַּצּוֹרֶת הָיְתָה, וְהָיוּ הַכֹּל רָצִין לְבֵית הַגֳּרָנוֹת.
Sur cette base, dis que même dans l’endroit où les fruits mûrissaient le plus rapidement dans toute la Terre d’Israël, après que le omer avait été apporté, seule l’orge avait mûri. Il est donc évident que l’année se prêtait à l’intercalation, car la production du printemps n’était pas suffisamment mûre à temps. Et pour quelle raison le prophète Élisée ne l’a-t-il pas intercalée ? Parce que c’était une année de disette, comme cela est décrit dans la Torah (voir II Rois 4:38), et tout le monde courait vers le grenier. Intercaler l’année aurait rendu l’obtention de produits encore plus difficile.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין מְעַבְּרִין אֶת הַשָּׁנָה לִפְנֵי רֹאשׁ הַשָּׁנָה, וְאִם עִיבְּרוּהָ – אֵינָהּ מְעוּבֶּרֶת. אֲבָל מִפְּנֵי הַדְּחָק מְעַבְּרִין אוֹתָהּ אַחַר רֹאשׁ הַשָּׁנָה מִיָּד, וְאַף עַל פִּי כֵּן אֵין מְעַבְּרִין אֶלָּא אֲדָר.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita (Tosefta 2:3) : Le tribunal ne peut pas intercaler l’année avant Roch Hachana. Et si le tribunal l’a intercalée si tôt, elle n’est pas intercalée. Mais s’il était nécessaire de l’intercaler tôt en raison de circonstances pressantes, par exemple une persécution religieuse, ils peuvent l’intercaler immédiatement après Roch Hachana. Même ainsi, ils ne peuvent l’intercaler qu’en ajoutant un second mois de Adar.
אִינִי? וְהָא שְׁלַחוּ לֵיהּ לְרָבָא: זוּג בָּא מֵרַקַּת, וּתְפָשׂוֹ נֶשֶׁר, וּבְיָדוֹ דְּבָרִים הַנַּעֲשִׂים בְּלוּז. וּמַאי נִיהוּ? תְּכֵלֶת. בִּזְכוּת הָרַחֲמִים וּבִזְכוּתָם יָצְאוּ בְּשָׁלוֹם.
La Guemara demande : Est-ce bien le cas, que l’intercalation ne peut être déterminée qu’après Roch Hachana ? Mais les Sages de la Terre d’Israël envoyèrent le message codé suivant à Rava à l’époque de la persécution romaine : Une paire d’érudits de la Torah vint de Rakkath, le nom biblique de Tibériade (voir Josué 19:35), qui était le siège du Sanhédrin au temps de Rava. Ils avaient l’intention de rejoindre la communauté de la Diaspora, mais la paire fut appréhendée par l’aigle, c’est-à-dire des soldats romains, dont le symbole était l’aigle ; et en leur possession se trouvaient de précieux objets fabriqués à Luz. La Guemara interrompt le récit pour expliquer : Et quels sont ces objets de Luz ? De la teinture bleu azur, nécessaire pour les franges rituelles. Le message poursuivait : Par le mérite de la miséricorde divine et par leur mérite, ils furent épargnés de l’exécution et sortirent en paix. Néanmoins, ils n’atteignirent pas leur destination.
וַעֲמוּסֵי יְרֵיכֵי נַחְשׁוֹן בִּקְּשׁוּ לִקְבּוֹעַ נְצִיב אֶחָד, וְלֹא הִנִּיחָן אֲדוֹמִי הַלָּז. אֲבָל בַּעֲלֵי אֲסוּפּוֹת נֶאֶסְפוּ וְקָבְעוּ לוֹ נְצִיב אֶחָד בְּיֶרַח שֶׁמֵּת בּוֹ אַהֲרֹן הַכֹּהֵן. חַשּׁוֹבֵי – מְחַשְּׁבִי, גַּלּוֹיֵי – לָא מְגַלּוּ.
Le message continua : Et les descendants de Nahshon, c’est-à-dire les Sages du tribunal du Nasi, qui descendait du prince de Juda, Nahshon ben Amminadav (voir Nombres 7:12), cherchèrent à établir un pilier, c’est-à-dire qu’ils cherchèrent à ajouter un mois à l’année. Mais cet Édomite, le gouverneur romain local, ne le leur permit pas d’intercaler l’année. Néanmoins, les membres de l’assemblée se réunirent et établirent un pilier, au mois où Aaron le prêtre mourut, c’est-à-dire que les Sages d’Eretz Yisrael se réunirent au mois de Av, qui précède Roch Hachana, et décidèrent que l’année suivante devait être embolismique. Il est donc évident qu’en des circonstances pressantes, l’intercalation peut être effectuée même avant Roch Hachana. La Guemara répond : Le tribunal peut calculer la nécessité d’un mois supplémentaire même avant Roch Hachana, mais il ne peut pas révéler ni rendre publique la décision avant après Roch Hachana.
מַאי מַשְׁמַע דְּהַאי ״נְצִיב״ לִישָּׁנָא דְּיַרְחָא הוּא? דִּכְתִיב: ״וְלִשְׁלֹמֹה שְׁנֵים עָשָׂר נִצָּבִים עַל כׇּל יִשְׂרָאֵל וְכִלְכְּלוּ אֶת הַמֶּלֶךְ וְאֶת אֲנָשָׁיו חֹדֶשׁ בַּשָּׁנָה״. וְהָכְתִיב: ״וּנְצִיב אֶחָד [אֲשֶׁר] בָּאָרֶץ״? רַב יְהוּדָה וְרַב נַחְמָן, חַד אָמַר: אֶחָד מְמוּנֶּה עַל כּוּלָּם, וְחַד אָמַר: כְּנֶגֶד חֹדֶשׁ הָעִיבּוּר.
La Guemara s’interroge sur la langue du message codé. D’où peut-on déduire que ce mot, pilier [netziv], est un terme désignant le mois ? Comme il est écrit : « Salomon avait douze intendants [netzivim] sur tout Israël, et ils pourvoyaient aux besoins du roi et de sa maison, chacun un mois dans l’année » (I Rois 4:7). Cela indique que chaque netziv était responsable d’un mois particulier. Une fois ce verset cité, la Guemara demande : Mais n’est-il pas écrit ensuite : « Et un intendant qui était dans le pays » (I Rois 4:19), ce qui indique qu’il y avait plus de douze netzivim ? Rav Yehuda et Rav Naḥman proposent des réponses. L’un dit : Un intendant fut nommé au-dessus de tous les autres. Et l’un dit : l’intendant supplémentaire correspondait au mois intercalaire. Si l’année comportait un mois supplémentaire, il était responsable des provisions du roi pendant ce mois.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין מְעַבְּרִין אֶת הַשָּׁנָה לֹא מִשָּׁנָה לַחֲבֶרְתָּהּ, וְלֹא שָׁלֹשׁ שָׁנִים זוֹ אַחַר זוֹ. אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: מַעֲשֶׂה בְּרַבִּי עֲקִיבָא שֶׁהָיָה חָבוּשׁ בְּבֵית הָאֲסוּרִים, וְעִיבֵּר שָׁלֹשׁ שָׁנִים זוֹ אַחַר זוֹ. אָמְרוּ לוֹ: מִשָּׁם רְאָיָה? בֵּית דִּין יָשְׁבוּ וְקָבְעוּ אַחַת אַחַת בִּזְמַנָּהּ.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita (Tosefta 2:4) : Le tribunal ne peut pas intercaler l’année d’une année à l’autre, et n’intercale pas trois années consécutives, l’une directement après l’autre. Rabbi Shimon dit : Il y eut un incident impliquant Rabbi Akiva à l’époque où il était emprisonné, et il intercala trois années, l’une après l’autre. Les Sages dirent à Rabbi Shimon : Y a-t-il une preuve de là ? Rabbi Akiva a simplement fait les calculs, mais un tribunal spécial siégea et établit chacune en son temps.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין מְעַבְּרִין אֶת הַשָּׁנָה לֹא בִּשְׁבִיעִית וְלֹא בְּמוֹצָאֵי שְׁבִיעִית. אֵימָתַי רְגִילִין לְעַבֵּר? עֶרֶב שְׁבִיעִית. שֶׁל בֵּית רַבָּן גַּמְלִיאֵל הָיוּ מְעַבְּרִין בְּמוֹצָאֵי שְׁבִיעִית.
Les Sages ont enseigné dans une baraita (Tosefta 2:5) : le tribunal ne peut pas intercaler l’année pendant l’année sabbatique, afin de ne pas prolonger les interdictions de l’année sabbatique, ni dans l’année qui suit l’année sabbatique, lorsqu’il n’y a pas beaucoup de production disponible, et retarder la consommation de la nouvelle récolte causerait également des difficultés. Quand le tribunal a-t-il l’habitude d’intercaler ? À la veille de l’année sabbatique, ce qui ne pose pas de difficulté particulière. Néanmoins, les tribunaux de la maison de Rabban Gamliel intercalaient l’année dans l’année qui suit l’année sabbatique.
וּבִפְלוּגְתָּא דְּהָנֵי תַּנָּאֵי, דְּתַנְיָא: אֵין מְבִיאִין יָרָק מֵחוּצָה לָאָרֶץ, וְרַבּוֹתֵינוּ הִתִּירוּ. מַאי בֵּינַיְיהוּ? אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: חוֹשְׁשִׁין לְגוּשֵׁיהֶן אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ.
Et ils sont en désaccord au sujet de la question qui fait l’objet du différend entre ces tanna’im, comme cela a été enseigné dans une baraita : On ne peut pas importer de légumes pendant l’Année sabbatique depuis l’extérieur d’Eretz Yisrael, et nos Sages ont permis d’importer une telle production. Selon l’opinion qui permet d’importer des produits depuis l’extérieur d’Eretz Yisrael, il n’y a pas à craindre que l’approvisionnement alimentaire s’épuise. Par conséquent, l’année suivant l’Année sabbatique peut être embolismique. La Guemara demande : Quelle est la raison de la différence entre ces deux opinions concernant l’importation de produits depuis l’extérieur d’Eretz Yisrael ? Rabbi Yirmeya dit : La différence entre eux concerne la question de savoir si l’on craint leurs mottes de terre. Bien que tous s’accordent à dire que la terre située hors d’Eretz Yisrael transmet l’impureté rituelle, les tanna’im discutent de savoir s’il est, pour cette raison, interdit d’apporter des légumes en Eretz Yisrael par crainte que de petites mottes de terre n’y adhèrent.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין מְעַבְּרִין אֶת הַשָּׁנָה מִפְּנֵי הַטּוּמְאָה.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita (Tosefta 2:10) : Le tribunal ne peut pas intercaler l’année en raison de l’impureté rituelle, c’est-à-dire dans le cas où la majorité du peuple juif se trouve dans un état d’impureté, afin de leur donner suffisamment de temps pour devenir rituellement purs avant Pessa'h.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מְעַבְּרִין. אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מַעֲשֶׂה בְּחִזְקִיָּה מֶלֶךְ יְהוּדָה שֶׁעִיבֵּר אֶת הַשָּׁנָה מִפְּנֵי הַטּוּמְאָה, וּבִקֵּשׁ רַחֲמִים עַל עַצְמוֹ, דִּכְתִיב: ״כִּי מַרְבִּית הָעָם רַבַּת מֵאֶפְרַיִם וּמְנַשֶּׁה יִשָּׂשכָר וּזְבֻלוּן לֹא הִטֶּהָרוּ
Rabbi Yehouda dit : Le tribunal peut intercaler l’année en raison de l’impureté rituelle. Rabbi Yehouda a dit : Il y eut un incident concernant Ézéchias, roi de Judée, qui intercala l’année en raison de l’impureté rituelle (II Chroniques 30:2). Et après avoir fait cela, il demanda de la compassion pour lui-même, comme il est écrit : « Car une multitude du peuple, beaucoup d’Éphraïm et de Manassé, d’Issacar et de Zabulon, ne s’étaient pas purifiés,