דְּאִתְּפַח, הֲדַר קָא דָרֵישׁ. אָמְרִי: לָא קַבֵּילְתְּ עֲלָךְ דְּלָא דָּרְשַׁתְּ בְּהוּ? אָמַר: אִינְהוּ מִי הֲדַרוּ בְּהוּ, דַּאֲנָא אֶהְדַּר בִּי?
il se rétablit, puis fit un exposé sur ce sujet. Ses élèves lui dirent : Ne t’étais-tu pas engagé à ne pas faire d’exposé à leur sujet ? Rabbi Abbahou dit : Se sont-ils repentis, pour que je reconsidère et m’abstienne de les condamner ?
רַב אָשֵׁי אוֹקֵי אַשְּׁלֹשָׁה מְלָכִים. אֲמַר: לִמְחַר נִפְתַּח בְּחַבְרִין. אֲתָא מְנַשֶּׁה, אִיתְחֲזִי לֵיהּ בְּחֶלְמֵיהּ. אָמַר: חֲבֵרָךְ וַחֲבֵירֵי דַּאֲבוּךְ קָרֵית לַן?
Un jour, Rav Ashi termina son cours juste avant d’aborder la question des trois rois. Il dit à ses élèves : Demain, nous commencerons le cours avec nos collègues, les trois rois, qui, bien qu’ils aient été des pécheurs, étaient des érudits de la Torah comme nous. Manassé, roi de Judée, vint et lui apparut en rêve. Manassé lui dit avec colère : Tu nous as appelés ton collègue et les collègues de ton père ? Comment oses-tu te présenter comme notre égal ?
מֵהֵיכָא בָּעֵית לְמִישְׁרֵא הַמּוֹצִיא? אֲמַר לֵיהּ: לָא יָדַעְנָא. אֲמַר לֵיהּ: מֵהֵיכָא דְּבָעֵית לְמִישְׁרֵא הַמּוֹצִיא לָא גְּמִירַתְּ, וַחֲבֵרָךְ קָרֵית לַן? אֲמַר לֵיהּ: אַגְמְרֵיהּ לִי, וְלִמְחַר דָּרֵישְׁנָא לֵיהּ מִשְּׁמָךְ בְּפִירְקָא. אֲמַר לֵיהּ: מֵהֵיכָא דְּקָרֵים בִּישּׁוּלָא.
Manassé lui dit : Je vais te demander, d’où faut-il commencer à couper une miche de pain lorsqu’on récite la bénédiction : Celui qui fait sortir le pain de la terre ? Rav Ashi lui dit : Je ne sais pas. Manassé lui dit : Même cela, d’où faut-il commencer à couper une miche de pain lorsqu’on récite la bénédiction : Celui qui fait sortir le pain de la terre, tu ne l’as pas appris, et pourtant tu nous appelles ton collègue ? Rav Ashi dit à Manassé : Enseigne-moi cette halakha, et demain je donnerai un cours et la citerai en ton nom pendant mon cours public prononcé pendant la fête. Manassé lui dit : On coupe la miche à l’endroit où elle forme une croûte du fait de la cuisson.
אֲמַר לֵיהּ: מֵאַחַר דְּחַכִּימַתְּ כּוּלֵּי הַאי, מַאי טַעְמָא קָא פָּלְחִיתוּ לַעֲבוֹדָה זָרָה? אֲמַר לֵיהּ: אִי הֲוֵת הָתָם, הֲוֵת נָקֵיטַתְּ בְּשִׁיפּוּלֵי גְּלִימָא וְרָהֲטַתְּ אַבַּתְרַאי. לִמְחַר אֲמַר לְהוּ לְרַבָּנַן: נִפְתָּח בְּרַבְּווֹתָא.
Rav Ashi lui dit : Puisque tu étais si sage, quelle est la raison pour laquelle tu t’es adonné à l’idolâtrie ? Manassé lui dit : Si tu avais été là à cette époque, tu aurais saisi et relevé le pan de ton manteau et couru après moi en raison du désir intense de t’adonner à l’idolâtrie et du fait que c’était une croyance répandue. Le lendemain Rav Ashi dit aux Sages en prélude à son cours : Nous commencerons par le traitement de nos maîtres, ces rois qui étaient plus grands que nous dans la connaissance de la Torah, mais dont les péchés leur firent perdre leur part dans le Monde à venir.
אַחְאָב: אָח לַשָּׁמַיִם, אָב לַעֲבוֹדָה זָרָה. אָח לַשָּׁמַיִם, דִּכְתִיב: ״אָח לְצָרָה יִוָּלֵד״. אָב לַעֲבוֹדָה זָרָה, דִּכְתִיב: ״כְּרַחֵם אָב עַל בָּנִים״.
§ La Guemara poursuit en examinant le deuxième roi énuméré dans la michna, Achab. Achab [Aḥav], bien qu’il fût un frère [aḥ] pour le Ciel, il était un père [av] pour l’idolâtrie. Il était un frère pour le Ciel, comme il est écrit : « Et un frère naît pour l’adversité » (Proverbes 17:17), et dans les temps de détresse, il se tournait vers le Ciel. Il était un père pour l’idolâtrie. C’est le plus haut degré d’attachement, comme il est écrit : « Comme un père a compassion de ses enfants » (Psaumes 103:13).
״וַיְהִי הֲנָקֵל לֶכְתּוֹ בְּחַטֹּאות יָרׇבְעָם בֶּן נְבָט״. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: קַלּוֹת שֶׁעָשָׂה אַחְאָב – כַּחֲמוּרוֹת שֶׁעָשָׂה יָרׇבְעָם. וּמִפְּנֵי מָה תָּלָה הַכָּתוּב בְּיָרׇבְעָם? מִפְּנֵי שֶׁהוּא הָיָה תְּחִילָּה לַקַּלְקָלָה. ״גַּם מִזְבְּחוֹתָם כְּגַלִּים עַל תַּלְמֵי שָׂדָי״. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵין לָךְ כׇּל תֶּלֶם וָתֶלֶם בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל שֶׁלֹּא הֶעֱמִיד עָלָיו אַחְאָב עֲבוֹדָה זָרָה וְהִשְׁתַּחֲוָה לָהּ.
À propos d’Achab, il est écrit : « Et il arriva que la plus minime de ses transgressions fut de marcher dans les péchés de Jéroboam, fils de Nebath » (I Rois 16:31). Rabbi Yoḥanan dit : Les péchés mineurs qu’Achab a commis étaient à la mesure des péchés majeurs que Jéroboam a commis, car les transgressions commises par Achab étaient bien plus graves que celles commises par Jéroboam. Et pour quelle raison le verset a-t-il attribué les péchés de tous les rois d’Israël à Jéroboam, même si les péchés d’Achab étaient plus considérables ? C’est en raison du fait qu’il fut le premier à se livrer à l’iniquité. À propos du verset : « Leurs autels aussi seront comme des excréments dans les sillons du champ » (Osée 12:12), Rabbi Yoḥanan dit : Tu n’as pas même un seul sillon en Eretz Yisrael sur lequel Achab n’ait placé un objet d’idolâtrie et ne se soit prosterné devant lui.
וּמְנָא לַן דְּלָא אָתֵי לְעָלְמָא דְּאָתֵי? דִּכְתִיב: ״וְהִכְרַתִּי לְאַחְאָב מַשְׁתִּין בְּקִיר וְעָצוּר וְעָזוּב בְּיִשְׂרָאֵל״. ״עָצוּר״ – בָּעוֹלָם הַזֶּה, ״וְעָזוּב״ – לָעוֹלָם הַבָּא.
La Guemara demande : Et d’où déduisons-nous que Achab n’entre pas dans le Monde à venir ? La Guemara répond : Cela est déduit comme il est écrit : « Et j’exterminerai d’Achab tout mâle, celui qui est enfermé et celui qui est abandonné en Israël » (I Rois 21:21). « Celui qui est enfermé » indique qu’il sera exterminé dans ce monde, tandis que « et celui qui est abandonné » indique qu’il sera exterminé dans le Monde à venir.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִפְּנֵי מָה זָכָה עׇמְרִי לַמַּלְכוּת? מִפְּנֵי שֶׁהוֹסִיף כְּרַךְ אֶחָד בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּקֶן אֶת הָהָר שֹׁמְרוֹן מֵאֶת שֶׁמֶר בְּכִכְּרַיִם כָּסֶף וַיִּבֶן אֶת הָהָר וַיִּקְרָא [אֶת] שֵׁם הָעִיר אֲשֶׁר בָּנָה עַל שֶׁם שֶׁמֶר אֲדֹנֵי הָהָר שֹׁמְרוֹן״.
Rabbi Yoḥanan dit : Par quelle vertu Omri, roi d’Israël, qui était le père d’Achab, a-t-il eu le privilège d’accéder à la royauté ? Ce fut en raison du fait qu’il ajouta une ville en Eretz Yisrael, comme il est dit : « Il acheta la colline de Samarie à Shémer pour deux talents d’argent, bâtit sur la colline, et donna à la ville qu’il bâtit le nom de Shémer, propriétaire de la colline : Samarie » (I Rois 16:24).
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִפְּנֵי מָה זָכָה אַחְאָב לַמַּלְכוּת עֶשְׂרִים וּשְׁתַּיִם שָׁנָה?
Rabbi Yoḥanan dit : Par quelle vertu Achab eut-il le privilège d’accéder à la monarchie et de régner pendant vingt-deux ans ?
מִפְּנֵי שֶׁכִּיבֵּד אֶת הַתּוֹרָה, שֶׁנִּיתְּנָה בְּעֶשְׂרִים וּשְׁתַּיִם אוֹתִיּוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּשְׁלַח מַלְאָכִים אֶל אַחְאָב מֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל הָעִירָה. וַיֹּאמֶר לוֹ כֹּה אָמַר בֶּן הֲדַד כַּסְפְּךָ וּזְהָבְךָ לִי הוּא וְנָשֶׁיךָ וּבָנֶיךָ הַטּוֹבִים לִי הֵם״. ״כִּי אִם כָּעֵת מָחָר אֶשְׁלַח אֶת עֲבָדַי אֵלֶיךָ וְחִפְּשׂוּ אֶת בֵּיתְךָ וְאֵת בָּתֵּי עֲבָדֶיךָ וְהָיָה כׇּל מַחְמַד עֵינֶיךָ יָשִׂימוּ בְיָדָם וְלָקָחוּ״. ״וַיֹּאמֶר לְמַלְאֲכֵי בֶן הֲדַד אִמְרוּ לַאדֹנִי הַמֶּלֶךְ כֹּל אֲשֶׁר שָׁלַחְתָּ אֶל עַבְדְּךָ בָרִאשׁוֹנָה אֶעֱשֶׂה וְהַדָּבָר הַזֶּה לֹא אוּכַל לַעֲשׂוֹת״.
C’est en raison du fait qu’il respecta la Torah, qui fut donnée avec vingt-deux lettres, comme il est dit : « Il envoya des messagers à Achab, roi d’Israël, dans la ville, et lui dit : Ainsi parle Ben-Hadad : Ton argent et ton or sont à moi ; tes femmes et aussi tes bons enfants sont à moi. Et le roi d’Israël répondit et dit : Selon ta parole, mon seigneur, ô roi : je suis à toi, et tout ce que j’ai. Et les messagers revinrent encore, et dirent : Ainsi parle Ben-Hadad, disant : Je t’ai envoyé dire : Tu me livreras ton argent, et ton or, et tes femmes, et tes enfants. Cependant, demain à cette heure, j’enverrai mes serviteurs vers toi, et ils fouilleront ta maison et les maisons de tes serviteurs, et il arrivera qu’ils mettront dans leur main tout ce qui fait les délices de tes yeux et l’emporteront…Et il dit aux messagers de Ben-Hadad : Dites à mon seigneur le roi : Tout ce que tu as envoyé demander à ton serviteur la première fois, je le ferai ; mais cette chose, je ne puis la faire » (I Rois 20:2-6, 9).
מַאי ״מַחְמַד עֵינֶיךָ״? לָאו סֵפֶר תּוֹרָה?
La Guemara demande : Qu’est-ce que « le délice de tes yeux » qu’Achab refusa de donner à Ben-Hadad après avoir accepté de lui donner ses femmes et son or ? N’est-ce pas un rouleau de la Torah ? Achab traitait la Torah avec déférence.
דִּילְמָא עֲבוֹדָה זָרָה? לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמְרוּ אֵלָיו כׇּל הַזְּקֵנִים וְכׇל הָעָם לֹא תֹאבֶה וְלֹא תִשְׁמַע״. וְדִילְמָא סָבֵי דְּבַהֲתָא הֲווֹ? מִי לָא כְּתִיב: ״וַיִּישַׁר הַדָּבָר בְּעֵינֵי אַבְשָׁלֹם וּבְעֵינֵי כׇּל זִקְנֵי יִשְׂרָאֵל״? וְאָמַר רַב יוֹסֵף: סָבֵי דְּבַהֲתָא.
La Guemara suggère : Peut-être que le délice de ses yeux était un objet d’idolâtrie. La Guemara répond : Cela ne pourrait pas te venir à l’esprit, car il est écrit qu’Achab consulta les Sages à ce sujet : « Et tous les anciens et tout le peuple lui dirent : N’y consens pas et n’écoute pas » (I Rois 20:8). Les anciens dans ce verset sont vraisemblablement les Sages. La Guemara poursuit : Mais peut-être étaient-ils des anciens méchants, qui pratiquaient l’idolâtrie. N’est-il pas écrit : « Et la parole plut à Absalom et à tous les anciens d’Israël » (II Samuel 17:4), et Rav Yosef dit : Les anciens d’Israël mentionnés dans ce verset étaient des anciens méchants. Peut-être que les anciens d’Israël qu’Achab consulta étaient eux aussi méchants.
הָתָם לָא כְּתִיב ״וְכׇל הָעָם״, הָכָא כְּתִיב ״וְכׇל הָעָם״, דְּאִי אֶפְשָׁר דְּלָא הֲווֹ בְּהוֹן צַדִּיקֵי. וּכְתִיב: ״וְהִשְׁאַרְתִּי בְיִשְׂרָאֵל שִׁבְעַת אֲלָפִים כׇּל הַבִּרְכַּיִם אֲשֶׁר לֹא כָרְעוּ לַבַּעַל וְכׇל הַפֶּה אֲשֶׁר לֹא נָשַׁק לוֹ״.
La Guemara rejette cela : Là-bas, au sujet d’Absalom il n’est pas écrit : « Et tout le peuple », tandis qu’ici, au sujet d’Achab, il est écrit : « Et tout le peuple. » Puisqu’il est impossible qu’il n’y ait pas eu parmi eux des justes, si les justes ont consenti, apparemment, « le délice de tes yeux » était sacré. Et il est écrit : « Et je laisserai en Israël sept mille hommes, tous les genoux qui ne se sont pas fléchis devant Baal, et toute bouche qui ne l’a pas embrassé » (I Rois 19:18), ce qui indique qu’il y avait parmi eux des justes.
אָמַר רַב נַחְמָן: אַחְאָב שָׁקוּל הָיָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר ה׳ מִי יְפַתֶּה אֶת אַחְאָב וְיַעַל וְיִפֹּל בְּרָמֹת גִּלְעָד וַיֹּאמֶר זֶה בְּכֹה וְזֶה אֹמֵר בְּכֹה״. מַתְקֵיף לַהּ רַבִּי יוֹסֵף: מַאן דִּכְתִיב בֵּיהּ ״רַק לֹא הָיָה כְאַחְאָב אֲשֶׁר הִתְמַכֵּר לַעֲשׂוֹת הָרַע בְּעֵינֵי ה׳ אֲשֶׁר הֵסַתָּה אֹתוֹ אִיזֶבֶל אִשְׁתּוֹ״, וּתְנֵינָא: בְּכׇל יוֹם הָיְתָה שׁוֹקֶלֶת שִׁקְלֵי זָהָב לַעֲבוֹדָה זָרָה, וְאַתְּ אָמְרַתְּ שָׁקוּל הָיָה?! אֶלָּא, אַחְאָב וַותְּרָן בְּמָמוֹנוֹ הָיָה, וּמִתּוֹךְ שֶׁהֶהֱנָה תַּלְמִידֵי חֲכָמִים מִנְּכָסָיו כִּיפְּרוּ לוֹ מֶחֱצָה.
Rav Naḥman dit : Achab était équilibré en termes de mitzvot et de transgressions qu’il a commises, comme il est dit : « Et le Seigneur dit : qui séduira Achab afin qu’il monte et tombe à Ramoth-Galaad ? Et l’un parla de cette manière, et l’autre parla de cette manière » (I Rois 22:20), ce qui indique qu’il n’est pas clair s’il était ou non un transgresseur accompli. Rav Yosef objecte à cette affirmation : C’est l’homme au sujet duquel le prophète a écrit : « Mais il n’y eut personne comme Achab, qui se vendit pour faire ce qui est mal aux yeux du Seigneur, lui qu’Izébel sa femme avait poussé » (I Rois 21:25). Et nous apprenons dans une baraita : Chaque jour, elle pesait des sicles d’or équivalant au poids d’Achab pour l’idolâtrie. Et tu dis qu’il était équilibré ? Au contraire, Achab était généreux de son argent et ne lésinait pas, et puisqu’il aussi faisait bénéficier les érudits de la Torah de ses biens, le tribunal céleste expia la moitié de ses fautes pour lui. Il en résulta un équilibre entre mitzvot et transgressions.
״וַיֵּצֵא הָרוּחַ וַיַּעֲמֹד לִפְנֵי ה׳ וַיֹּאמֶר אֲנִי אֲפַתֶּנּוּ וַיֹּאמֶר ה׳ אֵלָיו בַּמָּה. וַיֹּאמֶר אֵצֵא וְהָיִיתִי רוּחַ שֶׁקֶר בְּפִי כׇּל נְבִיאָיו וַיֹּאמֶר תְּפַתֶּה וְגַם תּוּכָל צֵא וַעֲשֵׂה כֵן״. מַאי רוּחַ? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: רוּחוֹ שֶׁל נָבוֹת הַיִּזְרְעֵאלִי.
Concernant la recherche par Dieu d’un volontaire pour séduire Achab, il est écrit : « Un esprit s’avança, se tint devant le Seigneur et dit : Je le séduirai. Et le Seigneur lui dit : Par quoi ? Et il dit : Je sortirai et je serai un esprit de mensonge dans la bouche de tous ses prophètes. Et Il dit : Tu le séduiras, et tu réussiras aussi ; sors et fais ainsi » (I Rois 22:21–22). La Guemara demande : Quel esprit était-ce ? Rabbi Yoḥanan dit : C’était l’esprit de Naboth le Jezréélite, qui cherchait à se venger d’Achab.
מַאי ״צֵא״? אָמַר רָבִינָא: ״צֵא מִמְּחִיצָתִי״, שֶׁכֵּן כְּתִיב: ״דֹּבֵר שְׁקָרִים לֹא יִכּוֹן לְנֶגֶד עֵינָי״. אָמַר רַב פָּפָּא: הַיְינוּ דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי: דְּפָרַע קִינֵּיהּ מַחְרֵיב בֵּיתֵיהּ.
La Guemara demande : Quel est le sens du terme « sors » que Dieu a ordonné à l’esprit ? Ravina dit que cela signifie : Sors de ma cloison et ne reviens pas, comme il est écrit : « Celui qui profère des mensonges ne sera pas établi devant Mes yeux » (Psaumes 101:7). L’esprit qui s’est porté volontaire pour mentir ne peut plus se tenir devant Dieu. Rav Pappa dit que cela est conforme à l’adage que les gens disent : Celui qui se venge à cause de son zèle détruit sa propre maison. L’esprit de Naboth, qui cherchait à se venger, a été expulsé de devant Dieu.
״וַיַּעַשׂ אַחְאָב אֶת הָאֲשֵׁרָה וַיּוֹסֶף אַחְאָב לַעֲשׂוֹת לְהַכְעִיס אֶת ה׳ אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל מִכֹּל מַלְכֵי יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר הָיוּ לְפָנָיו״. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שֶׁכָּתַב עַל דַּלְתוֹת שֹׁמְרוֹן אַחְאָב כָּפַר בֵּאלֹהֵי יִשְׂרָאֵל, לְפִיכָךְ אֵין לוֹ חֵלֶק בֵּאלֹהֵי יִשְׂרָאֵל.
En ce qui concerne le verset : « Et Achab fit l’ashera ; et Achab fit plus pour provoquer à la colère le Seigneur, Dieu d’Israël, que tous les rois d’Israël qui l’avaient précédé » (I Rois 16:33), Rabbi Yoḥanan dit : Cela signifie qu’il écrivit sur les portes de Samarie : Achab nie l’existence du Dieu d’Israël, c’est pourquoi il n’a pas de part dans le Dieu d’Israël.
״וַיְבַקֵּשׁ אֶת אֲחַזְיָהוּ וַיִּלְכְּדֻהוּ וְהוּא מִתְחַבֵּא בְשֹׁמְרוֹן״. אָמַר רַבִּי לֵוִי: שֶׁהָיָה קוֹדֵר אַזְכָּרוֹת, וְכוֹתֵב עֲבוֹדָה זָרָה תַּחְתֵּיהֶן.
Concernant le verset : « Et il rechercha Achazia, et ils l’appréhendèrent, car il se cachait à Samarie » (II Chroniques 22:9), Rabbi Lévi dit : Que faisait-il en se cachant ? Il effaçait les mentions du nom de Dieu dans les rouleaux de la Torah et écrivait à leur place le nom d’un objet d’idolâtrie.
מְנַשֶּׁה – שֶׁנָּשָׁה יָהּ. דָּבָר אַחֵר: מְנַשֶּׁה – שֶׁהִנְשִׁי אֶת יִשְׂרָאֵל לַאֲבִיהֶם שֶׁבַּשָּׁמַיִם. וּמְנָלַן דְּלָא אָתֵי לְעָלְמָא דְּאָתֵי? דִּכְתִיב: ״בֶּן שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה שָׁנָה מְנַשֶּׁה בְמׇלְכוֹ וַחֲמִשִּׁים וְחָמֵשׁ שָׁנָה מָלַךְ בִּירוּשָׁלִָים וַיַּעַשׂ אֲשֵׁרָה כַּאֲשֶׁר עָשָׂה אַחְאָב מֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל״. מָה אַחְאָב אֵין לוֹ חֵלֶק לָעוֹלָם הַבָּא, אַף מְנַשֶּׁה אֵין לוֹ חֵלֶק לָעוֹלָם הַבָּא.
La Guemara poursuit la discussion du troisième roi énuméré dans la michna. Il fut appelé Manassé [Menashe] parce qu’il oublia Dieu [nasha yah]. Alternativement, il fut appelé Manassé parce qu’il fit oublier au royaume d’Israël [hinshi] leur Père qui est aux Cieux. Et d’où déduisons-nous que Manassé n’entre pas dans le Monde à Venir ? La Guemara répond : Cela est déduit comme il est écrit : « Manassé avait douze ans lorsqu’il commença à régner, et il régna cinquante-cinq ans à Jérusalem…Et il fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur…Et il fit une ashera, comme l’avait fait Achab, roi d’Israël » (II Rois 21:1–3). De même qu’Achab n’a pas de part dans le Monde à Venir, de même Manassé n’a pas de part dans le Monde à Venir.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מְנַשֶּׁה יֵשׁ לוֹ חֵלֶק לָעוֹלָם הַבָּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּתְפַּלֵּל מְנַשֶּׁה אֶל ה׳ וַיֵּעָתֶר לוֹ וְגוֹ׳״. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וּשְׁנֵיהֶם מִקְרָא אֶחָד דָּרְשׁוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּנְתַתִּים לְזַעֲוָה לְכֹל מַמְלְכוֹת הָאָרֶץ בִּגְלַל מְנַשֶּׁה בֶן יְחִזְקִיָּהוּ״. מָר סָבַר: בִּגְלַל מְנַשֶּׁה שֶׁעָשָׂה תְּשׁוּבָה וְאִינְהוּ לָא עֲבוּד, וּמָר סָבַר:
§ La michna enseigne que Rabbi Yehouda dit : Manassé a une part dans le Monde à venir, comme il est dit : « Il Le pria, et Il Se laissa fléchir par lui, entendit sa supplication et le ramena à Jérusalem dans son royaume » (II Chroniques 33:13). Rabbi Yoḥanan dit : Et tous deux, Rabbi Yehouda et les Sages, qui sont en désaccord quant à savoir si Manassé a une part dans le Monde à venir, ont interprété un seul et même verset, comme il est dit : « Et Je ferai d’eux un sujet d’horreur pour tous les royaumes de la terre, à cause de Manassé, fils de Hizqiya » (Jérémie 15:4). Un Sage, Rabbi Yehouda, soutient que « à cause de Manassé » signifie que le peuple juif sera jugé sévèrement, car, en fin de compte, même un homme aussi méchant que Manassé s’est repenti, et eux ne l’ont pas fait. Et un Sage, les Sages, soutient que