מָה חַג הַמַּצּוֹת טָעוּן לִינָה — אַף חַג הַסּוּכּוֹת טָעוּן לִינָה.
De même que la fête de Pessa'h exige de rester la nuit à Jérusalem, et que ce n'est que le lendemain que l'on peut rentrer chez soi, de même, la fête de Souccot exige aussi de rester la nuit à Jérusalem avant de rentrer chez soi.
וְהָתָם מְנָלַן? דִּכְתִיב: ״וּפָנִיתָ בַבֹּקֶר וְהָלַכְתָּ לְאֹהָלֶיךָ״.
La Guemara demande : Et là-bas, concernant Pessa'h, d'où dérivons-nous cette halakha ? La Guemara explique : Comme il est écrit au sujet de l'offrande pascale : « Tu la feras rôtir et la mangeras dans le lieu que l'Éternel, ton Dieu, choisira ; et le matin tu t'en retourneras et iras à tes tentes” (Deutéronome 16:7).
וְתַנָּא קַמָּא וְרַבִּי שִׁמְעוֹן (בֶּן אֶלְעָזָר) — תַּשְׁלוּמִין לַעֲצֶרֶת מְנָא לְהוּ?
La Guemara demande : Et le premier tanna de la baraita et Rabbi Shimon, qui apprennent du verset : « À la fête de Pessa'h, et à la fête de Shavouot, et à la fête de Soukkot » (Deutéronome 16:16), que l’on transgresse l’interdiction de retarder seulement après le passage de trois Fêtes, d’où tirent-ils la halakha selon laquelle l’offrande de Shavouot a un rattrapage pendant sept jours ?
נָפְקָא לְהוּ מִדְּתָנֵי רַבָּה בַּר שְׁמוּאֵל. דְּתָנֵי רַבָּה בַּר שְׁמוּאֵל: אָמְרָה תּוֹרָה מְנֵה יָמִים וְקַדֵּשׁ חֹדֶשׁ, מְנֵה יָמִים וְקַדֵּשׁ עֲצֶרֶת. מָה חֹדֶשׁ לִמְנוּיָו — אַף עֲצֶרֶת לִמְנוּיָו.
La Guemara répond : Ils l’apprennent de ce qu’a enseigné Rabba bar Shmuel, car Rabba bar Shmuel a enseigné : La Torah ordonne de compter les jours, comme il est dit : « un mois de jours » (Nombres 11:20), puis de sanctifier un nouveau mois par des offrandes. Et la Torah a aussi dit de compter les jours depuis Pessa'h, comme il est dit : « Vous compterez cinquante jours » (Lévitique 23:16), puis de sanctifier la fête de Shavouot par des offrandes. De même que le nouveau mois est sanctifié pour l’unité de temps par laquelle il est compté, c’est-à-dire pour un jour, de même, Shavouot est sanctifié pour l’unité de temps par laquelle il est compté, c’est-à-dire pour une semaine entière, comme il est dit : « Il y aura sept semaines complètes » (Lévitique 23:15).
אֵימָא עֲצֶרֶת חַד יוֹמָא? אָמַר רָבָא: אַטּוּ עֲצֶרֶת יוֹמֵי מָנִינַן, שָׁבוּעֵי לָא מָנִינַן? וְהָאָמַר מָר: מִצְוָה לְמִימְנֵי יוֹמֵי, וּמִצְוָה לְמִימְנֵי שָׁבוּעֵי. וְעוֹד: ״חַג שָׁבוּעוֹת״ כְּתִיב.
La Guemara demande : Mais si c’est ainsi, dis que l’offrande de Shavouot ne peut être compensée que pendant un seul jour, puisque Shavouot est déterminé par un compte de cinquante jours à partir de Pessa'h. Comment sait-on alors que l’offrande de Shavouot dispose de sept jours de compensation ? Rava dit : Est-ce à dire que nous comptons seulement les jours jusqu’à Shavouot, mais que nous ne comptons pas aussi les semaines ? Le Maître n’a-t-il pas dit : C’est une mitzva de compter cinquante jours, et c’est aussi une mitzva de compter sept semaines, ce qui enseigne que l’offrande de paix festive apportée à Shavouot peut être sacrifiée pendant une semaine entière. Et de plus, il est écrit dans le verset : « La fête des semaines [Shavouot] », ce qui enseigne qu’il s’agit d’une Fête établie par un compte de semaines.
וּפֶסַח בַּר מִיקְרַב בִּרְגָלִים הוּא? פֶּסַח זִימְנָא קְבִיעָא לֵיהּ, אִי אַקְרְבֵיהּ — אַקְרְבֵיהּ, וְאִי לָא אַקְרְבֵיהּ — אִידְּחִי לֵיהּ!
§ Il a été enseigné dans la baraita que l’on devient passible pour avoir transgressé l’interdiction de retarder si l’on retarde l’apport de l’agneau pascal. La Guemara exprime son étonnement face à cette décision : Mais l’agneau pascal est-il apte à être sacrifié lors des autres Fêtes ? L’agneau pascal a un temps fixe pour être offert, le quatorze nissan ; si on l’a sacrifié alors, on l’a sacrifié, mais si on ne l’a pas sacrifié alors, il est exclu à jamais de tout usage.
אָמַר רַב חִסְדָּא: פֶּסַח כְּדִי נַסְבֵהּ.
Rav Ḥisda a dit : l’agneau pascal est cité ici sans raison [kedi] ; c’est-à-dire que l’interdiction de retarder n’est pas pertinente pour l’agneau pascal, et ce dernier n’a été mentionné dans la baraita que parce que les offrandes de premiers-nés, les dîmes animales et l’agneau pascal sont souvent regroupés ensemble.
רַב שֵׁשֶׁת אָמַר: מַאי ״פֶּסַח״ — שַׁלְמֵי פֶסַח.
Rav Sheshet a dit une explication différente : Qu’est-ce que signifie ici un agneau pascal ? C’est l’offrande de paix qui est apportée à la place d’un agneau pascal. Si un agneau qui avait été mis à part pour être sacrifié comme offrande pascale a été perdu, et que son propriétaire a pris un autre agneau et l’a sacrifié comme son agneau pascal, puis que le premier animal a été retrouvé, il doit maintenant être apporté comme offrande de paix. Cette offrande est soumise à toutes les halakhot de l’interdiction de retarder.
אִי הָכִי — הַיְינוּ שְׁלָמִים! תְּנָא שְׁלָמִים הַבָּאִין מֵחֲמַת פֶּסַח, וּתְנָא שְׁלָמִים הַבָּאִין מֵחֲמַת עַצְמָן. סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הוֹאִיל וּמֵחֲמַת פֶּסַח קָאָתוּ,
La Guemara demande : Si c’est le cas, c’est la même chose que les offrandes de paix mentionnées plus haut, et cela reste redondant. La Guemara répond : La baraitaa enseigné la halakha concernant les offrandes de paix apportées à la place d’un agneau pascal, et elle a aussi enseigné la halakha concernant les offrandes de paix apportées indépendamment. La raison de cette répétition est que tu pourrais penser dire : Puisque les offrandes de paix sont apportées à la place d’un agneau pascal,