לֶקֶט שִׁכְחָה וּפֵאָה, כֵּיוָן שֶׁעָבְרוּ עֲלֵיהֶן שְׁלֹשָׁה רְגָלִים — עוֹבֵר בְּ״בַל תְּאַחֵר״. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: שְׁלֹשָׁה רְגָלִים כְּסִדְרָן, וְחַג הַמַּצּוֹת תְּחִלָּה.
ou pour les glanures, les gerbes oubliées, ou la production du coin du champ, trois dons agricoles obligatoires qui doivent être donnés aux pauvres, une fois que trois Fêtes sont passées, ils transgressent l’interdiction : Tu ne tarderas pas. Rabbi Shimon dit : Ces trois Fêtes doivent être dans leur juste ordre, avec la fête de Pessa'h en premier.
רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: כֵּיוָן שֶׁעָבַר עֲלֵיהֶן רֶגֶל אֶחָד — עוֹבֵר בְּ״בַל תְּאַחֵר״. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: כֵּיוָן שֶׁעָבְרוּ עֲלֵיהֶן שְׁנֵי רְגָלִים — עוֹבֵר בְּ״בַל תְּאַחֵר״. רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: כֵּיוָן שֶׁעָבַר עֲלֵיהֶן חַג הַסּוּכּוֹת — עוֹבֵר עֲלֵיהֶן בְּ״בַל תְּאַחֵר״.
Rabbi Meïr dit : Une fois que ne serait-ce qu’une Fête est passée, on transgresse l’interdiction : Tu ne tarderas pas. Rabbi Eliezer ben Ya’akov dit : Une fois que deux Fêtes sont passées, on transgresse l’interdiction : Tu ne tarderas pas. Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, dit : Une fois que la fête de Soukkot est passée, on transgresse l’interdiction : Tu ne tarderas pas.
מַאי טַעְמָא דְּתַנָּא קַמָּא — מִכְּדֵי מִינַּיְיהוּ סָלֵיק, לְמָה לִי לְמֶהְדַּר וּמִיכְתַּב: ״בְּחַג הַמַּצּוֹת וּבְחַג הַשָּׁבוּעוֹת וּבְחַג הַסּוּכּוֹת״? שְׁמַע מִינַּהּ לְ״בַל תְּאַחֵר״.
La Guemara poursuit en expliquant les différents avis : Quelle est la logique du premier tanna ? Puisque tout le chapitre (Deutéronome, chapitre 16) a déjà conclu une discussion sur les trois fêtes de pèlerinage, pourquoi, après avoir déclaré : « Trois fois par an, tous tes mâles paraîtront devant l’Éternel, ton Dieu » (Deutéronome 16:16), ai-je besoin que la Torah écrive de nouveau : « À la fête de Pessa'h, et à la fête de Chavouot, et à la fête de Souccot ; et ils ne paraîtront pas devant l’Éternel les mains vides » (Deutéronome 16:16) ? Au contraire, apprends d’ici que le verset vient enseigner au sujet de la halakha de : Tu ne tarderas pas, qu’on ne transgresse l’interdit qu’une fois que ces trois fêtes sont passées.
וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ לוֹמַר ״בְּחַג הַסּוּכּוֹת״, שֶׁבּוֹ דִּיבֵּר הַכָּתוּב, לָמָּה נֶאֱמַר — לוֹמַר שֶׁזֶּה אַחֲרוֹן.
Et Rabbi Shimon, qui a dit que l’on ne transgresse l’interdiction de retarder que si ces trois Fêtes sont passées dans l’ordre, dit, pour expliquer son opinion : Il n’était pas nécessaire que le verset dise de nouveau « à la fête de Soukkot », dont le texte immédiatement précédent parlait. Pourquoi, alors, cela est-il dit ? C’est pour enseigner que celle-ci doit être la dernière, c’est-à-dire que les trois Fêtes doivent passer dans l’ordre, de sorte que Soukkot soit la dernière des trois.
וְרַבִּי מֵאִיר — מַאי טַעְמָא? דִּכְתִיב: ״וּבָאתָ שָּׁמָּה ... וַהֲבֵאתֶם שָׁמָּה״.
Et Rabbi Meir, qui dit que l’on transgresse l’interdiction de retarder dès qu’une Fête est passée, quelle est la raison de son opinion ? C’est comme il est écrit : « Mais au lieu que le Seigneur votre Dieu choisira parmi toutes vos tribus pour y placer Son nom, c’est là que vous Le rechercherez, à Sa demeure, et c’est là que vous viendrez : Et c’est là que vous apporterez vos holocaustes et vos sacrifices, vos dîmes, l’offrande de votre main, vos vœux, vos offrandes volontaires, et les premiers-nés de votre gros et de votre petit bétail » (Deutéronome 12:5–6). Cela enseigne que l’on transgresse l’interdiction s’il ne présente pas les offrandes dont il est redevable dès que le moment de « et c’est là que vous viendrez » est arrivé, c’est-à-dire dès la première Fête.
וְרַבָּנַן — הַהוּא לַעֲשֵׂה.
La Guemara demande : Et les Sages, qui disent que l’on ne transgresse l’interdiction de retarder qu’après le passage de trois Fêtes, comment comprennent-ils ce verset ? La Guemara répond : Selon eux, ce verset enseigne qu’il y a une mitsva positive d’apporter ses offrandes votives dès la première Fête ; toutefois, si on ne les a pas apportées, on n’a pas transgressé l’interdiction de retarder, bien qu’on ait manqué d’accomplir la mitsva positive.
וְרַבִּי מֵאִיר, כֵּיוָן דְּאָמַר לֵיהּ רַחֲמָנָא אַיְיתִי וְלָא אַיְיתִי — מִמֵּילָא קָם לֵיהּ בְּ״בַל תְּאַחֵר״.
La Guemara demande : Et comment Rabbi Meir répond-il à cet argument ? La Guemara répond : Il dirait que puisque le Miséricordieux ordonne à quelqu’un d’apporter l’offrande à ce moment-là et qu’il ne l’a pas apportée, automatiquement il est passible de transgresser l’interdiction : Tu ne tarderas pas, car il a manqué le moment fixé par la Torah.
וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב, מַאי טַעְמָא? דִּכְתִיב: ״אֵלֶּה תַּעֲשׂוּ לַה׳ בְּמוֹעֲדֵיכֶם״ — מִיעוּט מוֹעֲדִים שְׁנַיִם.
La Guemara demande : Et Rabbi Eliezer ben Ya’akov, qui a dit que l’on transgresse l’interdiction de retarder une fois que deux Fêtes sont passées, quelle est la raison de son opinion ? La Guemara explique : C’est comme il est écrit : « Voici ce que vous ferez pour le Seigneur à vos temps fixés, outre vos vœux et vos offrandes volontaires, pour vos holocaustes, pour vos offrandes de farine, pour vos libations et pour vos sacrifices de paix » (Nombres 29:39). Selon ce verset, le temps fixé pour apporter les vœux est aux « temps fixés », et le minimum du nombre de temps fixés au pluriel est deux.
וְרַבָּנַן — הַהוּא לְכִדְרַבִּי יוֹנָה. דְּאָמַר רַבִּי יוֹנָה: הוּקְשׁוּ כׇּל הַמּוֹעֲדִים כּוּלָּם זֶה לָזֶה, שֶׁכּוּלָּן מְכַפְּרִים עַל טוּמְאַת מִקְדָּשׁ וְקָדָשָׁיו.
La Guemara demande : Et comment les Sages comprennent-ils ce verset ? La Guemara explique : Ils disent que le terme « temps fixés » est nécessaire pour l’enseignement de Rabbi Yona, comme Rabbi Yona l’a dit : Toutes les Fêtes sont mises sur un pied d’égalité, en ce que tous les boucs apportés comme sacrifices expiatoires lors des Fêtes expient l’impureté du Temple et de ses objets sacrés, tout comme le bouc apporté comme sacrifice expiatoire à la Nouvelle Lune.
וְרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, מַאי טַעְמָא? דְּתַנְיָא, רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: לֹא יֵאָמֵר ״חַג הַסּוּכּוֹת״, שֶׁבּוֹ דִּיבֵּר הַכָּתוּב, לָמָּה נֶאֱמַר — לוֹמַר שֶׁזֶּה גּוֹרֵם.
La Guemara demande en outre : Et Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, qui dit qu’une fois la fête de Soukkot passée, on transgresse immédiatement l’interdiction de retarder, quelle est la raison de son opinion ? La Guemara explique : C’est comme il est enseigné dans une baraita : Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, dit : Il n’était pas nécessaire que le verset mentionne « la fête de Soukkot » (Deutéronome 16:16), dont le texte immédiatement précédent parlait. Si tel est le cas, pourquoi cela est-il dit ? C’est pour dire que cette Fête est ce qui fait que l’on est considéré comme en retard dans l’accomplissement de son vœu, car à la fin de la Fête il doit apporter au Temple tous ses vœux en cours, qu’il ait fait son vœu peu avant Soukkot ou bien beaucoup plus tôt.
וְרַבִּי מֵאִיר וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב: הַאי ״בְּחַג הַמַּצּוֹת וּבְחַג הַשָּׁבוּעוֹת וּבְחַג הַסּוּכּוֹת״ מַאי דָּרְשׁוּ בֵּיהּ? מִיבְּעֵי לְהוּ לְכִדְרַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא. דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא: מִנַּיִין לַעֲצֶרֶת שֶׁיֵּשׁ לָהּ תַּשְׁלוּמִין כׇּל שִׁבְעָה? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בְּחַג הַמַּצּוֹת וּבְחַג הַשָּׁבוּעוֹת וּבְחַג הַסּוּכּוֹת״, מַקִּישׁ חַג הַשָּׁבוּעוֹת לְחַג הַמַּצּוֹת: מָה חַג הַמַּצּוֹת יֵשׁ לוֹ תַּשְׁלוּמִין כׇּל שִׁבְעָה — אַף חַג הַשָּׁבוּעוֹת יֵשׁ לוֹ תַּשְׁלוּמִין כׇּל שִׁבְעָה.
Et Rabbi Meir et Rabbi Eliezer ben Ya’akov, qu’exposent-ils de ce verset : « À la fête de Pessa'h, et à la fête de Chavouot, et à la fête de Soukkot » ? La Guemara explique : Ils ont besoin de ce verset pour la halakha que Rabbi Elazar a dite, selon laquelle Rabbi Oshaya a dit, comme Rabbi Elazar a dit que Rabbi Oshaya a dit : D’où est-il dérivé que l’offrande de Chavouot bénéficie d’un rattrapage pendant les sept jours, c’est-à-dire que si quelqu’un n’a pas apporté l’offrande de paix de la fête pendant la Fête elle-même, il a encore six jours pour l’apporter ? Le verset déclare : « À la fête de Pessa'h, et à la fête de Chavouot, et à la fête de Soukkot », assimilant ainsi la fête de Chavouot à la fête de Pessa'h. De même que la fête de Pessa'h bénéficie d’un rattrapage pendant les sept jours, puisque Pessa'h dure sept jours, de même, la fête de Chavouot bénéficie d’un rattrapage pendant les sept jours, durant la semaine qui suit la fête de Chavouot.
וְלַיקִּשׁ לְחַג הַסּוּכּוֹת: מָה לְּהַלָּן שְׁמוֹנָה — אַף כָּאן שְׁמוֹנָה! שְׁמִינִי רֶגֶל בִּפְנֵי עַצְמוֹ הוּא.
La Guemara demande : Si tel est le cas, établis une analogie entre la fête de Chavouot et la fête de Soukkot, qui est elle aussi mentionnée à proximité immédiate, et dis : De même qu’en bas, à Soukkot, l’offrande peut être apportée pendant huit jours, de même ici, à Chavouot, il devrait être possible d’apporter l’offrande pendant huit jours. La Guemara rejette cette suggestion : Il n’en est pas ainsi, car même à Soukkot l’offrande de paix de la fête ne peut être apportée que pendant sept jours, puisque le huitième jour est une fête distincte en elle-même.
אֵימוֹר דְּאָמְרִינַן שְׁמִינִי רֶגֶל בִּפְנֵי עַצְמוֹ לְעִנְיַן פָּזֵ״ר קָשֶׁ״ב, אֲבָל לְעִנְיַין תַּשְׁלוּמִין — דִּבְרֵי הַכֹּל תַּשְׁלוּמִין דְּרִאשׁוֹן הוּא!
La Guemara soulève une question : Mais ne peux-tu pas dire que nous disons que le Huitième Jour d’Assemblée est une Fête en soi seulement en ce qui concerne peh, zayin, reish, kuf, shin, beit, un acronyme qui désigne six aspects uniques du Huitième Jour d’Assemblée. Mais en ce qui concerne la question du rattrapage pour avoir omis d’apporter une offrande de paix de Fête, tout le monde est d’accord pour dire que le Huitième Jour d’Assemblée est encore un jour de rattrapage pour le premier jour de la fête de Soukkot.
דִּתְנַן: מִי שֶׁלֹּא חָג יוֹם טוֹב הָרִאשׁוֹן שֶׁל חַג — חוֹגֵג אֶת כָּל הָרֶגֶל וְיוֹם טוֹב הָאַחֲרוֹן שֶׁל חַג.
Comme nous l’avons appris dans une michna : Si quelqu’un n’a pas apporté son offrande de paix de la fête le premier jour de la fête de Souccot, il peut encore apporter l’offrande de paix de la fête pendant toute la fête et même le dernier jour de la fête, car le Huitième Jour d’Assemblée est considéré comme faisant partie de Souccot à cette fin. Si tel est le cas, peut-être que la fête de Chavouot peut être comparée à la fête de Souccot, de sorte que l’offrande de paix de la fête de Chavouot puisse également être apportée pendant huit jours.
תָּפַשְׂתָּ מְרוּבֶּה — לֹא תָּפַשְׂתָּ, תָּפַשְׂתָּ מוּעָט — תָּפַשְׂתָּ.
La Guemara répond : Il est préférable d’assimiler Shavouot à Pessa'h plutôt qu’à Soukkot, en raison du principe général : Si tu saisis beaucoup, tu n’as rien saisi ; si tu saisis peu, tu as saisi quelque chose. Autrement dit, en cas de doute, choisis le plus petit nombre, car il est inclus dans le plus grand.
אֶלָּא לְמַאי הִלְכְתָא כַּתְבֵיהּ רַחֲמָנָא לְחַג הַסּוּכּוֹת? לְאַקּוֹשֵׁיהּ לְחַג הַמַּצּוֹת:
La Guemara demande : Mais si tel est le cas, à l’égard de quelle halakha le Miséricordieux a-t-Il écrit la fête de Soukkot dans ce verset ? La Guemara explique : C’est pour établir une analogie de Soukkot à la fête de Pessa'h concernant une autre question :