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״וַיִּשְׁמַע הַכְּנַעֲנִי מֶלֶךְ עֲרָד״, מָה שְׁמוּעָה שָׁמַע? שָׁמַע שֶׁמֵּת אַהֲרֹן, וְנִסְתַּלְּקוּ עַנְנֵי כָּבוֹד, וּכְסָבוּר נִיתְּנָה רְשׁוּת לְהִלָּחֵם בְּיִשְׂרָאֵל. וְהַיְינוּ דִּכְתִיב: ״וַיִּרְאוּ כׇּל הָעֵדָה כִּי גָוַע אַהֲרֹן״,
« Et lorsque le Cananéen, le roi d’Arad, qui habitait dans le Néguev, entendit dire qu’Israël venait par le chemin d’Atharim ; et il combattit contre Israël » (Nombres 21:1). Quel rapport entendit-il ? Il entendit qu’Aaron était mort, et que les nuées de gloire s’étaient retirées du peuple juif, et il pensa qu’il avait reçu la permission de faire la guerre contre le peuple juif. Et c’est comme il est écrit : « Et toute l’assemblée vit que [ki] Aaron était mort, et ils pleurèrent Aaron pendant trente jours, toute la maison d’Israël » (Nombres 20:29).
וְאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: אַל תִּקְרֵי ״וַיִּרְאוּ״, אֶלָּא ״וַיִּירָאוּ״, כִּדְרֵישׁ לָקִישׁ. דְּאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ, ״כִּי״ מְשַׁמֵּשׁ בְּאַרְבַּע לְשׁוֹנוֹת: אִי, דִּילְמָא, אֶלָּא, דְּהָא.
À ce sujet, Rabbi Abbahu a dit : Ne lis pas le verset ainsi : « Et ils virent [vayiru] » ; plutôt, lis-le ainsi : « Et ils furent vus [vayeira’u] » par d’autres, car la couverture des nuées de gloire leur avait été retirée. Et le mot suivant, « car [ki] », doit être compris au sens de parce que, conformément à la déclaration de Reish Lakish, comme Reish Lakish l’a dit : Le mot ki est employé dans la Torah en quatre sens : si, peut-être, mais et parce que. Par conséquent, le verset doit être compris ainsi : Et toute l’assemblée fut vue, c’est-à-dire révélée, parce qu’Aaron était mort. Cela montre qu’au moment de la mort d’Aaron, Sihon était encore en vie ; nécessairement, le discours de Moïse, qui fut prononcé après qu’il eut tué Sihon, a dû avoir lieu plus tard.
מִי דָּמֵי? הָתָם כְּנַעַן, הָכָא סִיחוֹן! תָּנָא: הוּא סִיחוֹן, הוּא עֲרָד, הוּא כְּנַעַן. סִיחוֹן — שֶׁדּוֹמֶה לִסְיָיח בַּמִּדְבָּר, כְּנַעַן — עַל שֵׁם מַלְכוּתוֹ, וּמָה שְׁמוֹ — עֲרָד שְׁמוֹ. אִיכָּא דְּאָמְרִי: עֲרָד — שֶׁדּוֹמֶה לְעָרוֹד בַּמִּדְבָּר, כְּנַעַן — עַל שֵׁם מַלְכוּתוֹ, וּמָה שְׁמוֹ — סִיחוֹן שְׁמוֹ.
La Guemara soulève une objection contre cette preuve : Est-ce comparable ? Là-bas, le verset parle de Canaan, roi d’Arad, tandis qu’ici, le verset parle de Sihon. Quelle preuve, dès lors, peut-on apporter de l’un à l’autre ? La Guemara explique : Un Sage a enseigné dans une baraita : Les trois noms désignent la même personne : il est Sihon, et il est Arad, et il est aussi Canaan. Il fut appelé Sihon parce qu’il ressemblait dans sa sauvagerie à un poulain [seyyaḥ] dans le désert ; et il fut appelé Canaan d’après son royaume, car il régnait sur le peuple cananéen ; et quel était son véritable nom ? Arad était son nom. Certains disent une autre explication : Il fut appelé Arad parce qu’il ressemblait à un âne sauvage [arod] dans le désert ; et il fut appelé Canaan d’après son royaume ; et quel était son véritable nom ? Sihon était son nom.
וְאֵימָא רֹאשׁ הַשָּׁנָה אִיָּיר!
La Guemara soulève une autre question : Certes, lorsqu’on compte les années depuis la sortie d’Égypte, Av et le Chevat suivant font tous deux partie de la même année, mais il n’a pas été établi que le décompte des années depuis l’Exode commence spécifiquement à partir de Nissan. Dis que le Nouvel An à cette fin est le mois suivant, le mois de Iyar.
לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דִּכְתִיב: ״וַיְהִי בַּחֹדֶשׁ הָרִאשׁוֹן בַּשָּׁנָה הַשֵּׁנִית בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ הוּקַם הַמִּשְׁכָּן״, וּכְתִיב: ״וַיְהִי בַּשָּׁנָה הַשֵּׁנִית בַּחֹדֶשׁ הַשֵּׁנִי נַעֲלָה הֶעָנָן מֵעַל מִשְׁכַּן הָעֵדוּת״, מִדְּקָאֵי בְּנִיסָן וְקָרֵי לַהּ ״שָׁנָה שֵׁנִית״, וְקָאֵי בְּאִיָּיר וְקָרֵי לַהּ ״שָׁנָה שֵׁנִית״ — מִכְּלָל דְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה לָאו אִיָּיר הוּא!
La Guemara rejette cette proposition : Qu’il ne vous vienne pas à l’esprit de dire cela, car il est écrit : « Et il arriva au premier mois de la deuxième année, le premier jour du mois, que le Tabernacle fut dressé » (Exode 40:17), et il est écrit : « Et il arriva dans la deuxième année, au deuxième mois, le vingtième jour du mois, que la nuée s’éleva de dessus le Tabernacle du témoignage » (Nombres 10:11). On peut avancer l’argument suivant : Du fait que, lorsque la Torah parle de Nissan, qui est le premier mois, elle l’appelle « la deuxième année », et lorsqu’elle parle de Iyar suivant, qui est le deuxième mois, elle l’appelle aussi « la deuxième année », on en déduit que Roch Hachana n’est pas au début de Iyar. Si le Nouvel An commençait en Iyar, Nissan et l’Iyar suivant ne tomberaient pas dans la même année, puisque l’année aurait changé en Iyar.
וְאֵימָא רֹאשׁ הַשָּׁנָה סִיוָן? לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דִּכְתִיב: ״בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁלִישִׁי לְצֵאת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם״, וְאִם אִיתָא — ״בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁלִישִׁי בַּשָּׁנָה הַשֵּׁנִית לְצֵאת וְגוֹ׳״ מִיבְּעֵי לֵיהּ!
La Guemara demande en outre : Et dis que le Nouvel An à cette fin est au troisième mois, le mois de Sivan. La Guemara rejette cette suggestion : Qu’il ne te vienne pas à l’esprit de dire cela, car il est écrit : « Au troisième mois, après que les enfants d’Israël furent sortis du pays d’Égypte, ce même jour ils arrivèrent au désert du Sinaï » (Exode 19:1). Et s’il en était ainsi que le Nouvel An soit le début de Sivan, le verset aurait dû dire : Au troisième mois, dans la deuxième année après que les enfants d’Israël furent sortis du pays d’Égypte, puisqu’une nouvelle année aurait déjà commencé.
וְאֵימָא תַּמּוּז! וְאֵימָא אָב! וְאֵימָא אֲדָר!
La Guemara poursuit : Mais peut-être pourrait-on dire que le Nouvel An pour le décompte de l’Exode est au quatrième mois, le mois de Tammouz ; ou dire que c’est au cinquième mois, le mois de Av ; ou dire que c’est au douzième mois, le mois de Adar. Il n’y a pas de réfutation claire que ces mois ne soient pas le Nouvel An.
אֶלָּא אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר, מֵהָכָא: ״וַיָּחֶל לִבְנוֹת בַּחֹדֶשׁ הַשֵּׁנִי בַּשֵּׁנִי בִּשְׁנַת אַרְבַּע לְמַלְכוּתוֹ״. מַאי ״שֵׁנִי״? לָאו שֵׁנִי לְיֶרַח שֶׁמּוֹנִין בּוֹ לְמַלְכוּתוֹ?!
Au contraire, Rabbi Elazar a dit : C’est d’ici que l’on déduit que les années du règne d’un roi sont comptées à partir de nissan, comme il est dit : « Et il commença à bâtir au deuxième mois, au deuxième, dans la quatrième année de son règne » (II Chroniques 3:2). Quel est le sens des mots « au deuxième » ? Cela ne signifie-t-il pas deuxième par rapport au mois à partir duquel le règne de Salomon est compté ? C’est une preuve claire que les années du règne d’un roi sont comptées à partir du premier mois, c’est-à-dire le mois de nissan.
מַתְקֵיף לַהּ רָבִינָא: וְאֵימָא שֵׁנִי בַּחֹדֶשׁ! אִם כֵּן, ״שֵׁנִי בַּחֹדֶשׁ״ בְּהֶדְיָא הֲוָה כְּתִיב בֵּיהּ.
Ravina s’oppose fermement à cela : Pourquoi ne pas dire que les mots « le second » font référence au deuxième jour du mois ? La Guemara répond : Si c’était le cas, il aurait fallu dire explicitement : « Le deuxième du mois », car c’est la formulation généralement employée dans la Torah pour désigner un jour précis du mois.
וְאֵימָא בְּשֵׁנִי בַּשַּׁבָּת! חֲדָא, דְּלָא אַשְׁכְּחַן שֵׁנִי בַּשַּׁבָּת דִּכְתִיב. וְעוֹד: מַקִּישׁ שֵׁנִי בָּתְרָא לְשֵׁנִי קַמָּא: מָה שֵׁנִי קַמָּא — חֹדֶשׁ, אַף שֵׁנִי בָּתְרָא — חֹדֶשׁ.
La Guemara soulève une autre objection : Pourquoi ne pas dire que les mots « le second » font référence au deuxième jour de la semaine ? Cet argument est rejeté pour deux raisons : Premièrement, nous n’avons jamais trouvé le deuxième jour de la semaine comme étant écrit ; nulle part la Torah n’indique le jour de la semaine où un événement particulier s’est produit. De plus, le verset juxtapose la seconde occurrence du mot « second » à la première occurrence du mot « second » : De même que le premier « second » fait référence à un mois, de même le dernier « second » fait référence à un mois.
תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: מִנַּיִין שֶׁאֵין מוֹנִין לָהֶם לַמְּלָכִים אֶלָּא מִנִּיסָן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי בִשְׁמוֹנִים שָׁנָה וְאַרְבַּע מֵאוֹת שָׁנָה לְצֵאת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״וַיַּעַל אַהֲרֹן הַכֹּהֵן אֶל הֹר הָהָר עַל פִּי ה׳ וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״וַיְהִי בְּאַרְבָּעִים שָׁנָה בְּעַשְׁתֵּי עָשָׂר חֹדֶשׁ״.
Il est enseigné dans une baraita conformément à l’opinion de Rabbi Yoḥanan : D’où est-il déduit que l’on compte les années des rois uniquement à partir du mois de Nissan ? Comme il est dit : « Et il arriva dans la quatre-cent-quatre-vingtième année après la sortie des enfants d’Israël du pays d’Égypte, dans la quatrième année du règne de Salomon sur Israël, au mois de Ziv, qui est le deuxième mois, qu’il commença à bâtir la Maison du Seigneur » (I Rois 6:1). Et il est écrit : « Et Aaron le prêtre monta au mont Hor sur l’ordre du Seigneur, et il y mourut, dans la quarantième année après la sortie des enfants d’Israël du pays d’Égypte, au cinquième mois, le premier jour du mois » (Nombres 33:38). Et plus loin il est écrit : « Et il arriva dans la quarantième année, au onzième mois, le premier du mois, que Moïse parla aux enfants d’Israël » (Deutéronome 1:3).
וּכְתִיב: ״אַחֲרֵי הַכּוֹתוֹ אֶת סִיחוֹן וְגוֹ׳״, וְאוֹמֵר: ״וַיִּשְׁמַע הַכְּנַעֲנִי וְגוֹ׳״, וְאוֹמֵר: ״וַיִּרְאוּ כׇּל הָעֵדָה כִּי גָוַע אַהֲרֹן וְגוֹ׳״, וְאוֹמֵר: ״וַיְהִי בַּחֹדֶשׁ הָרִאשׁוֹן בַּשָּׁנָה הַשֵּׁנִית וְגוֹ׳״.
Et il est écrit : « Après qu’il eut frappé Sihon, le roi des Amoréens, qui habitait à Heshbon » (Deutéronome 1:4). Et il est dit : « Et lorsque le Cananéen, le roi d’Arad, qui habitait dans le Sud, entendit » (Nombres 33:40). Et il est dit : « Et toute l’assemblée vit qu’Aaron était mort, et ils pleurèrent Aaron pendant trente jours » (Nombres 20:29). Et il est dit : « Et il arriva au premier mois de la deuxième année, le premier jour du mois, que le Tabernacle fut dressé » (Exode 40:17).
וְאוֹמֵר: ״וַיְהִי בַּשָּׁנָה הַשֵּׁנִית בַּחֹדֶשׁ הַשֵּׁנִי וְגוֹ׳״, וְאוֹמֵר: ״בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁלִישִׁי לְצֵאת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְגוֹ׳״, וְאוֹמֵר: ״וַיָּחֶל לִבְנוֹת וְגוֹ׳״.
Et il est dit : « Et il arriva la deuxième année, au deuxième mois, le vingtième jour du mois, que la nuée s’éleva de dessus le Tabernacle du témoignage » (Nombres 10:11). Et il est dit : « Au troisième mois, après que les enfants d’Israël furent sortis du pays d’Égypte, ce même jour ils arrivèrent au désert du Sinaï » (Exode 19:1). Et il est dit : « Et il commença à bâtir au deuxième mois, le deuxième, la quatrième année de son règne » (II Chroniques 3:2). Cette liste de versets résume l’explication de Rabbi Yoḥanan.
אָמַר רַב חִסְדָּא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לְמַלְכֵי יִשְׂרָאֵל, אֲבָל לְמַלְכֵי אוּמּוֹת הָעוֹלָם — מִתִּשְׁרִי מָנִינַן, ״שֶׁנֶּאֱמַר: ״דִּבְרֵי נְחֶמְיָה בֶּן חֲכַלְיָה וַיְהִי בְחֹדֶשׁ כִּסְלֵיו שְׁנַת עֶשְׂרִים וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״וַיְהִי בְּחֹדֶשׁ נִיסָן שְׁנַת עֶשְׂרִים לְאַרְתַּחְשַׁסְתְּא וְגוֹ׳״.
§ Rav Ḥisda a dit : Ils ont enseigné que les années du règne d’un roi sont comptées à partir du premier de nissan seulement en ce qui concerne les rois juifs d’Israël, mais les années des rois des nations païennes du monde sont comptées à partir de tishri, comme il est dit : « Les paroles de Néhémie, fils de Hacalia. Et il arriva au mois de Kislev, dans la vingtième année, alors que j’étais à Suse, la capitale » (Néhémie 1:1). Et il est écrit : « Et il arriva au mois de nissan, dans la vingtième année d’Artaxerxès le roi, qu’il y avait du vin devant lui, et je pris le vin et le donnai au roi » (Néhémie 2:1).
מִדְּקָאֵי בְּכִסְלֵיו וְקָרֵי לֵיהּ ״שְׁנַת עֶשְׂרִים״, וְקָאֵי בְּנִיסָן וְקָרֵי לֵיהּ ״שְׁנַת עֶשְׂרִים״ — מִכְּלָל דְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה לָאו נִיסָן הוּא.
Du fait que, lorsque la Torah parle du mois de Kislev, elle l’appelle la vingtième année, et lorsqu’elle parle du Nisan suivant, elle l’appelle aussi la vingtième année, on déduit que le Nouvel An des rois gentils ne commence pas en Nisan. Si le Nouvel An commençait en Nisan, Kislev et le Nisan suivant ne tomberaient pas dans la même année.
בִּשְׁלָמָא הַיְאךְ — מְפָרֵשׁ דִּלְאַרְתַּחְשַׁסְתְּא, אֶלָּא הַאי — מִמַּאי דִּלְאַרְתַּחְשַׁסְתְּא? דִּילְמָא
La Guemara soulève une objection : Soit, dans ce deuxième verset, il est explicitement indiqué que le décompte se rapporte aux années d’Artaxerxès. Mais quant à ce premier verset, d’où sait-on que le décompte se rapporte aux années d’Artaxerxès ? Peut-être

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