שֶׁאֵין תַּלְמוּד לוֹמַר ״בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי״, וּמָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי״ — שֶׁיְּהוּ כׇּל תְּרוּעוֹת הַחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי זֶה כָּזֶה.
Puisqu’il n’est pas nécessaire que le verset dise : « Du septième mois, » puisqu’il dit déjà : « Au Jour de l’Expiation, » quel est le sens lorsque le verset dit : « Du septième mois » ? Cela vient enseigner que toutes les sonneries du shofar du septième mois doivent être semblables les unes aux autres.
וּמִנַּיִן לְשָׁלֹשׁ שֶׁל שָׁלֹשׁ שָׁלֹשׁ — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְהַעֲבַרְתָּ שׁוֹפַר תְּרוּעָה״, ״שַׁבָּתוֹן זִכְרוֹן תְּרוּעָה״, ״יוֹם תְּרוּעָה יִהְיֶה לָכֶם״.
Et d’où est-il déduit qu’il doit y avoir trois séries de trois sonneries chacune ? Le verset déclare : “Alors tu feras proclamation avec le son du shofar [shofar terua]” (Lévitique 25:9) ; et un autre verset déclare : “Un repos solennel, un mémorial de sonneries [terua]” (Lévitique 23:24) ; et un troisième verset déclare : “Ce sera pour vous un jour de sonnerie [terua] dushofar” (Nombres 29:1). Terua est mentionnée trois fois dans ces versets, et une terua est toujours précédée et suivie d’une tekia.
וּמִנַּיִן לִיתֵּן אֶת הָאָמוּר שֶׁל זֶה בָּזֶה וְשֶׁל זֶה בָּזֶה — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״שְׁבִיעִי״ ״שְׁבִיעִי״ לִגְזֵירָה שָׁוָה.
Puisque l’un de ces versets traite de Yom Kippour de l’année du Jubilé, tandis que deux d’entre eux traitent de Roch Hachana, la Guemara demande : D’où est-il dérivé qu’il faut appliquer ce qui est dit au sujet de cet verset à celui-ci, et ce qui est dit au sujet de celui-ci verset à cet autre ? En ce qui concerne Roch Hachana, le verset déclare : « Du septième mois » (Lévitique 25:9), et en ce qui concerne Yom Kippour le verset déclare également : « Au septième mois » (Lévitique 23:24). Cela est dérivé par analogie verbale, selon laquelle toutes les sonneries de shofar effectuées l’un de ces jours doivent également être effectuées l’autre. Par conséquent, chaque jour, il faut sonner trois séries de tekia-terua-tekia.
הָא כֵּיצַד? שָׁלֹשׁ שֶׁהֵן תֵּשַׁע. שִׁיעוּר תְּקִיעָה כִּתְרוּעָה, שִׁיעוּר תְּרוּעָה כִּשְׁלֹשָׁה שְׁבָרִים.
Comment cela? Comment procède-t-on concrètement à la sonnerie du shofar ? On sonne trois séries de trois sons chacune, ce qui fait en tout neuf sons distincts. La durée d’une tekia est égale à la durée d’une terua, et la durée d’une terua est égale à la durée de trois shevarim.
הַאי תַּנָּא, מֵעִיקָּרָא מַיְיתֵי לַהּ בְּהֶיקֵּישָׁא, וְהַשְׁתָּא מַיְיתֵי לַהּ בִּגְזֵירָה שָׁוָה? הָכִי קָאָמַר: אִי לָאו גְּזֵירָה שָׁוָה, הֲוָה מַיְיתִינָא לַהּ בְּהֶיקֵּישָׁא. הַשְׁתָּא דְּאָתְיָא בִּגְזֵירָה שָׁוָה — הֶיקֵּישָׁא לָא צְרִיךְ.
La Guemara analyse la baraita. Ce tanna déduit d’abord sa halakha par juxtaposition, sur la base de l’expression : « Du septième mois », qui enseigne que toutes les sonneries du shofar au septième mois doivent être identiques. Et maintenant il déduit cette halakha, selon laquelle on sonne trois séries de tekia-terua-tekia, par analogie verbale à partir de la récurrence du terme « septième ». Comment le tanna peut-il changer sa méthode de déduction dans la même baraita ? La Guemara explique que voici ce que le tanna dit : S’il n’y avait pas eu d’analogie verbale, j’aurais déduit cette halakha par juxtaposition. Maintenant qu’elle est déduite par analogie verbale, la juxtaposition n’est pas nécessaire.
וְהַאי תַּנָּא מַיְיתֵי לַהּ בִּגְזֵירָה שָׁוָה מִמִּדְבָּר, דְּתַנְיָא: ״וּתְקַעְתֶּם תְּרוּעָה״ — תְּקִיעָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ וּתְרוּעָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ. אַתָּה אוֹמֵר תְּקִיעָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ וּתְרוּעָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא תְּקִיעָה וּתְרוּעָה אַחַת הִיא — כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר: ״וּבְהַקְהִיל אֶת הַקָּהָל תִּתְקְעוּ וְלֹא תָרִיעוּ״, הֱוֵי אוֹמֵר: תְּקִיעָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ וּתְרוּעָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ.
La Guemara commente : Et le tanna suivant dérive cettehalakha par analogie verbale à partir du son du shofar dans le désert, comme cela est enseigné dans une baraita selon laquelle le verset : « Et vous sonnerez [utekatem] une terua » (Nombres 10:5), indique qu’une tekia est un son distinct et une terua est un son distinct. Dirais-tu qu’une tekia est un son distinct et une terua est un son distinct ? Ou, peut-être, n’est-ce que le fait qu’une tekia et une terua ne font qu’un, c’est-à-dire que les deux termes sont synonymes ? Quand il est dit : « Mais lorsque l’assemblée doit être réunie, vous sonnerez une tekia [titke’u], mais vous ne sonnerez pas une terua [tari’u] » (Nombres 10:7), tu dois dire qu’une tekia est un son distinct et une terua est un son distinct.
וּמִנַּיִן שֶׁפְּשׁוּטָה לְפָנֶיהָ — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וּתְקַעְתֶּם תְּרוּעָה״. וּמִנַּיִן שֶׁפְּשׁוּטָה לְאַחֲרֶיהָ — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״תְּרוּעָה יִתְקְעוּ״.
Et d’où est-il déduit qu’une terua est précédée d’un son simple, c’est-à-dire une tekia ? Le verset déclare : « Vous sonnerez [utekatem] une terua » (Nombres 10:5), ce qui indique qu’il faut d’abord sonner une tekia, puis une terua. Et d’où est-il déduit qu’une terua est suivie d’un son simple ? Le verset déclare : « Une terua vous sonnerez [titke’u] » (Nombres 10:6), c’est-à-dire d’abord une terua, puis une tekia.
רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָא אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ, הֲרֵי הוּא אוֹמֵר: ״וּתְקַעְתֶּם תְּרוּעָה שֵׁנִית״, שֶׁאֵין תַּלְמוּד לוֹמַר ״שֵׁנִית״, וּמָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״שֵׁנִית״ — זֶה בָּנָה אָב, שֶׁכׇּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר ״תְּרוּעָה״ — תְּהֵא תְּקִיעָה שְׁנִיָּה לָהּ. אֵין לִי אֶלָּא בַּמִּדְבָּר, בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״תְּרוּעָה״ ״תְּרוּעָה״ לִגְזֵירָה שָׁוָה.
Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yoḥanan ben Beroka, dit : Cette dérivation n’est pas nécessaire, car le verset déclare : « Et vous sonnerez [utekatem] une terua une seconde fois » (Nombres 10:6). Puisqu’il n’est pas nécessaire que le verset déclare : « une seconde fois », puisqu’il ressort clairement du contexte qu’il s’agit de la deuxième terua, quel est le sens lorsque le verset déclare : « une seconde fois ? » Ceci est un paradigme du principe selon lequel dans tous les endroits où il est dit terua, une tekia doit lui être seconde. Je n’ai dérivé cette halakha que dans le désert. D’où puis-je déduire que la même chose s’applique à Roch Hachana ? Le verset déclare « terua » au sujet du désert, et le verset déclare « terua » au sujet de Roch Hachana. Cela vient enseigner, par analogie verbale, que la halakha de l’un s’applique à l’autre.
וְשָׁלֹשׁ תְּרוּעוֹת נֶאֶמְרוּ בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה: ״שַׁבָּתוֹן זִכְרוֹן תְּרוּעָה״, ״יוֹם תְּרוּעָה״, ״וְהַעֲבַרְתָּ שׁוֹפַר תְּרוּעָה״, וּשְׁתֵּי תְּקִיעוֹת לְכׇל אַחַת וְאַחַת.
Et trois teruot sont mentionnées au sujet de Rosh HaShana : « Un repos solennel, un mémorial de sonneries [terua] » (Lévitique 23:24) ; « C’est un jour de sonnerie du shofar [terua] pour vous » (Nombres 29:1) ; « Alors vous ferez proclamation avec la sonnerie du shofar [terua] » (Lévitique 25:9). Et il y a deux tekiot pour chacune des teruot, une avant et une après.
מָצִינוּ לְמֵדִין: שָׁלֹשׁ תְּרוּעוֹת וְשֵׁשׁ תְּקִיעוֹת נֶאֶמְרוּ בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה, שְׁתַּיִם מִדִּבְרֵי תוֹרָה, וְאַחַת מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים. ״שַׁבָּתוֹן זִכְרוֹן תְּרוּעָה״, ״וְהַעֲבַרְתָּ שׁוֹפַר תְּרוּעָה״ — מִדִּבְרֵי תוֹרָה. ״יוֹם תְּרוּעָה יִהְיֶה לָכֶם״ — לְתַלְמוּדוֹ הוּא בָּא.
Par conséquent, il ressort que nous avons appris que trois teruot et six tekiot sont mentionnées au sujet de Rosh HaShana. Deux des teruot sont requises par l’énoncé de la Torah et une par l’énoncé des Sages, c’est-à-dire sur la base des versets mais sans en être dérivée directement. Comment cela ? « Un repos solennel, un mémorial de sonneries [terua] » et « Alors tu feras proclamation avec le son du shofar [terua] » ; ceux-ci s’appliquent selon la loi de la Torah. Cependant, le verset « C’est pour vous un jour de sonnerie du shofar [terua] » vient pour sa propre énonciation, c’est-à-dire pour l’analogie verbale, qui enseigne que les halakhot du désert s’appliquent également à Rosh HaShana. Par conséquent, la troisième terua n’est que suggérée dans ce verset, et son obligation s’applique par loi rabbinique.
רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: אַחַת מִדִּבְרֵי תוֹרָה, וּשְׁתַּיִם מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים. ״וְהַעֲבַרְתָּ שׁוֹפַר תְּרוּעָה״ — מִדִּבְרֵי תוֹרָה. ״שַׁבָּתוֹן זִכְרוֹן תְּרוּעָה״, וְ״יוֹם תְּרוּעָה יִהְיֶה לָכֶם״ — לְתַלְמוּדוֹ הוּא בָּא.
Rabbi Shmuel bar Naḥmani a dit que Rabbi Yonatan a dit : Une terua s’applique selon la loi de la Torah, et deux s’appliquent selon la loi rabbinique : « Alors tu feras proclamation avec le son du shofar [terua] » s’applique selon la loi de la Torah. Cependant, les versets : « Un repos solennel, un mémorial de sonneries [terua] » et « C’est un jour de sonnerie du shofar [terua] pour vous » ; ces deux expressions viennent pour leur propre énoncé.
מַאי לְתַלְמוּדוֹ הוּא בָּא? מִיבְּעֵי: בַּיּוֹם וְלֹא בַּלַּיְלָה.
La Guemara demande : Que veut dire Rabbi Shmuel bar Naḥmani lorsqu’il affirme que le verset : « Ce sera pour vous un jour de sonnerie du shofar [terua] », vient pour sa propre déclaration ? Quelle autre halakha est dérivée de ce verset ? La Guemara explique : Il est nécessaire d’enseigner que le shofar doit être sonné pendant le jour et non la nuit, comme l’indique l’expression : « Un jour de sonnerie du shofar ».
וְאִידַּךְ, בַּיּוֹם וְלֹא בַּלַּיְלָה מְנָא לֵיהּ? נָפְקָא לֵיהּ מִ״בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים״.
La Guemara demande : Et l’autretanna, qui ne déduit pas cette halakha de ce verset, d’où apprend-il que le shofar doit être sonné pendant le jour et non la nuit ? La Guemara répond : Il l’apprend de ce qui est dit au sujet de l’année du Jubilé : « Au Jour de l’Expiation » (Lévitique 25:9), ce qui indique que le shofar doit être sonné pendant le jour, et non la nuit.
אִי ״בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים״ יָלֵיף, נִגְמוֹר נָמֵי מִינֵּיהּ לִפְשׁוּטָה לְפָנֶיהָ וּפְשׁוּטָה לְאַחֲרֶיהָ! ״וְהַעֲבַרְתָּ״ ״תַּעֲבִירוּ״ לָא מַשְׁמַע לְהוּ.
La Guemara demande : Si ce tanna dérive cette halakha de l’expression : « Au Jour de l’Expiation », dérivons-en aussi qu’il faut sonner un son droit de tekia avant chaque terua et un son droit après elle. Puisqu’il dérive une halakha des versets qui traitent de Yom Kippour de l’Année du Jubilé, pourquoi ne pas dériver aussi cette halakha de là ? Dans ce cas, il n’aurait pas besoin de la dériver des versets qui traitent du désert. La Guemara répond : Les expressions « Alors tu feras proclamation [veha’avarta] » (Lévitique 25:9) et « Vous ferez proclamation [ta’aviru] » du même verset n’indiquent pas une tekia selon lui, car elles viennent enseigner une autre chose.
אֶלָּא מַאי דָּרְשִׁי בְּהוּ? ״וְהַעֲבַרְתָּ״ כִּדְרַב מַתְנָא. דְּאָמַר רַב מַתְנָא: ״וְהַעֲבַרְתָּ״ — דֶּרֶךְ הַעֲבָרָתוֹ, ״תַּעֲבִירוּ״ — דְּקָאָמַר רַחֲמָנָא נְעַבְּרֵיהּ בְּיָד.
La Guemara demande : Mais plutôt, qu’apprend-il de ces expressions ? La Guemara répond : Il explique : « Veha’avarta », conformément à l’opinion de Rav Mattana, comme Rav Mattana l’a dit : « Veha’avarta », ce qui signifie littéralement : Et tu porteras, indiquant que le shofar doit être façonné de la même manière que l’animal le porte sur sa tête lorsqu’il est vivant, c’est-à-dire que l’extrémité naturellement étroite doit être conservée. Il ne faut pas élargir ce côté et rétrécir l’extrémité naturellement large. Et le mot « ta’aviru » enseigne que le Miséricordieux dit cela afin qu’on n’explique pas à tort de la manière suivante : Portons simplement le shofarà la main dans tout le pays au lieu d’en sonner.
וְאִידַּךְ? דְּרַב מַתְנָא — מִדְּשַׁנִּי בְּדִיבּוּרֵיהּ.
La Guemara demande : Et d’où l’autre tanna tire-t-il ces halakhot, puisqu’il a utilisé ce verset pour apprendre que la terua doit être précédée d’une tekia. La Guemara répond : Il déduit la halakha de Rav Mattana du fait que le verset a modifié son langage habituel. Il emploie le terme « ta’aviru » au lieu de titke’u, l’expression la plus courante pour sonner du shofar.
״תַּעֲבִירוּ״ בְּיָד — לָא מָצֵית אָמְרַתְּ, דְּגָמַר ״עֲבָרָה״ ״עֲבָרָה״ מִמֹּשֶׁה. כְּתִיב הָכָא: ״וְהַעֲבַרְתָּ שׁוֹפַר תְּרוּעָה״, וּכְתִיב הָתָם: ״וַיְצַו מֹשֶׁה וַיַּעֲבִירוּ קוֹל בַּמַּחֲנֶה״, מָה לְהַלָּן בְּקוֹל — אַף כָּאן בְּקוֹל.
Quant à la crainte que l’on puisse penser que le verset signifie : Tu dois simplement porter le shofar à la main et ne pas en sonner, tu ne peux en aucun cas dire cela, car ce tanna déduit par analogie verbale entre la racine avara employée ici et la même racine avara que l’on trouve au sujet de Moïse. Il est écrit ici : « Alors tu feras proclamation [veha’avarta] au son du shofar », et il est écrit ailleurs : « Et Moïse ordonna, et ils firent proclamer [vaya’aviru] dans tout le camp » (Exode 36:6). De même que là-bas, au sujet de Moïse, ils proclamèrent avec un son, de même ici, la proclamation doit être avec un son.
וּלְהַאי תַּנָּא דְּמַיְיתֵי לַהּ מִמִּדְבָּר, אִי מָה לְהַלָּן חֲצוֹצְרוֹת, אַף כָּאן חֲצוֹצְרוֹת?
La Guemara demande : Et selon l’avis de ce tanna, qui déduit la halakha selon laquelle chaque teroua de Roch Hachana doit être précédée d’une tekiyadu son du shofar dans le désert au moment du rassemblement de l’assemblée, on peut avancer l’argument suivant : Si tel est le cas, de même que là-bas, dans le désert, il y avait sonnerie de trompettes, de même ici, à Roch Hachana, il doit y avoir sonnerie de trompettes.
תַּלְמוּד לוֹמַר: ״תִּקְעוּ בַחֹדֶשׁ שׁוֹפָר בַּכֵּסֶה לְיוֹם חַגֵּנוּ״, אֵי זֶהוּ חַג שֶׁהַחֹדֶשׁ מִתְכַּסֶּה בּוֹ? הֱוֵי אוֹמֵר זֶה רֹאשׁ הַשָּׁנָה, וְקָאָמַר רַחֲמָנָא: ״שׁוֹפָר״.
Par conséquent, le verset déclare : « Sonnez du shofar à la nouvelle lune, à la pleine lune [keseh] pour notre jour de fête » (Psaumes 81:4). Quelle est la Fête au cours de laquelle le mois, c’est-à-dire la lune, est couvert [mitkaseh] ? Vous devez dire que c’est Roch Hachana, la seule Fête qui coïncide avec la nouvelle lune, qui ne peut pas être vue. Et le Miséricordieux déclare : « Sonnez du shofar à la nouvelle lune », ce qui indique qu’à Roch Hachana on sonne du shofar et rien d’autre.
אַתְקֵין רַבִּי אֲבָהוּ בְּקֵסָרִי: תְּקִיעָה, שְׁלֹשָׁה שְׁבָרִים, תְּרוּעָה, תְּקִיעָה. מָה נַפְשָׁךְ? אִי יַלּוֹלֵי יַלֵּיל — לֶעְבֵּיד תְּקִיעָה תְּרוּעָה וּתְקִיעָה, וְאִי גַּנּוֹחֵי גַּנַּח — לֶעְבֵּיד תְּקִיעָה שְׁלֹשָׁה שְׁבָרִים וּתְקִיעָה!
§ Rabbi Abbahu institua à Césarée l’ordre suivant pour les sons du shofar : d’abord une tekia, un son simple et ininterrompu ; ensuite trois shevarim, des sons brisés ; suivis d’une terua, une série de sons brefs ; et, enfin, une autre tekia. La Guemara demande : Quelle que soit la manière dont on considère cela, cela pose une difficulté. Si, selon l’opinion de Rabbi Abbahu, le son que la Torah appelle terua est un sanglot, c’est-à-dire des sons courts et consécutifs, il faut effectuer une série tekia-terua-tekia. Et si lui pense qu’une terua est un gémissement, c’est-à-dire des sons plus longs et brisés, il doit sonner une série comme suit : Tekia, suivie de trois shevarim, puis une autre tekia. Pourquoi inclure à la fois une terua et des shevarim ?
מְסַפְּקָא לֵיהּ אִי גַּנּוֹחֵי גַּנַּח אִי יַלּוֹלֵי יַלֵּיל. מַתְקֵיף לַהּ רַב עַוִּירָא: וְדִלְמָא יַלּוֹלֵי הֲוָה, וְקָא מַפְסֵיק שְׁלֹשָׁה שְׁבָרִים בֵּין תְּרוּעָה לִתְקִיעָה! דַּהֲדַר עָבֵיד תְּקִיעָה תְּרוּעָה וּתְקִיעָה. מַתְקֵיף לַהּ רָבִינָא: וְדִלְמָא גַּנּוֹחֵי הֲוָה, וְקָא מַפְסְקָא תְּרוּעָה בֵּין שְׁבָרִים לִתְקִיעָה! דַּהֲדַר עָבֵיד תְּקִיעָה שְׁבָרִים תְּקִיעָה.
La Guemara répond : Rabbi Abbahu n’était pas certain que la terua signifie gémissement ou sanglot, et il a donc institué que les deux types de son soient inclus, afin de garantir que l’on s’acquitte de son obligation. Rav Avira objecte vivement à cela : Mais peut-être qu’une teruaest un sanglot, et que l’ajout de trois shevarim interrompt entre la terua et la tekia initiale, ce qui invalide toute la série. La Guemara répond : C’est pourquoi on effectue ensuite une série tekia-terua-tekia, afin de tenir compte de cette possibilité. Ravina objecte vivement à cela : Mais peut-être qu’une teruaest un gémissement, et que la terua interrompt entre les shevarim et la tekia finale, invalidant une fois encore toute la série. La Guemara répond de même : C’est pourquoi on effectue ensuite une série tekia-shevarim-tekia, afin de couvrir également cette possibilité.
אֶלָּא רַבִּי אֲבָהוּ מַאי אַתְקֵין? אִי גַּנּוֹחֵי גַּנַּח — הָא עַבְדֵיהּ, אִי יַלּוֹלֵי יַלֵּיל — הָא עַבְדֵיהּ! מְסַפְּקָא לֵיהּ דִּלְמָא גַּנַּח וְיַלֵּיל.
La Guemara demande : Mais si, dans tous les cas, il faut exécuter les deux séries de sonneries, dans quel but Rabbi Abbahu a-t-il institué qu’on exécute une série de tekia-shevarim-terua-tekia ? Si une terua est un gémissement, on l’a déjà fait ; si c’est un sanglot, on l’a déjà fait aussi. La Guemara répond : Rabbi Abbahu avait un doute et pensait que peut-être une terua consiste en un gémissement suivi d’un sanglot. Par conséquent, les trois séries sont nécessaires.
אִי הָכִי, לֶיעְבַּד נָמֵי אִיפְּכָא: תְּקִיעָה, תְּרוּעָה, שְׁלֹשָׁה שְׁבָרִים, וּתְקִיעָה — דִּלְמָא יַלֵּיל וְגַנַּח! סְתָמָא דְמִילְּתָא, כִּי מִתְּרַע בְּאִינִישׁ מִילְּתָא — בְּרֵישָׁא גָּנַח וַהֲדַר יָלֵיל.
La Guemara demande : Si c’est le cas, qu’on exécute aussi la séquence inverse : Tekia, terua, trois shevarim, tekia, car peut-être qu’une terua se compose de gémissement puis de plainte. La Guemara répond : L’ordre normal des choses est que, lorsqu’une personne vit un mauvais événement, elle gémit d’abord puis se lamente, et non l’inverse.
תָּקַע בָּרִאשׁוֹנָה וּמָשַׁךְ בַּשְּׁנִיָּה כִּשְׁתַּיִם. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שָׁמַע
§ La michna a enseigné : Si quelqu’un a sonné la première tekia et a ensuite prolongé la seconde tekia de cette série jusqu’à la durée de deux tekiot, de sorte qu’elle compte à la fois comme la seconde tekia du premier ensemble et comme la première tekia du second ensemble, elle n’est considérée que comme une seule tekia, et il faut commencer le second ensemble par une nouvelle tekia. Rabbi Yoḥanan a dit : Si quelqu’un a entendu