גְּמָ׳ מַלְכִיּוֹת, כְּגוֹן: ״חַי אָנִי נְאֻם ה׳ [אֱלֹהִים] אִם לֹא בְּיָד חֲזָקָה וּבִזְרוֹעַ נְטוּיָה וּבְחֵמָה שְׁפוּכָה אֶמְלוֹךְ עֲלֵיכֶם״, וְאַף עַל גַּב דְּאָמַר רַב נַחְמָן: כֹּל כִּי הַאי רִיתְחָא לִירְתַּח קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עֲלַן וְלִיפְרוֹקִינַן, כֵּיוָן דִּבְרִיתְחָא אֲמוּר — אַדְכּוֹרֵי רִיתְחָא בְּרֵישׁ שַׁתָּא לָא מַדְכְּרִינַן.
GUEMARA : La Guemara cite des exemples de versets qui ne peuvent pas être utilisés dans les prières de Roch Hachana parce qu’ils traitent du châtiment. En ce qui concerne les versets de Royauté, par exemple : « Je suis vivant, dit le Seigneur Dieu, assurément c’est avec une main forte, avec un bras étendu et avec une fureur déversée que Je régnerai sur vous » (Ézéchiel 20:33). Et bien que Rav Naḥman ait dit au sujet de ce verset : En ce qui concerne toute colère comme celle-ci, que le Saint, béni soit-Il, manifeste cette colère sur nous et nous rachète, si tel est le processus nécessaire à la rédemption, puisque le verset a été dit avec colère, il n’est pas inclus, car on ne mentionne pas la colère à Roch Hachana.
זִכָּרוֹן — כְּגוֹן: ״וַיִּזְכּוֹר כִּי בָשָׂר הֵמָּה וְגוֹ׳״ שׁוֹפָר — כְּגוֹן: ״תִּקְעוּ שׁוֹפָר בַּגִּבְעָה וְגוֹ׳״.
De même, les versets de souvenir qui parlent d’un châtiment ne peuvent pas être utilisés dans les prières de Roch Hachana, par exemple : « Alors Il se souvint qu’ils n’étaient que chair, un vent qui passe et ne revient pas » (Psaumes 78:39). De même, les versets de shofar, qui se rapportent au malheur, par exemple : « Sonnez du shofar à Giva, et de la trompette à Rama ; donnez l’alarme à Beit Aven, derrière toi, Benjamin » (Osée 5:8).
אֲבָל אִם בָּא לוֹמַר מַלְכוּת זִכָּרוֹן וְשׁוֹפָר שֶׁל פּוּרְעָנוּת שֶׁל נׇכְרִים, אוֹמֵר. מַלְכוּת — כְּגוֹן: ״ה׳ מָלָךְ יִרְגְּזוּ עַמִּים, וּכְגוֹן: ״ה׳ מֶלֶךְ עוֹלָם וָעֶד אָבְדוּ גוֹיִם מֵאַרְצוֹ״. זִכָּרוֹן — כְּגוֹן: ״זְכוֹר ה׳ לִבְנֵי אֱדוֹם וְגוֹ׳״. שׁוֹפָר — כְּגוֹן: ״וַה׳ אֱלֹהִים בַּשּׁוֹפָר יִתְקָע וְהָלַךְ בְּסַעֲרוֹת תֵּימָן״, וּכְתִיב: ״ה׳ צְבָאוֹת יָגֵן עֲלֵיהֶם״.
La Guemara nuance la décision de la michna. Cependant, si quelqu’un vient réciter des versets de Royauté, souvenir et shofar ayant pour thème le châtiment des gentils, il peut les réciter. La Guemara donne des exemples de ces versets : En ce qui concerne les versets de Royauté, par exemple : « Le Seigneur règne ; que les peuples tremblent » (Psaumes 99:1), et, par exemple : « Le Seigneur est Roi à toujours et à perpétuité ; les nations ont péri de Sa terre » (Psaumes 10:16). En ce qui concerne le souvenir, par exemple : « Souviens-Toi, ô Seigneur, contre les enfants d’Édom du jour de Jérusalem, eux qui disaient : Rasez-la, rasez-la, jusqu’à ses fondements » (Psaumes 137:7). En ce qui concerne les versets de shofar, par exemple : « Et le Seigneur Dieu fera retentir leshofar, et avancera avec les tourbillons du sud » (Zacharie 9:14), et il est écrit : « Le Seigneur des armées les défendra » (Zacharie 9:15), c’est-à-dire que Dieu défendra le peuple juif contre ses ennemis.
אֵין מַזְכִּירִין זִכָּרוֹן שֶׁל יָחִיד, וַאֲפִילּוּ לְטוֹבָה, כְּגוֹן: ״זׇכְרֵנִי ה׳ בִּרְצוֹן עַמֶּךָ״, וּכְגוֹן: ״זׇכְרָה לִּי אֱלֹהַי לְטוֹבָה״.
La Guemara déclare : On ne récite pas un verset traitant du souvenir d’un individu, même si c’est pour le bien, par exemple : « Souviens-Toi de moi, ô Seigneur, lorsque Tu accordes Ta faveur à Ton peuple » (Psaumes 106:4), et, par exemple : « Souviens-Toi de moi, mon Dieu, pour le bien » (Néhémie 5:19).
פִּקְדוֹנוֹת — הֲרֵי הֵן כְּזִכְרוֹנוֹת, כְּגוֹן: ״וַה׳ פָּקַד אֶת שָׂרָה״, וּכְגוֹן: ״פָּקוֹד פָּקַדְתִּי אֶתְכֶם״, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינָן כְּזִכְרוֹנוֹת.
Les versets qui mentionnent les revisites de Dieu [pikdonot] sont équivalents à des versets de souvenirs [zikhronot], et peuvent donc être comptés parmi les dix versets. Par exemple : « Et le Seigneur revisita [pakad] Sarah » (Genèse 21:1), et, par exemple : « Je vous ai assurément revisités [pakadeti] » (Exode 3:16). Telle est la déclaration de Rabbi Yosei. Rabbi Yehuda dit : Ils ne sont pas équivalents à des versets de souvenirs.
וּלְרַבִּי יוֹסֵי נְהִי נָמֵי דְּפִקְדוֹנוֹת הֲרֵי הֵן כְּזִכְרוֹנוֹת, ״וַה׳ פָּקַד אֶת שָׂרָה״ — פִּקָּדוֹן דְּיָחִיד הוּא! כֵּיוָן דְּאָתוּ רַבִּים מִינַּהּ — כְּרַבִּים דָּמְיָא.
La Guemara demande : Et selon l’opinion de Rabbi Yossei, bien que les versets qui parlent du fait que Dieu revisite l’homme soient équivalents à des versets de souvenirs, il cite le verset suivant comme exemple : « Et le Seigneur revisita Sarah », ce qui est une revisite d’un individu. Malgré le fait qu’il a été dit plus haut qu’un souvenir doit se rapporter au collectif, puisque de nombreux descendants sont issus d’elle, puisque Sarah est la mère du peuple juif, elle est considérée comme une multitude. Par conséquent, ce verset traite en réalité du souvenir de l’ensemble du peuple juif.
״שְׂאוּ שְׁעָרִים רָאשֵׁיכֶם וְהִנָּשְׂאוּ פִּתְחֵי עוֹלָם וְיָבוֹא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד. מִי זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד ה׳ עִזּוּז וְגִבּוֹר ה׳ גִּבּוֹר מִלְחָמָה. שְׂאוּ שְׁעָרִים רָאשֵׁיכֶם וּשְׂאוּ פִּתְחֵי עוֹלָם וְיָבֹא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד. מִי הוּא זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד ה׳ צְבָאוֹת הוּא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד סֶלָה״. רִאשׁוֹנָה — שְׁתַּיִם, שְׁנִיָּה — שָׁלֹשׁ, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי.
La Guemara discute plusieurs versets des Psaumes. « Élevez, ô portes, vos linteaux, et élevez-vous, portes éternelles, afin que le Roi de gloire fasse son entrée. Qui est le Roi de gloire ? Le Seigneur fort et puissant, le Seigneur puissant dans la bataille » (Psaumes 24:7–8). Le psaume continue : « Élevez, ô portes, vos linteaux, et élevez-les, portes éternelles, afin que le Roi de gloire fasse son entrée. Qui donc est le Roi de gloire ? Le Seigneur des armées, c’est Lui le Roi de gloire, Sélah » (Psaumes 24:9–10). La première section est comptée comme deux versets de Royauté, car le terme roi y est mentionné deux fois, tandis que la seconde section est comptée comme trois versets de Royauté ; telle est la déclaration de Rabbi Yossei.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: רִאשׁוֹנָה — אַחַת, שְׁנִיָּה — שְׁתַּיִם.
Rabbi Yehouda dit : La première section n’est comptée que comme un verset de Royauté, car la question : « Qui est le Roi de gloire », n’est pas considérée comme un verset de Royauté. Par le même raisonnement, la deuxième section n’est comptée que comme deux versets de Royauté.
״זַמְּרוּ אֱלֹהִים זַמֵּרוּ זַמְּרוּ לְמַלְכֵּנוּ זַמֵּרוּ. כִּי מֶלֶךְ כׇּל הָאָרֶץ אֱלֹהִים״ — שְׁתַּיִם, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַחַת. וְשָׁוִין בְּ״מָלַךְ אֱלֹהִים עַל גּוֹיִם אֱלֹהִים יָשַׁב עַל כִּסֵּא קׇדְשׁוֹ״, שֶׁהִיא אַחַת.
De même, la Guemara discute les versets suivants : « Chantez des louanges à Dieu, chantez des louanges, chantez des louanges à notre Roi, chantez des louanges. Car Dieu est le Roi de toute la terre ; chantez des louanges avec un chant habile » (Psaumes 47:7–8). Ceux-ci sont comptés comme deux versets de Royauté ; telle est la déclaration de Rabbi Yossei. Rabbi Yehouda dit : Ils ne comptent que comme un verset de Royauté, car l’expression : « chantez des louanges à notre Roi » se réfère à Dieu comme au Roi du peuple juif, et non comme au Roi du monde entier. Et tous deux s’accordent au sujet du verset : « Dieu règne sur les nations, Dieu siège sur Son trône sacré » (Psaumes 47:9), qu’il est considéré seulement comme un verset de Royauté, car l’expression : « siège sur Son trône sacré » ne se réfère pas explicitement à Dieu comme Roi.
זִכְרוֹן שֶׁיֵּשׁ בּוֹ תְּרוּעָה — כְּגוֹן: ״שַׁבָּתוֹן זִכְרוֹן תְּרוּעָה מִקְרָא קֹדֶשׁ״ — אוֹמְרָהּ עִם הַזִּכְרוֹנוֹת וְאוֹמְרָהּ עִם הַשּׁוֹפָרוֹת, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינוֹ אוֹמְרָהּ אֶלָּא עִם הַזִּכְרוֹנוֹת בִּלְבָד.
En ce qui concerne un verset de souvenir qui comporte aussi une mention du retentissement du shofar, par exemple : « Un repos solennel, un mémorial de sonneries, une sainte convocation » (Lévitique 23:24), on peut le réciter avec les versets de souvenirs, et on peut aussi le réciter avec les versets de shofarot ; telle est l’opinion de Rabbi Yossei. Rabbi Yehouda dit : On peut le réciter seulement avec les versets de souvenirs בלבד, car il ne mentionne pas explicitement un shofar.
מַלְכוּת שֶׁיֵּשׁ עִמּוֹ תְּרוּעָה — כְּגוֹן: ״ה׳ אֱלֹהָיו עִמּוֹ וּתְרוּעַת מֶלֶךְ בּוֹ״ — אוֹמְרָהּ עִם הַמַּלְכִיּוֹת וְאוֹמְרָהּ עִם הַשּׁוֹפָרוֹת, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינוֹ אוֹמְרָהּ אֶלָּא עִם הַמַּלְכִיּוֹת בִּלְבָד.
En ce qui concerne un verset de Royauté qui comporte aussi une mention du retentissement du shofar, par exemple : « Le Seigneur son Dieu est avec lui, et le son d’un roi est parmi eux » (Nombres 23:21), on peut le réciter avec les versets de Royauté et on peut aussi le réciter avec les versets de shofarot ; Telle est l’opinion de Rabbi Yosei. Rabbi Yehuda dit : On peut le réciter seulement avec les versets de Royauté.
תְּרוּעָה שֶׁאֵין עִמָּהּ לֹא כְּלוּם — כְּגוֹן: ״יוֹם תְּרוּעָה יִהְיֶה לָכֶם״ — אוֹמְרָהּ עִם הַשּׁוֹפָרוֹת, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינוֹ אוֹמְרָהּ כׇּל עִיקָּר.
En ce qui concerne un verset qui mentionne le fait de sonner le shofarsans rien d’autre avec lui, c’est-à-dire sans mention de souvenirs, de Royauté, ni d’un véritable shofar, par exemple : « C’est un jour où l’on sonne dushofar pour vous » (Nombres 29:1), on peut le réciter avec les versets de shofarot ; telle est la déclaration de Rabbi Yosei. Rabbi Yehuda dit : On ne peut pas le réciter du tout, car il ne contient aucune mention explicite d’un shofar.
מַתְחִיל בַּתּוֹרָה וּמַשְׁלִים בְּנָבִיא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אִם הִשְׁלִים בַּתּוֹרָה — יָצָא. ״אִם הִשְׁלִים״, דִּיעֲבַד — אִין, לְכַתְּחִילָּה — לָא. וְהָתַנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: הַמַּשְׁלִים בַּתּוֹרָה — הֲרֵי זֶה מְשׁוּבָּח! אֵימָא: ״מַשְׁלִים״.
§ La michna a enseigné : Lorsqu’on récite les dix versets, on commence par des versets de la Torah et on conclut par des versets des Prophètes. Rabbi Yossei dit : S’il a conclu par un verset de la Torah, il s’est acquitté de son obligation. La Guemara note que la formulation de Rabbi Yossei : S’il a conclu, indique que a posteriori, oui, il s’est acquitté de son obligation ; ab initio, non, il ne s’est pas acquitté de son obligation de réciter les versets requis. La Guemara demande : Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita que Rabbi Yossei dit : Celui qui conclut la série de versets par un verset de la Torah est digne de louange ? La Guemara répond : Dis que le texte de la michna doit être modifié pour qu’il se lise ainsi : Rabbi Yossei dit : Il conclut par un verset de la Torah, c’est-à-dire qu’il faut agir ainsi ab initio.
וְהָא ״אִם הִשְׁלִים״ קָתָנֵי, דִּיעֲבַד — אִין, לְכַתְּחִילָּה — לָא! הָכִי קָאָמַר: מַתְחִיל בַּתּוֹרָה וּמַשְׁלִים בְּנָבִיא. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: מַשְׁלִים בַּתּוֹרָה, וְאִם הִשְׁלִים בְּנָבִיא — יָצָא. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי יוֹסֵי: ווֹתִיקִין הָיוּ מַשְׁלִימִין אוֹתָהּ בַּתּוֹרָה.
La Guemara soulève une difficulté. La michna n’enseigne-t-elle pas : S’il a conclu ? Cela indique que a posteriori, oui, il s’est acquitté de son obligation ; a priori, non, il ne s’est pas acquitté de son obligation. La Guemara répond que voici ce que la michna dit : On commence par des versets de la Torah et on conclut par un seul verset des Prophètes. Rabbi Yossei dit : On conclut par un seul verset de la Torah, et s’il a conclu par un seul verset des Prophètes, il s’est acquitté de son obligation. Cela est également enseigné dans une baraita. Rabbi Elazar, fils de Rabbi Yossei, a dit : Les hommes pieux [vatikin], qui étaient scrupuleux dans l’accomplissement des mitsvot, avaient l’habitude de conclure la série par un seul verset de la Torah. Vraisemblablement, Rabbi Elazar suivait l’opinion de son père, Rabbi Yossei.
בִּשְׁלָמָא זִכְרוֹנוֹת וְשׁוֹפָרוֹת אִיכָּא טוּבָא, אֶלָּא מַלְכִיּוֹת — תְּלָת הוּא דְּהָוְיָין: ״ה׳ אֱלֹהָיו עִמּוֹ וּתְרוּעַת מֶלֶךְ בּוֹ״, ״וַיְהִי בִּישׁוּרוּן מֶלֶךְ״, ״ה׳ יִמְלוֹךְ לְעוֹלָם וָעֶד״, וַאֲנַן בָּעֵינַן עֶשֶׂר, וְלֵיכָּא!
La Guemara demande : Soit, il est possible de conclure les Souvenirs et les Shofarot par un verset de la Torah, car il y en a beaucoup. Cependant, en ce qui concerne la Royauté, il n’y en a que trois : « Le Seigneur son Dieu est avec lui, et la sonnerie d’un roi est parmi eux » (Nombres 23:21) ; « Et il fut roi en Yechouroun » (Deutéronome 33:5) ; et : « Le Seigneur régnera à tout jamais » (Exode 15:18). Or nous en exigeons dix versets, et selon Rabbi Yossei il n’y en a pas assez, car il soutient qu’il faut réciter quatre versets de la Torah, les trois premiers et le verset conclusif.
אָמַר רַב הוּנָא, תָּא שְׁמַע: ״שְׁמַע יִשְׂרָאֵל ה׳ אֱלֹהֵינוּ ה׳ אֶחָד״ — מַלְכוּת, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינָהּ מַלְכוּת.
Rav Houna a dit : Viens et écoute une solution tirée de ce qui a été enseigné dans la Tosefta (2:11) : Le verset : « Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est un » (Deutéronome 6:4), est un verset de Royauté ; telle est la déclaration de Rabbi Yossei. Rabbi Yehouda dit : Ce n’est pas un verset de Royauté.
״וְיָדַעְתָּ הַיּוֹם וַהֲשֵׁבוֹתָ אֶל לְבָבֶךָ כִּי ה׳ הוּא הָאֱלֹהִים אֵין עוֹד״ — מַלְכוּת, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינָהּ מַלְכוּת. ״אַתָּה הׇרְאֵתָ לָדַעַת כִּי ה׳ הוּא הָאֱלֹהִים אֵין עוֹד מִלְבַדּוֹ״ — מַלְכוּת, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינָהּ מַלְכוּת.
« Sache donc en ce jour, et prends-le à cœur, que le Seigneur, Lui, est Dieu dans les cieux en haut et sur la terre en bas ; il n’y en a point d’autre » (Deutéronome 4:39), est un verset de Royauté ; telle est la déclaration de Rabbi Yossei. Rabbi Yehouda dit : Ce n’est pas un verset de Royauté. « Il t’a été montré, afin que tu saches que le Seigneur, Lui, est Dieu ; il n’y en a point d’autre que Lui » (Deutéronome 4:35), est un verset de Royauté ; telle est la déclaration de Rabbi Yossei. Rabbi Yehouda dit : Ce n’est pas un verset de Royauté. Cela montre que, selon l’opinion de Rabbi Yossei, il y a dans la Torah suffisamment de versets de Royauté pour en réciter trois au début et un à la fin.
מַתְנִי׳ הָעוֹבֵר לִפְנֵי הַתֵּיבָה בְּיוֹם טוֹב שֶׁל רֹאשׁ הַשָּׁנָה, הַשֵּׁנִי מַתְקִיעַ. וּבִשְׁעַת הַהַלֵּל, הָרִאשׁוֹן מַקְרֵא אֶת הַהַלֵּל.
MICHNA : En ce qui concerne celui qui passe devant l’arche, en tant qu’officiant, le jour de fête de Roch Hachana, c’est le second officiant, c’est-à-dire celui qui dirige la prière additionnelle, qui sonne du shofar au nom de l’assemblée. Et un jour où l’on récite le hallel, c’est le premier officiant, c’est-à-dire celui qui dirige la prière du matin, qui récite le hallel au nom de l’assemblée.
גְּמָ׳ מַאי שְׁנָא שֵׁנִי מַתְקִיעַ — מִשּׁוּם דִּ״בְרוֹב עָם הַדְרַת מֶלֶךְ״, אִי הָכִי הַלֵּל נָמֵי — נֵימָא בַּשֵּׁנִי מִשּׁוּם דִּ״בְרוֹב עָם הַדְרַת מֶלֶךְ״!
GUEMARA : La Guemara demande : Qu’est-ce qui distingue le deuxième officiant, pour qu’il sonne du shofar pendant la prière additionnelle ? Est-ce en raison du principe selon lequel : « La splendeur du Roi est dans la multitude du peuple » (Proverbes 14:28) ? En d’autres termes, sonne-t-on du shofar pendant la prière additionnelle parce que, d’ici là, tous les fidèles seront déjà arrivés ? Si c’est le cas, en ce qui concerne le hallel aussi, disons qu’il devrait être récité par le deuxième officiant, en raison du principe selon lequel « La splendeur du Roi est dans la multitude du peuple. »
אֶלָּא: מַאי שְׁנָא הַלֵּל דְּבָרִאשׁוֹן — מִשּׁוּם דִּזְרִיזִין מַקְדִּימִין לְמִצְוֹת, תְּקִיעָה נָמֵי נַעֲבֵיד בָּרִאשׁוֹן, מִשּׁוּם דִּזְרִיזִין מַקְדִּימִין לְמִצְוֹת!
Mais plutôt, qu’est-ce qui est différent dans le hallel pour qu’il soit récité par le premier officiant? C’est en raison du principe selon lequel les diligents se hâtent dans l’accomplissement des mitzvot. Cela aussi est difficile. En ce qui concerne la sonnerie du shofar, nous aussi, accomplissons-la par l’intermédiaire du premier officiant, en raison du principe selon lequel les diligents se hâtent dans l’accomplissement des mitzvot.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בִּשְׁעַת הַשְּׁמָד שָׁנוּ.
Rabbi Yoḥanan a dit : Ils ont enseigné la halakha selon laquelle on sonne du shofar pendant la prière additionnelle à une époque de persécution religieuse. Les autorités gentiles ont interdit de sonner du shofar et ont posté des gardes le matin pour s’assurer que les Juifs obéissaient. Par conséquent, les Sages ont retardé la sonnerie du shofar jusqu’à ce que les gardes soient partis. Un décret similaire n’a pas été imposé contre la récitation du hallel, et il était donc récité pendant la prière du matin, le plus tôt possible.
מִדְּקָאָמַר ״בִּשְׁעַת הַלֵּל״, מִכְּלַל דִּבְרֹאשׁ הַשָּׁנָה לֵיכָּא הַלֵּל. מַאי טַעְמָא? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: אָמְרוּ מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם! מִפְּנֵי מָה אֵין יִשְׂרָאֵל אוֹמְרִים שִׁירָה לְפָנֶיךָ בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה וּבְיוֹם הַכִּפּוּרִים? אָמַר לָהֶם: אֶפְשָׁר מֶלֶךְ יוֹשֵׁב עַל כִּסֵּא דִין, וְסִפְרֵי חַיִּים וְסִפְרֵי מֵתִים פְּתוּחִין לְפָנָיו — וְיִשְׂרָאֵל אוֹמְרִים שִׁירָה?!
§ La Guemara commente : Du fait que la michna déclare : Lorsque le hallel est récité, on peut conclure par inférence qu’à Roch Hachana il n’y a pas de récitation du hallel. Quelle est la raison pour laquelle le hallel est omis à Roch Hachana ? Rabbi Abbahou a dit : Les anges de service dirent devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l’Univers, pour quelle raison le peuple juif ne récite-t-il pas des chants de louange, c’est-à-dire le hallel, devant Toi à Roch Hachana et à Yom Kippour ? Il leur dit : Est-il possible que, tandis que le Roi siège sur le trône du jugement et que les livres de vie et les livres de mort sont ouverts devant Lui, le peuple juif récite de joyeux chants de louange ? Roch Hachana et Yom Kippour sont des jours solennels de jugement dont l’atmosphère est incompatible avec la récitation du hallel.
מַתְנִי׳ שׁוֹפָר שֶׁל רֹאשׁ הַשָּׁנָה אֵין מַעֲבִירִין עָלָיו אֶת הַתְּחוּם, וְאֵין מְפַקְּחִין עָלָיו אֶת הַגַּל. לֹא עוֹלִין בָּאִילָן, וְלֹא רוֹכְבִין עַל גַּבֵּי בְהֵמָה, וְלֹא שָׁטִין עַל פְּנֵי הַמַּיִם, וְאֵין חוֹתְכִין אוֹתוֹ — בֵּין בְּדָבָר שֶׁהוּא מִשּׁוּם שְׁבוּת, וּבֵין בְּדָבָר שֶׁהוּא מִשּׁוּם לֹא תַעֲשֶׂה. אֲבָל אִם רָצָה לִיתֵּן לְתוֹכוֹ מַיִם אוֹ יַיִן — יִתֵּן.
MICHNA : En ce qui concerne le shofar de Roch HaChana, on ne peut pas franchir pour lui la limite de Chabbat, c’est-à-dire pour aller l’entendre, ni déblayer un tas de gravats pour découvrir un shofar enterré. On ne peut pas monter dans un arbre, ni monter sur un animal, ni nager dans l’eau, afin de trouver un shofar à sonner. Et on ne peut pas couper le shofar pour le préparer à l’usage, ni avec un objet interdit par un décret rabbinique ni avec un objet qui ne peut pas être utilisé en raison d’une interdiction de la Torah. Cependant, si l’on souhaite mettre de l’eau ou du vin dans le shofar à Roch HaChana afin qu’il émette un son clair, on peut les y mettre, car cela ne constitue pas un travail interdit.
אֵין מְעַכְּבִין אֶת הַתִּנוֹקוֹת מִלִּתְקוֹעַ, אֲבָל מִתְעַסְּקִין עִמָּהֶן עַד שֶׁיִּלְמְדוּ. וְהַמִּתְעַסֵּק — לֹא יָצָא, וְהַשּׁוֹמֵעַ מִן הַמִּתְעַסֵּק — לֹא יָצָא.
Il ne faut pas empêcher les enfants de sonner du shofar à Roch Hachana, bien qu’ils ne soient pas tenus aux mitsvot. Au contraire, on s’occupe d’eux, en les encourageant et en les instruisant, jusqu’à ce qu’ils apprennent à en sonner correctement. La michna ajoute : Celui qui agit sans en avoir conscience et sonne du shofar sans aucune intention d’accomplir la mitsva ne s’est pas acquitté de son obligation. Et, de même, celui qui entend les sons du shofar de quelqu’un qui agit sans en avoir conscience ne s’est pas acquitté de son obligation.
גְּמָ׳ מַאי טַעְמָא? שׁוֹפָר עֲשֵׂה הוּא, וְיוֹם טוֹב עֲשֵׂה וְלֹא תַעֲשֶׂה — וְאֵין עֲשֵׂה דּוֹחֶה אֶת לֹא תַעֲשֶׂה וַעֲשֵׂה.
GUEMARA : La Guemara demande : Il existe un principe selon lequel une mitsva positive l’emporte sur une mitsva négative. Dans cette optique, quelle est la raison pour laquelle on ne peut pas accomplir un travail interdit à Roch Hachana afin de réaliser la mitsva positive de sonner du shofar ? La Guemara répond : Sonner du shofar est une mitsva positive, mais accomplir un travail interdit pendant une Fête transgresse à la fois la mitsva positive de se reposer et l’interdiction d’accomplir un travail interdit, et une mitsva positive ne l’emporte pas sur à la fois une interdiction et une mitsva positive.
לֹא עוֹלִין בָּאִילָן וְלֹא רוֹכְבִין עַל גַּבֵּי בְּהֵמָה וְכוּ׳. הַשְׁתָּא דְּרַבָּנַן אָמְרַתְּ לָא, דְּאוֹרָיְיתָא מִיבַּעְיָא?! זוֹ וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר זוֹ קָתָנֵי.
§ La michna a enseigné : On ne peut pas dépasser la limite de Chabbat pour cela, c’est-à-dire pour aller l’entendre, et on ne peut pas non plus déblayer un tas de gravats pour découvrir un shofar enterré. On ne peut pas monter dans un arbre, ni monter sur un animal pour trouver un shofar à sonner. La Guemara s’interroge sur l’ordre de ces interdictions : Maintenant que tu as dit que, pour sonner du shofar, on ne peut pas accomplir une action interdite par la loi rabbinique, c’est-à-dire dépasser la limite de Chabbat ou déblayer un tas de gravats, est-il nécessaire de dire qu’on ne peut pas accomplir une action qui pourrait mener à un acte interdit par la Torah, c’est-à-dire monter dans un arbre ou monter sur un animal ? La Guemara répond : La michna enseigne en employant le style : Ceci, et il est inutile de dire cela. Elle commence par le cas le plus novateur avant de passer au plus simple.