וְקַבְעֵיהּ רַבֵּיהּ בִּשְׁמֵיהּ.
et son maître l’a établie en son nom. Par conséquent, elle est comptée comme l’une des ordonnances de Rabban Yoḥanan ben Zakkai.
מַתְנִי׳ סֵדֶר בְּרָכוֹת: אוֹמֵר אָבוֹת וּגְבוּרוֹת וּקְדוּשַּׁת הַשֵּׁם, וְכוֹלֵל מַלְכִיּוֹת עִמָּהֶן, וְאֵינוֹ תּוֹקֵעַ.
MICHNA :L’ordre des bénédictions de la prière additionnelle à Roch Hachana est le suivant : On récite la bénédiction des Patriarches, la bénédiction des Actes puissants de Dieu, et la bénédiction de la Sanctification du Nom de Dieu, toutes récitées toute l’année. Et l’on inclut la bénédiction de la Royauté, contenant de nombreux versets de la Torah sur ce thème, avec elles, c’est-à-dire dans la bénédiction de la Sanctification du Nom de Dieu, et l’on ne sonne pas du shofar après elle.
קְדוּשַּׁת הַיּוֹם וְתוֹקֵעַ, זִכְרוֹנוֹת וְתוֹקֵעַ, שׁוֹפָרוֹת וְתוֹקֵעַ, וְאוֹמֵר עֲבוֹדָה וְהוֹדָאָה וּבִרְכַּת כֹּהֲנִים, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי.
Ensuite, on ajoute une bénédiction spéciale pour la Sanctification du Jour, et l’on sonne le shofar après celle-ci ; puis vient la bénédiction des Souvenirs, qui contient de nombreux versets de la Torah sur ce thème, et l’on sonne le shofar après celle-ci ; puis on récite la bénédiction de Shofarot, qui comprend des versets mentionnant le shofar, et l’on sonne le shofar après celle-ci. Et il revient ensuite à la prière régulière de la Amida et récite la bénédiction du Service de Dieu et la bénédiction de Remerciement et la Bénédiction Sacerdotale. Telle est la déclaration de Rabbi Yoḥanan ben Nouri.
אָמַר לוֹ רַבִּי עֲקִיבָא: אִם אֵינוֹ תּוֹקֵעַ לְמַלְכִיּוֹת — לָמָה הוּא מַזְכִּיר? אֶלָּא: אוֹמֵר אָבוֹת וּגְבוּרוֹת וּקְדוּשַּׁת הַשֵּׁם, וְכוֹלֵל מַלְכִיּוֹת עִם קְדוּשַּׁת הַיּוֹם וְתוֹקֵעַ, זִכְרוֹנוֹת וְתוֹקֵעַ, שׁוֹפָרוֹת וְתוֹקֵעַ, וְאוֹמֵר עֲבוֹדָה וְהוֹדָאָה וּבִרְכַּת כֹּהֲנִים.
Rabbi Akiva lui dit : Si l’on ne sonne pas du shofarpour la bénédiction de la Royauté, pourquoi la mentionne-t-on ? Au contraire, l’ordre des bénédictions est le suivant : On récite la bénédiction des Patriarches et celle des Actes puissants de Dieu et celle de la Sanctification du Nom de Dieu. Ensuite, il inclut la bénédiction de la Royauté dans la bénédiction de la Sanctification du Jour, et sonne du shofar. Puis il récite la bénédiction des Souvenirs, et sonne du shofar après elle, et la bénédiction des Shofarot et sonne du shofar après elle. Il récite ensuite la bénédiction du Service et la bénédiction de Remerciement et la Bénédiction sacerdotale.
גְּמָ׳ אָמַר לוֹ רַבִּי עֲקִיבָא: אִם אֵינוֹ תּוֹקֵעַ לְמַלְכִיּוֹת — לָמָה הוּא מַזְכִּיר? לָמָה הוּא מַזְכִּיר?! רַחֲמָנָא אָמַר אַידְכַּר! אֶלָּא: לָמָה עֶשֶׂר? לֵימָא תֵּשַׁע, דְּהוֹאִיל וְאִשְׁתַּנִּי אִשְׁתַּנִּי!
GUEMARA : La michna a enseigné que Rabbi Akiva lui a dit : Si l’on ne sonne pas du shofar pour la bénédiction de la Royauté, pourquoi la mentionne-t-il ? La Guemara exprime son étonnement face à cette question : Pourquoi la mentionne-t-il ? Le Miséricordieux déclare qu’il faut la mentionner. C’est une mitzva de réciter la bénédiction de la Royauté, indépendamment du son du shofar. Plutôt, voici ce que Rabbi Akiva voulait dire : Pourquoi mentionne-t-on dix versets de Royauté, comme dans les autres bénédictions ? Qu’il en récite neuf versets ou moins. Puisque la bénédiction est différente en ce qu’elle n’est pas suivie de sonneries de shofar, qu’elle soit aussi différente quant au nombre de versets qu’elle comprend.
תָּנוּ רַבָּנַן: מִנַּיִן שֶׁאוֹמְרִים אָבוֹת — שֶׁנֶּאֱמַר: ״הָבוּ לַה׳ בְּנֵי אֵלִים״. וּמִנַּיִן שֶׁאוֹמְרִים גְּבוּרוֹת — שֶׁנֶּאֱמַר: ״הָבוּ לַה׳ כָּבוֹד וָעוֹז״. וּמִנַּיִן שֶׁאוֹמְרִים קְדוּשּׁוֹת — שֶׁנֶּאֱמַר: ״הָבוּ לַה׳ כְּבוֹד שְׁמוֹ הִשְׁתַּחֲווּ לַה׳ בְּהַדְרַת קֹדֶשׁ״.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita : D’où est-il déduit que l’on récite la bénédiction des Patriarches ? Comme il est dit : « Rendez au Seigneur, ô fils des puissants » (Psaumes 29:1), ce qui est interprété comme signifiant qu’il faut mentionner devant Dieu la grandeur des puissants, c’est-à-dire les justes Patriarches. Et d’où est-il déduit que l’on récite la bénédiction des Actes puissants de Dieu ? Comme il est dit : « Rendez au Seigneur gloire et force » (Psaumes 29:1). Et d’où est-il déduit que l’on récite la bénédiction de la Sanctification du Nom de Dieu ? Comme il est dit : « Rendez au Seigneur la gloire due à Son nom ; prosternez-vous devant le Seigneur dans la beauté de la sainteté » (Psaumes 29:2).
וּמִנַּיִן שֶׁאוֹמְרִים מַלְכִיּוֹת זִכְרוֹנוֹת וְשׁוֹפָרוֹת — רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: דִּכְתִיב ״שַׁבָּתוֹן זִכְרוֹן תְּרוּעָה מִקְרָא קֹדֶשׁ״. ״שַׁבָּתוֹן״ — זֶה קְדוּשַּׁת הַיּוֹם; ״זִכְרוֹן״ — אֵלּוּ זִכְרוֹנוֹת; ״תְּרוּעָה״ — אֵלּוּ שׁוֹפָרוֹת; ״מִקְרָא קֹדֶשׁ״ — קַדְּשֵׁהוּ בַּעֲשִׂיַּית מְלָאכָה.
Et d’où est-il dérivé que à Roch Hachana on récite les bénédictions de Royauté, Souvenirs et Shofarot ? Rabbi Eliezer dit : Comme il est écrit : « Au septième mois, le premier jour du mois, vous aurez un repos solennel, un mémorial de sonneries, une sainte convocation » (Lévitique 23:24). Ce verset est interprété ainsi : « un repos solennel », cela fait référence à la bénédiction de la Sanctification du Jour ; « un mémorial », ce sont les Souvenirs ; « sonneries », c’est Shofarot ; « une sainte convocation » signifie le sanctifier en s’abstenant d’accomplir un travail interdit.
אָמַר לוֹ רַבִּי עֲקִיבָא: מִפְּנֵי מָה לֹא נֹאמַר ״שַׁבָּתוֹן״ — שְׁבוּת, שֶׁבּוֹ פָּתַח הַכָּתוּב תְּחִילָּה! אֶלָּא: ״שַׁבָּתוֹן״ — קַדְּשֵׁהוּ בַּעֲשִׂיַּית מְלָאכָה; ״זִכְרוֹן״ — אֵלּוּ זִכְרוֹנוֹת; ״תְּרוּעָה״ — אֵלּוּ שׁוֹפָרוֹת; ״מִקְרָא קֹדֶשׁ״ — זוֹ קְדוּשַּׁת הַיּוֹם.
Rabbi Akiva dit à Rabbi Eliezer : Pour quelle raison n’est-il pas dit plutôt que l’expression « repos solennel » enseigne qu’il faut se reposer en s’abstenant de tout travail interdit, puisque c’est le terme par lequel le verset a commencé d’abord. Il est logique que le verset commence par la question principale, à savoir que ce jour est une Fête durant laquelle il est interdit d’accomplir un travail. Au contraire, le verset doit être expliqué ainsi : « Un repos solennel », sanctifie-le en t’abstenant d’accomplir un travail interdit ; « un mémorial », ce sont les Souvenirs ; « sonneries », c’est Shofarot ; « une convocation sacrée », c’est la Sanctification du Jour.
מִנַּיִן שֶׁאוֹמְרִים מַלְכִיּוֹת? תַּנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: ״אֲנִי ה׳ אֱלֹהֵיכֶם״, וּ״בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי״ — זוֹ מַלְכוּת.
D’où est-il dérivé que l’on récite la bénédiction de la Royauté ? Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Yehouda HaNassi dit : Un verset déclare : "Je suis le Seigneur votre Dieu" (Lévitique 23:22), ce qui renvoie à la Royauté de Dieu sur le monde ; et, deux versets plus loin, il est dit : "Au septième mois" (Lévitique 23:24). Cela enseigne que la Royauté de Dieu doit être mentionnée à Roch HaChana.
רַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ, הֲרֵי הוּא אוֹמֵר: ״וְהָיוּ לָכֶם לְזִכָּרוֹן לִפְנֵי אֱלֹהֵיכֶם״, שֶׁאֵין תַּלְמוּד לוֹמַר ״אֲנִי ה׳ אֱלֹהֵיכֶם״, וּמָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״אֲנִי ה׳ אֱלֹהֵיכֶם״ — זֶה בָּנָה אָב לְכׇל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ זִכְרוֹנוֹת — יִהְיוּ מַלְכִיּוֹת עִמָּהֶן.
Rabbi Yosei bar Yehouda dit : Cela n’est pas nécessaire, car le verset déclare : « Aussi, au jour de votre joie, lors de vos temps fixés et à vos néoménies, vous sonnerez des trompettes sur vos holocaustes et sur les sacrifices de vos offrandes de paix ; afin qu’ils vous servent de souvenir devant votre Dieu : Je suis le Seigneur votre Dieu » (Nombres 10:10). Puisqu’il n’est pas nécessaire que le verset dise : “Je suis le Seigneur votre Dieu”, et donc, quel est le sens lorsque le verset dit : “Je suis le Seigneur votre Dieu” ? C’est un principe selon lequel partout où des versets de Souvenirs sont énoncés, des versets de Royauté doivent être récités avec eux.
וְהֵיכָן אוֹמְרָהּ לִקְדוּשַּׁת הַיּוֹם? תַּנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: עִם הַמַּלְכִיּוֹת אוֹמְרָהּ. מָה מָצִינוּ בְּכׇל מָקוֹם בָּרְבִיעִית — אַף כָּאן בָּרְבִיעִית.
§ La Guemara revient à la question discutée dans la michna : Et où récite-t-on la Sanctification du Jour ? Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Yehouda HaNassi dit : On la récite avec la bénédiction de Royauté, dans la quatrième bénédiction. Il explique : De même que nous trouvons dans tous les autres endroits que la Sanctification du Jour est mentionnée dans la quatrième bénédiction de la prière de la Amida, de même ici, elle est récitée dans la quatrième bénédiction.
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: עִם הַזִּכְרוֹנוֹת אוֹמְרָהּ. מַה מָצִינוּ בְּכׇל מָקוֹם בָּאֶמְצַע — אַף כָּאן בָּאֶמְצַע.
Rabban Shimon ben Gamliel dit : On le récite avec la bénédiction des Souvenirs, dans la cinquième bénédiction. Il explique : De même que nous trouvons dans tous les autres endroits que la Sanctification du Jour est mentionnée dans la bénédiction centrale de la prière de la Amida, par exemple, le Chabbat, où elle est la quatrième de sept bénédictions, de même ici, elle est récitée dans la bénédiction centrale, qui dans le cas de Roch Hachana est la cinquième bénédiction, puisque la prière de la Amida de Roch Hachana est composée de neuf bénédictions.
וּכְשֶׁקִּידְּשׁוּ בֵּית דִּין אֶת הַשָּׁנָה בְּאוּשָׁא, יָרַד רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָא לִפְנֵי רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, וְעָשָׂה כְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי. אָמַר לוֹ רַבָּן שִׁמְעוֹן: לֹא הָיוּ נוֹהֲגִין כֵּן בְּיַבְנֶה. לַיּוֹם הַשֵּׁנִי יָרַד רַבִּי חֲנִינָא בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְעָשָׂה כְּרַבִּי עֲקִיבָא. אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: כָּךְ הָיוּ נוֹהֲגִין בְּיַבְנֶה.
§ Et la baraita rapporte que lorsque le tribunal sanctifia l’année à Usha, Rabbi Yoḥanan ben Beroka descendit comme officiant en présence de Rabban Shimon ben Gamliel, et il agit conformément à l’opinion de Rabban Yoḥanan ben Nouri en incluant la bénédiction de la Royauté dans la bénédiction de la Sanctification du Nom de Dieu. Rabban Shimon lui dit : Ils n’avaient pas l’habitude d’agir de cette manière à Yavne. Le deuxième jour, Rabbi Ḥanina, fils de Rabbi Yosei HaGelili, descendit comme officiant, et il agit conformément à l’opinion de Rabbi Akiva en incluant la bénédiction de la Royauté dans la bénédiction de la Sanctification du Jour. Rabban Shimon ben Gamliel dit : C’est ainsi qu’ils avaient l’habitude d’agir à Yavne.
לְמֵימְרָא דְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל כְּרַבִּי עֲקִיבָא סְבִירָא לֵיהּ? וְהָא אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: מַלְכִיּוֹת עִם קְדוּשַּׁת הַיּוֹם אָמַר לְהוּ, וְרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: קְדוּשַּׁת הַיּוֹם עִם הַזִּכְרוֹנוֹת אָמַר לְהוּ? אָמַר רַבִּי זֵירָא: לוֹמַר שֶׁתּוֹקְעִין לְמַלְכִיּוֹת.
La Guemara pose une question au sujet de cette baraita : Cela veut-il dire que Rabban Shimon ben Gamliel soutient conformément à l’opinion de Rabbi Akiva ? Mais Rabbi Akiva n’a-t-il pas dit que l’on récite la bénédiction de Royauté avec la bénédiction de la Sanctification du Jour, tandis que Rabban Shimon ben Gamliel dit que l’on récite la bénédiction de la Sanctification du Jour avec la bénédiction des Souvenirs ? Pourquoi donc Rabban Shimon ben Gamliel a-t-il indiqué son accord avec la pratique de Rabbi Akiva ? Rabbi Zeira a dit : Rabban Shimon ben Gamliel voulait simplement dire qu’il est d’accord pour que l’on sonne du shofar avec la bénédiction de Royauté, et que c’était ainsi qu’on avait l’habitude d’agir à Yavne.
לַיּוֹם הַשֵּׁנִי יָרַד רַבִּי חֲנִינָא. מַאי שֵׁנִי? אִילֵּימָא יוֹם טוֹב שֵׁנִי — לְמֵימְרָא דְּעַבְּרוּהּ לֶאֱלוּל?! וְהָאָמַר רַבִּי חֲנִינָא בַּר כָּהֲנָא: מִימוֹת עֶזְרָא וְאֵילָךְ לֹא מָצִינוּ אֱלוּל מְעוּבָּר! אָמַר רַב חִסְדָּא: מַאי שֵׁנִי — לְיוֹם שֵׁנִי, לַשָּׁנָה הַבָּאָה.
La baraita a enseigné que le deuxième jour, Rabbi Ḥanina est descendu comme officiant de la prière. La Guemara demande : Quel est le sens de : Le deuxième jour ? Si nous disons que cela fait référence au deuxième jour de la fête de Roch Hachana, cela veut-il dire qu’ils ont rendu Eloul complet, de sorte que le trentième jour d’Eloul était le premier jour de Roch Hachana et le premier jour de Tichri était le deuxième jour ? Mais Rabbi Ḥanina bar Kahana n’a-t-il pas dit : Depuis les jours d’Ezra et après, nous n’avons pas trouvé que le mois d’Eloul ait été jamais rendu complet. Si tel est le cas, il est difficile de croire qu’un cas de ce genre se soit produit à l’époque des tanna’im. Rav Ḥisda a dit : Quel est le sens de : Le deuxième jour ? Cela signifie le deuxième jour, la fois suivante où c’était Roch Hachana, c’est-à-dire à Roch Hachana de l’année suivante.
מַתְנִי׳ אֵין פּוֹחֲתִין מֵעֲשָׂרָה מַלְכִיּוֹת, מֵעֲשָׂרָה זִכְרוֹנוֹת, מֵעֲשָׂרָה שׁוֹפָרוֹת. רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי אוֹמֵר: אִם אָמַר שָׁלֹשׁ שָׁלֹשׁ מִכּוּלָּן — יָצָא.
MICHNA : On ne récite pas moins de dix versets dans la bénédiction de la Royauté, ni moins de dix versets dans la bénédiction des Souvenirs, ni moins de dix versets dans la bénédiction des Shofarot. Rabbi Yoḥanan ben Nouri dit : Si l’on en a récité trois de chacune, on s’est acquitté de son obligation.
גְּמָ׳ הָנֵי עֲשָׂרָה מַלְכִיּוֹת כְּנֶגֶד מִי? אָמַר רַבִּי: כְּנֶגֶד עֲשָׂרָה הִלּוּלִים שֶׁאָמַר דָּוִד בְּסֵפֶר תְּהִלִּים. הִלּוּלִים טוּבָא הָווּ! הָנָךְ דִּכְתִיב בְּהוּ ״הַלְלוּהוּ בְּתֵקַע שׁוֹפָר״.
GUEMARA : La Guemara demande : Ces dix versets de Royauté, à quoi correspondent-ils ? Rabbi Yehouda HaNassi a dit : Ils correspondent aux dix louanges que David a prononcées dans le livre des Psaumes. La Guemara demande : Il y a bien plus de louanges que cela dans le livre des Psaumes. La Guemara répond qu’il veut parler de celles au sujet desquelles il est écrit : « Louez-Le avec le son du shofar » (Psaumes 150:3). Dans ce chapitre, l’expression « Louez-Le » apparaît dix fois.
רַב יוֹסֵף אָמַר: כְּנֶגֶד עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת שֶׁנֶּאֶמְרוּ לוֹ לְמֹשֶׁה בְּסִינַי. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: כְּנֶגֶד עֲשָׂרָה מַאֲמָרוֹת שֶׁבָּהֶן נִבְרָא הָעוֹלָם. הֵי נִינְהוּ? ״וַיֹּאמֶר״ —
Rav Yosef a dit : Les dix versets correspondent aux Dix Commandements, qui ont été dits à Moïse au Sinaï. Rabbi Yoḥanan a dit : Ils correspondent aux dix paroles par lesquelles le monde a été créé. La Guemara demande : Quelles sont ces dix paroles ? La Guemara explique : Cela fait référence aux dix fois où l’expression « Et Il dit » apparaît dans le récit de la Création dans les deux premiers chapitres de la Torah.
״וַיֹּאמֶר״ דִּבְרֵאשִׁית תִּשְׁעָה הָווּ! ״בְּרֵאשִׁית״ נָמֵי מַאֲמָר הוּא, דִּכְתִיב: ״בִּדְבַר ה׳ שָׁמַיִם נַעֲשׂוּ״.
La Guemara demande : Cela fait-il référence à la répétition de l’expression : « Et Il dit » dans la Torah ? Il n’y en a que neuf, et non dix. La Guemara répond que l’expression « Au commencement » est également considérée comme une parole, comme il est écrit : « Par la parole du Seigneur, les cieux ont été faits » (Psaumes 33:6), ce qui indique que toute la création est venue à l’existence par une seule parole, après quoi toute la matière a été façonnée en entités séparées et distinctes au moyen des neuf autres paroles.
רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי אוֹמֵר: אִם אָמַר שָׁלֹשׁ שָׁלֹשׁ מִכּוּלָּן — יָצָא. אִיבַּעְיָא לְהוּ, הֵיכִי קָתָנֵי: שָׁלֹשׁ מִן הַתּוֹרָה, שָׁלֹשׁ מִן הַנְּבִיאִים, וְשָׁלֹשׁ מִן הַכְּתוּבִים — דְּהָווּ תֵּשַׁע, וְאִיכָּא בֵּינַיְיהוּ חֲדָא, אוֹ דִלְמָא: אֶחָד מִן הַתּוֹרָה, וְאֶחָד מִן הַנְּבִיאִים, וְאֶחָד מִן הַכְּתוּבִים — דְּהָוְיָין לְהוּ שָׁלֹשׁ, וְאִיכָּא בֵּינַיְיהוּ טוּבָא?
§ La michna a enseigné que Rabbi Yoḥanan ben Nouri dit : Si l’on a récité trois de chacune d’elles, on s’est acquitté de son obligation. Un dilemme fut soulevé devant les Sages : Qu’enseigne-t-il ici ? Rabbi Yoḥanan ben Nouri veut-il dire qu’il faut réciter trois versets de la Torah, trois des Prophètes et trois des Écrits, ce qui fait neuf au total, et, dans ce cas, la différence pratique entre l’opinion de Rabbi Yoḥanan ben Nouri et celle du premier tanna n’est que d’un verset ? Ou peut-être veut-il dire qu’il faut réciter un verset de la Torah, un des Prophètes et un des Écrits, ce qui fait trois au total, et la différence pratique entre eux est grande quant au nombre de versets, à savoir sept.
תָּא שְׁמַע, דְּתַנְיָא: אֵין פּוֹחֲתִין מֵעֲשָׂרָה מַלְכִיּוֹת, מֵעֲשָׂרָה זִכְרוֹנוֹת, מֵעֲשָׂרָה שׁוֹפָרוֹת, וְאִם אָמַר שֶׁבַע מִכּוּלָּן — יָצָא, כְּנֶגֶד שִׁבְעָה רְקִיעִים.
La Guemara clarifie cette question : Viens et écoute une preuve, comme cela est enseigné dans une baraita : On ne récite pas moins de dix versets de Royauté, ni moins de dix versets de Souvenirs, ni moins de dix versets de Shofarot. Et si l’on en a récité sept de chacun, on s’est acquitté de son obligation, car ils correspondent aux sept firmaments dans le ciel.
רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי אָמַר: הַפּוֹחֵת — לֹא יִפְחוֹת מִשֶּׁבַע, וְאִם אָמַר שָׁלֹשׁ מִכּוּלָּן — יָצָא, כְּנֶגֶד תּוֹרָה נְבִיאִים וּכְתוּבִים, וְאָמְרִי לַהּ: כְּנֶגֶד כֹּהֲנִים לְוִיִּם וְיִשְׂרְאֵלִים. אָמַר רַב הוּנָא אָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי.
Rabbi Yoḥanan ben Nouri a dit : Celui qui récite moins que les dix requis ne doit pas réciter moins de sept, mais s’il en a récité trois de chacun, il s’est acquitté de son obligation, car ils correspondent à la Torah, aux Prophètes et aux Écrits. Et certains disent : Ils correspondent aux prêtres, aux Lévites et aux Israélites. Cela indique que Rabbi Yoḥanan ben Nouri entend un total de trois versets pour chaque bénédiction. Rav Houna a dit que Shmouel a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yoḥanan ben Nouri.
מַתְנִי׳ אֵין מַזְכִּירִין זִכָּרוֹן מַלְכוּת וְשׁוֹפָר שֶׁל פּוּרְעָנוּת. מַתְחִיל בַּתּוֹרָה, וּמַשְׁלִים בַּנָּבִיא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אִם הִשְׁלִים בַּתּוֹרָה — יָצָא.
MICHNA :On ne mentionne pas des versets de Souvenir, Royauté et Shofar ayant un thème de châtiment. Lorsqu’on récite les dix versets, on commence par des versets de la Torah et on conclut par des versets des Prophètes. Rabbi Yossei dit : S’il a conclu avec un verset de la Torah, il s’est acquitté de son obligation.