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וּמִיַּבְנֶה לְאוּשָׁא, וּמֵאוּשָׁא לְיַבְנֶה, וּמִיַּבְנֶה לְאוּשָׁא, וּמֵאוּשָׁא לִשְׁפַרְעָם, וּמִשְּׁפַרְעָם לְבֵית שְׁעָרִים, וּמִבֵּית שְׁעָרִים לְצִפּוֹרִי, וּמִצִּפּוֹרִי לִטְבֶרְיָא. וּטְבֶרְיָא עֲמוּקָּה מִכּוּלָּן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְשָׁפַלְתְּ מֵאֶרֶץ תְּדַבֵּרִי״.
et de Yavne à Usha ; et d’Usha elle revint à Yavne ; et de Yavne elle retourna à Usha ; et d’Usha à Shefaram ; et de Shefaram à Beit She’arim ; et de Beit She’arim à Tzippori ; et de Tzippori à Tibériade. Et Tibériade est plus basse que toutes, car elle se trouve dans la vallée du Jourdain. Un verset fait allusion à ces déplacements, comme il est dit : « Abaissée, tu parleras depuis la terre » (Isaïe 29:4).
רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר: שֵׁשׁ גָּלוּת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי הֵשַׁח יוֹשְׁבֵי מָרוֹם קִרְיָה נִשְׂגָּבָה יַשְׁפִּילֶנָּה יַשְׁפִּילָהּ עַד אֶרֶץ יַגִּיעֶנָּה עַד עָפָר״. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וּמִשָּׁם עֲתִידִין לִיגָּאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הִתְנַעֲרִי מֵעָפָר קוּמִי שְּׁבִי״.
Rabbi Elazar dit : Il y a six exils, si l’on ne compte que les lieux et non le nombre des déplacements, et un autre verset y fait allusion, comme il est dit : « Car Il a abaissé ceux qui habitent en haut, la cité élevée ; Il l’abaisse, Il l’abaisse jusqu’à terre, Il la fait toucher à la poussière » (Isaïe 26:5). Ce verset mentionne six expressions d’abaissement : a abaissé, Il l’abaisse, Il l’abaisse, jusqu’à terre, Il la fait toucher, et à la poussière. Rabbi Yoḥanan dit : Et de là, c’est-à-dire de leur lieu de chute le plus bas, ils sont destinés à être rachetés dans l’avenir, comme il est dit : « Secoue-toi de la poussière, lève-toi, assieds-toi, Jérusalem » (Isaïe 52:2).
מַתְנִי׳ אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה: וְעוֹד זֹאת הִתְקִין רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי, שֶׁאֲפִילּוּ רֹאשׁ בֵּית דִּין בְּכׇל מָקוֹם, שֶׁלֹּא יְהוּ הָעֵדִים הוֹלְכִין אֶלָּא לִמְקוֹם הַוַּעַד.
MICHNA :Rabbi Yehoshua ben Korḥa a dit : Et cela aussi, Rabban Yoḥanan ben Zakkai l’a institué : que même si le chef du tribunal de soixante et onze se trouve en quelque autre endroit, et non à l’endroit où le Grand Sanhédrin siège, les témoins doivent néanmoins aller seulement à l’endroit où le Grand Sanhédrin se réunit pour apporter leur témoignage afin de déterminer le début du mois. Bien que la date du mois dépende du chef du Grand Sanhédrin, puisque c’est lui qui déclare que le mois est sanctifié (voir 24a), Rabban Yoḥanan ben Zakkai a néanmoins institué que les membres du Grand Sanhédrin peuvent sanctifier le mois en l’absence du chef du tribunal.
גְּמָ׳ הַהִיא אִיתְּתָא דְּאַזְמְנוּהָ לְדִינָא קַמֵּיהּ דְּאַמֵּימָר בִּנְהַרְדְּעָא. אֲזַל אַמֵּימָר לְמָחוֹזָא, וְלָא אֲזַלָה בָּתְרֵיהּ. כְּתַב פְּתִיחָא עִילָּוַהּ. אֲמַר לֵיהּ רַב אָשֵׁי לְאַמֵּימָר, וְהָא אֲנַן תְּנַן: אֲפִילּוּ רֹאשׁ בֵּית דִּין בְּכׇל מָקוֹם, שֶׁלֹּא יְהוּ הָעֵדִים הוֹלְכִין אֶלָּא לִמְקוֹם הַוַּעַד!
GEMARA: La Guemara raconte : Il y avait une certaine femme qui fut convoquée en jugement devant Ameimar à Neharde’a. Ameimar se rendit temporairement à Meḥoza, et elle ne le suivit pas pour y être jugée. Il rédigea à son sujet un document d’excommunication [petiḥa], pour avoir désobéi au tribunal. Rav Ashi dit à Ameimar : N’avons-nous pas appris dans la michna : Même si le chef du tribunal de soixante et onze se trouve en quelque autre endroit, les témoins ne doivent aller qu’à l’endroit où le Grand Sanhédrin se réunit ? Cela montre qu’une personne doit comparaître devant le tribunal lui-même, plutôt que de suivre le chef du tribunal.
אֲמַר לֵיהּ: הָנֵי מִילֵּי לְעִנְיַן עֵדוּת הַחֹדֶשׁ, דְּאִם כֵּן נִמְצֵאתָ מַכְשִׁילָן לֶעָתִיד לָבֹא. אֲבָל הָכָא — ״עֶבֶד לֹוֶה לְאִישׁ מַלְוֶה״.
Ameimar lui dit : Cela ne s’applique qu’au témoignage visant à déterminer le début du mois, pour lequel il est nécessaire d’avoir un lieu fixe. La raison est que si tel était le cas, si les témoins venaient au tribunal lorsque le chef du tribunal est absent et qu’ils devaient se rendre dans un autre endroit, par conséquent tu les découragerais pour l’avenir, car ils considéreraient cela comme trop contraignant et peut-être ne viendraient-ils pas la fois suivante. C’est pourquoi les Sages ont dit que ces témoins doivent se rendre au lieu habituel où siège le Grand Sanhédrin. Cependant, ici, en ce qui concerne les réclamations pécuniaires, le verset déclare : « L’emprunteur est le serviteur du prêteur » (Proverbes 22:7), c’est-à-dire que le défendeur doit agir selon ce qui convient au demandeur et au tribunal.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין כֹּהֲנִים רַשָּׁאִין לַעֲלוֹת בְּסַנְדְּלֵיהֶן לַדּוּכָן, וְזוֹ אֶחָד מִתֵּשַׁע תַּקָּנוֹת שֶׁהִתְקִין רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי. שֵׁית דְּהַאי פִּירְקָא, וַחֲדָא דְּפִירְקָא קַמָּא.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita : Les prêtres ne sont pas autorisés à monter avec leurs sandales sur l’estrade pour réciter la Bénédiction sacerdotale dans la synagogue. Et c’est l’une des neuf ordonnances qu’a instituées Rabban Yoḥanan ben Zakkai. Six sont mentionnées dans ce chapitre : sonner du shofar le Chabbat à Yavné, prendre le loulav pendant les sept jours, l’interdiction de manger du grain nouveau pendant toute la journée de l’offrande balancée, accepter le témoignage pour déterminer le début du mois toute la journée, faire aller les témoins de la Nouvelle Lune au lieu de réunion, et réciter la Bénédiction sacerdotale sans sandales. Et une est énoncée dans le premier chapitre, à savoir que les témoins de la Nouvelle Lune ne peuvent profaner le Chabbat que pour les mois de Tichri et de Nissan.
וְאִידַּךְ, דְּתַנְיָא: גֵּר שֶׁנִּתְגַּיֵּיר בַּזְּמַן הַזֶּה, צָרִיךְ שֶׁיַּפְרִישׁ רוֹבַע לְקִינּוֹ. אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר: כְּבָר נִמְנָה עָלֶיהָ רַבָּן יוֹחָנָן וּבִיטְּלָהּ, מִפְּנֵי הַתַּקָּלָה.
Et l'autre, comme cela est enseigné dans une baraita : Un converti qui se convertit de nos jours doit mettre de côté un quart de-shekel pour son nid, c’est-à-dire sa paire de colombes. Selon la loi de la Torah, un converti doit apporter deux holocaustes d’oiseaux, en plus de son immersion et de sa circoncision. Après la destruction, il fut institué qu’il devait mettre de côté la valeur de deux jeunes pigeons en prévision de la reconstruction du Temple. Rabbi Shimon ben Elazar dit : Rabban Yoḥanan ben Zakkaï avait déjà réuni une majorité qui vota et annula l’ordonnance en raison d’un possible incident. Si un converti est obligé de mettre de côté de l’argent, quelqu’un pourrait utiliser cet argent par inadvertance, violant ainsi l’interdiction de faire un usage induit d’un bien consacré.
וְאִידַּךְ פְּלוּגְתָּא דְּרַב פָּפָּא וְרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק. רַב פָּפָּא אָמַר: כֶּרֶם רְבָעִי, רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית.
Et l’autre ordonnance, la neuvième, est l’objet d’un différend entre Rav Pappa et Rav Naḥman bar Yitzḥak. Rav Pappa a dit : L’ordonnance concernait le fruit d’une vigne de quatrième année. Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : C’était au sujet de la bande de laine cramoisie.
רַב פָּפָּא אָמַר: כֶּרֶם רְבָעִי, דְּתַנְיָא: כֶּרֶם רְבָעִי הָיָה עוֹלֶה לִירוּשָׁלַיִם מַהֲלַךְ יוֹם לְכׇל צַד, וְזוֹ הִיא תְּחוּמָהּ: אֵילַת מִן הַצָּפוֹן, וְעַקְרַבַּת מִן הַדָּרוֹם, לוֹד מִן הַמַּעֲרָב, וְיַרְדֵּן מִן הַמִּזְרָח.
La Guemara développe : Rav Pappa a dit que le décret fait référence au fruit d’une vigne de quatrième année, comme il est enseigné dans une michna (Beitza 5a) : Le fruit d’une vigne de quatrième année a le statut des fruits de la seconde dîme, et par conséquent son propriétaire montait à Jérusalem et y mangeait les raisins. S’il ne peut pas le faire, en raison de la distance ou du poids de la charge, il peut racheter les fruits avec de l’argent là où il se trouve, puis échanger cet argent contre d’autres fruits à Jérusalem. Cependant, les Sages ont décrété que les fruits des environs de Jérusalem ne doivent pas être rachetés ; au contraire, les propriétaires doivent apporter les fruits eux-mêmes à Jérusalem. Les environs de Jérusalem à cette fin ont été définis comme une journée de marche dans chaque direction. Et voici sa limite : Eilat au nord, Akrabat au sud, Lod à l’ouest, et le fleuve Jourdain à l’est.
וְאָמַר עוּלָּא, וְאִיתֵּימָא רַבָּה בַּר עוּלָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מָה טַעַם — כְּדֵי לְעַטֵּר שׁוּקֵי יְרוּשָׁלַיִם בְּפֵירוֹת.
Et Ulla dit, et certains disent Rabba bar Ulla a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Pour quelle raison les Sages ont-ils institué cette ordonnance, selon laquelle celui qui habite près de Jérusalem doit y apporter ses fruits ? Afin d’orner les marchés de Jérusalem de fruits, car ce décret garantit qu’il y ait תמיד une abondance de fruits à Jérusalem.
וְתַנְיָא: כֶּרֶם רְבָעִי הָיָה לוֹ לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּמִזְרַח לוֹד בְּצַד כְּפַר טָבִי, וּבִיקֵּשׁ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לְהַפְקִירוֹ לַעֲנִיִּים.
Et il fut encore enseigné dans une baraita : Rabbi Eliezer ben Hyrcanus, élève de Rabban Yoḥanan ben Zakkai, avait une vigne de quatrième année située entre Lod et Jérusalem, à l’est de Lod, près du village de Tavi. La vigne se trouvait dans les limites de Jérusalem aux fins de cette halakha. Rabbi Eliezer ne pouvait pas apporter le fruit au Temple, car le Temple avait été détruit, et Rabbi Eliezer chercha à rendre le fruit sans propriétaire en faveur des pauvres, pour qui cela valait la peine de faire l’effort d’apporter le fruit à Jérusalem.
אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו: רַבִּי, כְּבָר נִמְנוּ חֲבֵרֶיךָ עָלָיו וְהִתִּירוּהוּ. מַאן חֲבֵרֶיךָ — רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי.
Ses élèves lui dirent : Notre maître, il n’est pas nécessaire de faire ainsi, car tes collègues ont déjà voté sur la question et l’ont permise, puisque, après la destruction du Temple, il n’est pas nécessaire d’orner les marchés de Jérusalem. La Guemara explique : Qui sont : tes collègues ? Cela fait référence à Rabban Yoḥanan ben Zakkaï.
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית, דְּתַנְיָא: בָּרִאשׁוֹנָה הָיוּ קוֹשְׁרִין לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית עַל פֶּתַח אוּלָם מִבַּחוּץ, הִלְבִּין — הָיוּ שְׂמֵחִין, לֹא הִלְבִּין — הָיוּ עֲצֵבִין, הִתְקִינוּ שֶׁיְּהוּ קוֹשְׁרִין אוֹתוֹ עַל פֶּתַח אוּלָם מִבִּפְנִים.
Rav Naḥman bar Yitzḥak dit : l’ordonnance concernait la bande de laine cramoisie utilisée à Yom Kippour. Comme il est enseigné dans une baraita : Au début, ils attachaient une bande de laine cramoisie à l’entrée du Oulam du Temple à l’extérieur. Si, après le sacrifice des offrandes et l’envoi du bouc émissaire, la bande devenait blanche, le peuple se réjouissait, car cela indiquait que leurs péchés avaient été expiés. Si elle ne devenait pas blanche, ils étaient tristes. Lorsque les Sages virent que le peuple était excessivement affligé à Yom Kippour, ils instituèrent qu’on attache la bande de laine cramoisie à l’entrée du Oulam à l’intérieur, où seuls quelques-uns pouvaient entrer pour la voir.
וַעֲדַיִין הָיוּ מְצִיצִין וְרוֹאִין, הִלְבִּין — הָיוּ שְׂמֵחִין, לֹא הִלְבִּין — הָיוּ עֲצֵבִין, הִתְקִינוּ שֶׁיְּהוּ קוֹשְׁרִין אוֹתוֹ חֶצְיוֹ בַּסֶּלַע וְחֶצְיוֹ בֵּין קַרְנָיו שֶׁל שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ.
Mais les gens continuaient à regarder en cachette et à voir cela, et de nouveau, si elle devenait blanche, ils se réjouissaient, et si elle ne devenait pas blanche, ils étaient attristés. C’est pourquoi les Sages instituèrent qu’ils attachent la moitié de la bande à un rocher près de l’endroit où se tenait celui qui envoyait le bouc émissaire et l’autre moitié entre les cornes du bouc émissaire, afin que le peuple ne sache pas ce qui était arrivé à la bande avant la fin de Yom Kippour. Cette ordonnance fut instituée par Rabban Yoḥanan ben Zakkaï.
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק מַאי טַעְמָא לָא אָמַר כְּרַב פָּפָּא? אָמַר לָךְ: אִי סָלְקָא דַעְתָּךְ רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי, חֲבֵרָיו דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר מִי הֲוָה? רַבּוֹ הֲוָה. וְאִידַּךְ? כֵּיוָן דְּתַלְמִידִים הֲווֹ — לָאו אוֹרַח אַרְעָא לְמֵימְרָא לֵיהּ לְרַבֵּיהּ ״רַבָּךְ״.
La Guemara explique cette divergence : Quelle est la raison pour laquelle Rav Naḥman bar Yitzḥak n’a pas énoncé son opinion au sujet de l’ordonnance conformément à l’opinion de Rav Pappa ? Il aurait pu te dire : S’il te vient à l’esprit de dire que Rabban Yoḥanan ben Zakkai a annulé l’ordonnance concernant les fruits des vignes de la quatrième année, était-il l’un des collègues de Rabbi Eliezer, pour que les élèves parlent de lui de cette manière ? Il était son maître. Par conséquent, Rabbi Yoḥanan ne peut pas être celui qui a institué cette ordonnance. Et l’autre, Rav Pappa, que répondrait-il à cela ? Il dirait que, puisqu’ils étaient les élèves de Rabbi Eliezer, il n’est pas convenable pour quelqu’un de dire à son maître : Ton maître. Par conséquent, ils ont désigné Rabbi Yoḥanan comme le collègue de Rabbi Eliezer.
וְרַב פָּפָּא מַאי טַעְמָא לָא אָמַר כְּרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק? אָמַר לָךְ: אִי סָלְקָא דַעְתָּךְ רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי — בִּימֵי רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי מִי הֲוָה לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית? וְהָתַנְיָא: כׇּל שְׁנוֹתָיו שֶׁל רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי מֵאָה וְעֶשְׂרִים שָׁנָה. אַרְבָּעִים שָׁנָה — עָסַק בִּפְרַקְמַטְיָא, אַרְבָּעִים שָׁנָה — לָמַד, אַרְבָּעִים שָׁנָה — לִימֵּד.
La Guemara demande : Et quelle est la raison pour laquelle Rav Pappa n’a pas énoncé son opinion conformément à l’opinion de Rav Naḥman bar Yitzḥak ? Rav Pappa aurait pu te dire : S’il te vient à l’esprit de dire que cette ordonnance pour Yom Kippour a été instituée par Rabban Yoḥanan ben Zakkaï, aux jours de Rabban Yoḥanan ben Zakkaï y avait-il en fait une bande de laine cramoisie ? N’est-il pas enseigné dans une baraita : Toutes les années de Rabban Yoḥanan ben Zakkaï furent 120 ans : quarante ans il s’occupa de commerce afin de parvenir à l’indépendance financière et d’étudier la Torah, quarante ans il étudia la Torah, et quarante ans il enseigna la Torah.
וְתַנְיָא: אַרְבָּעִים שָׁנָה קוֹדֶם שֶׁנֶּחֱרַב הַבַּיִת לֹא הָיָה לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית מַלְבִּין אֶלָּא מַאֲדִים. וּתְנַן: מִשֶּׁחָרַב הַבַּיִת הִתְקִין רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי! וְאִידַּךְ: אוֹתָם אַרְבָּעִים שָׁנָה דְּלָמַד — תַּלְמִיד יוֹשֵׁב לִפְנֵי רַבּוֹ הֲוָה, וַאֲמַר מִילְּתָא וְאִסְתַּבַּר טַעְמֵיהּ.
Et il est enseigné dans une baraita : Pendant les quarante années précédant la destruction du Second Temple, la bande de laine cramoisie ne devenait pas blanche ; au contraire, elle devenait d’une nuance plus profonde de rouge. Et nous avons appris dans la michna : Lorsque le Temple fut détruit, Rabban Yoḥanan ben Zakkaï institua ses ordonnances. Cela montre que Rabban Yoḥanan vécut et enseigna la Torah après la destruction. Par conséquent, l’ordonnance concernant la laine cramoisie a nécessairement été établie alors que Rabban Yoḥanan étudiait encore la Torah, avant qu’il n’institue la moindre ordonnance. La Guemara demande : Et l’autre Sage, Rav Naḥman bar Yitzḥak, que répondrait-il ? Selon lui, cette ordonnance fut instituée pendant ces quarante années durant lesquelles il étudia la Torah. Il était alors un élève assis devant son maître, et il dit quelque chose, c’est-à-dire qu’il proposa cette ordonnance, et son raisonnement parut convaincant aux Sages,

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