תְּרֵי יַרְחֵי חַסִּירֵי קָלָא אִית לְהוּ.
La Guemara répond : C’est un cas rare où deux mois consécutifs sont rendus courts, et cela ferait de la publicité, de sorte que tout le monde le saurait.
לֵוִי אִקְּלַע לְבָבֶל בְּחַדְסַר בְּתִשְׁרִי. אֲמַר: בְּסִים תַּבְשִׁילָא דְבַבְלָאֵי בְּיוֹמָא רַבָּה דְּמַעְרְבָא. אָמְרִי לֵיהּ: אַסְהֵיד! אֲמַר לְהוּ: לֹא שָׁמַעְתִּי מִפִּי בֵּית דִּין ״מְקוּדָּשׁ״.
§ Il a été rapporté que Lévi arriva une fois en Babylonie le jour qui y était observé comme le onzième de Tishrei. Il dit : Comme le plat des Babyloniens est savoureux en ce grand jour de Yom Kippour, car ils observent Yom Kippour à l’Ouest, en Eretz Yisrael. Le mois d’Eloul avait été déclaré complet en Eretz Yisrael et, selon le calendrier là-bas, ce n’était que le dixième de Tishrei. Ils lui dirent : Témoigne qu’aujourd’hui est Yom Kippour et nous l’observerons. Il leur dit : Je n’ai moi-même pas entendu le tribunal proclamer : C’est sanctifié. Bien que je sache que le mois avait été déclaré complet, puisque je n’ai pas personnellement entendu la proclamation, je ne peux pas fournir un témoignage direct qui vous amènerait à modifier vos calculs.
מַכְרִיז רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הֵיכָא דְּמָטוּ שְׁלוּחֵי נִיסָן, וְלָא מָטוּ שְׁלוּחֵי תִּשְׁרֵי — לִיעְבְּדוּ תְּרֵי יוֹמֵי. גְּזֵירָה נִיסָן אַטּוּ תִּשְׁרֵי.
Il fut en outre rapporté que Rabbi Yoḥanan avait l’habitude de proclamer : Tout endroit qui peut être atteint par les messagers qui partent en Nisan à temps pour informer le peuple du moment où observer Pessaḥ, mais qui ne peut pas être atteint par les messagers envoyés en Tishri, qu’ils observent eux aussi la fête de Pessaḥ pendant deux jours. Les messagers ne voyageaient ni à Roch Hachana ni à Yom Kippour, et ils pouvaient donc voyager trois jours plus loin en Nisan qu’en Tishri. Les Sages ont institué que deux jours doivent être observés en Nisan comme un décret rabbinique en raison de Tishri, car s’ils n’observent Pessaḥ qu’un seul jour, ils en viendront à observer aussi Souccot un seul jour, ce qu’il ne leur est pas permis de faire.
רַבִּי אַיְיבוּ בַּר נַגָּרֵי וְרַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אִיקְּלַעוּ לְהָהוּא אַתְרָא דַּהֲוָה מָטוּ שְׁלוּחֵי נִיסָן וְלָא מָטוּ שְׁלוּחֵי תִּשְׁרֵי, וְעָבְדִי חַד יוֹמָא, וְלָא אֲמַרוּ לְהוּ וְלָא מִידֵּי. שְׁמַע רַבִּי יוֹחָנָן וְאִיקְּפַד. אֲמַר לְהוּ: לָאו אֲמַרִי לְכוּ הֵיכָא דְּמָטוּ שְׁלוּחֵי נִיסָן וְלָא מָטוּ שְׁלוּחֵי תִּשְׁרֵי לִיעְבְּדוּ תְּרֵי יוֹמֵי, גְּזֵירָה נִיסָן אַטּוּ תִּשְׁרֵי!
Il a été rapporté que Rabbi Aivu bar Naggarei et Rabbi Ḥiyya bar Abba, deux disciples de Rabbi Yoḥanan, arrivèrent un jour dans un certain endroit qui pouvait être atteint par les messagers qui partent en Nissan, mais qui ne pouvait pas être atteint par les messagers qui partent en Tishrei. Et ils virent que les habitants observaient seulement un jour de Pessaḥ. Ils ne leur dirent rien pour corriger leur pratique. Rabbi Yoḥanan entendit cela et se mit en colère contre Rabbi Aivu et Rabbi Ḥiyya, car ils n’avaient pas réprimandé les gens qui agissaient contrairement à la décision explicite de Rabbi Yoḥanan. Il leur dit : Ne vous ai-je pas dit que tout endroit qui peut être atteint par les messagers envoyés en Nissan mais non par ceux envoyés en Tishrei doit observer deux jours de Pessaḥ, car les Sages ont institué un décret rabbinique en Nissan à cause de Tishrei ?
רָבָא הֲוָה רְגִיל דַּהֲוָה יָתֵיב בְּתַעֲנִיתָא תְּרֵי יוֹמֵי. זִימְנָא חֲדָא אִשְׁתְּכַח כְּווֹתֵיהּ.
§ La Guemara rapporte que Rava avait l’habitude de rester dans l’observance du jeûne de Yom Kippour pendant deux jours, au cas où Eloul aurait été déclaré comme un mois de trente jours et où Yom Kippour devrait être observé à ce qui était observé en Babylonie comme le onzième de Tichri. Il arriva une fois conformément à son avis. Eloul avait été déclaré comme un mois de trente jours, et il fut le seul à observer Yom Kippour au bon jour.
רַב נַחְמָן יְתֵיב בְּתַעֲנִיתָא כּוּלֵּיהּ יוֹמֵי דְּכִיפּוּרֵי. לְאוּרְתָּא אֲתָא הָהוּא גַּבְרָא, אֲמַר לֵיהּ: לִמְחַר יוֹמָא רַבָּה בְּמַעְרְבָא.
Il fut rapporté que Rav Naḥman avait un jour jeûné toute la journée de Yom Kippour, comme d’habitude. Le soir, vers la fin de son jeûne, un certain homme vint et lui dit : Demain est le grand jour, Yom Kippour, à l’Ouest, Eretz Yisrael, et il faut donc jeûner demain.
אֲמַר לֵיהּ: מֵהֵיכָא אַתְּ? אֲמַר לֵיהּ: מִדִּמְהַרְיָא. אֲמַר לֵיהּ: דָּם תְּהֵא אַחֲרִיתוֹ. קָרֵי עֲלֵיהּ: ״קַלִּים הָיוּ רוֹדְפֵינוּ״.
Rav Naḥman lui dit : D’où viens-tu ? Il lui dit : D’un endroit appelé Damihareya. Il lui dit, en jouant sur le nom de son lieu : Le sang sera sa fin, c’est-à-dire la propre fin de Rav Naḥman. En raison de cette information, Rav Naḥman devrait jeûner deux jours consécutifs et ainsi beaucoup souffrir, comme si son sang était versé. Il lut à son sujet le verset « Nos poursuivants étaient plus rapides que les vautours dans le ciel » (Lamentations 4:19), car, si ce messager était arrivé seulement un peu plus tard, entre-temps ils auraient mangé et bu.
שְׁלַח לֵיהּ רַב הוּנָא בַּר אָבִין לְרָבָא: כַּד חָזֵית דְּמָשְׁכָה תְּקוּפַת טֵבֵת עַד שִׁיתְּסַר בְּנִיסָן — עַבְּרַהּ לְהַהִיא שַׁתָּא וְלָא תְּחוּשׁ לַהּ, דִּכְתִיב: ״שָׁמוֹר אֶת חֹדֶשׁ הָאָבִיב״, שְׁמוֹר אָבִיב שֶׁל תְּקוּפָה שֶׁיְּהֵא בְּחֹדֶשׁ נִיסָן.
§ Rav Huna bar Avin envoya cette instruction à Rava : Lorsque tu vois que, selon tes calculs, la saison de Tevet, c’est-à-dire l’hiver, s’étendra jusqu’au seizième de Nisan, et que l’équinoxe de printemps aura lieu après le seizième de Nisan, ajoute un mois supplémentaire à cette année-là, en en faisant une année embolismique. Et ne t’inquiète pas de trouver une raison supplémentaire pour justifier qu’elle soit embolismique, car il est écrit : « Observe le mois du printemps » (Deutéronome 16:1). C’est-à-dire : veille à ce que le printemps de la saison, c’est-à-dire l’équinoxe de printemps, soit dans la nouvelle partie de Nisan, c’est-à-dire dans la première moitié, avant Pessa'h.
אֲמַר לְהוּ רַב נַחְמָן לְהָנְהוּ נָחוֹתֵי יַמָּא: אַתּוּן דְּלָא יָדְעִיתוּ בִּקְבִיעָא דְיַרְחָא, כִּי חָזֵיתוּ סֵיהֲרָא דְּמַשְׁלֵים לְיוֹמָא — בַּעִירוּ חֲמִירָא.
Il a été rapporté que Rav Naḥman dit à ceux qui partaient en mer avant Nissan : Puisque vous ne connaîtrez pas la détermination du premier jour du nouveau mois, voici ce que vous devez faire : Lorsque vous voyez que la lune se couche à l’aube, c’est-à-dire qu’elle est visible toute la nuit, du coucher du soleil jusqu’au lever du soleil, sachez que c’est le milieu du mois de Nissan et brûlez votre levain.
אֵימַת מַשְׁלֵים — בַּחֲמֵיסַר. וְהָא אֲנַן מֵאַרְבֵּיסַר מְבַעֲרִינַן! לְדִידְהוּ דִּמְגַלּוּ לְהוּ עָלְמָא, מֵאַרְבֵּיסַר מַשְׁלֵים.
La Guemara demande : Quand la lune se couche-t-elle à l’aube ? Le quinzième du mois. Mais le quatorze de nissan, nous brûlons le levain. La Guemara répond : Pour ceux qui sont en mer, pour qui le monde est dévoilé, pour qui l’horizon est largement dégagé et clairement visible, la lune achève sa course au lever du soleil déjà le quatorze du mois. Ils peuvent donc se fier à ce signe pour établir la date de Pessa'h et le moment de brûler le levain.