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חַסּוֹרֵי מִיחַסְּרָא וְהָכִי קָתָנֵי: אֶתְרוֹג — אַחַר לְקִיטָתוֹ לְמַעֲשֵׂר וְאַחַר חֲנָטָה לִשְׁבִיעִית. וְרַבּוֹתֵינוּ נִמְנוּ בְּאוּשָׁא: אַחַר לְקִיטָתוֹ, בֵּין לְמַעֲשֵׂר בֵּין לִשְׁבִיעִית.
La Guemara répond : La baraitaest incomplète et enseigne ce qui suit : Avtolemos a témoigné au nom de cinq Anciens : Un etrog suit le moment de sa cueillette en matière de dîmes et suit le moment de la formation de son fruit en matière de l’Année sabbatique. Mais nos Sages ont voté à Oucha et ont décidé qu’un etrogsuit le moment de sa cueillette, à la fois en matière de dîmes et en matière de l’Année sabbatique.
אִיתְּמַר, רַבִּי יוֹחָנָן וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: אֶתְרוֹג בַּת שִׁשִּׁית שֶׁנִּכְנְסָה לִשְׁבִיעִית — לְעוֹלָם שִׁשִּׁית. כִּי אֲתָא רָבִין אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֶתְרוֹג בַּת שִׁשִּׁית שֶׁנִּכְנְסָה לִשְׁבִיעִית, אֲפִילּוּ כְּזַיִת וְנַעֲשֵׂית כִּכָּר — חַיָּיבִין עָלֶיהָ מִשּׁוּם טֶבֶל.
Il a été déclaré que les amora’im d’Eretz Yisrael ont discuté cette question : Rabbi Yoḥanan et Reish Lakish disent tous deux : Un etrog de la sixième année du cycle sabbatique qui est entré dans, et a été cueilli pendant l’Année sabbatique est toujours et à tous égards considéré comme un produit de la sixième année. Lorsque Ravin est venu d’Eretz Yisrael en Babylonie, il a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Un etrog de la sixième année qui est entré dans, et a été cueilli pendant l’Année sabbatique, bien qu’au début de l’Année sabbatique il n’ait eu que la taille d’une olive et qu’au cours de l’Année sabbatique il ait grandi jusqu’à la taille d’un pain, est considéré comme un produit de la sixième année soumis à la dîme, et si quelqu’un le mange sans prélever la dîme, il est passible pour avoir mangé un produit non dîmé.
תָּנוּ רַבָּנַן: אִילָן שֶׁחָנְטוּ פֵּירוֹתָיו קוֹדֶם חֲמִשָּׁה עָשָׂר בִּשְׁבָט — מִתְעַשֵּׂר לְשָׁנָה שֶׁעָבְרָה, אַחַר חֲמִשָּׁה עָשָׂר בִּשְׁבָט — מִתְעַשֵּׂר לְשָׁנָה הַבָּאָה. אָמַר רַבִּי נְחֶמְיָה: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בְּאִילָן שֶׁעוֹשֶׂה שְׁתֵּי בְרִיכוֹת בַּשָּׁנָה.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Un arbre dont les fruits se sont formés avant le quinze de Chevat est soumis à la dîme selon l’année précédente, et si les fruits se sont formés après le quinze de Chevat, il est soumis à la dîme selon l’année à venir. Rabbi Neḥemya a dit : Dans quel cas cette déclaration est-elle dite ? Elle est dite au sujet d’un arbre qui produit deux portées, deux récoltes, en une seule année.
שְׁתֵּי בְרִיכוֹת סָלְקָא דַּעְתָּךְ? אֶלָּא אֵימָא: כְּעֵין שְׁתֵּי בְרִיכוֹת.
La Guemara interrompt avec une question sur la formulation de cette baraita : Vous viendrait-il à l’esprit de dire deux portées ? Les animaux produisent des portées, mais les arbres non. Il faut plutôt dire : Comme deux portées, c’est-à-dire la récolte de deux saisons.
אֲבָל אִילָן הָעוֹשֶׂה בְּרִיכָה אַחַת, כְּגוֹן דְּקָלִים וְזֵיתִים וְחָרוּבִין, אַף עַל פִּי שֶׁחָנְטוּ פֵּירוֹתֵיהֶן קוֹדֶם חֲמִשָּׁה עָשָׂר בִּשְׁבָט — מִתְעַשְּׂרִין לְשָׁנָה הַבָּאָה.
La baraita continue : Mais, dans le cas des arbres qui produisent seulement une seule récolte de fruits, par exemple les palmiers-dattiers, et les oliviers, et les caroubiers, qui ne donnent des fruits qu’une fois par an, bien que leurs fruits se soient formés avant le quinze de Chevat, ils sont soumis à la dîme selon l’année à venir, car ils suivent le moment de la cueillette de leur fruit. Selon Rabbi Neḥemya, la plupart des fruits seront soumis à la dîme selon le moment où le fruit est cueilli, puisque seule une minorité des arbres fruitiers produit deux récoltes par an.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: נָהֲגוּ הָעָם בֶּחָרוּבִין כְּרַבִּי נְחֶמְיָה.
Rabbi Yoḥanan a dit : Le peuple avait l’habitude d’agir concernant les caroubes conformément à l’opinion de Rabbi Neḥemya, selon laquelle leur année de dîme suit le moment de la cueillette du fruit.
אֵיתִיבֵיהּ רֵישׁ לָקִישׁ לְרַבִּי יוֹחָנָן: בְּנוֹת שׁוּחַ — שְׁבִיעִית שֶׁלָּהֶן שְׁנִיָּה, מִפְּנֵי שֶׁעוֹשׂוֹת לִשְׁלֹשׁ הַשָּׁנִים!
Reish Lakish a soulevé une objection à l’opinion de Rabbi Yoḥanan à partir d’une michna qui enseigne : Dans le cas des figuiers blancs, l’année sabbatique pour eux, en ce qui concerne les halakhot de consommation et d’élimination, est la deuxième année du cycle sabbatique, en raison du fait que leurs fruits poussent pendant trois ans, et ainsi le fruit qui mûrit durant la deuxième année du cycle sabbatique avait déjà pris forme pendant l’année sabbatique précédente. Cela indique que la dîme suit le moment de la formation du fruit et non le moment de la cueillette.
אִישְׁתִּיק. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי אַבָּא הַכֹּהֵן לְרַבִּי יוֹסֵי הַכֹּהֵן: אַמַּאי אִישְׁתִּיק? לֵימָא לֵיהּ: אָמֵינָא לָךְ אֲנָא רַבִּי נְחֶמְיָה, וְאַתְּ אָמְרַתְּ לִי רַבָּנַן?!
Rabbi Yoḥanan garda le silence et ne répondit pas, comme s’il n’avait pas de réponse. Rabbi Abba le prêtre dit à Rabbi Yosei le prêtre : Pourquoi Rabbi Yoḥanan garda-t-il le silence ? Il aurait dû dire à Reish Lakish ce qui suit : Je te parle de l’opinion de Rabbi Neḥemya, et toi tu me dis l’opinion des Sages ?
מִשּׁוּם דַּאֲמַר לֵיהּ: שָׁבְקַתְּ רַבָּנַן וְעָבְדַתְּ כְּרַבִּי נְחֶמְיָה?!
Rabbi Yosei le prêtre répondit : Il n’aurait pas pu avancer cet argument, parce que Reish Lakish lui aurait alors dit : Abandonnes-tu l’opinion des Sages, qui constituent la majorité, et agis-tu conformément à l’opinion de Rabbi Neḥemya, qui exprime un avis dissident isolé ?
וְלֵימָא לֵיהּ: קָאָמֵינָא לָךְ ״נָהֲגוּ״, וְאַתְּ אָמְרַתְּ לִי אִיסּוּרָא?! דַּאֲמַר לֵיהּ: בִּמְקוֹם אִיסּוּרָא, כִּי נָהֲגוּ שָׁבְקִינַן לְהוּ?!
Rabbi Abba le prêtre demanda en outre : Rabbi Yoḥanan aurait dû lui dire : Je te parle seulement de la manière dont le peuple pratique et du fait que leur coutume suit l’opinion de Rabbi Neḥemya, et tu me dis que c’est une interdiction ? Rabbi Yosei le prêtre répondit : Il n’aurait pas pu dire cela, parce que Reish Lakish lui aurait alors dit : Là où il y a une interdiction, même s’ils avaient l’habitude d’agir d’une certaine manière, les laisserions-nous continuer ?
וְלֵימָא לֵיהּ: כִּי אָמֵינָא לָךְ אֲנָא — מַעֲשֵׂר חָרוּבִין דְּרַבָּנַן, וְאַתְּ אָמְרַתְּ לִי שְׁבִיעִית דְּאוֹרָיְיתָא?!
Rabbi Abba le prêtre demanda en outre : Rabbi Yoḥanan aurait dû dire à Reish Lakish ce qui suit : Je te parle de la dîme des caroubes, qui relève seulement d’un décret rabbinique, car selon la loi de la Torah tous les fruits, à l’exception des raisins et des olives, sont exemptés de la dîme, et toi, tu me parles de l’Année sabbatique, qui relève de la loi de la Torah ? Puisqu’il s’agit d’un argument irréfutable, la Guemara clarifie une fois de plus cette question.
אֶלָּא אָמַר רַבִּי אַבָּא הַכֹּהֵן: תְּמֵיהַנִי אִם הֱשִׁיבָהּ רֵישׁ לָקִישׁ לִתְשׁוּבָה זוֹ. אִם הֱשִׁיבָהּ? הָא אוֹתְבַהּ! אֶלָּא אֵימָא: אִם קִיבְּלָהּ רַבִּי יוֹחָנָן, אִם לָא קִיבְּלָהּ.
Au contraire, Rabbi Abba le prêtre a dit : Je me demande si Reish Lakish a réellement soulevé cette objection initiale à l’opinion de Rabbi Yoḥanan, puisqu’elle a une réfutation si claire. La Guemara demande : L’a-t-il posée ? Pourtant, il l’a bien posée, comme cela est rapporté dans le récit. Au contraire, dis : Je me demande si Rabbi Yoḥanan a accepté cette question et est resté silencieux parce qu’il n’avait rien à répondre, ou s’il ne l’a pas acceptée mais est néanmoins resté silencieux parce qu’il pensait que la question ne méritait pas de réponse.

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