מִשֶּׁתָּבֹא הַשֶּׁמֶשׁ — אֵין תּוֹרְמִין וּמְעַשְּׂרִין מִזֶּה עַל זֶה, לְפִי שֶׁאֵין תּוֹרְמִין וּמְעַשְּׂרִין, לֹא מִן הֶחָדָשׁ עַל הַיָּשָׁן, וְלֹא מִן הַיָּשָׁן עַל הֶחָדָשׁ. אִם הָיְתָה שְׁנִיָּה נִכְנֶסֶת לִשְׁלִישִׁית — שְׁנִיָּה מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי, שְׁלִישִׁית — מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן וּמַעְשַׂר עָנִי.
après le coucher du soleil, de sorte qu’ils appartiennent à la nouvelle année, on ne peut pas prélever la terouma et la dîme de l’un pour l’autre, de même qu’on ne peut pas prélever la terouma et la dîme de la récolte nouvelle pour l’ancienne ni de l’ancienne récolte pour la nouvelle. Si c’était la deuxième année du cycle sabbatique entrant dans la troisième année, la halakha est la suivante : de ce qu’il a cueilli en deuxième année, il doit prélever la première dîme, qu’il donne à un Lévite, et la seconde dîme, qu’il mange à Jérusalem ; de ce qu’il a cueilli en troisième année, il doit prélever la première dîme et la dîme du pauvre, qu’il donne à une personne dans le besoin.
מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: ״כִּי תְכַלֶּה לַעְשֵׂר אֶת כׇּל מַעְשַׂר תְּבוּאָתְךָ בַּשָּׁנָה הַשְּׁלִישִׁית שְׁנַת הַמַּעֲשֵׂר״, שָׁנָה שֶׁאֵין בָּהּ אֶלָּא מַעֲשֵׂר אֶחָד. הָא כֵּיצַד? מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן וּמַעְשַׂר עָנִי, וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי יִבְטַל.
D’où ces principes sont-ils dérivés, selon lesquels, durant la troisième année, il faut prélever la dîme du pauvre et non la seconde dîme ? Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : Le verset déclare : « Lorsque tu auras achevé de prélever toutes les dîmes de ta récolte la troisième année, qui est l’année de la dîme » (Deutéronome 26:12). Cela renvoie à une année où il n’y a qu’une seule des deux dîmes qui étaient données les années précédentes. Comment cela ? On prélève la première dîme et la dîme du pauvre, qui est mentionnée explicitement dans ce passage, et la seconde dîme est annulée cette année-là.
אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא אַף מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן נָמֵי יִבְטַל — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְאֶל הַלְוִיִּם תְּדַבֵּר וְאָמַרְתָּ אֲלֵיהֶם כִּי תִקְחוּ מֵאֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת הַמַּעֲשֵׂר אֲשֶׁר נָתַתִּי לָכֶם מֵאִתָּם בְּנַחֲלַתְכֶם״, הִקִּישׁוֹ הַכָּתוּב לְנַחֲלָה: מָה נַחֲלָה אֵין לָהּ הֶפְסֵק — אַף מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן אֵין לוֹ הֶפְסֵק.
Ou peut-être n’en est-il pas ainsi, mais en réalité même la première dîme est annulée pendant la troisième année et une seule dîme est prélevée, à savoir la dîme du pauvre. Par conséquent, le verset déclare : « Ainsi tu parleras aux Lévites, et tu leur diras : Quand vous prendrez des enfants d’Israël les dîmes que je vous ai données de leur part pour votre héritage » (Nombres 18:26). Le verset juxtapose la première dîme donnée aux Lévites à un héritage foncier : De même que, en ce qui concerne un héritage, il n’y a pas d’interruption, car selon la loi de la Torah un héritage foncier ne peut pas être vendu à perpétuité, mais passe plutôt d’une génération à l’autre sans interruption, de même, en ce qui concerne la première dîme donnée aux Lévites, il n’y a pas d’interruption, mais elle est prélevée chaque année.
תַּנְיָא אִידַּךְ: ״כִּי תְכַלֶּה לַעְשֵׂר וְגוֹ׳״, שָׁנָה שֶׁאֵין בָּהּ אֶלָּא מַעֲשֵׂר אֶחָד. הָא כֵּיצַד? מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן וּמַעְשַׂר עָנִי, וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי יִבְטַל. יָכוֹל אַף מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן נָמֵי יִבְטַל? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וּבָא הַלֵּוִי״, כׇּל זְמַן שֶׁבָּא — תֵּן לוֹ. דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה.
La même halakhaest enseignée dans une autrebaraita : Le verset déclare : « Lorsque tu auras achevé de prélever la dîme de toute ta production la troisième année, qui est l’année de la dîme. » Cela fait référence à l’année où il n’y a qu’une seule des deux dîmes qui étaient données les années précédentes. Comment cela ? On prélève la première dîme et la dîme du pauvre, et la seconde dîme est annulée. On aurait pu penser que même la première dîme est annulée pendant la troisième année. C’est pourquoi le verset déclare : « Et le Lévite, parce qu’il n’a ni part ni héritage avec toi, ainsi que l’étranger, l’orphelin et la veuve qui sont dans tes portes, viendront, et mangeront et seront rassasiés » (Deutéronome 14:29). Toutes les fois que le Lévite vient, donne-lui ; chaque année tu dois donner au Lévite sa dîme. Telle est la déclaration de Rabbi Yehuda.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ, הֲרֵי הוּא אוֹמֵר: ״וְאֶל הַלְוִיִּם תְּדַבֵּר וְאָמַרְתָּ אֲלֵיהֶם כִּי תִקְחוּ מֵאֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת הַמַּעֲשֵׂר אֲשֶׁר נָתַתִּי לָכֶם מֵאִתָּם בְּנַחֲלַתְכֶם״, הִקִּישׁוֹ הַכָּתוּב לְנַחֲלָה: מָה נַחֲלָה אֵין לָהּ הֶפְסֵק — אַף מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן אֵין לוֹ הֶפְסֵק.
Rabbi Eliezer ben Ya’akov dit : Il n’est pas nécessaire de l’apprendre d’ici, mais d’une autre source, comme il est dit : « Ainsi tu parleras aux Lévites, et tu leur diras : Quand vous prendrez des enfants d’Israël les dîmes que Je vous ai données de leur part pour votre héritage. » Le verset rapproche la première dîme d’un héritage foncier : De même que concernant un héritage foncier il n’y a pas d’interruption, de même aussi, concernant la première dîme il n’y a pas d’interruption.
וְלַנְּדָרִים וְכוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: הַמּוּדָּר הֲנָאָה מֵחֲבֵירוֹ לְשָׁנָה — מוֹנֶה שְׁנֵים עָשָׂר חוֹדֶשׁ מִיּוֹם לְיוֹם. וְאִם אָמַר לְשָׁנָה זוֹ, אֲפִילּוּ לֹא עָמַד אֶלָּא בְּעֶשְׂרִים וְתִשְׁעָה בֶּאֱלוּל, כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעַ יוֹם אֶחָד בְּתִשְׁרִי — עָלְתָה לוֹ שָׁנָה.
§ Il a été enseigné dans la baraita citée ci-dessus : Et le premier de Tishrei est le nouvel an pour les vœux. Les Sages ont enseigné dans une baraita : Celui à qui il est interdit par un vœu de tirer profit d’autrui pendant un an compte douze mois de date à date, à partir du jour où le vœu a été prononcé. Cela s’applique aussi bien lorsqu’une personne a fait le vœu de ne tirer aucun profit d’autrui pendant un an que lorsqu’elle a fait l’objet du vœu d’une autre personne lui interdisant de tirer un quelconque profit des biens de cet individu pendant un an. Mais si, lorsqu’il a prononcé le vœu, il a dit : Pour cette année, alors même s’il a prononcé le vœu seulement le vingt-neuf Eloul, dès que le premier jour de Tishrei, le mois suivant, est arrivé, cela est compté comme une année, et il lui est permis de tirer profit de l’autre.
אֲפִילּוּ לְמַאן דְּאָמַר יוֹם אֶחָד בַּשָּׁנָה אֵינוֹ חָשׁוּב שָׁנָה, לְצַעוֹרֵיהּ נַפְשֵׁיהּ קַבֵּיל עֲלֵיהּ — וְהָא אִצְטַעַר לֵיהּ.
La Guemara commente : Cela est vrai même selon celui qui a dit qu’un jour dans une année n’est pas considéré comme une année, puisque dans le cas d’un vœu, la personne a accepté sur elle-même de souffrir une affliction, et elle a déjà atteint son objectif et souffert une affliction, et elle a donc accompli son vœu.
וְאֵימָא נִיסָן? בִּנְדָרִים הַלֵּךְ אַחַר לְשׁוֹן בְּנֵי אָדָם.
La Guemara demande : Mais dis qu’une année concernant les vœux se termine en Nissan. La Guemara répond : La halakha est que, concernant les vœux, on suit le langage ordinaire des gens. Le sens d’un vœu est compris conformément à la manière dont les mots sont employés dans le langage courant, et lorsque les gens parlent d’une année, ils la comptent généralement depuis le début de Tichri.
תְּנַן הָתָם: הַתִּלְתָּן — מִשֶּׁתִּצְמַח, הַתְּבוּאָה וְהַזֵּיתִים — מִשֶּׁיָּבִיאוּ שְׁלִישׁ.
Nous avons appris dans une michna là-bas (Ma’asrot 1:3) : À partir de quand les récoltes sont-elles soumises aux dîmes ? Le fenugrec y est soumis à partir du moment où il germe. Les céréales et les olives y sont soumises à partir du moment où elles ont atteint un tiers de leur croissance.
מַאי מִשֶּׁתִּצְמַח — מִשֶּׁתִּצְמַח לִזְרָעִים.
La Guemara demande : Quel est le sens de l’expression : À partir du moment où il pousse ? Le fenugrec commence à pousser presque immédiatement après avoir été planté. La Guemara répond : Cela signifie à partir du moment où il pousse pour la semence, c’est-à-dire à partir du moment où ses graines sont suffisamment développées pour germer en une autre récolte.
הַתְּבוּאָה וְהַזֵּיתִים מִשֶּׁיָּבִיאוּ שְׁלִישׁ. מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַב אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, וּמָטוּ בָּהּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי, אָמַר קְרָא: ״מִקֵּץ שֶׁבַע שָׁנִים בְּמוֹעֵד שְׁנַת הַשְּׁמִטָּה בְּחַג הַסּוּכּוֹת״, שְׁנַת הַשְּׁמִטָּה מַאי עֲבִידְתֵּיהּ בְּחַג הַסּוּכּוֹת? שְׁמִינִית הִיא!
Il a été enseigné dans la michna : Le grain et les olives sont assujettis aux dîmes à partir du moment où ils ont atteint un tiers de leur croissance. La Guemara demande : D’où ces principes sont-ils dérivés, à savoir que les années de la production suivent le premier tiers de sa croissance ? Rav Asi a dit que Rabbi Yoḥanan a dit, et certains ont établi que cette déclaration a été dite au nom de Rabbi Yosei HaGelili : Comme le verset l’énonce : « À la fin de chaque sept années, au temps de l’année de relâche, à la fête de Soukkot » (Deutéronome 31:10). Quel est le but de la mention de l’année sabbatique avec la fête de Soukkot ? La fête de Soukkot est déjà la huitième année.
אֶלָּא, לוֹמַר לָךְ: כׇּל תְּבוּאָה שֶׁהֵבִיאָה שְׁלִישׁ בַּשְּׁבִיעִית לִפְנֵי רֹאשׁ הַשָּׁנָה — אַתָּה נוֹהֵג בּוֹ מִנְהַג שְׁבִיעִית בַּשְּׁמִינִית.
Au contraire, cela vient t’enseigner que les halakhot de l’Année sabbatique continuent de s’appliquer à Soukkot de l’année suivante, car tu dois traiter toute production qui a atteint un tiers de sa croissance pendant l’Année sabbatique avant Roch HaChana avec la sainteté de l’Année sabbatique, même si elle achève pleinement sa croissance et ne peut être utilisée que dans la huitième année.
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי זֵירָא לְרַב אַסִּי:
Rabbi Zeira dit à Rav Asi :