וּמִתּוֹךְ שֶׁשִּׁינּוּ מַעֲשֵׂיהֶם, שִׁינָּה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עֲלֵיהֶם מַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית, וְהֶעֱלָה מַזַּל כִּימָה בַּיּוֹם, וְנָטַל שְׁנֵי כּוֹכָבִים וְהֵבִיא מַבּוּל לָעוֹלָם.
Mais parce que le peuple a changé ses actions en mal, le Saint, béni soit-Il, a changé pour eux les actes de la Création, et Il a fait monter la constellation de Kima pendant le jour, et Il en a retiré deux étoiles et Il a amené un déluge sur le monde.
בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״שֵׁנִי״. אֶלָּא לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, מַאי ״שֵׁנִי״? שֵׁנִי לְדִין.
La Guemara demande : Certes, selon Rabbi Yehoshua, qui soutient que le déluge a commencé au mois de Iyar, cela correspond à ce qui est écrit : « Au deuxième mois », en référence au mois de Iyar, le deuxième mois à partir de Nisan. Mais selon Rabbi Eliezer, qui soutient que le déluge a commencé au mois de Marḥeshvan, quelle est la signification de « le deuxième mois » ? La Guemara répond : Cela signifie deuxième par rapport au mois qui comprend le jour du jugement, qui est le mois de Tishrei.
בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, הַיְינוּ דְּשִׁינָּה. אֶלָּא לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, מַאי שִׁינָּה?
La Guemara demande en outre : Soit, selon Rabbi Yehoshua, qui soutient que le déluge a commencé au mois de Iyar, c’est bien cela que signifie le fait qu’Il a changé les actes de la Création par un déluge, car la pluie ne tombe généralement pas en Iyar. Mais selon Rabbi Eliezer, qui soutient que le déluge a commencé en Marḥeshvan, qu’a-t-Il changé ?
כִּדְרַב חִסְדָּא. דְּאָמַר רַב חִסְדָּא: בְּרוֹתְחִין קִלְקְלוּ וּבְרוֹתְחִין נִידּוֹנוּ. בְּרוֹתְחִין קִלְקְלוּ — בַּעֲבֵירָה, וּבְרוֹתְחִין נִידּוֹנוּ — כְּתִיב הָכָא: ״וַיָּשֹׁכּוּ הַמָּיִם״, וּכְתִיב הָתָם: ״וַחֲמַת הַמֶּלֶךְ שָׁכָכָה״.
La Guemara répond : Même selon Rabbi Eliezer, un changement a été fait, conformément à la déclaration de Rav Ḥisda, car Rav Ḥisda a dit : Ils ont péché avec une chaleur bouillante, et ils ont été punis avec une chaleur bouillante ; ils ont péché avec l’ardeur du péché des relations sexuelles interdites, et ils ont été punis avec l’ardeur d’eaux brûlantes. Cela est dérivé d’une analogie verbale. Il est écrit ici, au sujet du déluge : « Et les eaux s’apaisèrent » (Genèse 8:1), et il est écrit ailleurs, au sujet du roi Assuérus : « Et la brûlante colère du roi s’apaisa » (Esther 7:10), ce qui implique que le mot « s’apaisa » signifie « se refroidit ». Cela indique qu’au début les eaux du déluge avaient été brûlantes.
תָּנוּ רַבָּנַן: חַכְמֵי יִשְׂרָאֵל מוֹנִין לַמַּבּוּל כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, וְלַתְּקוּפָה כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ. חַכְמֵי אוּמּוֹת הָעוֹלָם מוֹנִין אַף לַמַּבּוּל כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Les Sages juifs comptent les années depuis la Création et le déluge conformément à l’opinion de Rabbi Eliezer, à partir de Tishri, et ils calculent les cycles du soleil et de la lune conformément à l’opinion de Rabbi Yehoshua, à partir de Nissan. Les sages des nations païennes du monde, en revanche, comptent les deux — les années depuis la Création et le déluge conformément à l’opinion de Rabbi Yehoshua, à partir de Nissan.
וְלַיְּרָקוֹת. תָּנָא: לַיְּרָקוֹת וְלַמַּעַשְׂרוֹת וְלַנְּדָרִים. לַיְּרָקוֹת מַאי נִינְהוּ? מַעֲשֵׂר יָרָק.
§ La michna a enseigné : Et le premier de Tishri est le nouvel an pour les légumes. Il est enseigné dans une baraita : Le premier de Tishri est le nouvel an pour les légumes, pour les dîmes et pour les vœux. La Guemara demande : Que signifie le terme : Pour les légumes ? Cela signifie pour la dîme des légumes, c’est-à-dire qu’on ne peut pas prélever la teruma ou les dîmes sur des légumes cueillis avant Roch Hachana afin de s’acquitter de l’obligation pour des légumes cueillis après Roch Hachana.
הַיְינוּ מַעַשְׂרוֹת? תְּנָא דְּרַבָּנַן וְקָתָנֵי דְּאוֹרָיְיתָא.
La Guemara demande : Si tel est le cas, c’est la même chose que le sens du terme pour les dîmes, et pourtant la baraita fait une distinction entre eux. La Guemara répond : La baraitaa enseigné d’abord au sujet d’une dîme qui relève de la loi rabbinique, c’est-à-dire la dîme des légumes, dont le nouvel an est le premier de Tishrei, puis elle enseigne au sujet d’une dîme qui relève de la loi de la Torah, c’est-à-dire la dîme du grain, du vin et de l’huile, dont le nouvel an est également le premier de Tishrei.
וְלִיתְנֵי דְּאוֹרָיְיתָא בְּרֵישָׁא! אַיְּידֵי דַּחֲבִיבָא לֵיהּ — אַקְדְּמַהּ. וְתַנָּא דִּידַן? תְּנָא דְּרַבָּנַן, וְכׇל שֶׁכֵּן דְּאוֹרָיְיתָא.
La Guemara demande : Si tel est le cas, que le tanna de la baraitaenseigne d’abord ce qui relève de la loi de la Torah dans la première clause. La Guemara explique : Puisque la halakha concernant les dîmes des légumes lui était chère, il l’a mentionnée en premier. Il a d’abord enseigné la dîme qui relève d’un décret rabbinique, car elle comporte une plus grande nouveauté, puis il a enseigné la dîme qui relève de la loi de la Torah. La Guemara demande encore : Et en ce qui concerne le tanna de notre michna, qui n’a mentionné que les légumes mais non les dîmes, quel est son raisonnement ? La Guemara explique : Il a enseigné les dîmes des légumes, qui relèvent d’un décret rabbinique, et de là on peut déduire à plus forte raison que le premier de Tichri est le nouvel an pour la dîme du grain, du vin et de l’huile, qui relève de la loi de la Torah.
וְלִיתְנֵי ״מַעֲשֵׂר״! אֶחָד מַעְשַׂר בְּהֵמָה וְאֶחָד מַעְשַׂר דָּגָן. וְלִיתְנֵי ״יָרָק״! תְּרֵי גַּוְונֵי יָרָק, דִּתְנַן: יָרָק הַנֶּאֱגָד — מִשֶּׁיֵּאָגֵד, וְשֶׁאֵינוֹ נֶאֱגָד — מִשֶּׁיְּמַלֵּא אֶת הַכְּלִי.
La Guemara soulève une question au sujet de la baraita : Mais que le tanna de la baraitaenseigne : dîme, au singulier. Pourquoi enseigner les dîmes au pluriel ? La Guemara répond : Il emploie cette formulation pour inclure à la fois la dîme du bétail et la dîme du grain. La Guemara demande encore : Mais qu’il enseigne : légume, au singulier. Pourquoi enseigner : légumes, au pluriel ? La Guemara répond : Il entend inclure deux catégories de légumes, comme nous l’avons appris dans une michna : En ce qui concerne un type de légume qui est habituellement mis en bottes avant d’être vendu, le moment de la dîme est à partir du moment où il est mis en botte ; et en ce qui concerne un type de légume qui n’est pas habituellement mis en telles bottes, le moment de la dîme est à partir du moment où l’on remplit un récipient avec lui.
תָּנוּ רַבָּנַן: לִיקֵּט יָרָק עֶרֶב רֹאשׁ הַשָּׁנָה עַד שֶׁלֹּא תָּבֹא הַשֶּׁמֶשׁ, וְחָזַר וְלִיקֵּט
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita : Si quelqu’un a cueilli des légumes la veille de Roch Hachana avant le coucher du soleil, de sorte qu’ils appartiennent à l’année précédente, puis il est revenu et a cueilli d’autres légumes