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וְדִלְמָא לָא עָיֵיל כְּלָל, וְקָאָמַר רַחֲמָנָא תְּשַׁמֵּט וְתֵיזִיל עַד חַג הַסּוּכּוֹת!
Mais peut-être le verset fait-il référence à des produits qui n’ont pas du tout poussé pendant la septième année, et, néanmoins, le Miséricordieux déclare dans la Torah que toutes les halakhot de l’Année sabbatique continuent de s’appliquer jusqu’à la fête de Soukkot de la huitième année.
לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דִּכְתִיב: ״וְחַג הָאָסִיף בְּצֵאת הַשָּׁנָה״, מַאי ״אָסִיף״? אִילֵּימָא: חַג הַבָּא בִּזְמַן אֲסִיפָה — הָכְתִיב: ״בְּאׇסְפְּךָ״.
La Guemara répond : Qu’il ne te vienne pas à l’esprit de dire cela, car il est écrit : « Et la fête de la récolte, à la fin de l’année, quand tu auras recueilli du champ le fruit de tes travaux » (Exode 23:16). Quel est le sens de « récolte » ? Si nous disons que cela signifie : une fête qui arrive au temps de la récolte des cultures, n’est-il pas déjà écrit : « quand tu auras recueilli le fruit de tes travaux » ? Il n’est pas nécessaire de le répéter une seconde fois.
אֶלָּא מַאי ״אָסִיף״ — קָצִיר. וְקִים לְהוּ לְרַבָּנַן דְּכׇל תְּבוּאָה שֶׁנִּקְצְרָה בֶּחָג, בְּיָדוּעַ שֶׁהֵבִיאָה שְׁלִישׁ לִפְנֵי רֹאשׁ הַשָּׁנָה, וְקָא קָרֵי לַהּ ״בְּצֵאת הַשָּׁנָה״.
Plutôt, qu’entend-on ici par « rassemblement » ? Cela signifie la moisson. Et les Sages ont une tradition reçue selon laquelle tout grain qui parvient à pleine maturité de sorte qu’il est récolté pendant la fête de Soukkotest connu pour avoir atteint un tiers de sa croissance avant Roch Hachana, et la Torah appelle cette période de l’année jusqu’à Soukkot « à la fin de l’année », indiquant ainsi qu’elle reste soumise aux halakhot régissant l’année précédente.
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יִרְמְיָה לְרַבִּי זֵירָא: וְקִים לְהוּ לְרַבָּנַן בֵּין שְׁלִישׁ לְפָחוֹת מִשְּׁלִישׁ? אֲמַר לֵיהּ: לָאו אָמֵינָא לָךְ לָא תַּפֵּיק נַפְשָׁךְ לְבַר מֵהִלְכְתָא? כׇּל מִדּוֹת חֲכָמִים — כֵּן הוּא.
§ Rabbi Yirmeya dit à Rabbi Zeira : Et les Sages sont-ils capables de distinguer avec précision entre un produit qui a atteint un tiers de sa croissance et un produit qui a atteint moins d’un tiers de sa croissance ? Rabbi Zeira lui dit : Ne te dis-je pas toujours de ne pas sortir des limites de la halakha ? Toutes les mesures des Sages sont ainsi ; elles sont précises et exactes.
אַרְבָּעִים סְאָה הוּא טוֹבֵל, בְּאַרְבָּעִים סְאָה חָסֵר קוּרְטוֹב — אֵינוֹ יָכוֹל לִטְבּוֹל בָּהֶן. כְּבֵיצָה מְטַמֵּא טוּמְאַת אוֹכָלִין, כְּבֵיצָה חָסֵר שׁוּמְשׁוּם — אֵינוֹ מְטַמֵּא טוּמְאַת אוֹכָלִין.
Par exemple, celui qui s’immerge dans un bain rituel contenant quarante se’a d’eau devient pur, mais dans quarante se’a moins la petite quantité d’un kortov, il ne peut pas s’immerger et devenir pur en eux. De même, un volume équivalant à un œuf d’aliment impur peut rendre un autre aliment rituellement impur, mais un volume inférieur à un œuf même de la petite quantité d’une graine de sésame ne rend pas un aliment rituellement impur.
שְׁלֹשָׁה עַל שְׁלֹשָׁה — מִטַּמֵּא מִדְרָס, שְׁלֹשָׁה עַל שְׁלֹשָׁה חָסֵר נִימָא אַחַת — אֵינוֹ מִטַּמֵּא מִדְרָס.
De même, un morceau de tissu de trois sur trois palmes de dimension est susceptible d’impureté rituelle transmise par le piétinement, mais un morceau de tissu de trois sur trois palmes moins un cheveu [nima] n’est pas susceptible d’impureté rituelle transmise par le piétinement.
הֲדַר אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: לָאו מִילְּתָא הִיא דַּאֲמַרִי. דִּבְעוֹ מִינֵּיהּ חַבְרַיָּיא מֵרַב כָּהֲנָא: עוֹמֶר שֶׁהִקְרִיבוּ יִשְׂרָאֵל בִּכְנִיסָתָן לָאָרֶץ, מֵהֵיכָן הִקְרִיבוּהוּ? אִם תֹּאמַר דְּעָיֵיל בְּיַד גּוֹי, ״קְצִירְכֶם״ אָמַר רַחֲמָנָא — וְלֹא קְצִיר גּוֹי.
Rabbi Yirmeya dit alors : Ce que j’ai dit n’est rien, et ma question n’avait aucun fondement, car on peut démontrer que les Sages savent déterminer qu’une récolte a atteint un tiers de sa croissance. Comme Rav Kahana fut un jour interrogé par les autres collègues de l’académie comme suit : En ce qui concerne l’omer que le peuple juif apporta lorsqu’il entra pour la première fois en Terre d’Israël aux jours de Josué, d’où l’ont-ils apporté ? Si tu dis que cet omer a été apporté à partir de grain qui a poussé dans la possession d’un gentil, il y a une difficulté, car le Miséricordieux déclare dans la Torah : « Vous apporterez un omer des prémices de votre moisson au prêtre » (Lévitique 23:10), d’où l’on peut déduire qu’il doit s’agir de votre moisson, cultivée dans la possession d’un Juif, et non de la moisson d’un gentil.
מִמַּאי דְּאַקְרִיבוּ, דִּלְמָא לָא אַקְרִיבוּ! לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דִּכְתִיב: ״וַיֹּאכְלוּ מֵעֲבוּר הָאָרֶץ מִמׇּחֳרַת הַפֶּסַח״. מִמָּחֳרַת הַפֶּסַח — אֲכוּל, מֵעִיקָּרָא — לָא אֲכוּל. דְּאַקְרִיבוּ עוֹמֶר וַהֲדַר אָכְלִי. מֵהֵיכָן הִקְרִיבוּ?
La Guemara remet d’abord en question l’hypothèse des collègues de Rav Kahana : D’où sait-on que le peuple juif a réellement apporté une offrande de omer cette année-là ? Peut-être ne l’ont-ils pas offerte du tout. La Guemara rejette cet argument : Qu’il ne te vienne pas à l’esprit de dire cela, car il est écrit : « Et ils mangèrent du produit du pays le lendemain de Pessa'h » (Josué 5:11), ce qui enseigne : Ce n’est que le lendemain de Pessa'h qu’ils mangèrent du nouveau grain, mais auparavant ils n’en mangèrent pas. Pourquoi ? Parce qu’ils ont d’abord apporté l’offrande du omer le seize nissan, comme requis, et ce n’est qu’ensuite qu’ils mangèrent du nouveau grain. La question demeure donc : D’où ont-ils apporté l’offrande du omer ?
אָמַר לָהֶן: כׇּל שֶׁלֹּא הֵבִיא שְׁלִישׁ בְּיַד גּוֹי.
Rav Kahana leur dit : Tout ce qui est entré en la possession d’un Juif et n’a pas atteint un tiers de sa croissance en la possession d’un gentil est apte à être récolté pour l’offrande du omer.
וְדִלְמָא עָיֵיל וְלָא קִים לְהוּ? אֶלָּא קִים לְהוּ — הָכָא נָמֵי קִים לְהוּ.
Rabbi Yirmeya conclut sa preuve : Mais là aussi, on pourrait demander : Peut-être que le grain avait en fait déjà atteint un tiers de sa croissance, mais ils ne pouvaient pas discerner avec certitude entre un grain qui avait atteint un tiers de sa croissance et un grain qui ne l’avait pas atteint. Au contraire, il faut dire qu’ils étaient capables de discerner avec certitude. Ici aussi, on peut dire que les Sages peuvent discerner avec certitude entre un produit qui a atteint un tiers de sa croissance avant Roch Hachana et un produit qui ne l’a pas atteint.
וְדִלְמָא לָא עָיֵיל כְּלָל, אֲבָל הֵיכָא דְּעָיֵיל רִיבְעָא — בֵּין שְׁלִישׁ לְפָחוֹת מִשְּׁלִישׁ לָא קִים לְהוּ!
La Guemara demande : Ce n’est pas une preuve absolue, car peut-être le peuple juif a apporté l’offrande du omer à partir d’un grain qui n’avait pas du tout poussé avant qu’ils ne conquièrent la terre, et la distinction était évidente pour tous. Mais là où la récolte a atteint un quart de sa croissance, les Sages ne peuvent pas discerner avec certitude la différence entre un tiers et moins d’un tiers.
לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דִּכְתִיב: ״וְהָעָם עָלוּ מִן הַיַּרְדֵּן בֶּעָשׂוֹר לַחֹדֶשׁ״, וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ דְּלָא עָיֵיל כְּלָל — בְּחַמְשָׁה יוֹמֵי מִי קָא מָלְיָא?
La Guemara répond : Qu’il ne te vienne pas à l’esprit de dire cela, car il est écrit : « Et le peuple monta du Jourdain le dixième jour du premier mois » (Josué 4:19). Et si il te vient à l’esprit de dire que le grain n’avait pas du tout poussé avant que le peuple juif n’entre dans le pays, aurait-il pu parvenir à pleine maturité en seulement cinq jours ?
אֶלָּא מַאי, דְּעָיֵיל רִבְעָא אוֹ דַנְקָא? אַכַּתִּי בְּחַמְשָׁה יוֹמֵי מִי קָא מָלְיָא! אֶלָּא מַאי אִית לָךְ לְמֵימַר: ״אֶרֶץ צְבִי״ כְּתִיב בַּהּ — הָכָא נָמֵי: ״אֶרֶץ צְבִי״ כְּתִיב בַּהּ.
La Guemara rejette cet argument : Mais plutôt, que peut-on dire ? Que le grain avait atteint un quart ou un sixième [danka] de sa croissance avant que le peuple juif ne conquière le pays ? Cela aussi est difficile, car on peut encore demander : Le grain aurait-il pu atteindre sa pleine croissance en seulement cinq jours ? Mais plutôt, qu’as-tu à dire ? On peut dire qu’au sujet d’Eretz Yisrael il est écrit : « la terre du cerf » (Daniel 11:41), ce qui implique que le grain d’Eretz Yisrael mûrit avec la rapidité d’un cerf. Ici aussi, on peut dire que « la terre du cerf » est écrit au sujet d’Eretz Yisrael et s’applique à la maturation du grain, de sorte qu’il peut mûrir en seulement quelques jours.
מַתְקֵיף לַהּ רַבִּי חֲנִינָא: וּמִי מָצֵית אָמְרַתְּ דְּהַאי ״אָסִיף״ קָצִיר הוּא? וְהָכְתִיב: ״בְּאׇסְפְּךָ מִגׇּרְנְךָ וּמִיִּקְבֶךָ״, וְאָמַר מָר: בִּפְסוֹלֶת גּוֹרֶן וְיֶקֶב הַכָּתוּב מְדַבֵּר!
§ Rabbi Ḥanina s’oppose vivement à la preuve tirée du verset de l’Exode cité plus haut, qui désigne Soukkot comme la fête de la récolte : Comment peux-tu dire que cette « récolte » signifie la moisson ? Mais n’est-il pas écrit : « Tu célébreras la fête de Soukkot pendant sept jours, après avoir recueilli le produit de ton aire et de ton pressoir” (Deutéronome 16:13), et le Maître a dit à ce sujet : Le verset parle ici des déchets de l’aire et du pressoir, qui servent à faire le toit de la soukka. Si tel est le cas, la récolte mentionnée au sujet de la fête de Soukkot ne renvoie pas à la moisson, mais au ramassage de la paille de l’aire.
אָמַר רַבִּי זֵירָא: הָא מִילְּתָא הֲוַאי בִּידַן, וַאֲתָא רַבִּי חֲנִינָא שְׁדָא בַּיהּ נַרְגָּא.
Rabbi Zeira a dit à ce sujet : Cette affaire était entre nos mains, c’est-à-dire que je pensais que nous avions une preuve solide que les années concernant la production suivent le premier tiers de sa croissance, mais Rabbi Ḥanina est venu et y a porté une hache, l’abattant, car l’objection de Rabbi Ḥanina a totalement annulé la preuve.
אֶלָּא מְנָלַן? כִּדְתַנְיָא, רַבִּי יוֹנָתָן בֶּן יוֹסֵף אוֹמֵר: ״וְעָשָׂת אֶת הַתְּבוּאָה לִשְׁלֹשׁ הַשָּׁנִים״,
La Guemara demande : Mais plutôt, d’où dérivons-nous que les années pour la production suivent le premier tiers de sa croissance ? La Guemara répond : Comme il est enseigné dans une baraitaRabbi Yonatan ben Yosef dit : Le verset déclare : « Et elle produira des fruits pour trois années » (Lévitique 25:21);

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