יָכוֹל אַף לִפְנֵי הַפֶּסַח כֵּן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״הוּא״ — הוּא קָרֵב, וְאֵין תְּמוּרַת הַפֶּסַח קְרֵיבָה.
On aurait pu penser que même un agneau pascal de substitution qui a été trouvé avant l’abattage de l’agneau pascal de remplacement devrait avoir le même statut, et qu’il devrait être permis de sacrifier un tel agneau comme offrande de paix. C’est pourquoi le verset déclare : « Lui », afin de souligner que lui, un agneau pascal valide, est sacrifié, et que le substitut d’un agneau pascal n’est pas sacrifié.
הֵיכִי דָמֵי? אִילֵּימָא שֶׁנִּמְצָא קוֹדֶם שְׁחִיטָה וְהֵמִיר בּוֹ קוֹדֶם שְׁחִיטָה — פְּשִׁיטָא! לְמָה לִי קְרָא? אֶלָּא לָאו, שֶׁנִּמְצָא קוֹדֶם שְׁחִיטָה וְהֵמִיר בּוֹ אַחַר שְׁחִיטָה! תְּיוּבְתָּא דְרָבָא, תְּיוּבְתָּא.
Quelles sont les circonstances de l’affaire en discussion ? Si nous disons qu’il s’agit d’un cas où l’agneau est retrouvé avant l’abattage et où l’on a effectué la substitution avant l’abattage du remplaçant, cela est évident ; pourquoi ai-je besoin d’un verset spécifique pour enseigner cette halakha ? Au contraire, ne s’agit-il pas d’un cas où l’agneau initial a été retrouvé avant l’abattage et où l’on a effectué la substitution après l’abattage du remplaçant, et la baraita a statué que l’agneau substitué ne peut pas être offert en sacrifice de paix, à l’encontre de la décision de Rava ? La Guemara conclut que la réfutation de l’opinion de Rava est bien une réfutation concluante, et son opinion est rejetée selon cette version.
אָמַר שְׁמוּאֵל: כֹּל שֶׁבַּחַטָּאת מֵתָה — בַּפֶּסַח קָרֵב שְׁלָמִים, וְכֹל שֶׁבַּחַטָּאת רוֹעֶה — בַּפֶּסַח נָמֵי רוֹעֶה. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֵין הַפֶּסַח קָרֵב שְׁלָמִים אֶלָּא שֶׁנִּמְצָא אַחַר שְׁחִיטָה, אֲבָל קוֹדֶם שְׁחִיטָה — לֹא.
Shmuel a énoncé un principe relatif aux halakhot des offrandes : En ce qui concerne tout animal qui a été consacré comme offrande et devient impropre de telle sorte qu’une offrande expiatoire dans sa condition serait mise à l’isolement pour mourir, c’est-à-dire qu’on la ferait mourir, s’il s’agit d’un agneau pascal dans cette condition, il est sacrifié comme offrande de paix. Et en ce qui concerne tout animal qui devient impropre de telle sorte qu’une offrande expiatoire dans sa condition est laissée paître jusqu’à ce qu’elle développe un défaut, s’il s’agit d’un agneau pascal, lui aussi est laissé paître. Et Rabbi Yoḥanan a dit : Un agneau pascal n’est sacrifié comme offrande de paix que lorsque l’agneau perdu a été retrouvé après l’abattage de l’agneau pascal de remplacement, mais s’il a été retrouvé avant l’abattage, il n’existe aucun cas où il est apporté comme offrande de paix.
מַתְקֵיף לַהּ רַב יוֹסֵף: וּכְלָלָא הוּא? וַהֲרֵי חַטָּאת שֶׁעָבְרָה שְׁנָתָהּ, דְּלִרְעִיָּה אָזְלָא, דְּאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: חַטָּאת שֶׁעָבְרָה שְׁנָתָהּ — רוֹאִין אוֹתָהּ כְּאִילּוּ הִיא עוֹמֶדֶת בְּבֵית הַקְּבָרוֹת, וְרוֹעֶה.
Rav Yosef s’oppose vivement à la déclaration de Shmuel : Est-ce là un principe établi en toute circonstance possible ? N’y a-t-il pas le cas d’une offrande expiatoire dont la première année est passée et qui, par conséquent, n’est plus apte à être offerte comme offrande expiatoire, et qui va paître jusqu’à ce qu’elle développe un défaut ? Comme l’a dit Rabbi Shimon ben Lakish : Une offrande expiatoire dont la première année est passée est considérée comme si elle se tenait dans un cimetière où un prêtre ne peut pas entrer pour aller la chercher ; par conséquent, elle paît jusqu’à ce qu’elle développe un défaut. L’animal est ensuite vendu et sa sainteté est transférée au produit de la vente, qui sert à acheter un animal pour une offrande de paix.
וְאִילּוּ בְּפֶסַח כִּי הַאי גַוְונָא קָרֵב שְׁלָמִים, דְּתַנְיָא: ״כֶּשֶׂב״, לְרַבּוֹת אֶת הַפֶּסַח לְאַלְיָה, כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר: ״אִם כֶּשֶׂב״, לְרַבּוֹת אֶת הַפֶּסַח שֶׁעָבְרָה שְׁנָתוֹ וּשְׁלָמִים הַבָּאִין מֵחֲמַת פֶּסַח לְכׇל מִצְוַת שְׁלָמִים, שֶׁטְּעוּנִים סְמִיכָה וּנְסָכִים וּתְנוּפַת חָזֶה וָשׁוֹק. כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר: ״אִם עֵז״ — הִפְסִיק הָעִנְיָן, לִימֵּד עַל הָעֵז שֶׁאֵין טָעוּן אַלְיָה.
Cependant, un agneau pascal dans un cas comme celui-ci est sacrifié comme offrande de paix, comme cela a été enseigné dans une baraita : Le mot « agneau » vient inclure l’agneau pascal dans l’exigence selon laquelle la queue grasse doit être sacrifiée sur l’autel. Lorsqu’il est dit : « Si l’on apporte un agneau, » cela vient inclure un agneau consacré comme agneau pascal dont la première année est passée, ainsi que les offrandes de paix qui viennent en raison d’un agneau pascal. Ceux-ci sont considérés comme des offrandes de paix plutôt que comme des agneaux pascaux, et ils sont inclus dans toutes les lois des offrandes de paix en ce qu’ils requièrent l’imposition des mains, les libations et le balancement rituel de la poitrine et de la cuisse. Lorsqu’il est dit plus loin : « Et si son offrande est une chèvre » (Lévitique 3:12), cela a interrompu la question précédente des halakhot des brebis apportées comme offrandes de paix et a commencé une nouvelle discussion afin d’enseigner que l’offrande d’une chèvre ne requiert pas que la queue grasse soit offerte sur l’autel. Cette baraita enseigne qu’un animal consacré comme agneau pascal dont la première année est passée est offert comme offrande de paix et n’est pas laissé paître jusqu’à ce qu’il développe un défaut.
אֲמַר לֵיהּ: כִּי קָאָמַר שְׁמוּאֵל, בַּאֲבוּדִין. בִּדְחוּיִין לָא אָמַר.
Il lui dit : Lorsque Shmuel a énoncé son principe, c’était spécifiquement au sujet de moutons pascals qui avaient été perdus ; il n’a pas énoncé son principe au sujet de moutons pascals qui avaient été différés parce qu’ils étaient devenus impropres à l’usage.
וְאָבוּד מִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ? וַהֲרֵי אֲבוּדָה בִּשְׁעַת הַפְרָשָׁה, לְרַבָּנַן, דְּלִרְעִיָּה אָזְלָא. דִּתְנַן: הִפְרִישׁ חַטָּאתוֹ וְאָבְדָה, וְהִפְרִישׁ אַחֶרֶת תַּחְתֶּיהָ וְנִמְצֵאת הָרִאשׁוֹנָה, וַהֲרֵי שְׁתֵּיהֶן עוֹמְדוֹת — אַחַת מֵהֶן תִּקְרַב וּשְׁנִיָּה תָּמוּת, דִּבְרֵי רַבִּי. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵין חַטָּאת מֵתָה אֶלָּא שֶׁנִּמְצֵאת לְאַחַר שֶׁנִּתְכַּפְּרוּ בְּעָלִים. הָא קוֹדֶם שֶׁנִּתְכַּפְּרוּ בְּעָלִים — רוֹעָה.
La Guemara poursuit sa ligne de questionnement : En ce qui concerne les sacrifices perdus, trouves-tu que le principe de Shmuel soit correct ? Mais qu’en est-il du cas d’un sacrifice expiatoire qui était déjà perdu au moment de la séparation d’un remplaçant pour prendre sa place, et que l’animal d’origine a été retrouvé avant que le second ne soit sacrifié ? Selon les Sages, cet animal va paître, comme nous l’avons appris dans une michna : Si quelqu’un a séparé son sacrifice expiatoire et qu’il a été perdu, puis en a séparé un autre à sa place et que le premier a été retrouvé, et que par conséquent les deux sont disponibles, alors l’un d’eux, celui qu’il choisit, est sacrifié, puisqu’il ne peut apporter qu’une seule offrande, et le second devra être mis à mort ; telle est la déclaration de Rabbi Yehuda HaNasi. Et les Sages disent : Un sacrifice expiatoire n’est mis à mort que lorsqu’il est retrouvé après que les propriétaires ont obtenu l’expiation au moyen d’une autre offrande. Par conséquent, selon les Sages, si l’animal a été retrouvé avant que les propriétaires n’obtiennent l’expiation, il paît.
וְאִילּוּ בְּפֶסַח, הֵיכָא דְּאָבַד וְנִמְצָא אַחַר חֲצוֹת קוֹדֶם שְׁחִיטָה — קָרֵב שְׁלָמִים. שְׁמוּאֵל כְּרַבִּי סְבִירָא לֵיהּ, דְּאָמַר אֲבוּדָה לְמִיתָה אָזְלָא.
Et pourtant, en ce qui concerne l’agneau pascal, dans une situation où il est retrouvé après midi avant l’abattage, il est sacrifié comme offrande de paix. Par conséquent, le principe de Shmuel n’est pas correct même en ce qui concerne les offrandes perdues. La Guemara répond : Shmuel soutient conformément à l’opinion de Rabbi Yehouda HaNassi, qui a dit qu’une offrande expiatoire perdue est mise à l’isolement et va à lamort.
וְהָא כֹּל אֲבוּדָה לְרַבִּי מֵתָה, וְאִילּוּ בְּפֶסַח הֵיכָא דְּאָבַד קוֹדֶם חֲצוֹת וְנִמְצָא קוֹדֶם חֲצוֹת — רוֹעֶה! קוֹדֶם חֲצוֹת לָאו אָבוּד הוּא, כִּדְרָבָא, דְּאָמַר רָבָא: אֲבֵידַת לַיְלָה לָאו שְׁמָהּ אֲבֵידָה.
La Guemara demande : Mais toute offrande expiatoire perdue est placée à l’isolement et laissée mourir selon Rabbi Yehouda HaNassi, tandis qu’en ce qui concerne l’agneau pascal, lorsqu’il a été perdu avant midi et ensuite retrouvé avant midi mais après qu’un animal de remplacement a été désigné, il paît. La Guemara répond : Un agneau pascal perdu avant midi n’est pas considéré comme perdu, conformément à l’opinion de Rava, comme Rava l’a dit : une offrande expiatoire perdue la nuit et retrouvée le matin n’est pas appelée perdue, et les halakhot des offrandes expiatoires perdues ne s’appliquent pas, car une offrande expiatoire ne peut de toute façon pas être sacrifiée la nuit. De même, si un agneau pascal est perdu avant midi la veille de Pessa'h, puisqu’il ne pouvait pas être sacrifié à ce moment-là, il n’acquiert pas le statut de sacrifice perdu même si l’on désigne un remplacement. Dans un tel cas, même Rabbi Yehouda HaNassi concéderait que l’animal d’origine serait laissé paître plutôt que d’être laissé mourir.
אֶלָּא, רוֹעָה לְרַבִּי הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ?
La Guemara demande : Mais si tel est le cas, selon l’opinion de Rabbi Yehouda HaNassi, dans quelles circonstances peut-on trouver le cas d’un sacrifice expiatoire qu’on laisse paître ? Rabbi Yehouda HaNassi soutient que tout sacrifice expiatoire perdu est laissé à mourir et qu’aucun n’est laissé à paître ; par conséquent, la décision de Chmouel n’a aucune portée en ce qui concerne un quelconque sacrifice expiatoire qu’on laisse paître.