יָכוֹל יְהֵא נֶאֱכָל בִּשְׁתֵּי חֲבוּרוֹת, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בְּבַיִת אֶחָד יֵאָכֵל״.
J’aurais pu penser qu’un seul agneau pascal peut être mangé en deux groupes distincts ; c’est pourquoi le verset déclare : « Il sera mangé dans une seule maison. »
בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? רַבִּי יְהוּדָה סָבַר: יֵשׁ אֵם לַמָּסוֹרֶת. וְרַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר: יֵשׁ אֵם לַמִּקְרָא.
La Guemara demande : À propos de quel principe sont-ils en désaccord ? La Guemara répond : Rabbi Yehouda soutient que le texte consonantique de la Torah fait autorité ; c’est-à-dire que la compréhension principale du verset suit la manière dont il est écrit. Si tel est le cas, le verset peut être compris ainsi : Dans une seule maison il le mangera [yokhal], en référence à la personne qui mange l’agneau pascal. Cela indiquerait que celui qui mange de l’agneau pascal doit manger en un seul endroit, mais le verset n’interdit pas de partager l’offrande entre plusieurs groupes. Et Rabbi Shimon soutient que le texte vocalisé de la Torah fait autorité. Puisque le mot se prononce ye’akhel, il est clair qu’il se réfère à l’agneau pascal lui-même, et le verset exige que l’offrande soit consommée par un seul groupe de personnes (Rabbeinu Ḥananel).
הָיוּ יוֹשְׁבִין וְנִפְרְסָה מְחִיצָה בֵּינֵיהֶם, לְדִבְרֵי הָאוֹמֵר פֶּסַח נֶאֱכָל בִּשְׁתֵּי חֲבוּרוֹת — אוֹכְלִין, לְדִבְרֵי הָאוֹמֵר אֵין הַפֶּסַח נֶאֱכָל בִּשְׁתֵּי חֲבוּרוֹת — אֵין אוֹכְלִין.
La Guemara tente de clarifier cette halakha : si les membres d’un groupe étaient assis et mangeaient l’agneau pascal, et qu’une séparation fut étendue entre eux de sorte qu’ils constituent désormais deux groupes distincts, selon Rabbi Yehouda, qui dit qu’un agneau pascal peut être mangé en deux groupes, ils peuvent continuer à manger ; selon Rabbi Shimon, qui dit qu’un agneau pascal ne peut pas être mangé en deux groupes, ils ne peuvent pas continuer à manger parce qu’ils constituent désormais deux groupes.
הָיוּ יוֹשְׁבִין וְנִסְתַּלְּקָה מְחִיצָה בֵּינֵיהֶן, לְדִבְרֵי הָאוֹמֵר הָאוֹכֵל אוֹכֵל בִּשְׁנֵי מְקוֹמוֹת — אוֹכְלִין, לְדִבְרֵי הָאוֹמֵר אֵין הָאוֹכֵל אוֹכֵל בִּשְׁנֵי מְקוֹמוֹת — אֵין אוֹכְלִין.
D'autre part, si ils étaient assis en deux groupes distincts séparés par une cloison, et que la cloison entre eux a été retirée, selon Rabbi Shimon, qui dit que celui qui mange l'agneau pascal peut manger celui-ci dans deux endroits, ils peuvent manger ; selon Rabbi Yehouda, qui dit que celui qui mange l'agneau pascal ne peut pas manger celui-ci dans deux endroits, ils ne peuvent pas manger. Le retrait de la cloison définit un nouvel endroit, et c'est comme s'ils mangeaient dans un nouvel endroit.
יָתֵיב רַב כָּהֲנָא קָא פָּשֵׁיט לֵיהּ מִפְשָׁט. אֲמַר לֵיהּ רַב אָשֵׁי לְרַב כָּהֲנָא: וְתִיבְּעֵי לָךְ אִיבַּעְיָא: סִילּוּק מְחִיצָה וַעֲשִׂיַּית מְחִיצָה מִי הָוֵי כִּשְׁנֵי מְקוֹמוֹת, וְכִשְׁתֵּי חֲבוּרוֹת דָּמֵי, אוֹ לָא? תֵּיקוּ.
La Guemara rapporte que Rav Kahana s'assit et enseigna cette leçon simplement, comme s'il était absolument clair que l'érection d'une cloison divise un groupe en deux groupes distincts et que le retrait d'une cloison fait que l'endroit est considéré comme un nouvel emplacement. Rav Ashi dit à Rav Kahana : Tu devrais présenter ce dilemme sous forme de question : le retrait d'une cloison ou la construction d'une cloison en un endroit pendant la consommation de l'agneau pascal rend-il l'endroit comparable à deux endroits et fait-il que les personnes soient considérées comme deux groupes, ou non ? En fait, il n'y a pas de réponse claire à ce dilemme, et la Guemara conclut : Que la question demeure sans résolution.
הַכַּלָּה הוֹפֶכֶת אֶת פָּנֶיהָ וְכוּ׳. מַאי טַעְמָא? אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִפְּנֵי שֶׁהִיא בּוֹשָׁה.
Il a été enseigné dans la michna que une mariée détourne son visage. La Guémara demande : Quelle en est la raison pour laquelle elle détourne son visage ? Rabbi Ḥiyya bar Abba a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : C’est parce qu’elle est gênée par le regard des autres membres du groupe sur elle.
רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב נָתָן אִיקְּלַע לְבֵי רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק. אֲמַרוּ לֵיהּ: מָה שְׁמָךְ? אֲמַר לְהוּ: רַב הוּנָא. אֲמַרוּ: נִיתֵּיב מָר אַפּוּרְיָא! יְתֵיב, יְהַבוּ לֵיהּ כָּסָא, קַבְּלֵיהּ בְּחַד זִימְנָא וְשַׁתְיֵיהּ בִּתְרֵי זִימְנֵי, וְלָא אַהְדַּר אַפֵּיהּ.
À cet égard, la Guemara rapporte que Rav Houna, fils de Rav Natan, se trouva arriver à la maison de Rav Naḥman bar Yitzḥak. On lui dit : Quel est ton nom ? Il leur dit : Rav Houna, bien que l’usage de son titre semblât montrer de la prétention. Ils dirent : Notre maître peut s’asseoir sur le lit en raison de sa grande stature. Il s’assit immédiatement, bien que l’étiquette ordinaire voulût qu’il refuse d’abord. On lui donna une coupe de vin qu’il accepta du premier coup, sans la refuser d’abord. Et il la but en deux gorgées et ne détourna pas son visage des autres personnes présentes.
אֲמַרוּ לֵיהּ: מַאי טַעְמָא קָרֵית לְךָ רַב הוּנָא? אֲמַר לְהוּ בַּעַל הַשֵּׁם אֲנִי. מַאי טַעְמָא כִּי אֲמַרוּ לָךְ נִיתֵּיב אַפּוּרְיָא יְתֵבְתְּ? אֲמַר לְהוּ: כׇּל מַה שֶׁיֹּאמַר לְךָ בַּעַל הַבַּיִת עֲשֵׂה (חוּץ מִצֵּא).
Toutes ces actions semblaient être des écarts par rapport à l’étiquette habituelle et surprirent ses hôtes, qui lui dirent : Quelle est la raison pour laquelle tu t’appelles Rav Huna ? Il leur dit : Je suis connu sous ce nom depuis ma jeunesse, et par conséquent me désigner moi-même par ce titre n’indique pas de l’orgueil. Ils lui demandèrent : Quelle est la raison pour laquelle, lorsqu’on t’a dit de t’asseoir sur le lit, tu t’es assis immédiatement et n’as pas d’abord refusé ? Il leur dit : Nous avons appris que tout ce que le maître de maison te dit, tu dois le faire, sauf une demande inappropriée, par exemple s’il te dit de partir.
מַאי טַעְמָא כִּי יָהֲבִי לָךְ כָּסָא קַבֵּלְתְּ בְּחַד זִימְנָא? אֲמַר לְהוּ: מְסָרְבִין לַקָּטָן, וְאֵין מְסָרְבִין לַגָּדוֹל. מַאי טַעְמָא אִשְׁתֵּיתֵיהּ בִּתְרֵי זִימְנֵי? אָמַר לְהוּ: דְּתַנְיָא, הַשּׁוֹתֶה כּוֹסוֹ בְּבַת אַחַת הֲרֵי זֶה גַּרְגְּרָן, שְׁנַיִם — דֶּרֶךְ אֶרֶץ, שְׁלֹשָׁה — מִגַּסֵּי הָרוּחַ. מַאי טַעְמָא לָא אַהְדַּרְתְּ אַפָּךְ? אֲמַר לְהוּ: ״כַּלָּה הוֹפֶכֶת פָּנֶיהָ״ תְּנַן.
Ils continuèrent à s’interroger sur sa conduite : Quelle est la raison pour laquelle, lorsqu’on t’a donné la coupe, tu l’as acceptée la première fois et n’as pas refusé poliment ? Il leur dit : On peut refuser une personne de moindre importance, mais on ne peut pas refuser une grande personne ; lorsqu’une personne importante fait une demande, il est respectueux d’obtempérer immédiatement. Ils persistèrent dans leurs questions : Quelle est la raison pour laquelle tu l’as bue en deux gorgées ? Il leur dit : Comme cela a été enseigné dans une baraita : Celui qui boit sa coupe en une seule fois est un glouton ; la boire en deux gorgées est une bonne manière ; celui qui boit sa coupe en trois gorgées est hautain, car il montre ainsi qu’il est gâté et indulgent. Ils continuèrent à s’interroger sur sa conduite : Quelle est la raison pour laquelle tu n’as pas détourné ton visage conformément à l’étiquette commune ? Il leur dit : Nous avons appris dans la michna qu’une mariée détourne son visage ; cependant, il n’y a aucune raison pour que quiconque d’autre détourne son visage.
רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי אִיקְּלַע לְבֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן בְּרַבִּי יוֹסֵי בֶּן לָקוֹנְיָא. יְהַבוּ לֵיהּ כָּסָא, קַבְּלֵיהּ בְּחַד זִימְנָא וְשַׁתְיֵיהּ בְּחַד זִימְנָא. אָמְרִי לֵיהּ: לָא סָבַר לַהּ מָר הַשּׁוֹתֶה כּוֹסוֹ בְּבַת אַחַת הֲרֵי זֶה גַּרְגְּרָן? אֲמַר לְהוּ: לָא אָמְרִי בְּכוֹסְךָ קָטָן וְיֵינְךָ מָתוֹק וּכְרֵיסִי רְחָבָה.
La Guemara rapporte un autre incident quelque peu semblable à celui qui vient d’être cité : Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yosei, se trouva venir à la maison de Rabbi Shimon, fils de Rabbi Yosei ben Lakonya. On lui donna une coupe de vin à boire. Il l’accepta dès la première fois qu’on la lui offrit et la but d’un seul trait. Ils lui dirent : Notre maître ne soutient-il pas la halakha selon laquelle celui qui boit sa coupe d’un seul trait est un glouton ? Il leur dit : Ils n’ont pas dit cette règle au sujet de votre petite coupe, de votre vin doux et de mon large estomac.
אָמַר רַב הוּנָא: בְּנֵי חֲבוּרָה נִכְנָסִין בִּשְׁלֹשָׁה, וְיוֹצְאִין אֲפִילּוּ בְּאֶחָד. אָמַר רַבָּה: וְהוּא דְּעָיֵיל בְּעִידָּנָא דִּרְגִילִי לְמֵיעַל, וְהוּא דִּרְגַשׁ בְּהוּ דַּיָּילָא.
Rav Houna a dit : Les membres d’un groupe entrent par trois, c’est-à-dire que lorsque trois membres sont présents, le serveur doit commencer à les servir, et ils peuvent partir même avec un seul, c’est-à-dire qu’ils peuvent partir un par un, et le serveur doit continuer à servir ceux qui restent jusqu’à ce qu’ils aient terminé. Rabba a dit : Et cela n’est vrai que lorsque le dernier membre du groupe est entré à un moment où il est habituel d’entrer pour le repas, et non exceptionnellement tôt ou tard, et cela n’est vrai que lorsque le serveur [dayyala] était au courant à leur sujet, c’est-à-dire qu’il savait que les membres de ce groupe partent un par un lorsqu’ils terminent leurs repas et ne prennent pas tout le repas ensemble.
אָמַר רָבִינָא: וְנוֹתְנִין שְׂכַר דָּמִים, וְצָרִיךְ הָאַחֲרוֹן לְהוֹסִיף דָּמִים. וְלֵית הִלְכְתָא כְּווֹתֵיהּ.
Ravina a dit : Et les personnes qui sont restées tard et ont prolongé leur repas doivent donner au serveur de l'argent supplémentaire pour le salaire qu'il a gagné pendant le temps supplémentaire durant lequel il les a servis, et le dernier doit ajouter de l'argent pour le temps pendant lequel le serveur est resté pour le servir individuellement. La Guemara note : Et la halakha n'est pas conforme à l'opinion de Ravina. Au contraire, le serveur doit servir jusqu'à ce que le dernier membre du groupe ait terminé son repas, sans compensation supplémentaire.
הַדְרָן עֲלָךְ כֵּיצַד צוֹלִין