חוֹזֵר וְשׂוֹרְפוֹ לִפְנֵי הַבִּירָה מֵעֲצֵי הַמַּעֲרָכָה!
il doit revenir et le brûler devant le Temple avec du bois du bûcher. La formulation de la michna emploie le mot s’est souvenu, ce qui implique que non seulement un grand morceau de viande devenu rituellement impur ou disqualifié d’une manière ou d’une autre, mais même un morceau si petit qu’il pourrait être oublié, doit être brûlé avec du bois du bûcher.
אָמַר רַב חָמָא בַּר עוּקְבָא: לָא קַשְׁיָא, כָּאן — בְּאַכְסְנַאי. כָּאן — בְּבַעַל הַבַּיִת.
Rav Ḥama bar Ukva a dit : Ce n’est pas difficile. Ici, là où il est dit qu’on le brûle dans le Temple avec du bois du bûcher, il s’agit d’un visiteur qui n’habite pas à Jérusalem et n’y a pas de bois, et peut donc utiliser le bois du bûcher. Tandis que là-bas, là où il est dit qu’on le brûle chez soi avec son propre bois, il s’agit d’un résident de Jérusalem.
רַב פָּפָּא אָמַר: הָא וְהָא בְּאַכְסְנַאי, כָּאן — שֶׁהֶחְזִיק בַּדֶּרֶךְ, כָּאן — שֶׁלֹּא הֶחְזִיק בַּדֶּרֶךְ.
Rav Pappa a dit : Ce cas et cet autre cas se rapportent tous deux à un visiteur. Ici, là où il est dit que l’on peut utiliser du bois du tas, il s’agit de quelqu’un qui a déjà pris la route, et pour qui il est difficile de ramasser du bois. Là-bas, là où il est dit que l’on doit utiliser son propre bois, il s’agit de un cas où le visiteur n’a pas encore pris la route, et il peut ramasser son propre bois.
רַב זְבִיד אָמַר: לְעוֹלָם כִּדְאָמַר מֵעִיקָּרָא — כָּאן בְּאַכְסְנַאי כָּאן בְּבַעַל הַבַּיִת, וְאַף עַל גַּב דְּלָא הֶחְזִיק בַּדֶּרֶךְ, אַכְסְנַאי כֵּיוָן דְּלֵית לֵיהּ עֲשָׂאוּהוּ כְּצִיקָנִין. דִּתְנַן: הַצִּיקָנִין שׂוֹרְפִין אוֹתוֹ לִפְנֵי הַבִּירָה בִּשְׁבִיל לֵיהָנוֹת מֵעֲצֵי הַמַּעֲרָכָה.
Rav Zevid n’était pas d’accord avec Rav Pappa et a clarifié l’opinion de Rav Ḥama bar Ukva. Il a dit : En réalité, cela peut s’expliquer comme Rav Ḥama l’a dit au départ : Ici, il s’agit d’un visiteur ; là-bas, il s’agit d’un résident. Et bien qu’il ne se soit pas encore mis en route, un visiteur peut utiliser du bois du bûcher pour la raison suivante : Puisqu’il n’a pas son propre bois, les Sages l’ont traité comme les avares, comme nous l’avons appris dans une michna : Les avares le brûlent devant le Temple afin de profiter du bois du bûcher. Cela indique que quiconque ne se soucie pas de sa réputation, comme un avare, peut utiliser du bois du bûcher, et cela n’est pas considéré comme un usage abusif d’un bien consacré. De même, les Sages ont également permis à un visiteur d’utiliser du bois du bûcher.
תָּנוּ רַבָּנַן: בָּאוּ לְשׂוֹרְפוֹ בְּחַצְרוֹתֵיהֶן וּמֵעֲצֵי הַמַּעֲרָכָה — אֵין שׁוֹמְעִין לָהֶן. לִפְנֵי הַבִּירָה וּמֵעֲצֵי עַצְמָן — אֵין שׁוֹמְעִין לָהֶן.
Les Sages ont enseigné dans la Tosefta : Si des individus sont venus et ont voulu brûler l’agneau pascal qui était devenu rituellement impur dans leurs cours et ont voulu prendre du bois du bûcher pour l’utiliser à cette fin, on ne les écoute pas. De même, s’ils voulaient le brûler devant le Temple avec leur propre bois, on ne les écoute pas.
בִּשְׁלָמָא מֵעֲצֵי הַמַּעֲרָכָה בְּחַצְרוֹתֵיהֶן אֵין שׁוֹמְעִין לָהֶן — דִּילְמָא פָּיְישָׁן מִינַּיְיהוּ, וְאָתוּ בְּהוּ לִידֵי תַקָּלָה. אֶלָּא לִפְנֵי הַבִּירָה מֵעֲצֵי עַצְמָן, מַאי טַעְמָא לָא?
La Guemara demande : Soit, si des gens veulent le brûler avec du bois du bûcher dans leurs propres cours, on ne les écoute pas. Cela s’explique par le fait que les Sages craignaient qu’ils ne laissent une partie du bois qu’ils avaient pris pour brûler l’agneau pascal et n’en viennent à subir un incident avec celui-ci en utilisant le bois à une autre fin. Mais dans le cas où ils voulaient brûler l’offrande devant le Temple avec leur propre bois, quelle est la raison pour laquelle on ne les écoute pas ?
רַב יוֹסֵף אָמַר: שֶׁלֹּא לְבַיֵּישׁ אֶת מִי שֶׁאֵין לוֹ. רָבָא אָמַר: מִפְּנֵי הַחֲשָׁד.
Rav Yosef a dit : C’est afin de ne pas embarrasser celui qui n’a pas les moyens d’apporter son propre bois. S’il était permis d’apporter son propre bois pour le brûler dans le Temple, les gens comprendraient que seuls les pauvres prennent du bois du Temple. Cela serait embarrassant pour les pauvres. Rava a dit : C’est à cause du soupçon. Les gens reprendraient leur propre bois inutilisé qu’ils avaient apporté, et d’autres pourraient soupçonner qu’ils volaient du bois consacré du Temple.
מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ דְּאַיְיתִי קְנֵי וְחַרְיָוָתָא, דְּלָא חֲזֵי לַמַּעֲרָכָה.
La Guemara demande : Quelle est la différence pratique entre ces deux réponses ? La Guemara répond : La différence pratique entre elles est le cas de quelqu’un qui apporte des roseaux ou des branches de palmier qui ne conviennent pas à l’arrangement. Puisque ces types de branches ne sont pas utilisés pour l’arrangement du bois sur l’autel, il n’y a pas lieu de craindre que les gens le soupçonnent à tort de les avoir volés du Temple ; par conséquent, Rava le permettrait. Cependant, la crainte que les pauvres soient embarrassés reste pertinente, et ainsi Rav Yossef l’interdirait.
תְּנַן הָתָם: רֹאשׁ הַמַּעֲמָד הָיָה מַעֲמִיד אֶת הַטְּמֵאִין עַל שַׁעַר הַמִּזְרָח. מַאי טַעְמָא? אָמַר רַב יוֹסֵף: כְּדֵי לְבַיְּישָׁן. רָבָא אָמַר: מִפְּנֵי הַחֲשָׁד.
Une autre michna enseigne une controverse similaire entre Rav Yosef et Rava sur un autre sujet : Nous avons appris dans une michna là-bas, dans le traité Tamid : Le chef de la garde faisait se tenir les prêtres rituellement impurs à l’entrée de la porte orientale chaque matin. La Guemara demande : Quelle est la raison pour laquelle on ne les renvoyait pas simplement chez eux sans les faire se tenir à l’entrée de la porte orientale ? Rav Yosef a dit : C’était afin de les humilier pour ne pas avoir pris soin d’éviter de devenir impurs. Rava a dit : On les faisait se tenir là pour éviter les soupçons, afin que les gens comprennent qu’ils n’accomplissaient pas le service du Temple parce qu’ils étaient impurs, et non pour exercer leurs professions habituelles.
מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ מְפַנְּקִי, אִי נָמֵי דְּקָא גָדֵיל שִׁישׁוּרָא.
La Guemara demande : Quelle est la différence pratique entre ces deux opinions ? La Guemara répond : La différence pratique entre elles est le cas des gens choyés qui ne travaillent jamais, que les autres ne soupçonneraient pas d’éviter le service du Temple afin de travailler dans leurs professions habituelles. Alternativement, c’est le cas de quelqu’un qui tord des cordes pour gagner sa vie. Personne ne soupçonnerait quelqu’un de manquer le service du Temple afin de travailler dans une occupation aussi humble et peu rentable. Ces deux catégories de personnes n’auraient pas à se tenir à la porte selon l’opinion de Rava, mais le devraient selon l’opinion de Rav Yosef.
מַתְנִי׳ הַפֶּסַח שֶׁיָּצָא אוֹ שֶׁנִּטְמָא — יִשָּׂרֵף מִיָּד. נִטְמְאוּ הַבְּעָלִים אוֹ שֶׁמֵּתוּ — תְּעוּבַּר צוּרָתוֹ, וְיִשָּׂרֵף בְּשִׁשָּׁה עָשָׂר. רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה אוֹמֵר: אַף זֶה יִשָּׂרֵף מִיָּד לְפִי שֶׁאֵין לוֹ אוֹכְלִין.
MICHNA :Un agneau pascal qui a été sorti de la zone où il lui était permis d’être ou qui est devenu rituellement impur doit être brûlé immédiatement la veille de Pessa'h. Si les propriétaires sont devenus rituellement impurs ou sont morts, sa forme doit être laissée à se détériorer en le laissant pendant un certain temps au lieu de le brûler immédiatement, et il doit être brûlé le seizième de nissan, immédiatement après le premier jour de la fête. Rabbi Yoḥanan ben Beroka dit : Celui-ci aussi doit être brûlé immédiatement, parce qu’il n’y a personne pour le manger, ce qui constitue également une disqualification si grave que la détérioration de la forme n’est pas requise.
גְּמָ׳ בִּשְׁלָמָא טָמֵא, כְּתִיב: ״וְהַבָּשָׂר אֲשֶׁר יִגַּע בְּכׇל טָמֵא לֹא יֵאָכֵל בָּאֵשׁ יִשָּׂרֵף״. אֶלָּא יוֹצֵא מְנָלַן?
GUEMARA : La Guemara demande : Soit, le fait que la viande sacrificielle rituellement impure doive être brûlée est écrit dans la Torah, comme il est dit : « La chair qui touche toute chose impure ne sera pas mangée ; elle sera brûlée au feu » (Lévitique 7:19). Mais la viande sacrificielle qui est sortie de sa zone permise, d’où déduisons-nous qu’elle doit être brûlée ?
דִּכְתִיב: ״הֵן לֹא הוּבָא אֶת דָּמָהּ אֶל הַקֹּדֶשׁ פְּנִימָה״. אָמַר לוֹ מֹשֶׁה לְאַהֲרֹן: מַדּוּעַ לֹא אֲכַלְתֶּם אֶת הַחַטָּאת? שֶׁמָּא נִכְנַס דָּמָהּ לִפְנַי וְלִפְנִים. אָמַר לוֹ: לָאו.
La Guemara répond : Cela est dérivé des versets décrivant Moïse réprimandant Aaron et ses fils pour ne pas avoir mangé l’offrande expiatoire le huitième jour de l’inauguration, comme il est écrit : « Voici, son sang n’a pas été apporté à l’intérieur du Sanctuaire ; vous auriez dû la manger dans le Sanctuaire, comme je l’ai ordonné » (Lévitique 10:18). Il faut comprendre cela ainsi : Moïse dit à Aaron : Pourquoi n’avez-vous pas mangé l’offrande expiatoire ? Peut-être que son sang est entré dans la chambre la plus intérieure, le Sanctuaire, auquel cas elle doit être brûlée ? Aaron lui dit : Non.
אָמַר לוֹ: שֶׁמָּא חוּץ לִמְחִיצָתָהּ יָצְתָה? אָמַר לוֹ: לָאו, בַּקּוֹדֶשׁ הָיְתָה. אָמַר לוֹ: אִי בַּקּוֹדֶשׁ הָיְתָה וְ״הֵן לֹא הוּבָא אֶת דָּמָהּ אֶל הַקֹּדֶשׁ פְּנִימָה״, מַדּוּעַ לֹא אֲכַלְתֶּם אוֹתָהּ? מִכְּלָל דְּאִי נָפְקָא, אִי נָמֵי עָיֵיל דָּמָהּ לִפְנִים — בַּת שְׂרֵיפָה הִיא.
Moïse lui dit : Peut-être a-t-il été emporté hors de sa limite, et c’est la raison pour laquelle vous ne l’avez pas mangé ? Il lui dit : Non, il était dans la zone sacrée, c’est-à-dire la cour. Moïse lui dit : S’il était dans la zone sacrée tout le temps, voici que son sang n’a pas été apporté à l’intérieur du Sanctuaire, pourquoi ne l’avez-vous pas mangé ? Cela prouve par déduction que s’il sort de sa limite, ou bien, si son sang entre à l’intérieur du Sanctuaire du Temple, il doit être brûlé. Cela peut servir de modèle pour toutes les offrandes.
בִּשְׁלָמָא נִטְמָא, גַּלִּי רַחֲמָנָא בְּקָדָשִׁים קַלִּים, כׇּל שֶׁכֵּן בְּקׇדְשֵׁי קָדָשִׁים. אֶלָּא יוֹצֵא, אַשְׁכְּחַן קׇדְשֵׁי הַקֳּדָשִׁים, קָדָשִׁים קַלִּים מְנָלַן? וְתוּ, הָא דְּתַנְיָא: לָן דָּמָהּ,
La Guemara demande : Soit, en ce qui concerne la viande sacrificielle qui est devenue rituellement impure, le Miséricordieux révèle cette halakha dans la Torah au sujet des offrandes de moindre sainteté, car le verset : « La chair qui touche quelque chose d’impur ne sera pas mangée » se réfère à une offrande de paix, et cela s’applique à plus forte raison aux offrandes du degré le plus sacré. Cependant, en ce qui concerne la viande sacrificielle qui est sortie de sa limite, nous avons trouvé une source indiquant que cela s’applique aux offrandes seulement du degré le plus sacré. En ce qui concerne les offrandes de moindre sainteté, telles que l’agneau pascal, d’où déduisons-nous qu’elles aussi doivent être brûlées ? Et de plus, en ce qui concerne ce qui est enseigné dans une baraita : Si le sang d’une offrande a été laissé toute la nuit au lieu d’être aspergé sur l’autel le jour où elle a été abattue,