וְנִיבַטְּלֵיהּ בְּשֵׁית! כֵּיוָן דְּאִיסּוּרָא דְרַבָּנַן עִילָּוֵיהּ — כִּדְאוֹרָיְיתָא דָּמְיָא, וְלָאו בִּרְשׁוּתֵיהּ קָיְימָא, וְלָא מָצֵי מְבַטֵּיל.
La Guemara demande : Mais qu’il rende le levain nul et sans effet pendant la sixième heure, lorsqu’il le brûle. La Guemara répond : Puisqu’il y a une interdiction rabbinique qui prend effet sur le levain, puisqu’il est interdit d’en tirer profit après la cinquième heure, son statut juridique est comme celui du levain interdit par la loi de la Torah, et par conséquent il n’est pas en sa possession et il est incapable de l’annuler.
דְּאָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר יוֹסֵף אָמַר רַב: הַמְקַדֵּשׁ מִשֵּׁשׁ שָׁעוֹת וּלְמַעְלָה, אֲפִילּוּ בְּחִיטֵּי קוּרְדִּנְיָתָא — אֵין חוֹשְׁשִׁין לְקִידּוּשִׁין.
La Guemara continue : Il y a une preuve que les Sages ont été rigoureux à l’égard du levain interdit par la loi rabbinique, comme Rav Giddel l’a dit que Rabbi Ḥiyya bar Yosef a dit que Rav a dit : En ce qui concerne un homme qui fiance une femme le quatorze nissan à partir du début de la sixième heure et au-delà, même s’il le fait avec du blé des montagnes [kurdanaita], qui est particulièrement dur et il n’est pas certain qu’il fermente même si de l’eau tombe dessus, néanmoins, puisqu’il est possible que le blé ait fermenté, son statut juridique est celui du levain. Par conséquent, il est interdit de tirer profit de ce blé, qui est juridiquement sans valeur. Par conséquent, si un homme donne ce blé à une femme dans le but de la fiancer, il n’est pas nécessaire de craindre que ce soit des fiançailles. La raison en est que des fiançailles ne prennent effet que si l’homme donne à la femme un objet valant au moins une perouta. Dans ce cas, les Sages invalident les fiançailles et permettent à la femme d’épouser un autre homme, malgré le fait que selon la loi de la Torah elle est fiancée au premier homme, puisque le levain avec lequel il l’a fiancée n’est interdit que par la loi rabbinique.
וּלְבָתַר אִיסּוּרָא לָא מָצֵי מְבַטֵּיל לֵיהּ? וְהָא תַּנְיָא: הָיָה יוֹשֵׁב בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ וְנִזְכַּר שֶׁיֵּשׁ חָמֵץ בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ — מְבַטְּלוֹ בְּלִבּוֹ, אֶחָד שַׁבָּת וְאֶחָד יוֹם טוֹב. בִּשְׁלָמָא שַׁבָּת, מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ, כְּגוֹן שֶׁחָל אַרְבָּעָה עָשָׂר לִהְיוֹת בַּשַּׁבָּת. אֶלָּא יוֹם טוֹב — בָּתַר אִיסּוּרָא הוּא!
La Guemara soulève une difficulté : Et est-ce bien le cas que, après que le levain est devenu interdit, on ne peut plus l’annuler ? Mais n’a-t-on pas enseigné dans une baraita : Si quelqu’un était assis dans la maison d’étude et se souvint qu’il y a du pain levé dans sa maison, il doit l’annuler dans son cœur, aussi bien le Chabbat que pendant la Fête ? La Guemara analyse cette affirmation : Soit, le Chabbat on peut trouver ce cas, puisqu’on peut annuler le levain avant qu’il ne devienne interdit, dans un cas où le quatorzième de nissan tombe un Chabbat et qu’il se souvient d’annuler le levain avant que l’interdiction ne prenne effet. Cependant, s’il s’en est souvenu pendant la Fête elle-même, c’est après que l’interdiction a déjà pris effet, puisque la Fête a déjà commencé, et pourtant la baraita dit qu’on peut annuler le levain.
אָמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: הָכָא בְּתַלְמִיד יוֹשֵׁב לִפְנֵי רַבּוֹ עָסְקִינַן, וְנִזְכַּר שֶׁיֵּשׁ עִיסָּה מְגוּלְגֶּלֶת בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ, וּמִתְיָירֵא שֶׁמָּא תַּחֲמִיץ. קָדֵים וּמְבַטֵּיל לַיהּ מִיקַּמֵּי דְּתַחְמִיץ.
Rav Aḥa bar Ya’akov a dit : Ici, nous traitons du cas d’un élève assis devant son maître, qui se souvient qu’il y a de la pâte pétrie dans sa maison, et il craint qu’elle ne fermente avant qu’il puisse rentrer chez lui pour avertir les membres de sa maisonnée. Puisque la pâte n’a pas encore fermenté et n’est pas encore interdite, il peut prendre une mesure plus tôt et l’annuler avant qu’elle ne devienne fermentée.
דַּיְקָא נָמֵי, דְּקָתָנֵי: הָיָה יוֹשֵׁב בְּתוֹךְ בֵּית הַמִּדְרָשׁ. שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara commente : Le langage de la baraitaest également précis conformément à cette explication, car la baraitaenseigne : Si quelqu’un était assis dans la salle d’étude. Cela indique que la pâte n’a pas encore levé, et le problème est qu’il ne peut pas rentrer chez lui à temps pour l’empêcher de lever. Cependant, si elle était déjà devenue levée, devenant du hametz, l’annuler ne remédierait pas à la situation même s’il était chez lui. La Guemara conclut : En effet, apprends de cela la preuve que l’interprétation de Rav Aḥa bar Ya’akov est correcte.
אָמַר רַבָּה בַּר רַב הוּנָא אָמַר רַב: הַפַּת שֶׁעִיפְּשָׁה. כֵּיוָן שֶׁרָבְתָה מַצָּה — מוּתֶּרֶת. הֵיכִי דָּמֵי? אִילֵּימָא דְּיָדַע בַּהּ דְּחָמֵץ הִיא — כִּי רָבְתָה מַצָּה מַאי הָוֵי?
Rabba bar Rav Huna a dit que Rav a dit : En ce qui concerne un récipient contenant plusieurs pains dans lequel il y avait du pain devenu moisi, et qu’il n’est pas évident de savoir s’il s’agit de pain levé ou de matza, dès lors qu’il y avait plus de matza que de pain levé dans le récipient, cela est permis. La Guemara analyse d’abord le cas lui-même : Quelles sont les circonstances ? Si vous dites qu’il sait que ce pain est du pain levé, même s’il y avait plus de matza, qu’importe ? Quelle différence cela fait-il que la majeure partie de la nourriture soit de la matza, s’il est clair que ce pain est levé ?
אֶלָּא דְּלָא יָדְעִינַן בָּהּ אִי חָמֵץ הוּא אִי מַצָּה הוּא — מַאי אִירְיָא כִּי רָבְתָה מַצָּה? אֲפִילּוּ כִּי לֹא רָבְתָה מַצָּה נָמֵי, נֵיזִיל בָּתַר בָּתְרָא.
Au contraire, Rav doit parler d’un cas où nous ne savons pas s’il s’agit de pain levé ou s’il s’agit de matza. Cependant, dans ce cas, pourquoi discuter spécifiquement d’une situation où il y avait plus de matza dans le récipient ? Même dans un cas où il n’y avait pas plus de matza dans le récipient aussi, le pain douteux est probablement de la matza, car suivons le dernier élément placé dans le récipient, qui même le premier jour de Pessa'h serait de la matza.
מִי לָא תְּנַן: מָעוֹת שֶׁנִּמְצְאוּ לִפְנֵי סוֹחֲרֵי בְהֵמָה — לְעוֹלָם מַעֲשֵׂר. בְּהַר הַבַּיִת — חוּלִּין.
N’avons-nous pas appris dans une michna : En ce qui concerne les pièces qui ont été trouvées devant des marchands d’animaux à Jérusalem, elles sont toujours présumées être de l’argent du seconde dîme, car la plupart des animaux achetés à Jérusalem l’étaient avec cet argent. Cette halakha s’applique aussi bien pendant une fête que tout au long de l’année, car les gens achetaient des animaux pour la viande avec l’argent de leur seconde dîme, et l’on peut donc présumer que ces pièces ont le statut de seconde dîme. Cependant, si l’argent a été trouvé sur le mont du Temple, c’est de l’argent profane, même pendant une fête. On peut présumer que celui qui entre sur le mont du Temple a déjà acheté au préalable tous les animaux dont il avait besoin. Toutes les pièces en sa possession sont de l’argent profane, et non des dîmes.
בִּירוּשָׁלַיִם, בִּשְׁעַת הָרֶגֶל — מַעֲשֵׂר, בִּשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה — חוּלִּין.
Si l’argent a été trouvé ailleurs à Jérusalem pendant la Fête, lorsque de nombreuses personnes venaient à Jérusalem avec l’argent de leur seconde dîme, les pièces sont présumées être de l’argent de la seconde dîme. Cependant, si les pièces ont été trouvées pendant le reste de l’année, c’est de l’argent non sacré.
וְאָמַר רַב שְׁמַעְיָה בַּר זֵירָא: מַאי טַעְמָא — הוֹאִיל וְשׁוּקֵי יְרוּשָׁלַיִם עֲשׂוּיִין לְהִתְכַּבֵּד בְּכׇל יוֹם. אַלְמָא אָמְרִינַן: קַמָּאֵי קַמָּאֵי אָזְלִי לֵיהּ, וְהָנֵי אַחֲרִינֵי נִינְהוּ. הָכָא נָמֵי, נֵימָא: קַמָּא קַמָּא אָזֵיל, וְהַאי דְּהָאִידָּנָא הוּא.
La Guemara explique la preuve. Et Rav Shemaya bar Zeira a dit : Quelle est la raison pour laquelle, pendant le reste de l’année, les pièces sont considérées comme de l’argent non sacré, même le lendemain de la fête ? Puisque les marchés de Jérusalem ont tendance à être nettoyés chaque jour, tout argent qui y serait resté aurait déjà été trouvé par les nettoyeurs des rues. Par conséquent, toutes les pièces qu’on y trouve y ont été laissées récemment. Apparemment, nous disons que les premières ont disparu et ces objets sont ultérieurs. Ici aussi, à propos du pain moisi, disons : les premières ont été mangées et ont disparu, et cette nourriture est de maintenant et est assurément de la matsa.
שָׁאנֵי הָכָא דְּעִיפּוּשָׁהּ מוֹכִיחַ עִילָּוָיהּ. אִי עִיפּוּשָׁהּ מוֹכִיחַ עִילָּוָיהּ, כִּי רָבְתָה מַצָּה מַאי הָוֵי? אָמַר רַבָּה: לָא תֵּימָא שֶׁרָבְתָה מַצָּה, אֶלָּא אֵימָא: שֶׁרַבּוּ יְמֵי מַצָּה עִילָּוָיהּ.
La Guemara rejette cette preuve : C’est différent ici, car la moisissure prouve au sujet de la miche qu’elle est levée, car la nourriture ne moisit pas à moins d’être restée longtemps. La Guemara rétorque : Si sa moisissure prouve au sujet de la miche qu’elle est levée, s’il y avait plus de matza dans le récipient, qu’importe ? Même dans ce cas, le simple fait qu’elle soit moisie prouve qu’elle est levée. Rabba a dit : Ne dis pas qu’il y avait plus de matza que de levain dans le récipient ; dis plutôt que plusieurs jours de consommation de matza sont passés sur le récipient. En d’autres termes, plusieurs jours de la Fête, durant lesquels on consomme de la matza, se sont écoulés. Il est donc plus probable que la miche moisie soit de la matza.
אִי הָכִי, פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא, דְּעִיפּוּשָׁהּ מְרוּבֶּה. מַהוּ דְּתֵימָא: כֵּיוָן דְּעִיפּוּשָׁהּ מְרוּבֶּה — אִיגַּלְּיָא מִילְּתָא דְּוַדַּאי חָמֵץ מְעַלְּיָא הוּא, קָא מַשְׁמַע לַן:
La Guemara demande : Si c’est le cas, il est évident que le pain moisi est de la matza, et non du levain. La Guemara répond : Non, il est nécessaire d’enseigner cette halakha concernant une situation où sa moisissure est étendue. De peur que tu ne dises : puisque sa moisissure est étendue, il est clair qu’il s’agit certainement de pain levé, c’est pourquoi Rav nous enseigne qu’on ne peut pas être entièrement certain que tel soit le cas.
כֵּיוָן שֶׁרַבּוּ יְמֵי מַצָּה עִילָּוָיהּ, אָמְרִינַן: כׇּל יוֹמָא וְיוֹמָא נַהֲמָא חַמִּימָא אֲפָה, וּשְׁדָא עִילָּוָיהּ וְעָפְשָׁא טְפֵי.
La Guemara explique la raison de l’incertitude. Puisque plusieurs jours de consommation de matza se sont écoulés sur le récipient, nous disons : Chaque jour, il cuisait des pains chauds, qu’il plaçait sur la matza des jours précédents, ce qui la faisait moisir davantage. Par conséquent, il est possible que, même si peu de temps s’est écoulé, la matza ait beaucoup moisi, en raison de l’humidité et de la chaleur à l’intérieur du récipient.
וּמִי אָזְלִינַן בָּתַר בָּתְרָא? וְהָא תַּנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה אוֹמֵר: תֵּיבָה שֶׁנִּשְׁתַּמְּשׁוּ בָּהּ מְעוֹת חוּלִּין וּמְעוֹת מַעֲשֵׂר, אִם רוֹב חוּלִּין — חוּלִּין, אִם רוֹב מַעֲשֵׂר — מַעֲשֵׂר. וְאַמַּאי? לֵיזִיל בָּתַר בָּתְרָא!
À propos du principe susmentionné, la Guemara demande : Et suivons-nous, en général, le dernier élément pour déterminer l’identité de l’objet en question ? Mais n’a-t-on pas enseigné dans une baraita que Rabbi Yossei bar Yehouda dit : En ce qui concerne une boîte que les gens utilisaient pour à la fois des pièces non sacrées et des pièces du second dîme, si la majorité de son usage était pour de l’argent non sacré, les pièces sont considérées comme non sacrées. Si la majorité de son usage était pour des pièces du second dîme, les pièces sont considérées comme de l’argent du second dîme. La Guemara demande : Mais pourquoi en est-il ainsi ? Suivons le dernier élément placé dans la boîte.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — כְּגוֹן שֶׁנִּשְׁתַּמְּשׁוּ בָּהּ מְעוֹת חוּלִּין וּמְעוֹת מַעֲשֵׂר, וְאֵין יוֹדֵעַ אֵיזֶה מֵהֶן בַּסּוֹף. רַב זְבִיד אָמַר: כְּגוֹן שֶׁנִּשְׁתַּמְּשׁוּ בָּהּ צִיבּוּרִין צִיבּוּרִין. רַב פָּפָּא אָמַר: כְּגוֹן דְּאִישְׁתְּכַח בְּגוּמָּא.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : De quoi s’agit-il ici ? Il s’agit d’un cas où des gens ont utilisé la boîte pour à la fois des pièces non sacrées et des pièces du second dîme, et il ne sait pas lequel des deux types d’argent y a été placé en dernier.
Rav Zevid a dit : La baraita fait référence à un cas où il a utilisé une partie de la boîte pour des tas de pièces non sacrées et une autre partie de la boîte pour des tas de pièces du second dîme. Dans ce cas, il n’y avait pas de dernier usage définitif de la boîte, car une pièce a pu passer d’un côté de la boîte à l’autre.
Rav Pappa a dit : Il s’agit d’un cas où la pièce a été trouvée dans un trou de la boîte. La crainte est que cette pièce ne soit peut-être pas du type placé en dernier dans la boîte. Au contraire, il est possible que cette pièce soit restée d’un usage précédent et n’ait pas été retirée parce qu’elle était cachée dans le trou.
אָמַר רַב יְהוּדָה: הַבּוֹדֵק צָרִיךְ שֶׁיְּבָרֵךְ. מַאי מְבָרֵךְ? רַב פַּפֵּי אָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא: (אוֹמֵר) ״לְבַעֵר חָמֵץ״. רַב פָּפָּא אָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא: ״עַל בִּיעוּר חָמֵץ״. בִּ״לְבַעֵר״ — כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּוַדַּאי לְהַבָּא מַשְׁמַע.
Rav Yehuda a dit : Celui qui cherche du levain doit réciter une bénédiction. La Guemara demande : Quelle bénédiction récite-t-il, c’est-à-dire quelle est la formule correcte de la bénédiction ? Rav Pappi a dit au nom de Rava que l’on récite : Celui qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné d’éliminer le pain levé. Rav Pappa a dit au nom de Rava : Il faut réciter : Concernant l’élimination du pain levé. La Guemara commente : En ce qui concerne la formule : Éliminer, tout le monde est d’accord pour dire que cela se réfère certainement à l’avenir. Cette formulation indique sans aucun doute que la personne qui récite la bénédiction est sur le point de commencer à accomplir la mitsva d’éliminer le levain, et c’est donc une bénédiction appropriée.