״וְהֶעֱלָה הַכֹּהֵן אֶת הָעוֹלָה״ — שֶׁהֶעֱלָהּ כְּבָר.
« Et le prêtre offrira l’holocauste » (Lévitique 14:20) ; cela est interprété comme se référant à l’holocauste qui a déjà été offert. De là, on déduit que le lépreux obtient l’expiation même si l’ordre habituel est inversé et que l’holocauste est présenté avant l’offrande expiatoire.
אֲמַר לֵיהּ רַב שֶׁמֶן בַּר אַבָּא לְרַב פָּפָּא: לְדִידָךְ, דְּאָמְרַתְּ מַעֲלֶהָ וּמְלִינָהּ בְּרֹאשׁוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ, קַיָּימִין וְעָבְדִינַן מִילְּתָא לְכֹהֲנִים דְּאָתוּ בַּהּ לִידֵי תַקָּלָה, דְּסָבְרִי דְּיוֹמֵיהּ הוּא וְאָתוּ לְאַקְטוֹרֵי! אֲמַר לֵיהּ: כֹּהֲנִים זְרִיזִין הֵן.
Rav Shemen bar Abba dit à Rav Pappa : Selon ton avis, puisque tu as dit qu’il les fait monter et les laisse toute la nuit au sommet de l’autel, nous levons-nous et accomplissons-nous une action pour les prêtres par laquelle ils pourraient en venir à une erreur ? Car ils pourraient penser que ces graisses proviennent d’offrandes apportées ce jour-là, et ainsi pourraient les brûler ce jour-là, bien que ces graisses doivent être laissées jusqu’au lendemain. Il lui dit : Les prêtres sont vigilants et l’on peut se fier à eux pour éviter cette erreur et pour avertir également leurs compagnons prêtres d’être prudents.
אֲמַר לֵיהּ רַב אָשֵׁי לְרַב כָּהֲנָא, וְאָמְרִי לַהּ רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב נָתָן לְרַב פָּפָּא: וְהָא כַּמָּה דְּלָא מִתְקַטְּרִי אֵמוּרִין כֹּהֲנִים לָא מָצוּ אָכְלִי בָּשָׂר, דְּתַנְיָא: יָכוֹל יְהוּ כֹּהֲנִים רַשָּׁאִין בְּחָזֶה וָשׁוֹק קוֹדֶם הַקְטָרַת אֵמוּרִין, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְהִקְטִיר הַכֹּהֵן אֶת הַחֵלֶב הַמִּזְבֵּחָה״, וַהֲדַר: ״וְהָיָה הֶחָזֶה לְאַהֲרֹן וּלְבָנָיו״.
Rav Ashi dit à Rav Kahana, et certains disent que c’était Rav Huna, fils de Rav Natan, qui dit à Rav Pappa : Mais, n’est-ce pas le cas que tant que les parties sacrificielles de l’offrande expiatoire n’ont pas été brûlées sur l’autel, les prêtres ne peuvent pas manger la viande ? Comme il a été enseigné dans une baraita au sujet des sacrifices de paix : J’aurais pu penser qu’il serait permis aux prêtres de manger la poitrine et la cuisse, qui leur sont attribuées du sacrifice de paix, avant de brûler les parties sacrificielles de l’offrande sur l’autel. C’est pourquoi le verset déclare : « Et le prêtre fera fumer la graisse sur l’autel, et la poitrine sera pour Aaron et ses fils » (Lévitique 7:31). On en déduit que le prêtre est d’abord tenu de faire fumer la graisse, et seulement ensuite : « La poitrine sera pour Aaron et ses fils ».
וְכַמָּה דְּכֹהֲנִים לָא אָכְלִי בָּשָׂר בְּעָלִים לָא מִתְכַּפְּרִי, דְּתַנְיָא: ״וְאָכְלוּ אוֹתָם אֲשֶׁר כֻּפַּר בָּהֶם״, מְלַמֵּד שֶׁהַכֹּהֲנִים אוֹכְלִים וּבְעָלִים מִתְכַּפְּרִין!
Et, de plus, tant que les prêtres n’ont pas mangé la viande de l’offrande, les propriétaires de l’offrande n’ont pas obtenu une expiation complète, comme cela a été enseigné dans une baraita selon laquelle le verset : « Ils mangeront ces choses par lesquelles l’expiation a été faite pour les consacrer, pour les sanctifier ; mais un étranger n’en mangera pas, car elles sont saintes » (Exode 29:33), enseigne que les prêtres mangent, et par conséquent les propriétaires des offrandes obtiennent l’expiation. Si tel est le cas, comment celui à qui il manque l’expiation peut-il obtenir l’expiation ce jour-là, alors que les prêtres ne peuvent pas manger la viande de son offrande expiatoire jusqu’à ce que les parties sacrificielles soient brûlées le lendemain ?
אֲמַר לֵיהּ: כֵּיוָן דְּלָא אֶפְשָׁר — עֲשָׁאוּם כְּמִי שֶׁנִּטְמְאוּ אוֹ שֶׁאָבְדוּ. דְּתַנְיָא: יָכוֹל נִטְמְאוּ אֵמוּרִין אוֹ שֶׁאָבְדוּ לֹא יְהוּ כֹּהֲנִים זַכָּאִין בְּחָזֶה וָשׁוֹק — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְהָיָה הֶחָזֶה לְאַהֲרֹן וּלְבָנָיו״, מִכׇּל מָקוֹם.
Il lui dit : Puisqu’il est impossible d’achever l’offrande d’une autre manière, en raison de la mitzva positive d’achèvement, ils ont considéré ces parties sacrificielles comme étant devenues rituellement impures ou perdues. Dans ces cas, il est permis aux prêtres de manger leurs parts. Comme cela a été enseigné dans une baraita : J’aurais pu penser que si les parties sacrificielles devenaient rituellement impures ou étaient perdues, les prêtres n’auraient pas droit à la poitrine et à la cuisse, dont la consommation dépend normalement de la combustion des parties sacrificielles sur l’autel. C’est pourquoi le verset déclare : « Et la poitrine sera pour Aaron et ses fils » (Lévitique 7:31), ce qui indique que, dans tous les cas, c’est un don absolu, même si certains des rites d’accompagnement n’ont pas été accomplis correctement.
רַב כָּהֲנָא רָמֵי: כְּתִיב ״לֹא יָלִין חֵלֶב חַגִּי עַד בֹּקֶר״ — עַד בּוֹקֶר הוּא דְּלָא יָלִין, הָא כׇּל הַלַּיְלָה כּוּלָּהּ יָלִין. וּכְתִיב: ״וְהִקְטִיר עָלֶיהָ חֶלְבֵי הַשְּׁלָמִים״ — עָלֶיהָ הַשְׁלֵם כׇּל הַקָּרְבָּנוֹת כּוּלָּן!
Rav Kahana a soulevé une contradiction : Il est écrit dans un verset : « La graisse de Mon offrande festive ne restera pas toute la nuit jusqu’au matin » (Exode 23:18), ce qui indique que la graisse ne peut pas rester toute la nuit et jusqu’aux heures du matin, mais elle peut rester pendant toute la nuit. Cependant, dans un autre verset il est écrit : « Et il fera brûler dessus la graisse des offrandes de paix » (Lévitique 6:5), et cela est interprété ainsi : Sur elle tu achèveras toutes les offrandes, ce qui indique que les graisses de toutes les offrandes apportées pendant la journée doivent être brûlées avant l’offrande quotidienne de l’après-midi.
הוּא מוֹתֵיב לַהּ וְהוּא מְפָרֵק לַהּ, כְּשֶׁנִּתּוֹתְרוּ.
Rav Kahana a soulevé l’objection et l’a résolue : Le verset qui indique que la graisse peut rester pendant toute la nuit fait référence aux graisses qui sont restées après l’aspersion du sang pendant la journée, après l’offrande quotidienne du matin, et il n’y a pas eu d’occasion de les offrir sur l’autel avant l’offrande quotidienne de l’après-midi. Bien qu’idéalement elles doivent être offertes sur l’autel avant l’offrande quotidienne de l’après-midi, si elles sont restées, elles peuvent être offertes jusqu’au matin.
רָמֵי לֵיהּ רַב סָפְרָא לְרַב: כְּתִיב ״לֹא יָלִין לַבֹּקֶר זֶבַח חַג הַפָּסַח״ — לַבֹּקֶר הוּא דְּלֹא יָלִין, הָא כׇּל הַלַּיְלָה יָלִין. וְהָכְתִיב: ״עוֹלַת שַׁבָּת בְּשַׁבַּתּוֹ״ — וְלֹא עוֹלַת חוֹל בְּשַׁבָּת, וְלֹא עוֹלַת חוֹל בְּיוֹם טוֹב!
De même, Rav Safra souleva une contradiction devant Rav : Dans un verset, il est écrit : « On ne laissera pas du sacrifice de la fête de Pessa'h jusqu’au matin » (Exode 34:25), d’où l’on peut déduire que cela ne doit pas rester pendant la nuit et jusqu’au matin, mais cela peut rester pendant toute la nuit. En conséquence, les graisses d’un agneau pascal qui a été abattu la veille de Pessa'h un jour de semaine peuvent être offertes sur l’autel pendant la nuit de la Fête. Cependant, ailleurs il est écrit : « L’holocauste de chaque Shabbat en son propre Shabbat, en plus de l’holocauste perpétuel et de sa libation » (Nombres 28:10), d’où il est déduit que l’holocauste d’un jour de semaine n’est pas offert le Shabbat, et l’holocauste d’un jour de semaine n’est pas offert lors d’une Fête. Par conséquent, il devrait être interdit de brûler sur l’autel les graisses de l’agneau pascal pendant la Fête, car il s’agit d’une offrande de jour de semaine et, par conséquent, elle ne peut pas être offerte lors d’une Fête.
אֲמַר לֵיהּ: כְּבָר רַמְיַיהּ נִיהֲלֵיהּ רַב אַבָּא בַּר חִיָּיא לְרַבִּי אֲבָהוּ, וְשַׁנִּי לֵיהּ: הָכָא בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת עָסְקִינַן, דְּחֶלְבֵי שַׁבָּת קְרֵיבִין בְּיוֹם טוֹב.
Rav lui dit : Rav Abba bar Ḥiyya a déjà soulevé cette contradiction devant Rabbi Abbahu, et il lui a répondu : Ici, dans le verset qui dit que la graisse ne peut pas rester pendant la nuit jusqu’aux heures du matin, mais qu’elle peut rester sur l’autel toute la nuit, nous traitons d’un cas où le quatorzième de Nissan tombe un Chabbat, car les graisses d’une offrande de Chabbat peuvent être sacrifiées sur l’autel un jour de fête. Ce n’est que dans ce cas précis que les graisses de l’agneau pascal peuvent être brûlées la nuit de la fête.
אֲמַר לֵיהּ: מִשּׁוּם דְּחֶלְבֵי שַׁבָּת קְרֵיבִין בְּיוֹם טוֹב, אֲנַן נֵיקוּ וְנֵימָא לֵיהּ דְּהַאי קְרָא בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת הוּא דִּכְתִיב? אֲמַר לֵיהּ: שִׁבְקֵיהּ לִקְרָא, דְּהוּא דָּחֵיק וּמוֹקֵים אַנַּפְשֵׁיהּ.
Il lui dit : Parce que les graisses des offrandes de Shabbat peuvent être sacrifiées lors d’un Festival, allons-nous nous lever et dire que ce verset est écrit exclusivement au sujet de le cas particulier du quatorzième de nissan qui tombe un Shabbat, et non au sujet du cas ordinaire ? Il lui dit : Laisse de côté l’interprétation de ce verset, puisqu’il s’impose lui-même comme devant être établi comme se rapportant exclusivement à ce cas particulier, parce que la contradiction doit être résolue d’une manière ou d’une autre.
מַתְנִי׳ הַפָּסַח שֶׁשְּׁחָטוֹ שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ, וְקִבֵּל וְהִלֵּךְ וְזָרַק שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ, אוֹ לִשְׁמוֹ וְשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ, אוֹ שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ וְלִשְׁמוֹ — פָּסוּל.
MICHNA :L’agneau pascal que le prêtre a abattu non pour son propre but, c’est-à-dire qu’au moment de l’abattage il a dit que son intention était de l’abattre comme une offrande différente, par exemple une offrande de paix ou un holocauste, et non comme un agneau pascal ; ou si le prêtre a reçu le sang, ou a porté le sang à l’autel, ou a aspergé le sang sur l’autel en disant que c’était non pour le but de l’agneau pascal ; ou si le prêtre a accompli les rites à la fois pour son propre but et non pour son propre but ; ou non pour son propre but et pour son propre but ; dans tous ces cas, l’agneau pascal est disqualifié.
כֵּיצַד לִשְׁמוֹ וְשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ? לְשֵׁם פֶּסַח וּלְשֵׁם שְׁלָמִים. שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ וְלִשְׁמוֹ — לְשֵׁם שְׁלָמִים וּלְשֵׁם פֶּסַח.
Comment accomplit-on les rites pour sa propre finalité et non pour sa propre finalité ? C’est dans un cas où le prêtre a dit que son intention est pour la finalité de l’agneau pascal et pour la finalité d’une offrande de paix. Et comment accomplit-on les rites non pour sa propre finalité et pour sa propre finalité ? C’est dans un cas où le prêtre dit que l’offrande est pour la finalité d’une offrande de paix et pour la finalité de l’agneau pascal.
גְּמָ׳ בָּעֵי רַב פָּפָּא: בַּעֲבוֹדָה אַחַת תְּנַן, אוֹ בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת תְּנַן?
GUEMARA :Rav Pappa a soulevé un dilemme : La michna dit : Pour son propre dessein et non pour son propre dessein. Avons-nous appris dans la michna un cas où le prêtre avait les deux intentions en accomplissant un seul rite, c’est-à-dire qu’il a énoncé les deux intentions pendant l’abattage ? Ou bien avons-nous appris dans la michna un cas où le prêtre avait les deux intentions en accomplissant deux rites, c’est-à-dire que, pendant un rite, il a dit que c’était pour son propre dessein et, dans un autre des quatre rites, il a dit que ce n’était pas pour son propre dessein ?
בַּעֲבוֹדָה אַחַת תְּנַן וְרַבִּי יוֹסֵי הִיא, דְּאָמַר: אַף בִּגְמַר דְּבָרָיו אָדָם נִתְפָּס.
Rav Pappa développe la différence entre ces deux explications différentes. Dirons-nous que nous apprenons dans la michna à l’égard d’un seul rite, et que, par conséquent, notre michna est conforme à l’opinion de Rabbi Yossei, qui a dit qu’une personne est tenue pour responsable même de la conclusion de sa déclaration ? Rabbi Yossei et Rabbi Meïr sont en désaccord dans le cas de celui qui dit : Cet animal est un holocauste et une offrande de paix. Rabbi Yossei dit que non seulement le début, mais aussi la conclusion de sa déclaration est significative, et l’animal a été consacré à la fois comme holocauste et comme offrande de paix. Il est donc impropre à être offert sur l’autel ; il doit plutôt être vendu lorsqu’il développe un défaut, et l’argent utilisé pour acheter des animaux pour un holocauste et pour une offrande de paix. Et de même dans le cas de notre michna, où le prêtre dit que son intention est pour un agneau pascal et pour une offrande de paix, Rabbi Yossei dirait que l’animal a été abattu à la fois pour un agneau pascal et pour une offrande de paix, et qu’il est donc disqualifié.
דְּאִי רַבִּי מֵאִיר — הָא אָמַר: תְּפוֹס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן,
Car si notre michna est conforme à l’opinion de Rabbi Meir, assurément il a dit : on tient une personne responsable de la première expression, et ce qu’elle dit ensuite est sans conséquence. Rabbi Meir est en désaccord avec Rabbi Yosei au sujet du cas de celui qui dit : Cet animal est un holocauste et une offrande de paix, car il soutient que le sacrifice a le statut d’holocauste. Puisque le premier terme qu’il a prononcé était holocauste, l’animal est consacré comme holocauste, et il ne peut plus devenir une offrande de paix. De même, dans le cas de notre michna, où le prêtre dit que son intention est pour un agneau pascal et pour une offrande de paix, Rabbi Meir dirait que l’animal n’a été abattu que pour un agneau pascal et que l’offrande est valide.