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מַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ דְּאָמַר ״מִיחוּ״ וְ״לֹא מִיחוּ״ — רַבִּי יְהוּדָה. וְקָתָנֵי: קוֹצְרִין בִּרְצוֹן חֲכָמִים! וְלִיטַעְמָיךְ, הָנֵי אַרְבְּעָה הֲוָה! אֶלָּא: סְמִי מִיכָּן קְצִירָה.
De qui as-tu entendu dire : Ils ont réprimandé et ils n’ont pas réprimandé ? C’est Rabbi Yehuda, car Rabbi Meir emploie la formulation : Conformément à la volonté et contre la volonté. Et pourtant, Rabbi Yehuda enseigne dans la baraita qu’ils moissonnaient conformément à la volonté des Sages. La Guemara répond par une question : Et selon ton raisonnement, ces trois activités énumérées dans la michna, pour lesquelles les Sages ne les ont pas réprimandés, sont en réalité quatre : greffer des palmiers, regrouper le Shema, moissonner et mettre en tas. Ce ne sont pas trois activités, comme cela a été dit. Au contraire, supprime la moisson de la michna ici. La moisson ne doit pas être énumérée parmi les activités pour lesquelles les Sages ne les ont pas réprimandés.
וּמַתִּירִין גַּמְזִיּוֹת שֶׁל הֶקְדֵּשׁ שֶׁל חָרוּב וְשֶׁל שִׁקְמָה. אָמְרוּ: אֲבוֹתֵינוּ לֹא הִקְדִּישׁוּ אֶלָּא קוֹרוֹת, וְאָנוּ נַתִּיר גַּמְזִיּוֹת שֶׁל הֶקְדֵּשׁ שֶׁל חָרוּב וְשֶׁל שִׁקְמָה. וּבְגִידּוּלִין הַבָּאִין לְאַחַר מִכָּאן עָסְקִינַן, וְסָבְרִי לַהּ כְּמַאן דְּאָמַר: אֵין מְעִילָה בְּגִידּוּלִין. וְרַבָּנַן סָבְרִי: נְהִי דִּמְעִילָה לֵיכָּא, אִיסּוּרָא מִיהָא אִיכָּא.
Il a été enseigné dans la baraita : Ils permettaient l’usage de branches consacrées de caroubier et de sycomore. La Guemara explique la raison : Ils ont dit : Nos pères ont consacré seulement les troncs des arbres, et par conséquent nous pouvons permettre les branches consacrées qui ont poussé à partir des branches de caroubier et de sycomore. La Guemara explique que nous traitons de la croissance venue par la suite, et ils soutiennent conformément à celui qui a dit : Il n’y a pas de mauvais usage de propriété consacrée en ce qui concerne la croissance ultérieure. Et les rabbins soutiennent : Bien qu’il n’y ait pas de mauvais usage de propriété consacrée, dans tous les cas, il y a une interdiction.
וּפוֹרְצִין פְּרָצוֹת. אָמַר עוּלָּא אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: מַחְלוֹקֶת בְּשֶׁל מַכְבֵּדוֹת, דְּרַבָּנַן סָבְרִי: גָּזְרִינַן שֶׁמָּא יַעֲלֶה וְיִתְלוֹשׁ, וְאַנְשֵׁי יְרִיחוֹ סָבְרִי: לָא גָּזְרִינַן שֶׁמָּא יַעֲלֶה וְיִתְלוֹשׁ. אֲבָל בְּשֶׁל בֵּין הַכִּיפִּין — דִּבְרֵי הַכֹּל מוּתָּר.
Il a été enseigné dans la baraita que les habitants de Jéricho créaient des brèches afin que, pendant les années de famine, les pauvres puissent prendre des fruits tombés pendant le Shabbat et les Fêtes. Ulla a dit que Rabbi Shimon ben Lakish a dit : Cette controverse entre les habitants de Jéricho et les Sages porte sur des dattes qui ne sont plus attachées à l’arbre et qui sont tombées sur les branches supérieures du palmier [makhebedot]. Les Sages soutiennent : nous décrétons une interdiction de prendre ces dattes, de peur que quelqu’un ne grimpe à l’arbre et ne cueille des dattes encore attachées à l’arbre. Et les gens de Jéricho soutiennent : nous ne décrétons pas une interdiction de peur que quelqu’un ne grimpe à l’arbre et ne cueille des dattes. Cependant, en ce qui concerne des dattes tombées sur les branches inférieures du palmier [keifin], tout le monde est d’accord pour dire que prendre des fruits de ces branches est permis.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: וְהָא מוּקְצוֹת נִינְהוּ. וְכִי תֵּימָא: הוֹאִיל דַּחֲזֵי לְעוֹרְבִין. הַשְׁתָּא מוּכָן לְאָדָם לָא הָוֵי מוּכָן לִכְלָבִים, דִּתְנַן: רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם לֹא הָיְתָה נְבֵילָה מֵעֶרֶב שַׁבָּת — אֲסוּרָה, לְפִי שֶׁאֵינָהּ מִן הַמּוּכָן, מוּכָן לְעוֹרְבִים הָוֵי מוּכָן לְאָדָם?!
Rava dit à Oulla : Mais ne sont-ils pas mis de côté, puisqu’ils n’ont pas été préparés comme nourriture avant Chabbat, puisqu’ils sont tombés de l’arbre pendant Chabbat même ? Tout objet interdit pendant le crépuscule de la veille de Chabbat reste interdit pendant toute la journée, même si les circonstances changent. Et si tu dis : Ces dattes ne sont pas mises de côté, puisqu’elles conviennent à la consommation de corbeaux domestiques, qui peuvent voler et recueillir les dattes encore attachées à l’arbre, or, un objet qui est préparé pour l’usage d’une personne n’est pas considéré comme préparé pour l’usage des chiens, comme nous l’avons appris dans une michna où Rabbi Yehouda dit : Si l’animal était vivant et n’était pas une carcasse à la veille de Chabbat, on ne peut pas le donner aux chiens pendant Chabbat parce qu’il n’avait pas été expressément préparé à cette fin. Une nourriture préparée pour des corbeaux est-elle considérée comme préparée pour une personne ? Tant qu’il était vivant, l’animal était préparé pour la consommation humaine pendant le crépuscule ; néanmoins, il est interdit de donner sa carcasse aux chiens.
אֲמַר לֵיהּ: אִין, מוּכָן לְאָדָם — לָא הָוֵי מוּכָן לִכְלָבִים, דְּכׇל מִידֵּי דַּחֲזֵי לְאִינִישׁ, לָא מַקְצֵה לֵיהּ מִדַּעְתֵּיהּ. מוּכָן לְעוֹרְבִים — הָוֵי מוּכָן לְאָדָם, כׇּל מִידֵּי דַּחֲזֵי לְאִינִישׁ, דַּעְתֵּיהּ עִלָּוֵיהּ.
Oulla dit à Rava : Oui, un élément qui est préparé pour la consommation par une personne n’est pas préparé pour les chiens, car tout élément qui convient à une personne, on ne l’écarte pas de ses pensées ; il reste exclusivement destiné à l’usage d’une personne. Cependant, un élément qui est préparé pour les corbeaux est aussi préparé pour l’usage d’une personne. Tout élément qui convient à l’usage d’une personne, ses pensées sont tournées vers lui. Bien qu’au départ il ne soit disponible que pour les corbeaux, une personne est prête à manger toute nourriture qui devient disponible pour elle. Telle est la version d’Oulla de la déclaration de Rabbi Shimon ben Lakish.
כִּי אֲתָא רָבִין, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: מַחְלוֹקֶת בְּשֶׁל בֵּין כִּיפִּין, דְּרַבָּנַן סָבְרִי: מוּכָן לְעוֹרְבִים — לָא הָוֵי מוּכָן לְאָדָם, וְאַנְשֵׁי יְרִיחוֹ סָבְרִי: מוּכָן לָעוֹרְבִים — הָוֵי מוּכָן לְאָדָם, אֲבָל בְּשֶׁל מַכְבֵּדוֹת — דִּבְרֵי הַכֹּל אָסוּר, גָּזְרִינַן שֶׁמָּא יַעֲלֶה וְיִתְלוֹשׁ.
Lorsque Ravin vint d’Eretz Yisrael en Babylonie, il rapporta une version différente de ce que Rabbi Shimon ben Lakish a dit : Cette controverse porte sur des dattes tombées sur les branches inférieures du palmier, car les Sages soutiennent : Un objet qui est préparé pour les corbeaux n’est pas préparé pour une personne. Et les habitants de Jéricho soutiennent : Un objet qui est préparé pour les corbeaux est préparé pour une personne. Cependant, en ce qui concerne les dattes sur les branches supérieures, tout le monde est d’accord qu’elles sont interdites, car nous décrétons de peur que l’on ne grimpe à l’arbre et ne cueille des dattes.
וְנוֹתְנִין פֵּיאָה לַיָּרָק. וְלֵית לְהוּ לְאַנְשֵׁי יְרִיחוֹ הָא דִּתְנַן, כְּלָל אָמְרוּ בַּפֵּיאָה: כׇּל שֶׁהוּא אוֹכֶל, וְנִשְׁמָר, וְגִידּוּלוֹ מִן הָאָרֶץ, וּלְקִיטָתוֹ כְּאַחַת, וּמַכְנִיסוֹ לְקִיּוּם — חַיָּיב בְּפֵיאָה.
Nous avons appris dans la michna : Et les habitants de Jéricho désignaient pour les pauvres la production du coin [pe’a] dans un champ de légumes. La Guemara demande : Et les gens de Jéricho ne sont-ils pas de l’avis de ce que nous avons appris dans une michna : Un principe a été énoncé concernant la production du coin du champ : Tout ce qui est nourriture, est gardé, pousse de la terre, est récolté en une fois, et l’on le rentre pour le stocker en vue de sa conservation est soumis aux halakhot de la production du coin du champ ?
״כׇּל שֶׁהוּא אוֹכֶל״ — פְּרָט לִסְפִיחֵי סְטִיס וְקוֹצָה. ״וְנִשְׁמָר״ —פְּרָט לְהֶפְקֵר. ״וְגִידּוּלוֹ מִן הָאָרֶץ״ — פְּרָט לִכְמֵהִין וּפִטְרִיּוֹת. ״וּלְקִיטָתָן כְּאַחַת״ — פְּרָט לִתְאֵנִים. ״וּמַכְנִיסוֹ לְקִיּוּם״ — פְּרָט לְיָרָק.
La Guemara développe chaque critère de la michna. Tout ce qui est nourriture ; cela vient exclure les repousses tardives du pastel et du carthame. Ces plantes sont utilisées comme teintures et non comme nourriture. Il n’est donc pas nécessaire de désigner la production dans les coins à partir d’elles. Et est protégé ; cela vient exclure les récoltes sans propriétaire. Et pousse de la terre ; cela vient exclure les truffes et les champignons, qui, contrairement aux autres plantes, ne tirent pas leur subsistance de la terre. Et est récolté en une seule fois ; cela vient exclure le figuier, dont le fruit est récolté sur une longue période, car les figues ne mûrissent pas ensemble. Et on le rentre en stockage pour le conserver ; cela vient exclure les légumes, qui ne peuvent pas être stockés pendant de longues périodes.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: הָכָא בְּרָאשֵׁי לְפָתוֹת עָסְקִינַן, וּמַכְנִיסוֹ לְקִיּוּם עַל יְדֵי דָּבָר אַחֵר קָמִיפַּלְגִי. מָר סָבַר: מַכְנִיסוֹ לְקִיּוּם עַל יְדֵי דָּבָר אַחֵר — שְׁמֵיהּ קִיּוּם, וּמָר סָבַר: לָא שְׁמֵיהּ קִיּוּם.
Rav Yehuda a dit que Rav a dit : Ici, nous traitons de têtes de navet, qui peuvent être stockées pendant une longue période, et ils sont en désaccord au sujet de leur introduction en stockage pour conservation au moyen d’une autre substance. Les navets ne sont pas stockés seuls. Pour les stocker, on les conserve dans du vinaigre ou une substance similaire (Rabbeinu Ḥananel). Un Sage, les habitants de Jéricho, soutient : Le stockage au moyen d’une autre substance telle que le vinaigre est considéré comme un stockage. Et un Sage, c’est-à-dire les Sages, soutient : Cela n’est pas considéré comme un stockage, et il n’est donc pas nécessaire de désigner des produits du coin du champ à partir des navets.
תָּנוּ רַבָּנַן: בָּרִאשׁוֹנָה הָיוּ נוֹתְנִין פֵּיאָה לְלֶפֶת וְלִכְרוּב, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אַף לְקַפְלוֹט. וְתַנְיָא אִידַּךְ: הָיוּ נוֹתְנִין פֵּיאָה לְלֶפֶת וּלְקַפְלוֹט, רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אַף לִכְרוּב.
Les Sages ont enseigné : Au début, ils désignaient la production dans le coin du champ à partir de navets et de choux. Rabbi Yossei dit : Ils le faisaient même avec des poireaux [kaflot]. Et il a été enseigné dans une autre baraita : Ils désignaient la production dans le coin du champ à partir de navets et de poireaux. Rabbi Shimon dit : Ils le faisaient même avec des choux.

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