וְנָטַל סְפִיחֵי כְרוּב וְאָכַל וְנָתַן לִי, וְאָמַר לִי: בְּנִי, בְּפָנַי — אֱכוֹל, שֶׁלֹּא בְּפָנַי — לֹא תֹּאכַל. אֲנִי שֶׁרָאִיתִי אֶת רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי שֶׁאָכַל — כְּדַי הוּא רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי לִסְמוֹךְ עָלָיו בְּפָנָיו וְשֶׁלֹּא בְּפָנָיו. אַתָּה — בְּפָנַי אֱכוֹל, שֶׁלֹּא בְּפָנַי — לֹא תֹּאכַל.
et il prit des repousses tardives de chou qui avaient poussé pendant l’Année sabbatique, et en mangea et m’en donna un peu à moi. Et il me dit : Mon fils, en ma présence, tu peux manger cela. Mais lorsque tu n’es pas en ma présence, tu ne peux pas manger du chou qui a poussé comme repousse tardive. Moi, qui ai vu Rabbi Shimon ben Yoḥai manger, je peux dire que Rabbi Shimon ben Yoḥai est digne qu’on se fie à lui aussi bien en sa présence qu’en son absence. Toi, qui ne l’as pas vu manger, en ma présence, fie-toi à ce que j’ai vu et mange ; cependant, en mon absence, ne te fie pas à mon témoignage et ne mange pas. Dans ce cas, Rabba bar bar Ḥana soutenait que celui qui a vu un Sage agir d’une certaine manière peut se fier à ce qu’il a vu, de même que ses élèves lorsqu’ils sont en présence de leur maître.
מַאי רַבִּי שִׁמְעוֹן? דְּתַנְיָא: רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: כׇּל הַסְּפִיחִים אֲסוּרִין, חוּץ מִסְּפִיחֵי כְּרוּב, שֶׁאֵין כַּיּוֹצֵא בָּהֶן בְּיָרָק הַשָּׂדֶה. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: כׇּל הַסְּפִיחִין אֲסוּרִים.
La Guemara demande : Quelle est cette déclaration de Rabbi Shimon ? Comme cela a été enseigné dans une baraita que Rabbi Shimon dit : Toutes les repousses spontanées qui poussent d’elles-mêmes pendant l’Année sabbatique sont interdites et ne peuvent pas être consommées, sauf les repousses spontanées du chou, car il n’y a rien de semblable parmi les légumes du champ. Les Sages n’ont pas étendu le décret interdisant les repousses spontanées au chou, parce qu’il est différent des autres légumes. Au contraire, il est comme le fruit d’un arbre, qui peut être consommé s’il pousse à l’état sauvage pendant l’Année sabbatique. Et les Rabbins disent : Toutes les repousses spontanées sont interdites, y compris les repousses spontanées du chou.
וְתַרְוַיְיהוּ אַלִּיבָּא דְּרַבִּי עֲקִיבָא. דְּתַנְיָא: ״הֵן לֹא נִזְרָע וְלֹא נֶאֱסֹף אֶת תְּבוּאָתֵנוּ״, אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: וְכִי מֵאַחַר שֶׁאֵין זוֹרְעִין מֵהֵיכָא אוֹסְפִין? מִכָּאן לַסְּפִיחִין שֶׁהֵן אֲסוּרִין.
La Guemara commente : Et tous deux, Rabbi Shimon et les Sages, qui sont en désaccord dans ce cas, soutiennent conformément à l’opinion de Rabbi Akiva. Comme il a été enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Et si vous dites : Que mangerons-nous la septième année ? Voici, nous ne sèmerons pas et nous ne récolterons pas notre production » (Lévitique 25:20). Rabbi Akiva a dit : Et puisqu’ils ne peuvent pas semer, d’où récolteraient-ils ? Pourquoi le verset mentionne-t-il la récolte ? Il est déduit d’ici que la récolte des pousses spontanées qui n’ont pas été plantées mais ont poussé d’elles-mêmes est interdite.
בְּמַאי קָא מִיפַּלְגִי? רַבָּנַן סָבְרִי: גָּזְרִינַן סְפִיחֵי כְרוּב אַטּוּ שְׁאָר סְפִיחֵי דְעָלְמָא, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר: לָא גָּזְרִינַן סְפִיחֵי כְרוּב אַטּוּ סְפִיחֵי דְעָלְמָא.
La Guemara demande : À l’égard de quel principe, alors, sont-ils en désaccord ? La Guemara répond : Les Sages, qui interdisent toutes les repousses ultérieures, soutiennent : Nous promulguons un décret interdisant les repousses ultérieures du chou en raison des autres repousses ultérieures en général. Et Rabbi Shimon soutient : Nous ne promulguons pas un décret interdisant les repousses ultérieures du chou en raison des autres repousses ultérieures en général.
הַהוֹלֵךְ מִמָּקוֹם וְכוּ׳. בִּשְׁלָמָא הַהוֹלֵךְ מִמָּקוֹם שֶׁעוֹשִׂין לְמָקוֹם שֶׁאֵין עוֹשִׂין — נוֹתְנִין עָלָיו חוּמְרֵי מָקוֹם שֶׁהָלַךְ לְשָׁם, וְאַל יְשַׁנֶּה אָדָם מִפְּנֵי הַמַּחְלוֹקֶת וְלָא לֶיעְבֵּיד.
Nous avons appris dans la michna au sujet de l’abstention de l’accomplissement d’un travail la veille de Pessa'h : En ce qui concerne quelqu’un qui voyage d’un endroit où les gens accomplissent un travail la veille de Pessa'h vers un endroit où les gens n’en accomplissent pas, ou d’un endroit où les gens n’accomplissent pas de travail la veille de Pessa'h vers un endroit où les gens en accomplissent, les Sages lui imposent les rigueurs du lieu d’où il est parti et les rigueurs du lieu où il est allé. La Guemara demande : Soit, dans le cas de quelqu’un qui voyage d’un endroit où les gens accomplissent un travail vers un endroit où ils n’en accomplissent pas, les Sages lui imposent les rigueurs du lieu où il est allé, et une personne ne doit pas s’écarter de la pratique en vigueur dans cet endroit en raison d’un possible conflit, et elle ne doit pas accomplir de travail.
אֶלָּא מִמָּקוֹם שֶׁאֵין עוֹשִׂין לְמָקוֹם שֶׁעוֹשִׂין, אַל יְשַׁנֶּה אָדָם מִפְּנֵי הַמַּחְלוֹקֶת וְנַעְבֵּיד? הָא אָמְרַתְּ: ״נוֹתְנִין עָלָיו חוּמְרֵי מָקוֹם שֶׁהָלַךְ לְשָׁם וְחוּמְרֵי מָקוֹם שֶׁיָּצָא מִשָּׁם״!
Cependant, si quelqu’un a voyagé d’un endroit où les gens n’accomplissent pas de travail vers un endroit où ils en accomplissent, la règle y est-elle aussi que la personne ne doit pas s’écarter de la pratique habituelle de cet endroit à cause du conflit, et accomplir un travail ? Cela ne peut pas être. N’as-tu pas dit : Les Sages lui imposent les rigueurs du lieu où il est allé et les rigueurs du lieu d’où il est parti ? Il ne doit accomplir aucun travail.
אָמַר אַבָּיֵי: אַרֵישָׁא. רָבָא אָמַר: לְעוֹלָם אַסֵּיפָא, וְהָכִי קָאָמַר: אֵין בָּזוֹ מִפְּנֵי שִׁינּוּי הַמַּחְלוֹקֶת. מַאי קָא אָמְרַתְּ — הָרוֹאֶה אוֹמֵר מְלָאכָה אֲסוּרָה? מֵימָר אָמְרִי: כַּמָּה בַּטְלָנֵי הָוֵי בְּשׁוּקָא.
Abaye a dit : Le principe selon lequel on ne doit pas s’écarter en raison d’un différend potentiel se rapporte à la première clause, selon laquelle celui qui arrive dans un endroit où les gens ne travaillent pas adopte la rigueur locale. Rava a dit : En réalité, il est possible de dire que cette halakha se rapporte aussi à la dernière clause de la michna, et voici ce qu’elle dit : S’abstenir de travailler ne constitue pas un écart qui provoque un différend. Que dis-tu ; celui qui le voit dira qu’il ne travaille pas parce qu’il croit que le travail est interdit, contrairement à la pratique locale ? Cela est peu probable, car lorsque les gens le voient inactif, ce ne sera pas leur supposition. Au contraire, ils diront : Combien de gens oisifs y a-t-il au marché chaque jour qui ne travaillent pas. Dans ce cas, les gens supposeront que cet individu n’a pas réussi à trouver du travail ce jour-là.
אֲמַר לֵיהּ רַב סָפְרָא לְרַבִּי אַבָּא: כְּגוֹן אֲנַן דְּיָדְעִינַן בִּקְבִיעָא דְיַרְחָא,
Après avoir discuté des rigueurs résultant des coutumes, la Guemara développe au sujet du deuxième jour d’une Fête observé dans la Diaspora. Rav Safra dit à Rabbi Abba : Les communautés dans une situation comme la nôtre, qui, sur la base de calculs, connaissent déjà la détermination du mois et ne craignent plus que la Fête soit observée le mauvais jour, clairement, le deuxième jour d’une Fête,