וְאַל יְשַׁנֶּה אָדָם מִפְּנֵי הַמַּחֲלוֹקֶת. כַּיּוֹצֵא בּוֹ: הַמּוֹלִיךְ פֵּירוֹת שְׁבִיעִית מִמָּקוֹם שֶׁכָּלוּ לִמְקוֹם שֶׁלֹּא כָּלוּ, אוֹ מִמָּקוֹם שֶׁלֹּא כָּלוּ לְמָקוֹם שֶׁכָּלוּ — חַיָּיב לְבַעֵר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: צֵא וְהָבֵא לְךָ אַף אַתָּה.
Les Sages ont énoncé un principe : Et une personne ne peut pas s’écarter de la coutume locale, en raison d’un possible conflit. De même, celui qui transporte des produits de l’année sabbatique d’un endroit où une récolte a cessé dans les champs vers un endroit où elle n’a pas encore cessé, ou d’un endroit où elle n’a pas encore cessé vers un endroit où elle a déjà cessé, est tenu d’éliminer les produits de sa possession, conformément aux rigueurs des deux lieux. Il est permis aux propriétaires de manger des produits de l’année sabbatique dans leurs maisons seulement tant que cette espèce de fruit demeure dans le champ comme bien sans propriétaire. Cependant, une fois que ce fruit particulier n’est plus disponible pour les animaux dans les champs, on est tenu de retirer de sa maison ce qui reste de cette espèce. La déclaration dans la michna fait référence à celui qui a transporté des fruits d’un endroit où ils ont cessé dans les champs vers un endroit où ils n’ont pas cessé, et inversement. Rabbi Yehouda dit qu’il n’a pas besoin d’éliminer les produits, car il peut dire à un habitant local : Toi aussi, sors et apporte ces produits d’un endroit où ils se trouvent encore dans le champ.
גְּמָ׳ מַאי אִירְיָא עַרְבֵי פְסָחִים? אֲפִילּוּ עַרְבֵי שַׁבָּתוֹת וְעַרְבֵי יָמִים טוֹבִים נָמֵי! דְּתַנְיָא: הָעוֹשֶׂה מְלָאכָה בְּעַרְבֵי שַׁבָּתוֹת וְיָמִים טוֹבִים מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם! הָתָם, מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה הוּא דְּאָסוּר, סָמוּךְ לַמִּנְחָה — לָא. הָכָא — מֵחֲצוֹת. אִי נָמֵי: הָתָם, סִימָן בְּרָכָה הוּא דְּלָא חָזֵי, אֲבָל שַׁמּוֹתֵי לָא מְשַׁמְּתִינַן לֵיהּ. הָכָא — שַׁמּוֹתֵי נָמֵי מְשַׁמְּתִינַן לֵיהּ.
GUEMARA : La Guemara demande : Pourquoi discuter cette interdiction particulièrement au sujet des veilles de Pessa'h ? Il est interdit d’accomplir un travail même les veilles de Chabbat et les veilles de fêtes également, comme cela a été enseigné dans une baraita : Celui qui accomplit un travail les veilles de Chabbat et les veilles de fêtes à partir de l’heure de minḥa et au-delà ne voit jamais de signe de bénédiction provenant de ce travail. La Guemara répond qu’il existe une différence entre les deux situations : Là-bas, dans le cas de Chabbat et des fêtes, accomplir un travail est interdit à partir de l’heure de minḥa et au-delà ; ce n’est pas interdit à proximité de l’heure de minḥa, c’est-à-dire juste avant. Ici, dans le cas de la veille de Pessa'h, c’est interdit à partir de midi. Autrement, là-bas, la veille de Chabbat et la veille de fête, ce n’est qu’un signe de bénédiction qu’il ne voit pas ; cependant, les Sages ne l’excommunient pas pour avoir accompli un travail. Ici, dans le cas de la veille de Pessa'h, les Sages l’excommunient également pour avoir accompli un travail, car cela est explicitement interdit.
גּוּפָא: הָעוֹשֶׂה מְלָאכָה בְּעַרְבֵי שַׁבָּתוֹת וּבְעַרְבֵי יָמִים טוֹבִים מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה, וּבְמוֹצָאֵי שַׁבָּת וּבְמוֹצָאֵי יוֹם טוֹב וּבְמוֹצָאֵי יוֹם הַכִּפּוּרִים, וּבְכׇל מָקוֹם שֶׁיֵּשׁ שָׁם נִידְנוּד עֲבֵירָה, לְאֵתוֹיֵי תַּעֲנִית צִיבּוּר — אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם.
La Guemara cite la source de la chose elle-même dans son intégralité : Celui qui accomplit un travail les veilles de Chabbat ou les veilles de fête à partir de l’heure de minḥa et au-delà, et de même celui qui travaille immédiatement après la conclusion de Chabbat, ou la conclusion d’une fête, ou la conclusion de Yom Kippour, ou en toute occasion où il y a une trace de péché, ce qui vient inclure un jeûne public, par exemple le Neuf Av ou un jeûne pour la pluie, lorsqu’il est interdit d’accomplir un travail, ne voit jamais de signe de bénédiction de ce travail. Si quelqu’un accomplit un travail juste avant Chabbat ou immédiatement après Chabbat, la crainte est que même une légère erreur de calcul puisse conduire à accomplir un travail pendant Chabbat lui-même, lorsque cela est interdit.
תָּנוּ רַבָּנַן: יֵשׁ זָרִיז וְנִשְׂכָּר, וְיֵשׁ זָרִיז וְנִפְסָד. יֵשׁ שָׁפָל וְנִשְׂכָּר, וְיֵשׁ שָׁפָל וְנִפְסָד. זָרִיז וְנִשְׂכָּר — דְּעָבֵיד כּוּלֵּי שַׁבְּתָא, וְלָא עָבֵיד בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא. זָרִיז וְנִפְסָד — דְּעָבֵיד כּוּלֵּי שַׁבְּתָא, וְעָבֵיד בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא. שָׁפָל וְנִשְׂכָּר — דְּלָא עָבֵיד כּוּלֵּי שַׁבְּתָא, וְלָא עָבֵיד בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא. שָׁפָל וְנִפְסָד — דְּלָא עָבֵיד כּוּלֵּי שַׁבְּתָא, וְעָבֵיד בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא. אָמַר רָבָא: הָנֵי נְשֵׁי דְמָחוֹזָא, אַף עַל גַּב דְּלָא עָבְדָן עֲבִידְתָּא בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא — מִשּׁוּם מְפַנְּקוּתָא הוּא, דְּהָא כׇּל יוֹמָא נָמֵי לָא קָא עָבְדָן. אֲפִילּוּ הָכִי — שָׁפָל וְנִשְׂכָּר קָרֵינַן לְהוּ.
À propos de la récompense ou de son absence, la Guemara cite la Tosefta dans laquelle les Sages ont enseigné : Il y a celui qui est diligent et récompensé pour sa diligence ; et il y a celui qui est diligent et pénalisé en raison de sa diligence ; il y a celui qui est paresseux et récompensé ; et il y a celui qui est paresseux et pénalisé. Comment cela ? Diligent et récompensé désigne celui qui travaille toute la semaine et ne travaille pas la veille de Chabbat. Diligent et pénalisé est celui qui travaille toute la semaine et travaille la veille de Chabbat. Paresseux et récompensé est celui qui ne travaille pas de toute la semaine et ne travaille pas la veille de Chabbat. Paresseux et pénalisé est celui qui ne travaille pas de toute la semaine et travaille la veille de Chabbat afin d’achever le travail qu’il a négligé d’accomplir pendant la semaine. Rava a dit : En ce qui concerne ces femmes de Meḥoza, bien qu’elles n’accomplissent pas de travail la veille de Chabbat, cela est dû à un gâtement excessif, car elles ne travaillent aucun autre jour non plus. Malgré cela, nous les appelons paresseuses et récompensées. Bien que leur paresse ne soit pas motivée par la piété, leur inactivité comporte malgré tout un aspect positif.
רָבָא רָמֵי: כְּתִיב ״כִּי גָדֹל עַד שָׁמַיִם חַסְדֶּךָ״, וּכְתִיב ״כִּי גָדֹל מֵעַל שָׁמַיִם חַסְדֶּךָ״. הָא כֵּיצַד? כָּאן בְּעוֹשִׂין לִשְׁמָהּ, וְכָאן בְּעוֹשִׂין שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ. וְכִדְרַב יְהוּדָה. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: לְעוֹלָם יַעֲסוֹק אָדָם בְּתוֹרָה וּמִצְוֹת אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ, שֶׁמִּתּוֹךְ שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ בָּא לִשְׁמָהּ.
Au sujet de la récompense pour une mitzva accomplie sans intention, Rava a soulevé une contradiction : Il est écrit : « Car Ta bonté est grande jusqu’aux cieux, et Ta vérité atteint les nues » (Psaumes 57:11) ; et il est écrit ailleurs : « Car Ta bonté est grande au-dessus des cieux, et Ta vérité atteint les nues » (Psaumes 108:5). Comment cela ? Comment ces versets peuvent-ils être conciliés ? La Guemara explique : Ici, là où le verset dit que la bonté de Dieu est au-dessus des cieux, il s’agit d’un cas où quelqu’un accomplit une mitzva pour elle-même ; et ici, là où le verset dit que la bonté de Dieu atteint les cieux, il s’agit d’un cas où quelqu’un accomplit une mitzva pas pour elle-même. Même une mitzva accomplie avec des motifs intéressés reçoit une récompense, comme Rav Yehouda l’a dit que Rav a dit : Une personne devrait toujours s’engager dans l’étude de la Torah et dans l’accomplissement des mitzvot, même si elle le fait pas pour elles mêmes, car par l’accomplissement des mitzvot pas pour elles mêmes, on acquiert de la compréhension et on vient à les accomplir pour elles mêmes.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַמְצַפֶּה לִשְׂכַר אִשְׁתּוֹ וְרֵיחַיִם — אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם. שְׂכַר אִשְׁתּוֹ — מַתְקוּלְתָּא. רִיחְיָיא — אַגְרָתָא. אֲבָל עָבְדָה וּמְזַבְּנָה — אִישְׁתַּבּוֹחֵי מִשְׁתַּבַּח בָּהּ קְרָא דִּכְתִיב: ״סָדִין עָשְׂתָה וַתִּמְכֹּר״.
Les Sages ont enseigné : Celui qui attend de recevoir les gains de sa femme ou d’un moulin ne voit jamais de signe de bénédiction venant d’eux. La Guemara explique : Les gains de sa femme désignent un cas où elle file du fil pour d’autres et fait payer au poids sur une balance (Rabbeinu Ḥananel). Le profit est faible, et il est dégradant de marcher en public pour solliciter des clients. Les gains du moulin désignent un moulin à main pour lequel les gens paient un loyer et moulent leur grain. Dans ce cas aussi, les profits sont maigres. Cependant, si une femme travaille et vend le produit de son labeur, le verset fait son éloge, comme il est écrit au sujet d’une femme vaillante : « Elle fit un manteau et le vendit, et livra une ceinture au colporteur » (Proverbes 31:24).
תָּנוּ רַבָּנַן: הַמִּשְׂתַּכֵּר בְּקָנִים וּבְקַנְקַנִּים — אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם. מַאי טַעְמָא? כֵּיוָן דִּנְפִישׁ אַפְחָזַיְיהוּ — שָׁלְטָא בְּהוּ עֵינָא. תָּנוּ רַבָּנַן: תַּגָּרֵי סִימְטָא, וּמְגַדְּלֵי בְּהֵמָה דַּקָּה, וְקוֹצְצֵי אִילָנוֹת טוֹבוֹת, וְנוֹתְנִין עֵינֵיהֶן בְּחֵלֶק יָפֶה — אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם, מַאי טַעְמָא? דְּתָהוּ בֵּיהּ אִינָשֵׁי.
Les Sages ont enseigné au sujet d’un signe de bénédiction : Celui qui gagne sa vie en vendant des roseaux ou des cruches ne verra jamais un signe de bénédiction provenant d’eux. Quelle en est la raison ? Puisque leur volume est grand, le mauvais œil domine sur eux. Les gens croient qu’une personne vend plus qu’elle ne vend réellement. De même, les Sages ont enseigné : Les marchands qui vendent leurs marchandises dans une ruelle [simta] adjacente à une voie passante, où ils sont vus de tous ; et ceux qui élèvent du petit bétail, qui a tendance à endommager les champs d’autrui ; et ceux qui abattent de bons arbres fruitiers, même s’il leur était permis de le faire ; et ceux qui portent leurs yeux sur la meilleure part avec l’intention de prendre cette part pour eux-mêmes lorsqu’ils partagent un objet avec d’autres, ne verront jamais un signe de bénédiction de cela. Quelle en est la raison ? C’est que, à cause de ces actions, les gens s’interrogent à son sujet et prêtent une attention particulière à sa conduite. En raison de cette attention, ses actions ne seront pas bénies.
תָּנוּ רַבָּנַן, אַרְבַּע פְּרוּטוֹת אֵין בָּהֶן סִימָן בְּרָכָה לְעוֹלָם: שְׂכַר כּוֹתְבִין, וּשְׂכַר מְתוּרְגְּמָנִין, וּשְׂכַר יְתוֹמִים, וּמָעוֹת הַבָּאוֹת מִמְּדִינַת הַיָּם.
De même, les Sages ont enseigné : dans quatre peroutot, paiements, il n’y a jamais de signe de bénédiction : le salaire des scribes de livres sacrés ; le salaire des diffuseurs, qui répètent et expliquent les leçons données par les Sages pendant le Chabbat ; le paiement des orphelins, que l’on reçoit en s’associant avec l’administrateur de la succession d’un orphelin ; et l’argent qui vient d’un pays d’outre-mer.
בִּשְׁלָמָא שְׂכַר מְתוּרְגְּמָנִין — מִשּׁוּם דְּמִיחֲזֵי כִּשְׂכַר שַׁבָּת. וּמָעוֹת יְתוֹמִים נָמֵי — לָאו בְּנֵי מְחִילָה נִינְהוּ. מָעוֹת הַבָּאוֹת מִמְּדִינַת הַיָּם — מִשּׁוּם דְּלָאו כׇּל יוֹמָא מִתְרְחִישׁ נִיסָּא.
La Guemara demande : Soit, on ne réussira pas en recevant le salaire des diffuseurs, car cela apparaît comme s’il recevait un salaire pour un travail effectué pendant Chabbat, bien que ce qu’il fait ne soit pas réellement interdit. Et il est également compréhensible qu’on ne voie pas de bénédiction provenant de l’argent des orphelins, car les mineurs ne sont pas capables de renoncer à un bien. Les mineurs n’ont pas le droit légal de pardonner même des pertes négligeables, que des associés ignorent généralement. Par conséquent, celui qui, dans le cadre des affaires, leur prend ne serait-ce que la plus petite somme au-delà du montant auquel il a droit est considéré comme un voleur. On ne voit pas de bénédiction provenant de l’argent qui vient d’un pays d’outre-mer, parce qu’un miracle ne se produit pas chaque jour. Puisque les risques liés au transport de cargaison lors de longs voyages maritimes sont grands, le mérite d’une personne diminue chaque fois que sa marchandise arrive intacte de manière miraculeuse.
אֶלָּא שְׂכַר כּוֹתְבִין מַאי טַעְמָא? אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע תַּעֲנִיּוֹת יָשְׁבוּ אַנְשֵׁי כְּנֶסֶת הַגְּדוֹלָה עַל כּוֹתְבֵי סְפָרִים תְּפִילִּין וּמְזוּזוֹת שֶׁלֹּא יִתְעַשְּׁרוּ, שֶׁאִילְמָלֵי מִתְעַשְּׁרִין — אֵין כּוֹתְבִין. תָּנוּ רַבָּנַן: כּוֹתְבֵי סְפָרִים תְּפִילִּין וּמְזוּזוֹת, הֵן, וְתַגָּרֵיהֶן, וְתַגָּרֵי תַגָּרֵיהֶן, וְכׇל הָעוֹסְקִין בִּמְלֶאכֶת שָׁמַיִם, לְאֵיתוֹיֵי מוֹכְרֵי תְכֵלֶת — אֵינָן רוֹאִין סִימָן בְּרָכָה לְעוֹלָם. וְאִם עוֹסְקִין לִשְׁמָהּ — רוֹאִין.
Cependant, quelle est la raison pour laquelle on ne voit pas de bénédiction dans les salaires des scribes ? Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : Les membres de la Grande Assemblée ont décrété vingt-quatre jeûnes, correspondant aux vingt-quatre gardes sacerdotales (Maharsha), pour les scribes qui écrivent des rouleaux de la Torah, des phylactères et des mezuzot, afin qu’ils ne deviennent pas riches grâce à leur métier, car s’ils devenaient riches, ils n’écriraient plus ces objets sacrés. De même, les Sages ont enseigné : Les scribes qui écrivent des rouleaux, des phylactères et des mezuzot ; ainsi que leurs marchands, qui achètent les rouleaux sacrés aux scribes pour les revendre ; et les marchands de leurs marchands ; et tous ceux qui sont engagés dans l’œuvre du Ciel et qui en tirent leur subsistance, expression qui vient inclure ceux qui vendent le bleu azur pour les franges rituelles, ne voient jamais de signe de bénédiction dans leur travail. Et s’ils s’engagent dans ces activités pour elles-mêmes, afin qu’il y ait davantage d’objets sacrés à la disposition du public, alors ils voient effectivement de la bénédiction dans leur travail.
בְּנֵי בַיְישָׁן נְהוּג דְּלָא הֲווֹ אָזְלִין מִצּוֹר לְצִידוֹן בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא. אֲתוֹ בְּנַיְיהוּ קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן, אָמְרוּ לוֹ: אֲבָהָתִין אֶפְשָׁר לְהוּ, אֲנַן לָא אֶפְשָׁר לַן. אֲמַר לְהוּ: כְּבָר קִיבְּלוּ אֲבוֹתֵיכֶם עֲלֵיהֶם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שְׁמַע בְּנִי מוּסַר אָבִיךָ וְאַל תִּטּוֹשׁ תּוֹרַת אִמֶּךָ״.
Comme la michna traite de l’exigence d’observer les coutumes locales, la Guemara rapporte : Les habitants de Beit She’an avaient l’habitude de ne pas se rendre de Tyr au jour de marché à Sidon la veille de Chabbat. Par égard pour Chabbat, ils avaient adopté une rigueur et n’interrompaient pas leurs préparatifs de Chabbat, même pour un court voyage en mer. Leurs enfants vinrent devant Rabbi Yoḥanan pour lui demander d’annuler cette coutume. Ils lui dirent : En raison de leur richesse, il était possible pour nos pères de gagner leur vie sans se rendre au marché le vendredi ; cependant, cela ne nous est pas possible. Il leur dit : Vos pères ont déjà accepté cette coutume vertueuse sur eux-mêmes, et elle demeure en vigueur pour vous, comme il est dit : « Mon fils, écoute la réprimande de ton père et n’abandonne pas l’enseignement de ta mère » (Proverbes 1:8). En plus d’adhérer à la réprimande de son père, c’est-à-dire à la halakha, on est également tenu de préserver l’enseignement de sa mère, c’est-à-dire les coutumes ancestrales.
בְּנֵי חוֹזָאֵי נָהֲגִי דְּמַפְרְשִׁי חַלָּה מֵאָרוֹזָא, אֲתוֹ וַאֲמַרוּ לֵיהּ לְרַב יוֹסֵף. אֲמַר לְהוּ: נֵיכְלַהּ זָר בְּאַפַּיְיהוּ. אֵיתִיבֵיהּ אַבָּיֵי: דְּבָרִים הַמּוּתָּרִים וַאֲחֵרִים נָהֲגוּ בָּהֶן אִיסּוּר —
La Guemara rapporte des coutumes supplémentaires : Les habitants de la ville de Ḥozai avaient l’habitude de prélever la ḥalla sur une pâte de riz. Ils vinrent en informer Rav Yosef de cette coutume. Il leur dit : Qu’un non-prêtre mange cette pâte en leur présence afin de leur montrer sans équivoque que cette coutume n’a aucun fondement légal. Abaye souleva une objection contre lui : En ce qui concerne les choses qui sont permises, mais que d’autres avaient l’habitude de traiter comme une interdiction,