דִּסְמִידָא, בָּשָׂר שָׁמֵן — דִּצְפִירְתָּא דְּלָא אִפְּתַח, יַיִן יָשָׁן — עַתִּיק עַתִּיקֵי.
est fait de farine raffinée ; la viande grasse désigne la viande d’une chèvre qui n’a pas encore mis bas ; et le vin vieilli désigne un vin qui a considérablement vieilli, pendant au moins trois ans.
כׇּל מִילֵּי דִּמְעַלֵּי לְהַאי — קָשֵׁה לְהַאי, וּדְקָשֵׁה לְהַאי — מְעַלֵּי לְהַאי, בַּר מִזַּנְגְּבִילָא רַטִּיבָא, וּפִילְפְּלֵי אֲרִיכְתָּא, וּפַת נְקִיָּיה, וּבָשָׂר שָׁמֵן, וְיַיִן יָשָׁן — דִּמְעַלֵּי לְכוּלֵּי גּוּפֵיהּ.
La Guemara énonce un principe général : Tout aliment ou traitement médical qui est efficace pour guérir cette maladie ou ce membre est nuisible pour cet autre. Et tout aliment ou traitement qui est nuisible pour celui-ci est efficace pour guérir celui-là, sauf le gingembre frais, les poivres longs et le pain fait de farine raffinée, ainsi que la viande grasse et le vin vieux, qui sont efficaces pour guérir tous les membres du corps.
שֵׁכָר הַמָּדִי. דְּרָמוּ בֵּיהּ מֵי שְׂעָרֵי.
La Guemara revient à sa discussion des détails mentionnés dans la michna. Pourquoi la bière mède est-elle interdite pendant Pessa'h ? Parce que les Mèdes y mettent de l’eau d’orge.
וְחוֹמֶץ הָאֲדוֹמִי. דְּשָׁדוּ בֵּיהּ שְׂעָרֵי.
Et le vinaigre édomite est interdit, car les Édomites y mettent de l’orge.
אָמַר רַב נַחְמָן (בַּר יִצְחָק): בַּתְּחִלָּה כְּשֶׁהָיוּ מְבִיאִין נְסָכִים מִיְּהוּדָה, לֹא הָיָה יֵינָם שֶׁל יְהוּדָה מַחְמִיץ, עַד שֶׁנּוֹתְנִין לְתוֹכָן שְׂעוֹרִין. וְהָיוּ קוֹרִין אוֹתוֹ חוֹמֶץ סְתָם.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Au début, lorsque le Temple était debout et qu’on apportait des libations de vin de Judée, le vin était béni et se conservait sans aucun additif. Le vin de Judée ne tournait pas au vinaigre à moins qu’on n’y mette de l’orge pour produire cet effet. Et ils appelaient ce vinaigre auquel on avait ajouté de l’orge vinaigre ordinaire, puisque le vin ne devenait pas du vinaigre sans cet additif.
וְעַכְשָׁיו אֵין יֵינָם שֶׁל אֲדוֹמִיִּים מַחְמִיץ עַד שֶׁנּוֹתְנִין לְתוֹכָן שְׂעוֹרִין, וְקוֹרִין אוֹתוֹ חוֹמֶץ הָאֲדוֹמִי, לְקַיֵּים מַה שֶּׁנֶּאֱמַר: ״אִמָּלְאָה הָחֳרָבָה״, אִם מְלֵאָה זוֹ — חֲרֵבָה זוֹ, וְאִם מְלֵאָה זוֹ — חֲרֵבָה זוֹ. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר, מֵהָכָא: ״וּלְאֹם מִלְּאֹם יֶאֱמָץ״.
Et maintenant, après la destruction du Temple, le vin édomite ne se transforme pas en vinaigre à moins qu’on n’y mette de l’orge. Cela s’appelle du vinaigre édomite, afin d’accomplir ce qui est dit au sujet de Tyr, et il en va de même pour les autres ennemis du peuple juif : « Parce que Tyr a dit contre Jérusalem : Ah ! elle est brisée, la porte des peuples ; elle s’est tournée vers moi ; je serai remplie par celle qui est dévastée” (Ézéchiel 26:2). Les Sages expliquent : Si celle-ci, Jérusalem, est pleine, alors celle-là, son ennemie, est dévastée ; et si cette ennemie est pleine, alors elle, Jérusalem, est dévastée. Par conséquent, lorsque le peuple juif tombe, ses ennemis peuvent atteindre le succès autrefois atteint par les Juifs. Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Cette idée peut être déduite d’ici, où le verset dit au sujet d’Ésaü et de Jacob : « Un peuple sera plus fort que l’autre peuple » (Genèse 25:23), ce qui signifie que lorsqu’une nation gagne en puissance, l’autre s’affaiblit, car elles ne peuvent pas être fortes toutes les deux en même temps.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: בִּיהוּדָה, בָּרִאשׁוֹנָה הַלּוֹקֵחַ חוֹמֶץ מֵעַם הָאָרֶץ — אֵינוֹ צָרִיךְ לְעַשֵּׂר, מִפְּנֵי שֶׁחֲזָקָה אֵינוֹ בָּא אֶלָּא מִן הַתֶּמֶד. וְעַכְשָׁיו, הַלּוֹקֵחַ חוֹמֶץ מֵעַם הָאָרֶץ — צָרִיךְ לְעַשֵּׂר, שֶׁחֶזְקָתוֹ אֵינוֹ בָּא אֶלָּא מִן הַיַּיִן.
Il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Yehouda a dit : En Judée, au début, celui qui achetait du vinaigre à un am ha’aretz, c’est-à-dire quelqu’un qui n’est pas scrupuleux en matière de pureté rituelle et de dîmes et qui est donc soupçonné de ne pas avoir correctement prélevé les dîmes sur ses fruits, n’avait pas besoin d’en prélever la dîme en raison du fait que l’on pouvait présumer que le vinaigre ordinaire était fait uniquement de temed, un liquide produit à partir de résidus de raisin. Après avoir filtré le vin des rafles, des pépins et des peaux, on versait de l’eau sur ces résidus. Le liquide était ensuite égoutté et laissé à fermenter jusqu’à devenir du vinaigre. Ce liquide s’appelait temed, et il n’est pas nécessaire d’en prélever la dîme. Le vinaigre était produit de cette manière parce que le vin de cette époque était si fort qu’il ne devenait pas du vinaigre de lui-même. Mais maintenant, celui qui achète du vinaigre à un am ha’aretz doit en prélever la dîme, car de nos jours le vin devient rapidement du vinaigre, et la présomption est que le vinaigre provient uniquement du vin.
וְסָבַר רַבִּי יְהוּדָה: תֶּמֶד לָאו בַּר עַשּׂוֹרֵי הוּא? וְהָא (תְּנַן): הַמְתַמֵּד וְנָתַן מַיִם בַּמִּדָּה, וּמָצָא כְּדֵי מִדָּתוֹ — פָּטוּר, וְרַבִּי יְהוּדָה מְחַיֵּיב?
La Guemara demande : Mais Rabbi Yehouda soutient-il que le temed n’est pas soumis à la dîme ? N’a-t-il pas été enseigné dans une michna : En ce qui concerne celui qui produit du temed et ajoute une quantité mesurée d’eau et ensuite trouve une quantité correspondante de liquide à celle qu’il a mesurée, il est exempté de prélever la dîme sur ce temed, car il est clair que le produit du raisin n’a ajouté que du goût et n’a pas augmenté le volume du temed. Et Rabbi Yehouda oblige à prélever la dîme sur le temed même dans ce cas. Si tel est le cas, comment Rabbi Yehouda peut-il permettre à une personne d’acheter du temed à un am ha’aretz ? Selon son opinion dans cette baraita, le temed doit être soumis à la dîme.
הָכִי קָאָמַר: לֹא נֶחְשְׁדוּ עַמֵּי הָאָרֶץ עַל הַתֶּמֶד. אִי בָּעֵית אֵימָא: נֶחְשְׁדוּ, וְלָא קַשְׁיָא: הָא — בְּדִרְווֹקָא, הָא — בִּדְפוּרְצָנֵי.
La Guemara répond : Voici ce que Rabbi Yehuda dit : il faut prélever la dîme sur le temed ; cependant, les amei ha’aretz ne sont pas soupçonnés de ne pas prélever la dîme sur le temed. Comme le temed est si peu coûteux, on suppose que les amei ha’aretz ne lésinent pas à son sujet et sont disposés à en prélever la dîme. Si vous le souhaitez, dites plutôt que même si les amei ha’aretzsont soupçonnés de ne pas prélever la dîme sur le temed, cela n’est pas difficile pour la raison suivante : Cette michna traite d’un cas où le temed a été produit avec des lies contenant une certaine quantité de vin, et c’est pourquoi Rabbi Yehuda dit qu’une personne est tenue d’en prélever la dîme. Cette baraita traite d’un cas où le temed a été produit avec des pépins de raisin ; parce que l’on suppose qu’aucun vin n’est mélangé au temed, Rabbi Yehuda déclare qu’on est exempt de le dîmer.
וְזֵיתוֹם הַמִּצְרִי וְכוּ׳. מַאי זֵיתוֹם הַמִּצְרִי?
Il est indiqué dans la michna que le zitom égyptien est considéré comme un aliment levé. La Guemara demande : Qu’est-ce que le zitom égyptien ?
תָּנָא רַב יוֹסֵף: תְּלָתָא שְׂעָרֵי, תְּלָתָא קוּרְטְמֵי, וּתְלָתָא מִלְחָא.
Rav Yosef a enseigné à partir d’une baraita : C’est un tiers d’orge, un tiers de carthame et un tiers de sel.
רַב פָּפָּא מַפֵּיק שְׂעָרֵי וּמְעַיֵּיל חִיטֵּי, וְסִימָנָיךְ סִיסָנֵי.
Rav Pappa retire l’orge de la liste des ingrédients et inclut le blé ; il soutient que le zitom égyptien était préparé avec du blé plutôt qu’avec de l’orge. La Guemara commente : Votre moyen mnémotechnique pour vous souvenir de quel Sage a exprimé quelle version est le mot sisanei, qui signifie un panier de brindilles. Sisanei contient la lettre samekh deux fois, ce qui peut aider à se rappeler que Rav Yosef, dont le nom contient un samekh, dit que le zitom égyptien est fait de se’orim, de l’orge, un mot qui contient la lettre sin, qui produit le même son que samekh.
תָּרוּ לְהוּ וְקָלוּ לְהוּ וְטָחֲנִי לְהוּ וְשָׁתוּ לְהוּ מִדִּיבְחָא וְעַד עֲצַרְתָּא. דִּקְמִיט מְרַפֵּי לֵיהּ, וְדִרְפֵי מְקַמֵּיט לֵיהּ, לְחוֹלֶה וּלְאִשָּׁה עוּבָּרָה סַכַּנְתָּא.
La Guemara décrit comment le zitom égyptien est préparé : Ceux qui le préparent font tremper les ingrédients ensemble, puis les font griller et les broient ensemble. Ils boivent le mélange de Pessa'h à Chavouot. Cette boisson relâche les intestins de celui qui est constipé, et constipe celui dont les selles sont molles. Cependant, il est dangereux pour une personne malade ou une femme enceinte de boire ce mélange.
וְזוֹמָן שֶׁל צַבָּעִים וְכוּ׳. הָכָא תַּרְגִּימוּ: מַיָּא דְּחִיוָּרֵי דְּצָבְעִי בְּהוּ לִבָּא.
Il a été enseigné dans la mishna que le bouillon des teinturiers est considéré comme levé. La Guemara explique : Ici, en Babylonie, ils ont interprété qu’il s’agit de l’eau de son [maya deḥivri] que les gens utilisent pour teindre le cuir.
וַעֲמִילָן שֶׁל טַבָּחִים וְכוּ׳. פַּת תְּבוּאָה שֶׁלֹּא הֵבִיאָה שְׁלִישׁ, שֶׁמַּנִּיחָהּ עַל פִּי קְדֵירָה וְשׁוֹאֶבֶת הַזּוּהֲמָא.
Il a en outre été déclaré dans la michna que la pâte bien travaillée des boulangers est également considérée comme levée. La Guemara explique la nature de cette substance : Il s’agit de pain fait à partir de grain qui avait été récolté avant d’être mûr à un tiers, puis façonné en miche. Cette miche fut placée sur une marmite pour en extraire l’impureté du bouillon.
וְקוֹלָן שֶׁל סוֹפְרִים וְכוּ׳. הָכָא תַּרְגּוּמָא: פֵּרוּרָא דְאוּשְׁכָּפֵי.
Il a en outre été enseigné dans la michna que le kolan des soferim, kolan des soferim, est considéré comme levé. La Guemara explique : Ici, en Babylonie, ils ont interprété que cette expression fait référence à la colle de cordonniers faite à partir de farine.
רַב שִׁימִי מָחוֹזְנָאָה אָמַר: זֶה טִיפּוּלָן שֶׁל בְּנוֹת עֲשִׁירִים, שֶׁמְּשַׁיְּירוֹת אוֹתוֹ לִבְנוֹת עֲנִיִּים.
Rav Shimi de Ḥozna’a a dit : C’est la pâte dépilatoire des filles des riches, dont elles laissaient un reste pour les filles des pauvres. Il était d’usage courant que les femmes enlèvent les poils de différentes parties de leur corps en appliquant diverses pâtes, dont certaines contenaient de la farine. Le kolan des soferim mentionné dans la michna était une substance de ce genre. Il portait ce nom parce que de jeunes femmes riches donnaient la pâte [kolan] à de jeunes femmes pauvres dont les pères étaient des maîtres d’école [soferim], afin que les femmes pauvres puissent elles aussi l’utiliser.
אִינִי? וְהָא תָּנֵא רַבִּי חִיָּיא: אַרְבָּעָה מִינֵי מְדִינָה, וּשְׁלֹשָׁה מִינֵי אוּמָּנוּת. וְאִי אָמְרַתְּ טִיפּוּלָן שֶׁל בְּנוֹת עֲשִׁירִים, מַאי מִינֵי אוּמָּנוּת אִיכָּא?
La Guemara demande : Est-ce bien ainsi ? Mais Rabbi Ḥiyya n’a-t-il pas enseigné un moyen mnémotechnique en notant que la michna énumère quatre éléments utilisés par les gens ordinaires du pays, à savoir kutaḥ, la bière, le vinaigre et le zitom, et trois éléments d’artisans, à savoir le bouillon des teinturiers, le kolan des soferim et la pâte bien travaillée des boulangers ? Et si vous dites que le kolan des soferim est la pâte dépilatoire des filles des riches, alors quel artisanat y a-t-il là-dedans ? Selon cette interprétation, cette substance n’a pas sa place dans la liste des articles d’artisans.
וְאֶלָּא מַאי, פֵּרוּרָא דְאוּשְׁכָּפֵי? אַמַּאי קָרֵי לֵיהּ הַאי קוֹלָן שֶׁל סוֹפְרִים? קוֹלָן שֶׁל רַצְעָנִין מִיבַּעְיָא לֵיהּ! אָמַר רַב אוֹשַׁעְיָא: לְעוֹלָם פֵּרוּרָא דְאוּשְׁכָּפֵי, וּמַאי קָרֵי לֵיהּ קוֹלָן שֶׁל סוֹפְרִים? דְּסוֹפְרִים נָמֵי מְדַבְּקִין בְּהוּ נְיָירוֹתֵיהֶן.
La Guemara répond par une autre question : Mais alors quoi, diras-tu que cela fait référence à la colle des cordonniers ? Si c’est le cas, pourquoi les auteurs de la michna l’ont-ils appelée colle des scribes [kolan shel soferim] ? Elle aurait dû être appelée colle des cordonniers [kolan shel ratzanin]. Rav Oshaya a dit : En réalité, il faut expliquer que kolan fait référence à la colle des cordonniers ; et pourquoi est-elle appelée colle des scribes ? La raison est que les scribes l’utilisent aussi pour attacher leurs pages. À l’époque de la michna, cette pâte était appelée colle des scribes.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר אַף תַּכְשִׁיטֵי נָשִׁים וְכוּ׳. תַּכְשִׁיטֵי נָשִׁים סָלְקָא דַּעְתָּךְ? אֶלָּא אֵימָא: אַף טִיפּוּלֵי נָשִׁים. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: בְּנוֹת יִשְׂרָאֵל
Il est énoncé dans la michna : Rabbi Eliezer dit que les parures des femmes sont également interdites en tant qu’aliment levé. La Guemara demande : Pourrait-il te venir à l’esprit de dire que des parures faites d’argent, d’or ou de matières tissées contiennent du levain ? Dis plutôt que cela signifie : Même les cosmétiques des femmes ou d’autres articles utilisés par les femmes pour embellir leur peau sont interdits s’ils contiennent des ingrédients levés. Comme Rav Yehuda a dit que Rav a dit : En ce qui concerne les femmes juives