אָמַר: אָמַר קְרָא ״רֵאשִׁית״ — שֶׁשְּׁיָרֶיהָ נִיכָּרִין לְיִשְׂרָאֵל, יָצְתָה זוֹ שֶׁאֵין שְׁיָרֶיהָ נִיכָּרִין.
il a dit que le verset déclare : « Les prémices de ton blé, de ton vin, de ton huile, et les prémices de la toison de tes brebis, tu les lui donneras » (Deutéronome 18:4), ce qui implique que ses restes sont reconnaissables pour un Israélite, car la notion d’une première part indique qu’il reste une autre portion propre à être consommée par l’Israélite. Cetteterumaest exclue, car il ne reste aucun résidu reconnaissable pouvant être consommé par l’Israélite, parce qu’il s’agit de pain levé. Puisque, même après que cette portion a été séparée, le reste de la production ne peut pas être mangé, ce qui a été séparé ne devient pas teruma.
יָתֵיב רַב אַחָא בַּר רַב עַוְיָא קַמֵּיהּ דְּרַב חִסְדָּא, וְיָתֵיב וְאָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: עֲנָבִים שֶׁנִּטְמְאוּ — דּוֹרְכָן פָּחוֹת פָּחוֹת מִכְּבֵיצָה, וְיֵינָן כָּשֵׁר לִנְסָכִין. אַלְמָא קָסָבַר: מַשְׁקִין מִיפְקָד פְּקִידִי, לְאֵימַת קָא מִיטַּמְּאִי — לְכִי סָחֵיט לְהוּ. לְכִי סָחֵיט לְהוּ לֵיתֵיהּ לְשִׁיעוּרֵיהּ.
Rav Aḥa bar Rav Avya était assis devant Rav Ḥisda, et, étant assis, il dit au nom de Rabbi Yoḥanan : En ce qui concerne des raisins devenus rituellement impurs, il faut les fouler moins d’un volume d’œuf à la fois, et le vin qui en sort est cachère même pour les libations parce qu’il est rituellement pur. Apparemment, Rabbi Yoḥanan soutient : le liquide est stocké à l’intérieur du raisin, car le jus n’est pas considéré comme faisant partie du raisin lui-même, mais plutôt comme stocké dans le raisin comme s’il était contenu dans un récipient. Selon l’opinion de Rabbi Yoḥanan, quand ces liquides deviennent-ils rituellement impurs ? Cela ne se produit que lorsqu’on les presse, et avant cela le jus reste pur même si le raisin était impur. Et lorsqu’on les presse, il y a moins que la mesure minimale de chair de raisin qui transmettrait l’impureté rituelle, car un aliment ne peut transmettre l’impureté rituelle que s’il a au moins le volume d’un œuf.
אִי הָכִי, כְּבֵיצָה נָמֵי? דְּהָתְנַן: טְמֵא מֵת שֶׁסָּחַט זֵיתִים וַעֲנָבִים כְּבֵיצָה מְכֻוֶּונֶת — טְהוֹרִין! הָתָם — דְּאִי עֲבַד, הָכָא — לְכַתְּחִלָּה. גְּזֵירָה דִּילְמָא אָתֵי לְמֶיעְבַּד יוֹתֵר מִכְּבֵיצָה.
La Guemara conteste cette affirmation : Si c’est le cas, alors même s’il presse un volume équivalant à un œuf de raisins, le jus ne deviendra toujours pas impur. N’avons-nous pas appris dans une michna : Dans le cas de quelqu’un qui est rituellement impur d’une impureté transmise par un cadavre et qui a pressé des olives ou des raisins dans la quantité exacte d’un volume équivalant à un œuf, le liquide est rituellement pur. Dès que la première goutte de liquide est extraite, il reste moins d’un volume équivalant à un œuf de nourriture, et cela ne peut pas rendre le liquide impur. Dans ce cas, pourquoi Rabbi Yoḥanan a-t-il permis de presser seulement moins d’un volume équivalant à un œuf ? La Guemara répond : Là-bas, il s’agissait d’un cas où la décision était rendue a posteriori ; cependant, ici, il est question de la décision a priori, et la michna énonce qu’on ne peut extraire du jus que de moins d’un volume équivalant à un œuf de raisins en raison d’un décret rabbinique, de peur qu’on n’en vienne à accomplir l’acte de presser sur plus d’un volume équivalant à un œuf, ce qui rendrait le liquide impur.
אֲמַר לֵיהּ רַב חִסְדָּא: מַאן צָיֵית לָךְ וּלְרַבִּי יוֹחָנָן רַבָּךְ? וְכִי טוּמְאָה שֶׁבָּהֶן לְהֵיכָן הָלְכָה? אַלְמָא קָא סָבַר: מַשְׁקִין מִיבְלָע בְּלִיעִי. וְכֵיוָן דְּאִיטַּמּוֹ לֵיהּ אוּכְלָא, אִיטַּמּוֹ לֵיהּ מַשְׁקִין.
Rav Ḥisda dit à Rav Aḥa bar Rav Avya : Qui t’écoutera, toi et Rabbi Yoḥanan, ton maître, au sujet de cette question ? Car, où est allée l’impureté qui se trouvait dans le jus de raisin ? La Guemara note que apparemment, Rav Ḥisda soutient : les liquides sont absorbés à l’intérieur du fruit et sont donc considérés comme faisant partie du raisin lui-même. Et puisque la chair du raisin est devenue rituellement impure, le liquide est également devenu rituellement impur.
אֲמַר לֵיהּ: וְאַתְּ לָא תִּיסְבְּרָא דְּמַשְׁקִין מִיפְקָד פְּקִידִי? וְהָתְנַן: טְמֵא מֵת שֶׁסָּחַט זֵיתִים וַעֲנָבִים מְכֻוֶּונֶת כְּבֵיצָה — טְהוֹרִין. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא מִיפְקָד פְּקִידִי — מִשּׁוּם הָכִי טְהוֹרִין, אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ מִיבְלָע בְּלִיעִי — אַמַּאי טְהוֹרִין?
Rav Aḥa lui dit : Ne soutiens-tu pas que les liquides sont stockés à l’intérieur du raisin ? N’avons-nous pas appris dans la michna : Dans le cas de quelqu’un qui est rituellement impur par une impureté transmise par un cadavre et qui a pressé des olives ou des raisins dans la quantité exacte d’un volume d’œuf, en utilisant un ustensile plat en bois sans toucher le liquide lui-même, le liquide est rituellement pur. Certes, si tu dis que le jus est stocké à l’intérieur des raisins, alors c’est pour cette raison que le liquide est pur. Mais si tu dis que le liquide est absorbé dans les raisins, pourquoi le jus est-il pur ? Selon cet avis, dès que le raisin lui-même devient impur, le jus, qui lui est attaché et absorbé en lui, devient lui aussi impur.
אֲמַר לֵיהּ: הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן, בַּעֲנָבִים שֶׁלֹּא הוּכְשְׁרוּ. לְאֵימַת מִתַּכְשְׁרִי? לְכִי סָחֵיט לְהוּ. כִּי סָחֵיט לְהוּ — בְּצִיר לְהוּ שִׁיעוּרָא. דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי, הָא דְּתַנְיָא: הָא לְמָה זֶה דּוֹמֶה — לִתְרוּמַת תּוּתִין (זֵיתִים) וַעֲנָבִים שֶׁנִּטְמְאָה, שֶׁאֵין לוֹ בָּהּ לֹא הֶיתֵּר אֲכִילָה וְלֹא הֶיתֵּר הַסָּקָה. הָא הֶיתֵּר אֲכִילָה נָמֵי אִית בֵּיהּ, דְּאִי בָּעֵי דָּרֵיךְ לְהוּ פָּחוֹת פָּחוֹת מִכְּבֵיצָה.
Rav Ḥisda lui dit : De quoi parlons-nous ici ? Nous parlons d’un cas où les raisins n’ont pas été rendus susceptibles à l’impureté rituelle, puisqu’ils ne sont pas entrés en contact avec des liquides. Quand deviennent-ils susceptibles à l’impureté rituelle ? C’est seulement lorsqu’on les presse et qu’ils deviennent humides de leur propre jus. Cependant, lorsqu’on les presse, ils diminuent de volume et n’ont plus la mesure de volume requise pour devenir impurs. Cela doit être l’explication, car si vous ne dites pas cela, il est difficile de concilier cette michna avec ce qui a été enseigné dans la baraita citée ci-dessus : À quoi peut-on comparer ce cas de teruma de pain levé ? On peut le comparer à la teruma de baies, d’olives et de raisins devenus impurs, qu’on ne peut ni manger ni brûler. Cependant, selon la déclaration de Rabbi Yoḥanan, on peut même les manger, car si l’on veut, on peut fouler moins que le volume d’un œuf à la fois.
אָמַר רָבָא: גְּזֵירָה דִּילְמָא אָתֵי בְּהוּ לִידֵי תַקָּלָה. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וּמִי חָיְישִׁינַן לְתַקָּלָה? וְהָא תַּנְיָא: מַדְלִיקִין בְּפַת וּבְשֶׁמֶן שֶׁל תְּרוּמָה שֶׁנִּטְמֵאת. אֲמַר לֵיהּ: פַּת — זָרֵיק לֵיהּ בֵּין הָעֵצִים. שֶׁמֶן שֶׁל תְּרוּמָה — רָמֵי לֵיהּ בִּכְלִי מָאוּס.
Rava dit : Il est possible de rejeter cette preuve, car même si cette action est permise en principe, il existe un décret rabbinique qui l’interdit de peur qu’il ne rencontre une occasion de trébucher. Si quelqu’un conserve des fruits de teruma rituellement impurs afin d’en extraire le jus, il est possible qu’il oublie leur statut et les mange accidentellement. Abaye lui dit : Sommes-nous préoccupés par ce type d’occasion de trébucher ? N’a-t-on pas enseigné dans une baraita : On peut allumer un feu avec du pain et de l’huile de teruma devenus rituellement impurs ? On peut déduire de cette baraita qu’il n’y a pas lieu de craindre qu’une personne oublie et mange ces aliments. Rava lui dit : Le pain n’est permis que lorsqu’on le jette parmi le bois utilisé comme combustible, de sorte qu’il soit abîmé et ne soit plus considéré comme comestible. L’huile de teruma n’est permise que lorsqu’on la met dans un récipient répugnant afin que personne ne la boive.
גּוּפָא: מַדְלִיקִין בְּפַת וּבְשֶׁמֶן שֶׁל תְּרוּמָה שֶׁנִּטְמֵאת. אַבָּיֵי אָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּחִזְקִיָּה, וְרָבָא אָמַר דְּבֵי רַבִּי יִצְחָק בַּר מָרְתָא אָמַר רַב הוּנָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא פַּת, אֲבָל חִיטֵּי — לֹא, שֶׁמָּא יָבֹא בָּהֶן לִידֵי תַּקָּלָה. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ חִיטֵּי. וְאַמַּאי? נֵיחוּשׁ דִּילְמָא אָתֵי בָּהֶן לִידֵי תַּקָּלָה! כִּדְאָמַר רַב אָשֵׁי:
En ce qui concerne l’affaire elle-même, il a été enseigné : On peut allumer avec du pain et de l’huile de teruma devenus rituellement impurs. Les Sages ont limité l’application de cette halakha, car Abaye a dit au nom de Ḥizkiya et Rava a dit au nom des Sages de l’école de Rabbi Yitzḥak bar Marta que Rav Huna a dit : Ils ont enseigné qu’on peut utiliser la teruma impure comme combustible seulement en ce qui concerne le pain ; cependant, en ce qui concerne le blé, non, on ne peut pas allumer un feu avec lui, de peur de rencontrer une occasion de trébucher et d’en manger, car le blé ne deviendra pas impropre à la consommation du fait d’être placé parmi le bois de chauffage. Et Rabbi Yoḥanan a dit : Même le blé peut être utilisé comme combustible. La Guemara demande : Et pourquoi le permet-il ? Craignons qu’il ne rencontre une occasion de trébucher. La Guemara répond sur la base de ce que Rav Ashi a dit au sujet d’une autre question :