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אָמַר רָבָא: הִלְכְתָא חָמֵץ בִּזְמַנּוֹ, בֵּין בְּמִינוֹ בֵּין שֶׁלֹּא בְּמִינוֹ — אָסוּר בְּמַשֶּׁהוּ, כְּרַב. שֶׁלֹּא בִּזְמַנּוֹ, בֵּין בְּמִינוֹ בֵּין שֶׁלֹּא בְּמִינוֹ — מוּתָּר, כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן.
Rava a dit : La halakha est que, concernant l’interdiction de manger un mélange de pain levé pendant son temps d’interdiction, c’est-à-dire pendant Pessa'h, qu’il soit mélangé avec son propre type ou avec un autre type, c’est interdit, même si la moindre quantité s’y est mélangée, conformément à l’opinion de Rav. Pas pendant son temps d’interdiction, mais plutôt après la fin de Pessa'h, que le pain levé ait été mélangé avec son propre type ou avec un autre type, c’est permis, même lorsqu’il donne du goût au mélange. Cela est conformément à l’opinion de Rabbi Shimon, qui affirme que le pain levé appartenant à un Juif pendant Pessa'h est permis après Pessa'h.
וּמִי אָמַר רָבָא הָכִי? וְהָאָמַר רָבָא: רַבִּי שִׁמְעוֹן קְנָסָא קָנֵיס, הוֹאִיל וְעָבַר עָלָיו בְּ״בַל יֵרָאֶה״ וּ״בַל יִמָּצֵא״!
La Guemara demande : Rava a-t-il באמת dit cela, que, selon Rabbi Shimon, le pain levé appartenant à un Juif pendant Pessa'h est permis après Pessa'h ? Mais Rava n’a-t-il pas lui-même dit que Rabbi Shimon a imposé une pénalité interdisant de tirer profit du pain levé appartenant à un Juif pendant Pessa'h, puisqu’il a transgressé l’interdiction il ne sera pas vu et l’interdiction il ne sera pas trouvé ?
הָנֵי מִילֵּי בְּעֵינֵיהּ, אֲבָל עַל יְדֵי תַּעֲרוֹבֶת — לָא. וְאַזְדָּא רָבָא לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר רָבָא: כִּי הֲוֵינַן בֵּי רַב נַחְמָן, כִּי הֲווֹ נָפְקִי שִׁבְעָה יוֹמֵי דְפִסְחָא אֲמַר לַן: פּוּקוּ וּזְבִינוּ חֲמִירָא דִּבְנֵי חֵילָא.
La Guemara résout cette difficulté : Cette pénalité s’applique uniquement au pain levé qui est dans sa forme pure et non altérée, mais en ce qui concerne un mélange, non, on n’impose pas de pénalité, même si le pain levé existe encore. La Guemara ajoute : Et Rava suit son raisonnement, énoncé ailleurs, ce qui indique qu’il tranche conformément à l’opinion de Rabbi Shimon, comme Rava l’a dit : Alors que nous étions en train d’étudier dans la maison de Rav Naḥman, le soir où les sept jours de Pessaḥ étaient passés, il nous a dit : Allez acheter du pain levé aux gentils qui l’avaient cuit ce jour-là, le dernier jour de Pessaḥ. Sur la base de cette histoire, il est clair qu’il soutenait qu’on peut manger du pain levé qui avait appartenu à un gentil pendant Pessaḥ.
אָמַר רַב: קְדֵירוֹת בַּפֶּסַח יִשָּׁבְרוּ. וְאַמַּאי? לַשְׁהִינְהוּ אַחַר הַפֶּסַח, וְלֶיעְבַּד בְּהוּ שֶׁלֹּא בְּמִינָן! גְּזֵירָה דִּילְמָא אָתוּ לְמֶיעְבַּד בְּהוּ בְּמִינוֹ.
Rav a dit : les pots en terre cuite dans lesquels du pain levé a été cuit pendant Pessa'h doivent être brisés, car une petite quantité de la saveur du pain levé a été absorbée dans le pot. Il est donc interdit d’y cuire de nouveau, car la saveur interdite de ce pain levé serait transmise au nouvel aliment. La Guemara demande : Et pourquoi Rav était-il si rigoureux à l’égard de ces pots ? Qu’il conserve les pots jusqu’après la fin de Pessa'h et prépare en eux des mélanges d’un autre type d’aliment en eux. Même Rav soutient que lorsqu’un petit morceau de pain levé est mélangé à un autre type d’aliment après Pessa'h, le mélange est permis. La Guemara explique qu’il ne l’a pas permis en raison d’un décret rabbinique selon lequel on pourrait en venir à préparer un mélange du même type dans ces pots, rendant ainsi leur contenu interdit. Il a donc ordonné de détruire ces pots afin d’éviter cet écueil.
וּשְׁמוּאֵל אָמַר: לֹא יִשָּׁבְרוּ, אֲבָל מַשְׁהֵי לְהוּ לְאַחַר זְמַנּוֹ, וְעָבֵיד בְּהוּ בֵּין בְּמִינוֹ בֵּין שֶׁלֹּא בְּמִינוֹ.
Et Shmuel dit : Il n’est pas nécessaire de les briser. Au contraire, il doit les conserver jusqu’après son terme, c’est-à-dire jusqu’à la fin de Pessa'h, et alors il pourra préparer en eux de la nourriture du même type ou d’un autre type.
וְאַזְדָּא שְׁמוּאֵל לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר שְׁמוּאֵל לְהָנְהוּ דִּמְזַבְּנֵי כַּנְדֵי: אַשְׁווֹ זְבִינֵי אַכַּנְדַיְכִי, וְאִי לָא — דָּרְשִׁינָא לְכוּ כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן.
Et Shmuel suit sa ligne de raisonnement, énoncée ailleurs, comme Shmuel l’a dit aux marchands de pots, qui augmentaient fortement leurs prix après Pessa'h : Alignez les prix de vos pots. Et si vous ne baissez pas vos prix, je vous enseignerai que la halakhaest conforme à l’opinion de Rabbi Shimon, selon laquelle il est permis de tirer profit du pain levé après Pessa'h. Cette décision conduirait les gens à conserver leurs ustensiles et à s’abstenir d’acheter de nouveaux ustensiles après Pessa'h, et par conséquent les marchands perdraient des affaires.
וְלִידְרוֹשׁ לְהוּ, דְּהָא שְׁמוּאֵל כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן סְבִירָא לֵיהּ! אַתְרֵיהּ דְּרַב הֲוָה.
La Guemara demande : Qu’il leur enseigne donc effectivement cette décision, car Shmuel soutient que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon, comme cela a été mentionné précédemment. Dès lors, pourquoi n’a-t-il pas rendu publique son opinion sur la question ? La Guemara répond : C’était le lieu de Rav, et il ne serait donc pas approprié que Shmuel présente publiquement une position avec laquelle Rav n’était pas d’accord. Cependant, lorsqu’il vit les marchands augmenter leurs prix de manière injuste, il menaça néanmoins de rendre publique son opinion sur la question.
הָהוּא תַּנּוּרָא דִּטְחוֹ בֵּיהּ טִיחְיָא. אַסְרֵהּ רָבָא בַּר אֲהִילַאי לְמֵיכְלֵיהּ לְרִיפְתָּא אֲפִילּוּ בְּמִילְחָא לְעוֹלָם, דִּילְמָא אָתֵי לְמֵיכְלֵיהּ בְּכוּתָּחָא.
La Guemara rapporte : Il y avait un certain four qu’on avait enduit de graisse de viande, et par conséquent le goût de la viande y fut absorbé, puis on l’utilisa pour cuire du pain. Rava bar Ahilai interdit de manger ce pain même avec du sel, et pas seulement avec du lait. Ce statut s’appliquerait à jamais au pain cuit dans ce four, même lors des fournées suivantes, de peur que l’on ne mange un tel pain avec du kutaḥ, un assaisonnement à base de produits laitiers, ce qui constituerait une violation de l’interdiction de manger de la viande avec du lait.
מֵיתִיבִי: אֵין לָשִׁין אֶת הָעִיסָּה בְּחָלָב, וְאִם לָשׁ — כׇּל הַפַּת כּוּלָּהּ אֲסוּרָה, מִפְּנֵי הֶרְגֵּל עֲבֵירָה. כַּיּוֹצֵא בוֹ,
La Guemara soulève une objection à cette déclaration : Il a été enseigné qu’on ne peut pas pétrir la pâte avec du lait, et si l’on a pétri la pâte avec du lait, alors tout le pain est interdit en raison de la crainte qu’il commette une transgression habituelle. Comme on mange habituellement du pain avec de la viande, on craint qu’on en vienne aussi à manger ce pain avec de la viande, transgressant sans le savoir l’interdiction de manger de la viande avec du lait. De même,

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