תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כֹּל אֲשֶׁר בְּתוֹכוֹ יִטְמָא״, וּסְמִיךְ לֵיהּ: ״מִכׇּל הָאֹכֶל״. אוֹכֶל מִטַּמֵּא מֵאֲוִיר כְּלִי חֶרֶס, וְאֵין כׇּל הַכֵּלִים מִטַּמְּאִין מֵאֲוִיר כְּלִי חֶרֶס.
Par conséquent, le verset déclare au sujet des animaux rampants : « Et tout vase de terre dans lequel tombera l’un d’eux, tout ce qui s’y trouve sera impur, et vous le briserez » (Lévitique 11:33). Et juxtaposé à celui-ci se trouve le verset : « De toute nourriture qui s’y trouve et qui peut être mangée, sur laquelle vient de l’eau, sera impur » (Lévitique 11:34). Cela indique que la nourriture devient impure par l’espace aérien d’un vase de terre, mais que tous les vases ne deviennent pas impurs par l’espace aérien d’un vase de terre. Cette baraita prouve que le vase de terre lui-même n’est pas considéré comme rempli de carcasses d’animaux rampants et, par conséquent, ne rend pas impur tout ce qui se trouve à l’intérieur avec une impureté du premier degré. Si le vase de terre était effectivement considéré comme rempli d’impureté, les vases à l’intérieur de celui-ci contracteraient eux aussi une impureté rituelle du premier degré.
רַב חִסְדָּא רָמֵי פִּיסְחָא אַפִּיסְחָא וּמְשַׁנֵּי: מִי אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ שְׁתֵּיהֶן כְּאַחַת?
Rav Ḥisda a soulevé une contradiction entre une déclaration concernant Pessa'h et une autre déclaration concernant Pessa'h, et il a résolu cette contradiction lui-même. La Guemara développe : Rabbi Yehoshua a-t-il réellement dit que toutes deux peuvent être brûlées ensemble, une terouma dont la pureté est incertaine, et une terouma définitivement impure, la veille de Pessa'h ?
וּרְמִינְהוּ, אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: אֵין הַנִּדּוֹן דּוֹמֶה לִרְאָיָה, כְּשֶׁהֵעִידוּ רַבּוֹתֵינוּ — עַל מָה הֵעִידוּ? אִם עַל הַבָּשָׂר שֶׁנִּטְמָא בִּוְלַד הַטּוּמְאָה שֶׁשּׂוֹרְפִין אוֹתוֹ עִם הַבָּשָׂר שֶׁנִּטְמָא בְּאַב הַטּוּמְאָה — זֶה טָמֵא וְזֶה טָמֵא.
Et il souleva une contradiction à partir de la Tosefta, comme Rabbi Yossei l’a dit : La conclusion déduite de brûler ensemble du levain pur et impur n’est pas semblable au cas dont tu as apporté la preuve. Lorsque Rabbi Meïr a dit que les Sages, Rabbi Ḥanina, l’adjoint du Grand Prêtre, et Rabbi Akiva, ont témoigné, au sujet de quoi ont-ils témoigné ? Si tu affirmes que Rabbi Meïr a parlé au sujet de viande devenue rituellement impure par contact avec une source secondaire d’impureté, et que l’on peut la brûler avec de la viande devenue impure par contact avec une source primaire d’impureté, c’est un cas où à la fois cette viande est impure et cette autre viande est impure, bien que pas au même niveau d’impureté.
אִם עַל הַשֶּׁמֶן שֶׁנִּפְסַל בִּטְבוּל יוֹם, שֶׁמַּדְלִיקִין אוֹתוֹ בְּנֵר שֶׁנִּטְמָא בִּטְמֵא מֵת — זֶה פָּסוּל וְזֶה טָמֵא. אַף אָנוּ מוֹדִים בִּתְרוּמָה שֶׁנִּטְמֵאת בִּוְלַד הַטּוּמְאָה שֶׁשּׂוֹרְפִין אוֹתָהּ עִם הַתְּרוּמָה שֶׁנִּטְמֵאת בְּאַב הַטּוּמְאָה, אֲבָל הֵיאַךְ נִשְׂרוֹף אֲפִילּוּ תְּלוּיָה עִם הַטְּמֵאָה, שֶׁמָּא יָבֹא אֵלִיָּהוּ וִיטַהֲרֵם.
Rabbi Yossei poursuit : Si tu dis que Rabbi Meïr fait référence à la déclaration de Rabbi Akiva, concernant l’huile qui a été disqualifiée par quelqu’un qui s’est immergé ce jour-là, et que celle-ci peut être allumée dans une lampe devenue rituellement impure d’une impureté de premier degré par contact avec quelqu’un qui est devenu rituellement impur par une impureté transmise par un cadavre, c’est un cas où cette substance est disqualifiée et cet objet est impur. Nous concédons également au sujet de la terouma devenue impure à partir d’une source secondaire d’impureté, qu’on peut la brûler avec de la terouma devenue rituellement impure à partir d’une source primaire d’impureté, même si la première terouma assumera un degré d’impureté plus élevé. Cependant, comment brûlerons-nousterouma en suspens, c’est-à-dire une terouma dont le statut d’impureté est incertain, avec de la terouma rituellement impure ? Peut-être qu’Élie le Prophète viendra et établira prophétiquement que la terouma n’est pas rituellement impure, et la rendra rituellement pure.
וּמְשַׁנֵּי: הָא רַבִּי שִׁמְעוֹן, וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ. הָא רַבִּי יוֹסֵי, וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ.
Et Rav Ḥisda lui-même a résolu la contradiction : Cette déclaration qui a été enseignée au nom de Rabbi Yehoshua, selon laquelle on brûle la teruma en suspens avec de la teruma rituellement impure, est l’opinion de Rabbi Shimon et conformément à l’opinion de Rabbi Yehoshua, tandis que cette autre déclaration, selon laquelle on ne peut pas les brûler ensemble, est l’opinion de Rabbi Yosei et conformément à l’opinion de Rabbi Yehoshua.
דְּתַנְיָא: אַרְבָּעָה עָשָׂר שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, מְבַעֲרִין אֶת הַכֹּל מִלִּפְנֵי הַשַּׁבָּת, וְשׂוֹרְפִין תְּרוּמוֹת טְמֵאוֹת תְּלוּיוֹת וּטְהוֹרוֹת, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: טְהוֹרָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ, וּתְלוּיָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ, וּטְמֵאָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ.
La Guemara cite la source de cette controverse tannaïtique concernant l’opinion de Rabbi Yehoshua. Comme il a été enseigné dans une baraita : Si le quatorzième de Nissan tombe un Chabbat, on ne peut pas enlever le levain la veille de Pessa'h de la manière habituelle, et par conséquent on enlève tout avant Chabbat, et il brûle toute la terouma ensemble, la terouma impure, la terouma en suspens et la terouma pure. Telle est l’opinion de Rabbi Meir. Rabbi Yossei dit : on brûle la terouma pure à part, la terouma en suspens à part, et la terouma impure à part.
אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: לֹא נֶחְלְקוּ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ עַל הַטְּהוֹרָה וְעַל הַטְּמֵאָה שֶׁאֵין שׂוֹרְפִין, עַל הַתְּלוּיָה וְעַל הַטְּהוֹרָה שֶׁשּׂוֹרְפִין. עַל מָה נֶחְלְקוּ — עַל הַתְּלוּיָה וְעַל הַטְּמֵאָה, שֶׁרַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: תִּישָּׂרֵף זוֹ בְּעַצְמָהּ וְזוֹ בְּעַצְמָהּ. וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: שְׁתֵּיהֶן כְּאַחַת.
Rabbi Shimon a dit : Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua n’étaient pas en désaccord au sujet de la terouma rituellement pureterumaet au sujet de la terouma impureteruma. Ils sont d’accord qu’on ne peut pas les brûler ensemble. Et ils n’étaient pas non plus en désaccord au sujet deterumaen suspens et de la terouma pureteruma. Ils sont d’accord qu’on peut les brûler ensemble. Puisque la teruma n’est pas définitivement impure, il ne semble pas qu’il rende directement impure la teruma. À propos de quoi étaient-ils en désaccord ? Ils étaient en désaccord au sujet de brûler la terumaen suspens et la terouma impureteruma ensemble, comme le dit Rabbi Eliezer : Cetteterumadoit être brûlée séparément et cette autreterumaséparément. Puisque ce cas concerne une teruma qui est définitivement impure, si la teruma en suspens est en réalité pure, en les brûlant ensemble il l’aura rendue impure. Et Rabbi Yehoshua dit : On peut brûler les deux ensemble comme une seule.
וְהָא מַתְנִיתִין רַבִּי יוֹסֵי הִיא! הָכִי קָאָמַר רַבִּי יוֹסֵי לְרַבִּי מֵאִיר: אֲפִילּוּ רַבִּי שִׁמְעוֹן וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, דְּמֵיקֵל, כִּי מֵיקֵל בִּתְלוּיָה וּטְמֵאָה, אֲבָל בִּטְהוֹרָה וּטְמֵאָה — לָא.
La Guemara soulève une difficulté : La michna n’est-elle pas conforme à l’opinion de Rabbi Yossei ? Comment la déclaration de Rabbi Yossei peut-elle être attribuée à Rabbi Shimon ? La Guemara répond : Voici ce que Rabbi Yossei dit à Rabbi Meïr : Même selon Rabbi Shimon conformément à l’opinion de Rabbi Yehoshoua, qui est indulgent, là où il statue avec indulgence, ce n’est que concernant le fait de brûler la terouma en suspens et impureterouma ensemble. Cependant, concernant la terouma rituellement pureterouma et impureterouma ensemble, non, même lui ne permet pas de les brûler ensemble.
רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא רָמֵי תְּרוּמָה אַפִּיסְחָא, וּמְשַׁנֵּי: מִי אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ שְׁתֵּיהֶן כְּאַחַת?
De même, Rabbi Yosei, fils de Rabbi Ḥanina, a soulevé une contradiction entre l’énoncé précédent concernant la terouma et une halakha de Pessa'h, et il l’a résolue lui-même. La Guemara précise : Rabbi Yehoshua a-t-il réellement dit que les deux — la terouma en suspens et la terouma impure — peuvent être brûlées ensemble ?
וּרְמִינְהוּ: חָבִית שֶׁל תְּרוּמָה שֶׁנּוֹלַד בָּהּ סְפֵק טוּמְאָה, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אִם הָיְתָה מוּנַּחַת בִּמְקוֹם הַתּוּרְפָּה — יַנִּיחֶנָּה בְּמָקוֹם הַמּוּצְנָע, וְאִם הָיְתָה מְגוּלָּה יְכַסֶּנָּה. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: אִם הָיְתָה מוּנַּחַת בְּמָקוֹם הַמּוּצְנָע — יַנִּיחֶנָּה בִּמְקוֹם הַתּוּרְפָּה, וְאִם הָיְתָה מְכוּסֶּה יְגַלֶּנָּה.
Et il souleva une contradiction à partir d’une michna : Dans le cas d’un tonneau de produits de terouma au sujet duquel un doute est apparu quant à son impureté, Rabbi Eliezer dit : Si le tonneau était posé dans un endroit vulnérable, où il peut entrer en contact avec l’impureté, on doit le placer dans un endroit caché, et s’il était exposé il doit le couvrir. Rabbi Yehoshua dit : S’il était placé dans un endroit caché, il peut le placer dans un endroit vulnérable. Et s’il était couvert il peut le découvrir.
גְּרָמָא — אִין, בְּיָדַיִם — לָא! וּמְשַׁנֵּי: הָא רַבִּי שִׁמְעוֹן אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, הָא רַבִּי יוֹסֵי אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ.
La Guemara déduit de cette michna : Dans tous les cas, la causation passive du fait qu’une terouma, dont l’impureté est incertaine, devienne définitivement impure, oui, est permise. Cependant, rendre activement une terouma impure avec ses mains, non, cela est interdit. Cette décision contredit la halakha précédente selon laquelle on peut brûler ensemble une terouma en suspens et une terouma impure. Et Rabbi Yossei, fils de Rabbi Ḥanina, a résolu lui-même cette contradiction apparente : Cette affirmation, selon laquelle il est permis de brûler une terouma en suspens avec une terouma rituellement impure, est l’opinion de Rabbi Shimon conformément à l’opinion de Rabbi Yehoshua, tandis que cette autre affirmation, selon laquelle on ne peut causer cette impureté que passivement, est l’opinion de Rabbi Yossei conformément à l’opinion de Rabbi Yehoshua.
רַבִּי אֶלְעָזָר רָמֵי תְּרוּמָה אַתְּרוּמָה, וּמְשַׁנֵּי: מִי אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ גְּרָמָא אִין, בְּיָדַיִם לָא?
De même, Rabbi Elazar a soulevé une contradiction entre une halakha concernant la teruma et une autre halakha concernant la teruma, et a résolu lui-même la contradiction. La Guemara explique : Rabbi Yehoshua a-t-il réellement dit que la causation passive par laquelle une teruma, dont l’impureté est incertaine, devient définitivement impure, oui, cela est permis ; cependant, rendre une teruma impure activement avec ses mains, non, cela est interdit ?
וּרְמִינְהוּ: חָבִית שֶׁל תְּרוּמָה שֶׁנִּשְׁבְּרָה בַּגַּת הָעֶלְיוֹנָה וְתַחְתֶּיהָ חוּלִּין טְמֵאִין —
Et il souleva une objection contre cela à partir d’une michna : En ce qui concerne un tonneau de vin de terouma qui s’est brisé dans la partie supérieure d’un pressoir, où l’on presse les raisins, et qu’il y a du vin impur, non sacré dans la partie inférieure du pressoir, là où le vin s’écoule depuis la partie supérieure, si le vin de terouma s’écoulait dans le vin non sacré, le vin de terouma deviendrait rituellement impur. Il en résulterait une perte financière importante, car le statut juridique de tout le vin dans le pressoir inférieur serait celui de terouma impure, qu’il est interdit même aux prêtres de boire.
מוֹדֶה רַבִּי אֱלִיעֶזֶר (לְרַבִּי) יְהוֹשֻׁעַ שֶׁאִם יָכוֹל לְהַצִּיל מִמֶּנָּה רְבִיעִית בְּטׇהֳרָה — יַצִּיל, וְאִם לָאו — רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: תֵּרֵד וְתִטַּמֵּא, וְאַל יְטַמְּאֶנָּה בַּיָּד.
Rabbi Eliezer concède à Rabbi Yehoshua que, si l’on peut sauver même un quart de log du tonneau qui s’est brisé et garder le vin dans un état de pureté rituelle, en recevant le vin de teruma dans un récipient avant qu’il ne devienne impur, on doit le sauver. Et, si l’on ne peut pas recevoir le vin dans un récipient pur, parce que seuls des récipients impurs sont disponibles, de sorte que, s’il les utilise pour recevoir le vin ou pour sceller le pressoir supérieur, il rendra la teruma impure, Rabbi Eliezer dit : Il faut laisser le vin de teruma descendre et devenir impur de lui-même, mais il ne faut pas activement le rendre impur avec sa main.
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: יְטַמְּאֶנָּה בַּיָּד!
Rabbi Yehoshua dit : On peut même la rendre impure avec sa main, en arrêtant le tuyau reliant les pressoirs supérieur et inférieur avec un récipient impur ou en recevant le vin dans des récipients impurs. De toute évidence, Rabbi Yehoshua permet même de rendre activement impure une terouma pure.
וּמְשַׁנֵּי: שָׁאנֵי הָתָם דְּאִיכָּא הֶפְסֵד חוּלִּין.
Et Rabbi Elazar a résolu lui-même cette contradiction : Là-bas, en ce qui concerne le tonneau brisé, c’est différent, car, dans ce cas, il y a un risque de perte de produit non sacré, lorsque le vin de terouma descend dans le pressoir inférieur. Le vin non sacré deviendra interdit à cause du mélange avec de la terouma impure.
מַתְקֵיף לַהּ רָבָא: מַתְנִיתִין נָמֵי אִיכָּא הֶפְסֵד עֵצִים! אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: לְהֶפְסֵד מְרוּבֶּה — חָשְׁשׁוּ, לְהֶפְסֵד מוּעָט — לֹא חָשְׁשׁוּ.
Rava s’oppose vivement à cette affirmation : dans la michna aussi, il y a une perte de bois, car il faut du bois supplémentaire pour allumer un second feu et brûler la terouma impure séparément. Abaye lui dit : En ce qui concerne cela et des questions similaires, les Sages se sont souciés d’une grande perte. Cependant, ils ne se sont pas souciés de la perte minime de quelques morceaux de bois.
ומְנָא תֵּימְרָא דִּלְהֶפְסֵד מְרוּבֶּה חָשְׁשׁוּ, וּלְהֶפְסֵד מוּעָט לֹא חָשְׁשׁוּ, דְּתַנְיָא: חָבִית שֶׁל שֶׁמֶן תְּרוּמָה שֶׁנִּשְׁבְּרָה בַּגַּת הָעֶלְיוֹנָה, וּבַתַּחְתּוֹנָה חוּלִּין טְמֵאִין — מוֹדֶה רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ שֶׁאִם יָכוֹל לְהַצִּיל מִמֶּנָּה רְבִיעִית בְּטׇהֳרָה — יַצִּיל, וְאִם לָאו — תֵּרֵד וְתִטַּמֵּא וְאַל יְטַמְּאֶנָּה בַּיָּד.
Et d’où dis-tu que les Sages se sont souciés d’une grande perte et ne se sont pas souciés d’une perte minime ? Comme il a été enseigné dans une baraita : En ce qui concerne un tonneau d’huile de terouma qui s’est brisé dans la partie supérieure du pressoir à olives, et dans la partie inférieure du pressoir il y a une production impure, non sacrée, Rabbi Eliezer concède à Rabbi Yehoshua que, si l’on peut sauver ne serait-ce qu’un quart de log d’huile en état de pureté du tonneau, on doit la sauver. Et si l’on ne peut pas recueillir l’huile dans un récipient pur, il faut permettre à l’huile de terouma de descendre et de devenir impure d’elle-même, mais il ne faut pas activement la rendre impure avec sa main.
מַאי שְׁנָא שֶׁמֶן, דְּרָאוּי לְהַדְלִיק? יַיִן נָמֵי רָאוּי לְזִילּוּף!
La Guemara répond : Qu’est-ce qui distingue l’huile pour que, contrairement au vin, tout le monde soit d’accord qu’on ne peut pas la rendre impure activement ? Si vous dites que la raison est que, même si la terouma tombe dans le pressoir inférieur et se mélange à de la terouma impure, elle est encore apte à l’éclairage et n’est pas entièrement perdue, alors, le vin aussi est apte à être aspergé dans la maison de quelqu’un afin de procurer une agréable fragrance. Le vin de terouma impure pourrait être utilisé à cette fin.
וְכִי תֵימָא זִילּוּף לָאו מִילְּתָא הִיא, וְהָאָמַר שְׁמוּאֵל מִשּׁוּם רַבִּי חִיָּיא: שׁוֹתִין מִלּוֹג בְּסֶלַע, וּמְזַלְּפִין מִלּוֹג בִּשְׁתַּיִם! בְּחָדָשׁ.
Et de peur que tu ne dises que l’aspersion de vin n’est pas une chose importante, et que cela reviendrait à détruire la terouma, Shmuel n’a-t-il pas dit au nom de Rabbi Ḥiyya : On boit de vin évalué à un log pour un sela, et on fait l’aspersion avec du vin évalué à un log pour deux sela. Apparemment, l’aspersion est un usage plus important que le fait de boire. La Guemara répond : La baraita parle de vin nouveau encore dans le pressoir, qui n’a pas de forte fragrance et ne peut pas être utilisé pour l’aspersion.
וְהָא רָאוּי לְיַשְּׁנוֹ! אָתֵי בֵּיהּ לִידֵי תַּקָּלָה. שֶׁמֶן נָמֵי, אָתֵי בֵּיהּ לִידֵי תַּקָּלָה!
La Guemara soulève une objection : Mais le vin n’est-il pas apte à vieillir, auquel cas il pourrait être utilisé pour l’aspersion et ne serait pas entièrement perdu. La Guemara répond : On peut ainsi en venir à rencontrer une pierre d’achoppement, car, avec le temps, il pourrait oublier qu’il est rituellement impur et en venir à le boire. La Guemara demande : Si tel est le cas, en ce qui concerne l’huile aussi, on peut ainsi en venir à rencontrer une pierre d’achoppement, de la même manière.
דְּרָמֵי לֵיהּ בִּכְלִי מָאוּס. יַיִן נָמֵי, רָמֵי לֵיהּ בִּכְלִי מָאוּס! לְזִילּוּף קָא בָעֵי לֵיהּ, בִּכְלִי מָאוּס רָמֵי לֵיהּ?!
La Guemara répond : La Guemara répond : L’huile de terouma rituellement impure est permise parce qu’il la place dans un récipient répugnant, afin que les gens soient dissuadés de la consommer et ne l’utilisent que pour l’éclairage. La Guemara suggère : En ce qui concerne le vin aussi, il peut le placer dans un récipient répugnant. La Guemara rejette cette suggestion : Ce n’est pas possible. Est-il raisonnable que quelqu’un qui veut le vin pour l’aspersion le place dans un récipient répugnant ? On asperge le vin pour ajouter une odeur agréable, ce qui ne serait pas le cas si le vin avait été laissé dans un récipient dégoûtant.
וְתַקָּלָה עַצְמָהּ, תַּנָּאֵי הִיא. דְּתַנְיָא: חָבִית שֶׁל יַיִן שֶׁל תְּרוּמָה שֶׁנִּטְמֵאת, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: תִּשָּׁפֵךְ חֲבָל, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: תֵּעָשֶׂה זִילּוּף.
La Guemara commente : Et la préoccupation d’un obstacle liée au fait de conserver des objets interdits est elle-même sujette à une controverse entre tannaïm. Comme cela a été enseigné dans une baraita : En ce qui concerne un tonneau de vin de terouma devenu rituellement impur, Beit Shammaï disent : Il doit être versé d’un seul coup, et Beit Hillel disent : Il faut attendre qu’il vieillisse, moment auquel il peut être utilisé pour l’aspersion.
אָמַר רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי, אֲנִי אַכְרִיעַ: בַּשָּׂדֶה — תִּשָּׁפֵךְ חֲבָל, בַּבַּיִת — תֵּעָשֶׂה זִילּוּף. אִיכָּא דְּאָמְרִי: בְּחָדָשׁ — תִּשָּׁפֵךְ חֲבָל, בְּיָשָׁן — תֵּעָשֶׂה זִילּוּף. אָמְרוּ לוֹ:
Rabbi Yishmaël, fils de Rabbi Yossei, a dit : Je trancherai ce différend. Si le tonneau se trouvait dans un champ, il doit être vidé d’un seul coup, de peur que l’impureté rituelle du tonneau ne soit oubliée avant qu’il ne soit apporté dans la maison. Cependant, si le tonneau se trouvait dans la maison, où il pouvait être utilisé immédiatement, il peut être utilisé pour l’aspersion. Certains disent que Rabbi Yishmaël, fils de Rabbi Yossei, a tranché : Dans le cas du vin nouveau, il doit être vidé d’un seul coup ; mais dans le cas du vin vieux, il doit être utilisé pour l’aspersion. Ils lui dirent :