נִשְׁאָלִין עָלֶיהָ, אֲפִילּוּ בִּכְלִי הַמּוּנָּח עַל גַּבֵּי קַרְקַע — כְּדָבָר שֶׁיֵּשׁ בּוֹ דַּעַת לִישָּׁאֵל.
ses propriétaires n’auront d’autre choix que de consulter un Sage à ce sujet afin de déterminer s’il est rituellement pur ou non, car même en ce qui concerne un récipient posé sur le sol, qui n’est certainement pas capable de fournir une réponse si on l’interroge, son statut juridique est comme celui d’un objet qui a la connaissance nécessaire pour être interrogé. Le fait que le couteau soit un objet inanimé n’est pas une raison suffisante pour statuer qu’il est rituellement pur. Il était donc nécessaire de dire que le couteau est rituellement pur parce que la cour du Temple est un domaine public. S’il s’agissait d’un domaine privé, le couteau serait considéré comme impur.
״וְהַבָּשָׂר טָמֵא״. הַאי בָּשָׂר דְּאִיתַּכְשַׁר בְּמַאי?
Il a été enseigné que, si une aiguille impure était trouvée dans un animal, la viande est rituellement impure. La Guemara demande : Avec quel liquide cette viande a-t-elle été rendue susceptible à l’impureté ? Un aliment ne peut devenir impur que s’il a été rendu susceptible à l’impureté par contact avec un liquide ; comment, alors, la viande sacrificielle a-t-elle pu devenir impure immédiatement après l’abattage de l’animal ?
אִי נֵימָא דְּאִיתַּכְשַׁר בְּדָם, וְהָא אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִנַּיִן לְדַם קָדָשִׁים שֶׁאֵינוֹ מַכְשִׁיר — שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא תֹּאכְלֶנּוּ עַל הָאָרֶץ תִּשְׁפְּכֶנּוּ כַּמָּיִם״, דָּם שֶׁנִּשְׁפָּךְ כַּמַּיִם — מַכְשִׁיר, וְשֶׁאֵינוֹ נִשְׁפָּךְ כַּמַּיִם — אֵינוֹ מַכְשִׁיר.
Si nous disons qu’il a été rendu susceptible à l’impureté par le sang qui a coulé lors de son abattage, Rabbi Ḥiyya bar Abba n’a-t-il pas dit que Rabbi Yoḥanan a dit : D’où est-il déduit au sujet du sang des offrandes consacrées qu’il ne rend pas les produits susceptibles à l’impureté ? Comme il est dit : « Tu ne mangeras certainement pas le sang ; tu le répandras sur la terre comme de l’eau » (Deutéronome 12:16). Les Sages ont déduit de ce verset : Le sang qui est répandu comme de l’eau, c’est-à-dire le sang d’un animal domestique non sacré qui est répandu lors de son abattage et non recueilli dans un récipient comme le sang sacrificiel, prend le statut juridique de l’eau et rend la nourriture susceptible à l’impureté rituelle. Le sang qui n’est pas répandu comme de l’eau, mais est recueilli dans un récipient pour être aspergé sur l’autel, ne rend pas la nourriture susceptible à l’impureté.
וְאֶלָּא דְּאִיתַּכְשַׁר בְּמַשְׁקֵי בֵּית מַטְבְּחַיָּא. וְהָא אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: מַשְׁקֵי בֵּית מַטְבְּחַיָּא לֹא דַּיָּין שֶׁהֵן דְּכַן, אֶלָּא שֶׁאֵין מַכְשִׁירִין!
Au contraire, dis que cette viande a été rendue susceptible à l’impureté rituelle par les autres liquides de l’abattoir, par exemple l’eau qui était gardée près de l’autel pour laver les offrandes. Mais Rabbi Yossei, fils de Rabbi Ḥanina, n’a-t-il pas dit au sujet des liquides de l’abattoir : Non seulement ils sont rituellement purs, comme cela a été noté dans le témoignage de Yossei ben Yo’ezer, mais ils ne rendent même pas la viande susceptible à l’impureté ?
וְאֶלָּא דְּאִיתַּכְשַׁר בְּחִיבַּת הַקּוֹדֶשׁ. אֵימוֹר דְּמַהְנְיָא לֵיהּ חִיבַּת הַקּוֹדֶשׁ לְאִיפְּסוֹלֵי גּוּפֵיהּ, לְמִימְנֵא בֵּיהּ רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי נָמֵי?!
Plutôt, dis que la viande est rendue susceptible à l’impureté rituelle par l’estime pour les objets sacrés. Selon ce principe, certains objets qui ne peuvent pas devenir impurs selon la loi de la Torah deviennent susceptibles à l’impureté selon la loi rabbinique en raison de leur sainteté extrême. La Guemara rejette cette possibilité : Dis que l’estime pour les objets sacrés est efficace pour invalider la viande elle-même malgré le fait qu’elle n’a pas été rendue susceptible de recevoir l’impureté, mais cela transmet-il aussi l’impureté au point que l’on compte le premier et le second degré d’impureté à partir du contact avec cette viande ? L’impureté fondée sur l’estime pour les objets sacrés peut-elle être transmise à d’autres objets comme l’impureté ordinaire ?
תִּיפְשׁוֹט דְּבָעֵי רֵישׁ לָקִישׁ: צָרִיד שֶׁל מְנָחוֹת מוֹנִין בּוֹ רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי אוֹ לֹא!
Si tel est le cas, résous d’ici ce que Reish Lakish a soulevé comme dilemme : En ce qui concerne une masse d’offrandes de farine, compte-t-on une impureté de premier et de second degré par contact avec elle ou non ? En raison de l’importance accordée aux objets sacrés, l’offrande elle-même peut devenir impure sans avoir été rendue susceptible par contact avec un liquide ; toutefois, le dilemme est de savoir si elle transmet l’impureté à d’autres objets ou non.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: כְּגוֹן שֶׁהָיְתָה פָּרָה שֶׁל זִבְחֵי שְׁלָמִים, וְהֶעֱבִירָהּ בְּנָהָר וּשְׁחָטָהּ, וַעֲדַיִין מַשְׁקֶה טוֹפֵחַ עָלֶיהָ.
La Guemara répond : Peut-être que le dilemme concernant le statut de l’impureté rituelle due à l’estime pour les objets sacrés n’a en fait pas été résolu. Dans le cas de la viande, Rav Yehuda a dit que Shmuel a dit : Il s’agit d’un cas où la viande provenait d’une vache apportée comme un sacrifice d’offrande de paix, dont la peau et la viande appartiennent à son propriétaire, et le propriétaire l’a menée à travers la rivière pour la nettoyer, et il l’a abattue alors que le liquide était encore humide sur elle. Pendant qu’on dépouillait l’animal, de l’eau est tombée sur la viande, la rendant susceptible à l’impureté.
נִמְצֵאת בַּפֶּרֶשׁ — הַכֹּל טָהוֹר. וְנִיהְדַּר פֶּרֶשׁ וְנִיטַמְּיֵהּ לְבָשָׂר! אָמַר רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה: בְּפֶרֶשׁ עָבָה. רַב אָשֵׁי אָמַר: אֲפִילּוּ תֵּימָא בְּפֶרֶשׁ רַכָּה, מִשּׁוּם דְּהָוֵי מַשְׁקֶה סָרוּחַ.
Nous avons appris dans une mishna citée ci-dessus : si l’aiguille a été trouvée dans les sécrétions de l’estomac de l’animal, tout, la viande, le couteau et les mains, est pur. La Guemara soulève une difficulté : Et que ces sécrétions, qui sont liquides, reviennent transmettre l’impureté à la viande elle-même. Comme tout autre liquide, les sécrétions contractent une impureté rituelle de premier degré par décret rabbinique. Rav Adda bar Ahava a dit : il s’agit de sécrétions épaisses, solides, qui ne sont pas liquides. Rav Ashi a dit : Même si vous dites qu’il s’agit de sécrétions molles, cela ne transmet pas l’impureté parce que c’est un liquide répugnant, qui ne transmet pas l’impureté.
תָּנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרַב שֵׁשֶׁת: שֶׁרֶץ מְטַמֵּא אֶת הַמַּשְׁקִין, וּמַשְׁקִין מְטַמְּאִין אֶת הַכְּלִי, וּכְלִי מְטַמֵּא אֶת הָאוֹכָלִין, וְהָאוֹכָלִין מְטַמְּאִין אֶת הַמַּשְׁקִין. וְלָמַדְנוּ שָׁלֹשׁ טוּמְאוֹת בְּשֶׁרֶץ. הָנֵי אַרְבָּעָה הֵן! גּוֹז מַשְׁקִין דְּרֵישָׁא.
Le tanna qui récitait des mishnayot et des baraitot dans la maison d’étude a enseigné une baraita devant Rav Sheshet. Sur la base des versets, il est possible de construire le scénario suivant : La carcasse d’un animal rampant transmet l’impureté aux liquides, les liquides transmettent l’impureté à un récipient, le récipient transmet l’impureté aux aliments, et les aliments transmettent l’impureté aux liquides. Et nous avons ainsi appris qu’il existe trois niveaux successifs d’impureté à l’égard d’un animal rampant mort. La Guemara fait remarquer : Cela en fait quatre niveaux, et non trois. La Guemara répond : Retranche les liquides de la première proposition, de sorte que la baraita se lise ainsi : La carcasse d’un animal rampant transmet l’impureté à un récipient, et le récipient aux aliments, etc.
אַדְּרַבָּה, גּוֹז מַשְׁקִין דְּסֵיפָא! לָא אַשְׁכְּחַן תַּנָּא דְּאָמַר ״מַשְׁקִין מְטַמְּאִין כְּלִי״ אֶלָּא רַבִּי יְהוּדָה, וַהֲדַר בֵּיהּ. וְסִימָנָיךְ: נַזְיְיתָא.
La Guemara demande : Au contraire, retranche les liquides de la clause finale, qui affirme que les aliments transmettent l’impureté aux liquides. La Guemara explique : Le seul tanna que nous trouvons ayant dit que les liquides transmettent l’impureté à un récipient est Rabbi Yehuda. Et même il s’est rétracté de cette affirmation. Et ton moyen mnémotechnique pour te souvenir de l’ordre du transfert de l’impureté dans cette baraita est une cuve de brassage, car l’ordre est semblable à la production de bière. D’abord on apporte le récipient, puis on y met l’orge, l’aliment, puis l’eau. Tel est l’ordre du transfert de l’impureté dans la baraita.
תְּנַן הָתָם: שֶׁרֶץ שֶׁנִּמְצָא בְּתַנּוּר — הַפַּת שֶׁבְּתוֹכוֹ שְׁנִיָּה, מִפְּנֵי שֶׁהַתַּנּוּר תְּחִלָּה.
Nous avons appris dans une michna là-bas : En ce qui concerne la carcasse d'un animal rampant qui a été trouvé dans un four, le pain à l'intérieur est impur d'une impureté rituelle de second degré. Cela est dû au fait que le four est impur d'une impureté de premier degré et transmet l'impureté au pain.
אֲמַר לֵיהּ רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה לְרָבָא: וְנִיחְזֵי לְהַאי תַּנּוּר כְּמַאן דִּמְלֵי טוּמְאָה דָּמֵי, וְתִיהְוֵי הַאי פַּת רִאשׁוֹנָה!
Rav Adda bar Ahava dit à Rava : Et considérons ce four comme s’il était rempli d’impureté, car un ustensile en terre cuite devient impur à cause d’un animal rampant dans l’espace aérien du four même sans le toucher. Et, par conséquent, ce pain devrait être impur au premier degré d’impureté. Le four doit être considéré comme s’il était rempli de carcasses d’animaux rampants, et le pain doit prendre le statut d’impureté du premier degré, comme s’il était devenu impur directement par un animal rampant.
אֲמַר לֵיהּ: לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דְּתַנְיָא: יָכוֹל יְהוּ כׇּל הַכֵּלִים מִטַּמְּאִין מֵאֲוִיר כְּלִי חֶרֶס —
Il lui dit : Cette suggestion ne peut te venir à l’esprit, comme cela a été enseigné dans une baraita : J’aurais pu penser que tous les récipients trouvés dans un four en terre cuite deviennent impurs par l’espace aérien d’un récipient en terre cuite impur.