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הַפִּיגּוּל וְהַנּוֹתָר וְהַטָּמֵא — בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: אֵין נִשְׂרָפִין כְּאַחַת. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: נִשְׂרָפִין כְּאַחַת.
La Tosefta continue : Piggul est une offrande disqualifiée par une intention impropre pendant l’accomplissement des quatre rites sacrificiels, à savoir la sacrifier ou la manger après le moment qui lui est approprié ; et notar est la chair d’un sacrifice qui reste au-delà du temps qui lui est imparti. Les Sages ont décrété une impureté rituelle sur les deux, et tous deux, ainsi que la viande sacrificielle considérée comme rituellement impure par la loi de la Torah, ne peuvent pas être mangés et doivent être brûlés. Beit Shammai disent : Ils ne peuvent pas être brûlés ensemble, car ce faisant, le piggul et le notar, qui sont impurs selon la loi rabbinique, entreront en contact avec de la viande impure selon la loi de la Torah, ajoutant de l’impureté à leur impureté. Et Beit Hillel disent : Ils peuvent être brûlés ensemble.
וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ רַבִּי מֵאִיר מִדִּבְרֵי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ קָאָמַר, אַמַּאי מַהְדַּר לֵיהּ רַבִּי יוֹסֵי מִדְּרַבִּי חֲנִינָא סְגַן הַכֹּהֲנִים? אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן: רַבִּי יוֹסֵי לָאו אַדַּעְתֵּיהּ, דְּהוּא סָבַר רַבִּי מֵאִיר מִדְּרַבִּי חֲנִינָא סְגַן הַכֹּהֲנִים קָאָמַר לֵיהּ, וַאֲמַר לֵיהּ: אֲנָא מִדְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ קָאָמֵינָא,
La Guemara revient à la question en discussion : Et s’il te vient à l’esprit que Rabbi Meir dit qu’il tire son opinion de la déclaration de Rabbi Yehoshua, pourquoi Rabbi Yosei lui répond-il par la déclaration de Rabbi Ḥanina, le grand prêtre adjoint ? Rav Naḥman lui dit : Rabbi Yosei n’avait pas à l’esprit le raisonnement de Rabbi Meir, car il ne comprenait pas le raisonnement de Rabbi Meir. Puisque Rabbi Yosei soutient que Rabbi Meir lui dit une preuve tirée de la déclaration de Rabbi Ḥanina, le grand prêtre adjoint, et Rabbi Meir lui dit : J’énonce ma preuve à partir de la déclaration de Rabbi Yehoshua.
וַאֲמַר לֵיהּ: וַאֲפִילּוּ לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ נָמֵי אֵינָהּ הִיא הַמִּדָּה, דְּהָא מוֹדֶה רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ שֶׁשּׂוֹרֵף זוֹ בִּפְנֵי עַצְמָהּ וְזוֹ בִּפְנֵי עַצְמָהּ.
Et Rabbi Yossei dit à Rabbi Meir en réponse : Et même selon Rabbi Yehoshua, ce n’est pas l’inférence à partir de laquelle on peut apprendre la halakha de brûler ensemble de la teruma levée pure et impure, car Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua conviennent qu’il faut brûler cette viande à part et cette autre viande à part, comme indiqué dans la michna. À partir d’une analyse de la michna et de la Tosefta, il est possible de reconstituer la controverse originelle.
וְאַמַּאי אֵינָהּ הִיא הַמִּדָּה? מִדָּה וּמִדָּה הִיא!
La Guemara soulève une difficulté au sujet de l’affirmation ci-dessus : Mais pourquoi Rabbi Yossei dit-il : Ce n’est pas l’inférence à partir de laquelle on peut l’apprendre ? Au contraire, c’est une inférence parfaitement légitime. Dans les deux cas, la controverse est la même : est-il permis de rendre activement un objet impur de manière préventive s’il sera finalement détruit de toute façon ?
שָׁאנֵי הָתָם, דְּאִיכָּא הֶפְסֵד חוּלִּין.
La Guemara rejette cette affirmation : Le cas là-bas, du tonneau brisé dans le pressoir supérieur, où selon Rabbi Yehoshua il est permis de rendre activement la teruma impure, est différent, car dans ce cas il y a une perte potentielle de produit non sacré. Si l’on ne rend pas impure la teruma du pressoir supérieur en la recueillant dans des récipients impurs, elle s’écoulera vers le bas et transformera le vin impur et non sacré du pressoir inférieur en teruma impure. Cependant, dans le cas du levain, aucune perte ne sera subie. Pourquoi, alors, chaque teruma ne serait-elle pas brûlée séparément ?
מַתְקֵיף לַהּ רַב יִרְמְיָה: מַתְנִיתִין נָמֵי אִיכָּא הֶפְסֵד דְּעֵצִים! אֲמַר לֵיהּ הָהוּא סָבָא: לְהֶפְסֵד מְרוּבֶּה — חָשְׁשׁוּ, לְהֶפְסֵד מוּעָט — לֹא חָשְׁשׁוּ.
Rav Yirmeya s’oppose vivement à cette affirmation : Dans la michna aussi, il y a une perte de bois, car il faut du bois supplémentaire pour allumer un second feu et brûler la terouma impure séparément. Un certain Ancien lui dit : En ce qui concerne cela et des questions similaires, les Sages se sont souciés d’une grande perte ; cependant, ils ne se sont pas souciés de la perte minime de quelques morceaux de bois.
אָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מַחֲלוֹקֶת בְּשֵׁשׁ, אֲבָל בְּשֶׁבַע — דִּבְרֵי הַכֹּל שׂוֹרְפִין.
Rabbi Asi a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Cette controverse entre Rabbi Meir et Rabbi Yosei concerne la sixième heure, lorsque le levain est interdit par décret rabbinique. Cependant, à la septième heure, lorsque le levain est interdit par la loi de la Torah, tout le monde est d’accord pour dire qu’on peut brûler une terouma levée rituellement pure avec une terouma levée impure.
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי זֵירָא לְרַבִּי אַסִּי: נֵימָא קָסָבַר רַבִּי יוֹחָנָן מַתְנִיתִין בְּאַב הַטּוּמְאָה דְּאוֹרָיְיתָא וְולַד הַטּוּמְאָה דְּרַבָּנַן, וּמַאי ״מִדִּבְרֵיהֶם״ — מִדִּבְרֵי רַבִּי חֲנִינָא סְגַן הַכֹּהֲנִים.
Rabbi Zeira dit à Rabbi Asi : Disons que Rabbi Yoḥanan soutient que la michna parle d'un objet qui est une source primaire d'impureté selon la loi de la Torah et d'un objet qui est une source secondaire d'impureté selon la loi rabbinique. Et quel est le sens de la déclaration de Rabbi Meir : D'après leurs déclarations ? Il voulait dire d'après la déclaration de Rabbi Ḥanina, le vice-grand prêtre, comme expliqué ci-dessus. Le différend porte sur une interdiction rabbinique, par exemple une source secondaire d'impureté ou l'obligation de brûler le levain pendant la sixième heure. Dans un cas où le levain n'est pas encore interdit par la loi rabbinique, par exemple à la quatrième ou à la cinquième heure, même Rabbi Meir reconnaît qu'on ne peut pas brûler ensemble une terouma rituellement pure et impure.
אֲמַר לֵיהּ: אִין. אִיתְּמַר נָמֵי, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מַתְנִיתִין בְּאַב הַטּוּמְאָה דְּאוֹרָיְיתָא וְולַד הַטּוּמְאָה דְּרַבָּנַן, וּמַאי ״מִדִּבְרֵיהֶם״ — מִדִּבְרֵי רַבִּי חֲנִינָא סְגַן הַכֹּהֲנִים. וּמַחְלוֹקֶת בְּשֵׁשׁ, אֲבָל בְּשֶׁבַע — דִּבְרֵי הַכֹּל שׂוֹרְפִין.
Rabbi Assi lui dit : Oui, Rabbi Yoḥanan interprète effectivement la michna de cette manière. Il a également été déclaré explicitement que c’est bien le cas, car Rabbi Yoḥanan a dit : La michna fait référence à un objet qui est une source primaire d’impureté selon la loi de la Torah et un objet qui est une source secondaire d’impureté selon la loi rabbinique. Et quel est le sens de : D’après leurs déclarations ? Cela signifie d’après la déclaration de Rabbi Ḥanina, l’adjoint du Grand Prêtre. Et le différend entre Rabbi Meir et Rabbi Yosei porte sur la sixième heure, lorsque le levain est interdit par la loi rabbinique. Cependant, tout le monde est d’accord pour dire que pendant la septième heure on peut les brûler ensemble, puisque les deux morceaux de terouma levée sont interdits par la loi de la Torah.
לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ: הַפִּיגּוּל וְהַנּוֹתָר וְהַטָּמֵא, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: אֵין נִשְׂרָפִין כְּאַחַת, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: נִשְׂרָפִין כְּאַחַת.
La Guemara suggère : Disons que la fin de la baraita appuie l'affirmation de Rabbi Yoḥanan selon laquelle même Rabbi Yosei convient qu'il est permis de brûler ensemble deux objets interdits par la Torah. Comme l'énonce la baraita au sujet de piggul, notar et de viande sacrificielle rituellement impure : Beit Shammai disent : Ils ne peuvent pas être brûlés ensemble, et Beit Hillel disent : Ils peuvent être brûlés ensemble. Tous ces éléments sont interdits par la Torah, et Rabbi Yosei conviendrait que la halakha est conforme à l'opinion de Beit Hillel.
שָׁאנֵי הָתָם: דְּאִית לְהוּ טוּמְאָה מִדְּרַבָּנַן. דִּתְנַן: הַפִּיגּוּל וְהַנּוֹתָר מְטַמְּאִין אֶת הַיָּדַיִם.
La Guemara rejette cette affirmation : Là-bas, c’est différent, car piggul et notarsont rituellement impurs selon la loi rabbinique, et par conséquent Rabbi Yossei conviendrait qu’ils peuvent être brûlés ensemble dans ce cas. Ce n’est pas vrai dans le cas du levain à la septième heure, qui n’est impur même selon la loi rabbinique, bien qu’il soit interdit par la loi de la Torah. Comme nous l’avons appris dans une michna : Piggul et notar, chair sacrificielle restante, rendent les mains rituellement impures par décret rabbinique.
לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ: הַפַּת שֶׁעִיפְּשָׁה וְנִפְסְלָה מִלֶּאֱכוֹל לְאָדָם, וְהַכֶּלֶב יָכוֹל לְאׇכְלָהּ — מְטַמְּאָה טוּמְאַת אוֹכָלִין בִּכְבֵיצָה, וְנִשְׂרֶפֶת עִם הַטְּמֵאָה בַּפֶּסַח.
La Guemara suggère : Disons que la baraita suivante appuie l’opinion de Rabbi Yoḥanan : En ce qui concerne du pain qui a moisi et n’est plus propre à la consommation humaine, mais qu’un chien peut encore manger, ce pain peut devenir impur par l’impureté rituelle des aliments s’il a la taille d’un volume d’œuf, car il est encore considéré comme un aliment. S’il s’agit de terouma levée pure, elle est brûlée avec de la terouma impure la veille de Pessaḥ. Puisque le pain moisi n’est plus comestible, il n’est pas nécessaire de s’abstenir de le brûler avec des éléments impurs. Apparemment, c’est l’opinion de Rabbi Yossei, car Rabbi Meïr soutient que la terouma pure et impure sont brûlées ensemble même si aucune des deux n’est moisie. Puisque Rabbi Yossei concède dans le cas du pain moisi, il devrait en être de même pour la terouma levée après la septième heure, qui est interdite par la loi de la Torah.
שָׁאנֵי הָתָם, דְּעַפְרָא בְּעָלְמָא הוּא.
La Guemara rejette cette affirmation : Là-bas, c’est différent, dans le cas du pain moisi, car il est, à toutes fins utiles, simple poussière, et son statut juridique n’est plus celui d’un aliment.
אִי הָכִי מַאי מוֹדֶה? הָכִי קָאָמַר לֵיהּ רַבִּי יוֹסֵי לְרַבִּי מֵאִיר: אֲפִילּוּ לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ דְּמֵיקֵל, כִּי מֵיקֵל — בִּתְלוּיָה וּטְמֵאָה, אֲבָל בִּטְהוֹרָה וּטְמֵאָה — לָא.
La Guemara demande : Si tel est le cas, que la preuve de Rabbi Meir repose sur la déclaration de Rabbi Ḥanina, l’adjoint du Grand Prêtre, pourquoi la michna mentionne-t-elle que Rabbi Eliezer concède à Rabbi Yehoshua ? La Guemara explique que c’est ce que Rabbi Yossei dit à Rabbi Meir : Même selon Rabbi Yehoshua, qui statue avec indulgence dans ce cas, lorsqu’il statue avec indulgence, c’est en ce qui concerne le fait de brûler de la terouma en suspens avec de la terouma impure ; cependant, en ce qui concerne le fait de brûler de la terouma pure et de la terouma impure ensemble, non, il ne permet pas de le faire.
אִי הָכִי, אַמַּאי אֵינָהּ הִיא הַמִּדָּה? מִדָּה וּמִדָּה הִיא!
La Guemara soulève une difficulté : Si tel est le cas, que la preuve de Rabbi Meir repose sur la déclaration de Rabbi Ḥanina, l’adjoint du Grand Prêtre, pourquoi Rabbi Yossei a-t-il dit : Ce n’est pas l’inférence à partir de laquelle on peut l’apprendre ? Au contraire, c’est une inférence parfaitement légitime. Selon Rabbi Meir, la terouma pure est interdite pendant la sixième heure par la loi rabbinique. De même que Rabbi Ḥanina soutient qu’on peut transmettre activement l’impureté à un objet qui est impur selon la loi rabbinique en le brûlant avec un objet qui est impur selon la loi de la Torah, de même, selon Rabbi Meir, on peut transmettre l’impureté à un objet interdit par la loi rabbinique en le brûlant avec un objet qui est impur selon la loi de la Torah.
אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: הָכָא בְּבָשָׂר שֶׁנִּטְמָא בְּמַשְׁקִין שֶׁנִּטְמְאוּ מֵחֲמַת שֶׁרֶץ, וְאַזְדָּא רַבִּי מֵאִיר לְטַעְמֵיהּ וְרַבִּי יוֹסֵי לְטַעְמֵיהּ.
Rabbi Yirmeya a dit : Ici, la michna fait référence à de la viande devenue rituellement impure par contact avec une source secondaire d’impureté par l’intermédiaire de liquides devenus impurs en raison d’un contact avec un animal rampant et ayant ainsi acquis une impureté rituelle de second degré. Et Rabbi Meir est conforme à sa ligne habituelle de raisonnement, et Rabbi Yosei est conforme à sa ligne habituelle de raisonnement.
רַבִּי מֵאִיר לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר: טוּמְאַת מַשְׁקִין לְטַמֵּא אֲחֵרִים דְּרַבָּנַן.
Rabbi Meir suit sa ligne habituelle de raisonnement à ce sujet, comme il l’a dit : l’impureté rituelle des liquides en ce qui concerne la transmission de l’impureté à d’autres objets est d’origine rabbinique. La viande devenue impure par contact avec une source secondaire d’impureté est en réalité entièrement pure selon la loi de la Torah. Il apprend donc de la michna qu’il est permis de brûler ensemble des éléments purs et impurs.
וְרַבִּי יוֹסֵי לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר: טוּמְאַת מַשְׁקִין לְטַמֵּא אֲחֵרִים דְּאוֹרָיְיתָא. דְּתַנְיָא:
Et Rabbi Yosei suit sa ligne habituelle de raisonnement, comme il l’a dit : L’impureté rituelle des liquides en ce qui concerne la transmission de l’impureté à d’autres objets est selon la loi de la Torah. En conséquence, la viande à laquelle Rabbi Ḥanina, l’adjoint du Grand Prêtre, faisait référence dans la michna était impure selon la loi de la Torah. Par conséquent, ce cas ne peut pas servir de précédent à l’affirmation selon laquelle il est permis de brûler ensemble de la terouma pure et impure la veille de Pessa'h. Comme cela a été enseigné dans une baraita:

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