וּמַאי ״מִדִּבְרֵיהֶם״ — מִדִּבְרֵי רַבִּי חֲנִינָא סְגַן הַכֹּהֲנִים.
Et que voulait dire Rabbi Meir lorsqu’il a dit : De leurs déclarations ? Il voulait dire : De la déclaration de Rabbi Ḥanina, le vice-grand prêtre.
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ מִשּׁוּם בַּר קַפָּרָא: מַתְנִיתִין בְּאַב הַטּוּמְאָה דְּאוֹרָיְיתָא וְולַד הַטּוּמְאָה דְּאוֹרָיְיתָא, וּמַאי ״מִדִּבְרֵיהֶם״, מִדִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ.
Reish Lakish a dit une autre explication de la michna au nom de bar Kappara : Le cas dans la michna est un cas impliquant une source primaire d’impureté rituelle selon la loi de la Torah et une source secondaire d’impureté selon la loi de la Torah. Et que voulait dire Rabbi Meir par l’expression : D’après leurs déclarations ? Il ne faisait pas référence aux tanna’im dans cette michna, mais plutôt : D’après les déclarations de Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua citées ailleurs.
הֵי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ? אִילֵּימָא הָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ דִּתְנַן: חָבִית שֶׁל תְּרוּמָה שֶׁנּוֹלַד לָהּ סְפֵק טוּמְאָה, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אִם הָיְתָה מוּנַּחַת בִּמְקוֹם הַתּוּרְפָּה, יַנִּיחֶנָּה בְּמָקוֹם הַמּוּצְנָע, וְאִם הָיְתָה מְגוּלָּה — יְכַסֶּנָּה.
La Guemara demande : À quelle déclaration de Rabbi Yehoshua Rabbi Meir fait-il référence ? Si vous dites qu’il fait référence à cette déclaration de Rabbi Yehoshua, comme nous l’avons appris dans une michna : Dans le cas d’un tonneau de produits de terouma au sujet duquel une incertitude est apparue concernant son impureté, et qui, par conséquent, ne peut pas être consommé, Rabbi Eliezer dit qu’il faut néanmoins protéger la terouma de l’impureté rituelle. Par conséquent, il soutient : Si le tonneau était posé dans un endroit vulnérable, où il pourrait entrer en contact avec l’impureté, il faut le placer dans un endroit caché, et s’il était exposé, il doit le couvrir.
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: אִם הָיְתָה מוּנַּחַת בְּמָקוֹם הַמּוּצְנָע — יַנִּיחֶנָּה בִּמְקוֹם הַתּוּרְפָּה, וְאִם הָיְתָה מְכוּסָּה — יְגַלֶּנָּה.
Rabbi Yehoshua dit : Cela n’est pas nécessaire. Au contraire, même si cela a été placé dans un endroit caché, il peut le placer dans un endroit vulnérable s’il le souhaite. Et si cela était couvert, il peut le découvrir, car il n’a plus besoin de protéger cette teruma de l’impureté. Selon Rabbi Yehoshua, puisque la teruma dont le statut d’impureté est incertain ne peut être utilisée que pour allumer un feu, il n’est pas nécessaire d’empêcher son contact avec l’impureté rituelle. Le même raisonnement s’applique au levain pur : on n’est pas tenu de le protéger de l’impureté au cours de son élimination.
מִי דָּמֵי? הָתָם — גְּרָמָא בְּעָלְמָא. הָכָא — בְּיָדַיִם!
La Guemara rejette la comparaison : Cette controverse concernant le placement de la terouma possiblement impure est-elle comparable au cas où l’on brûle ensemble des objets rituellement purs et impurs ? Là-bas, Rabbi Yehoshua permet la simple causation passive de l’impureté ; cependant, il ne permet pas à quelqu’un de rendre activement impure une terouma dont le statut d’impureté est incertain. Ici, en revanche, dans la déclaration de Rabbi Meir, il rend activement la terouma levée impure de ses mains.
אֶלָּא הָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, דִּתְנַן: חָבִית שֶׁל תְּרוּמָה שֶׁנִּשְׁבְּרָה בַּגַּת הָעֶלְיוֹנָה, וְתַחְתּוֹנָה חוּלִּין טְמֵאִין,
Au contraire, Rabbi Meir n’a pas déduit son opinion de cette déclaration ; il l’a plutôt déduite de cette autre déclaration de Rabbi Yehoshua. Comme nous l’avons appris dans une michna : En ce qui concerne un tonneau de vin de teruma qui s’est brisé dans la partie supérieure d’un pressoir, où l’on presse les raisins, et qu’il y a du vin impur, non sacré dans la partie inférieure du pressoir, là où le vin s’écoule depuis la partie supérieure, le dilemme suivant se pose : Si le vin de teruma s’écoule dans le vin non sacré, la teruma deviendra rituellement impure. Il en résultera une perte financière importante, car le statut juridique de tout le vin dans le pressoir inférieur sera celui de teruma impure, qu’il est interdit même aux prêtres de boire.
מוֹדֶה רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ שֶׁאִם יָכוֹל לְהַצִּיל מִמֶּנָּה רְבִיעִית בְּטׇהֳרָה — יַצִּיל. וְאִם לָאו, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: תֵּרֵד וְתִטָּמֵא, וְאַל יְטַמְּאֶנָּה בַּיָּד. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: אַף יְטַמְּאֶנָּה בַּיָּד.
Dans ce cas, Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua conviennent que, si l’on peut sauver ne serait-ce qu’un quart de logdu tonneau qui s’est brisé en recueillant le vin de teruma dans un récipient avant qu’il ne devienne impur, et ainsi maintenir le vin dans un état de pureté rituelle, on doit le sauver. Et si l’on ne peut pas recueillir le vin dans un récipient pur, parce que seuls des récipients impurs sont disponibles, de sorte que, s’il les utilise pour recueillir le vin ou pour sceller le pressoir supérieur, il rendra la teruma impure, Rabbi Eliezer dit : Il faut laisser le vin de teruma descendre et devenir impur de lui-même, mais on ne doit pas activement le rendre impur avec sa main. Rabbi Yehoshua dit : On peut même le rendre impur avec sa main. Puisqu’il deviendra impur de lui-même dans tous les cas, il n’y a pas d’objection à rendre la teruma impure de manière préventive afin d’éviter une perte financière plus importante. Apparemment, selon Rabbi Yehoshua, il est permis de rendre un objet impur s’il sera perdu de toute façon.
אִי הָכִי, הַאי ״מִדִּבְרֵיהֶם״, ״מִדְּבָרָיו״ מִיבְּעֵי לֵיהּ!
La Guemara soulève une difficulté : Si tel est le cas, que Rabbi Meir fait référence au différend mentionné ci-dessus, cette expression : De leurs déclarations, est imprécise, car sa décision ne repose nullement sur l’opinion de Rabbi Eliezer. Au contraire, Rabbi Meir aurait dû dire : De sa déclaration, car il déduit sa décision uniquement de l’opinion de Rabbi Yehoshua.
הָכִי קָאָמַר: מִמַּחְלוֹקְתָּן שֶׁל רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ לָמַדְנוּ. דַּיְקָא נָמֵי: דְּקָתָנֵי ״מוֹדֶה רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ״. שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara répond que c’est cela que Rabbi Meir dit : Nous avons appris cette règle de la dispute entre Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua. Puisque la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehoshua, il s’agit d’une source substantielle. La Guemara commente : Le langage de la michna est également précis, car la suite de la michna enseigne : Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua sont d’accord. Cela indique que Rabbi Meir fait référence à leurs opinions. La Guemara conclut : En effet, apprends-en que telle est la bonne interprétation de la déclaration de Rabbi Meir.
וְכֵן אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ, מַתְנִיתִין בְּאַב הַטּוּמְאָה דְּאוֹרָיְיתָא וְולַד הַטּוּמְאָה דְּאוֹרָיְיתָא. וּמַאי ״מִדִּבְרֵיהֶם״ — מִדִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ.
De même, Rav Naḥman a dit que Rabba bar Avuh a dit : Le cas dans la mishna est un cas impliquant une source primaire d’impureté rituelle selon la Torah et une source secondaire d’impureté selon la Torah. Et quel est le sens de l’expression : De leurs déclarations ? Cela signifie des déclarations de Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua dans la controverse citée ci-dessus.
אֵיתִיבֵיהּ רָבָא לְרַב נַחְמָן, אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: אֵין הַנָּדוֹן דּוֹמֶה לִרְאָיָה, שֶׁכְּשֶׁהֵעִידוּ רַבּוֹתֵינוּ, עַל מָה הֵעִידוּ — אִם עַל הַבָּשָׂר שֶׁנִּטְמָא בִּוְולַד הַטּוּמְאָה שֶׁשּׂוֹרְפִין אוֹתוֹ עִם הַבָּשָׂר שֶׁנִּטְמָא בְּאַב הַטּוּמְאָה, זֶה טָמֵא וְזֶה טָמֵא.
Rava souleva une objection à l’opinion de Rav Naḥman à partir de la Tosefta qui développe la michna. Rabbi Yosei dit à Rabbi Meir : La conclusion déduite de brûler ensemble du levain pur et impur n’est pas semblable au cas dont tu as apporté preuve. Lorsque les Sages ont témoigné, à propos de quoi ont-ils témoigné ? Si ta source est le témoignage de Rabbi Ḥanina, l’adjoint du grand prêtre, il a témoigné au sujet de la viande devenue rituellement impure par contact avec une source secondaire d’impureté, en disant qu’on peut la brûler avec la viande devenue impure par contact avec une source primaire d’impureté. Dans ce cas, cette viande est impure et cette autre viande est également impure.
אִם עַל הַשֶּׁמֶן שֶׁנִּפְסַל בִּטְבוּל יוֹם שֶׁמַּדְלִיקִין אוֹתוֹ בְּנֵר שֶׁנִּטְמָא בִּטְמֵא מֵת, זֶה פָּסוּל וְזֶה טָמֵא. אַף אָנוּ מוֹדִים בִּתְרוּמָה שֶׁנִּטְמֵאת בִּוְולַד הַטּוּמְאָה, שֶׁשּׂוֹרְפִין אוֹתָהּ עִם הַתְּרוּמָה שֶׁנִּטְמֵאת בְּאַב הַטּוּמְאָה.
Si votre source est le témoignage de Rabbi Akiva, il a témoigné au sujet de l’huile de terouma qui a été rituellement disqualifiée par contact avec quelqu’un qui s’est immergé ce jour-là, en disant qu’on peut l’allumer dans une lampe devenue rituellement impure d’une impureté du premier degré par contact avec quelqu’un qui est devenu rituellement impur par une impureté transmise par un cadavre. C’est un cas où cette huile est disqualifiée et cette lampe est impure. Nous concédons également au sujet de la terouma devenue impure par contact avec une source secondaire d’impureté, qu’on peut la brûler avec de la terouma devenue impure par contact avec une source primaire d’impureté.
אֲבָל הֵיאַךְ נִשְׂרֹף הַתְּלוּיָה עִם הַטְּמֵאָה? שֶׁמָּא יָבֹא אֵלִיָּהוּ וִיטַהֲרֶנָּה!
Cependant, comment brûlerons-nousterouma en suspens, dont le statut d’impureté est incertain, avec de la terouma rituellement impure ? Peut-être qu’Élie le Prophète viendra et établira prophétiquement que la terouma n’est pas rituellement impure, et la rendra rituellement pure. Le statut juridique de la terouma en suspens est incertain. Comment peut-on la rendre activement impure alors qu’il se peut qu’il soit finalement établi qu’elle est pure ?