וְאָתֵי לְאִימְּנוֹעֵי מִלְּמִיעְבַּד פִּסְחָא. אוֹ דִילְמָא, סָמוּךְ לְמִנְחָה קְטַנָּה תְּנַן — וּמִשּׁוּם מַצָּה, דִּילְמָא אָתֵי לְמֵיכְלַהּ לְמַצָּה אֲכִילָה גַּסָּה.
et il finira par s’abstenir d’offrir l’agneau pascal ? Ou peut-être avons-nous appris cette halakha dans la michna comme se rapportant au moment adjacent à la petite minḥa, et la raison de l’interdiction est à cause de la matza. Si quelqu’un mange peu avant la tombée de la nuit, peut-être en viendra-t-il à manger la matza dans un état de satiété excessive, lorsqu’une personne se force à manger bien qu’elle n’en ait pas envie.
אָמַר רָבִינָא, תָּא שְׁמַע: אֲפִילּוּ אַגְרִיפַּס הַמֶּלֶךְ שֶׁהוּא רָגִיל לֶאֱכוֹל בְּתֵשַׁע שָׁעוֹת — אוֹתוֹ הַיּוֹם לֹא יֹאכַל עַד שֶׁתֶּחְשַׁךְ. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא סָמוּךְ לְמִנְחָה קְטַנָּה תְּנַן, הַיְינוּ רְבוּתֵיהּ דְּאַגְרִיפַּס.
Ravina a dit : Viens et entends une solution tirée d’une baraita : Même le roi Agrippa, qui mange habituellement chaque jour à la neuvième heure, c’est-à-dire trois heures avant le coucher du soleil, ce jour-là de la veille de Pessa'h, il ne peut pas manger jusqu’à la tombée de la nuit. Ravina déduit de cette baraita : Soit, si tu dis que nous avons appris dans la michna qu’il est interdit de manger à l’approche de la petite minḥa, c’est pourquoi ses actes sont attribués à la grandeur d’Agrippa, puisqu’il s’est abstenu de manger bien que l’interdiction ne soit pas encore entrée en vigueur.
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ סָמוּךְ לְמִנְחָה גְּדוֹלָה תְּנַן, מַאי רְבוּתֵיהּ דְּאַגְרִיפַּס? חָל אִיסּוּר עֲלֵיהּ מֵעִיקָּרָא! אֶלָּא סָמוּךְ לְמִנְחָה קְטַנָּה תְּנַן.
Cependant, si tu dis que nous avons appris dans la michna qu’on ne peut pas manger à l’approche de la grande minḥa, quelle est donc la grandeur d’Agrippa ? L’interdiction de manger était déjà entrée en vigueur dès le départ, juste après midi. Plutôt, il faut dire que nous avons appris dans la michna qu’il est interdit de manger à l’approche de la petite minḥa, et Agrippa fut loué pour avoir changé sa routine habituelle, bien qu’il n’y fût pas obligé.
סוֹף סוֹף מַאי רְבוּתֵיהּ דְּאַגְרִיפַּס, הָא מָטְיָא לֵיהּ זְמַן אִיסּוּרָא! מַהוּ דְּתֵימָא תֵּשַׁע שָׁעוֹת לְאַגְרִיפַּס כְּאַרְבַּע שָׁעוֹת דִּידַן דָּמֵי, קָא מַשְׁמַע לַן.
Cependant, la question demeure : En fin de compte, quelle est la grandeur d’Agrippa ? Le temps de l’interdiction était déjà arrivé. Bien que la neuvième heure commence peu avant que l’interdiction n’entre en vigueur, le repas d’Agrippa se serait vraisemblablement prolongé jusqu’au moment où il est interdit de manger, et il lui était donc effectivement interdit de commencer son repas à l’heure habituelle. La Guemara répond : Puisqu’Agrippa avait l’habitude de manger dans l’après-midi, on aurait pu penser qu’il devait être permis de manger à cette heure-là également la veille de Pessa'h. De peur que tu ne dises que, puisqu’Agrippa ne mangeait pas le matin comme la plupart des gens, neuf heures pour Agrippa sont considérées comme quatre heures pour nous, la baraita nous enseigne donc que nous ne faisons, à cet égard, aucune distinction entre Agrippa et quiconque d’autre.
אָמַר רַבִּי (יוֹסֵי): אֲבָל מְטַבֵּיל הוּא בְּמִינֵי תַּרְגִּימָא. רַבִּי יִצְחָק מְטַבֵּיל בְּיַרְקֵי. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: הַשַּׁמָּשׁ מְטַבֵּיל בִּבְנֵי מֵעַיִין וְנוֹתְנָן לִפְנֵי הָאוֹרְחִים.
Rabbi Yosei a dit : Il est interdit de prendre un repas complet à partir de l’heure de minḥa ; cependant, on peut tremper et manger des sortes de rafraîchissements, par exemple des fruits ou de la viande qui ne constituent pas un repas complet et ne remplissent pas l’estomac. La Guemara rapporte que Rabbi Yitzḥak avait l’habitude de tremper et de manger des légumes. Cet avis, selon lequel il est permis de grignoter après l’heure de minḥa la veille de Pessaḥ, a également été enseigné dans une baraita : Pendant l’après-midi de la veille de Pessaḥ, le serviteur peut tremper dans les entrailles des animaux qui avaient été abattus en préparation des repas de la fête et les placer devant les convives qui s’étaient inscrits pour l’agneau pascal. Cela se faisait pour aiguiser leur appétit, afin qu’ils mangent l’agneau pascal et la matza ce soir-là avec plus de plaisir.
וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר, זֵכֶר לַדָּבָר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״נִירוּ לָכֶם נִיר וְאַל תִּזְרְעוּ אֶל קוֹצִים״.
La baraita continue : Et bien qu’il n’y ait pas de preuve absolue pour cette question, il y a une allusion à cette question, comme il est dit : « Défrichez pour vous un terrain en friche, et ne semez pas parmi les épines » (Jérémie 4:3). Ce verset enseigne qu’il faut entreprendre des préparatifs pour obtenir des résultats positifs. De même, on devrait manger une petite quantité dans l’après-midi afin de pouvoir manger davantage le soir.
רָבָא הֲוָה שָׁתֵי חַמְרָא כּוּלֵּי מַעֲלֵי יוֹמָא דְפִיסְחָא, כִּי הֵיכִי דְּנִיגְרְרֵיהּ לְלִיבֵּיהּ דְּנֵיכוֹל מַצָּה טְפֵי לְאוּרְתָּא. אָמַר רָבָא: מְנָא אָמֵינָא לַהּ דְּחַמְרָא מִיגְרָר גָּרֵיר, דִּתְנַן:
La Guemara rapporte que Rava buvait du vin pendant toute la journée de la veille de Pessa'h, afin de stimuler son appétit pour pouvoir manger davantage de matza la nuit. Rava dit : D'où dis-je cela, que le vin stimule l'appétit ? Comme nous l'avons appris dans une michna :