בִּשְׁעַת הַדְּחָק. וְהָוֵינַן בַּהּ: מַאי ״לְאַחַר שֶׁנִּזְכַּר״? אִילֵּימָא לְאַחַר שֶׁנִּזְכַּר דְּאֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר אֶלָּא כְּרַבָּנַן, בִּשְׁעַת הַדְּחָק הֵיכִי עָבֵיד כְּוָתֵיהּ?
dans des circonstances pressantes [bishe’at hadeḥak]. Et nous en avons discuté et avons demandé : Quel est le sens de : Après qu’il s’est souvenu ? Si nous disons que cela signifie après qu’il s’est souvenu que la halakha n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Eliezer mais conforme à l’opinion des Sages, alors, comment Rabbi Yehuda HaNasi a-t-il pu agir conformément à Rabbi Eliezer même dans des circonstances pressantes, puisque la halakha a été tranchée contre lui ?
אֶלָּא (לָאו) דְּלָא אִיתְּמַר הִלְכְתָא, לָא כְּמָר וְלָא כְּמָר, וְכֵיוָן שֶׁנִּזְכַּר דְּלָאו יָחִיד פְּלִיג עֲלֵיהּ, אֶלָּא רַבִּים פְּלִיגִי עֲלֵיהּ, אָמַר: ״כְּדַי הוּא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לִסְמוֹךְ עָלָיו בִּשְׁעַת הַדְּחָק״.
Au contraire, n’est-il pas exact que la halakha n’avait pas été établie sur cette question, ni conformément à l’opinion de ce Sage, Rabbi Eliezer, ni conformément à l’opinion de cet autre Sage, c’est-à-dire les Sages. Et une fois que Rabbi Yehouda HaNassi se rappela que ce n’était pas une seule autorité qui était en désaccord avec Rabbi Eliezer, mais plusieurs Sages qui étaient en désaccord avec lui, et qu’il existe un principe selon lequel la halakha suit l’opinion de la majorité plutôt que celle d’un individu, il déclara néanmoins : Rabbi Eliezer est digne qu’on s’appuie sur lui dans des circonstances pressantes.
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא לִתְרוּמָה, הַיְינוּ דַּהֲוַאי תְּרוּמָה בִּימֵי רַבִּי, אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ לְקֹדֶשׁ — קֹדֶשׁ בִּימֵי רַבִּי מִי הֲוַאי?
La Guemara explique la preuve tirée de la baraita : Soit, si tu dis qu’il s’agissait d’un cas de femme menstruée qui avait touché la terouma au cours des vingt-quatre heures précédentes, cela est acceptable, car la terouma existait encore à l’époque de Rabbi Yehouda HaNassi. Mais si tu dis qu’il s’agissait d’un cas de femme qui a touché de la nourriture sacrificielle, y avait-il encore de la nourriture sacrificielle à l’époque de Rabbi Yehouda HaNassi, après la destruction du Temple ? Il est clair que le cas concernait la terouma, et selon les Sages, dont l’opinion est acceptée comme halakha, cette femme qui avait sauté trois cycles menstruels rend néanmoins la terouma impure rétroactivement. Cette décision contredit apparemment l’opinion de Rav Houna.
כִּדְעוּלָּא, דְּאָמַר עוּלָּא: חַבְרַיָּא מְדַכַּן בְּגָלִילָא. הָכָא נָמֵי בִּימֵי רַבִּי.
La Guemara répond : On peut répondre à cela conformément au témoignage d’Oulla, car Oulla a dit : les ḥaverim purifient leur vin et leur huile en Galilée, c’est-à-dire qu’ils produisent leur vin et leur huile selon les normes de pureté utilisées pour les aliments sacrificiels, dans l’espoir que le Temple sera reconstruit de leur vivant. Ici aussi, aux jours de Rabbi Yehouda HaNassi, il y avait ceux qui observaient les normes de pureté appliquées aux aliments sacrificiels.
תָּא שְׁמַע: מַעֲשֶׂה בְּשִׁפְחָתוֹ שֶׁל רַבָּן גַּמְלִיאֵל שֶׁהָיְתָה אוֹפָה כִּכָּרוֹת שֶׁל תְּרוּמָה, וּבֵין כׇּל אַחַת וְאַחַת מְדִיחָה יָדָהּ בְּמַיִם וּבוֹדֶקֶת, בָּאַחֲרוֹנָה בָּדְקָה וּמָצְאָה טְמֵאָה, וּבָאת וְשָׁאֲלָה אֶת רַבָּן גַּמְלִיאֵל, וְאָמַר לָהּ: כּוּלָּן טְמֵאוֹת. אָמְרָה לוֹ: רַבִּי, וַהֲלֹא בְּדִיקָה הָיְתָה לִי בֵּין כׇּל אַחַת וְאַחַת! אָמַר לָהּ: אִם כֵּן, הִיא טְמֵאָה וְכוּלָּן טְהוֹרוֹת.
La Guemara suggère : Viens et écoute une baraita : Il y eut un incident concernant la servante de Rabban Gamliel, qui cuisait des pains de terouma. Et entre chacun d’eux elle se lavait la main dans l’eau et s’examinait. Après le dernier, elle s’examina et trouva qu’elle était impure en raison de sang menstruel, et elle vint demander à Rabban Gamliel le statut des pains. Et il lui dit : Ils sont tous impurs, en raison de son impureté rétroactive pour les vingt-quatre heures précédentes. Elle lui dit : Mon maître, n’ai-je pas effectué un examen entre chacun d’eux ? Rabban Gamliel lui dit : Si c’est le cas, alors ce dernier est impur et les autres sont tous purs, car ton impureté rétroactive est réduite jusqu’au moment de l’examen le plus récent.
קָתָנֵי מִיהַת: כִּכָּרוֹת שֶׁל תְּרוּמָה. מַאי תְּרוּמָה? תְּרוּמַת לַחְמֵי תוֹדָה. תְּרוּמַת לַחְמֵי תוֹדָה בַּאֲפִיָּה מַאי בָּעֲיָא?
La Guemara explique la difficulté : Quoi qu’il en soit, la baraitaenseigne que le cas concernait des pains de terouma. Cela contredit apparemment l’opinion de Rav Houna, puisque Rabban Gamliel a appliqué une impureté rétroactive dans un cas de terouma. La Guemara répond : Qu’entend-on par : Terouma ? Cela signifie la terouma des pains de l’offrande de remerciement, c’est-à-dire les quatre pains de l’offrande de remerciement qui ont été séparés du total de quarante et mangés par les prêtres. Il s’agit d’aliments sacrificiels, et non de terouma. La Guemara soulève une difficulté à l’égard de cette interprétation : Que faisait-elle à cuire seule la terouma des pains de l’offrande de remerciement ? Les quarante pains de l’offrande de remerciement sont cuits ensemble, et ce n’est qu’ensuite que quatre sont mis à part comme terouma pour être mangés par les prêtres.
דְּאַפְרְשִׁינְהוּ בְּלֵישַׁיְיהוּ, וְכִי הָא דְּאָמַר רַב טוֹבִי בַּר רַב קַטִּינָא: לַחְמֵי תוֹדָה שֶׁאֲפָאָן אַרְבַּע חַלּוֹת — יָצָא, וְהָוֵינַן בַּהּ: וְהָא בָּעֵינַן אַרְבָּעִים! לְמִצְוָה.
La Guemara répond : Il s’agit d’un cas où la pâte destinée aux pains de terouma a été séparée et attribuée aux prêtres pendant son pétrissage. Et cette halakha est conforme à ce qu’a dit Rav Tovi bar Rav Ketina : Si quelqu’un a cuit les pains de l’offrande de remerciement sous forme de quatre pains, au lieu des quarante pains requis, il s’est acquitté de son obligation. Et nous en avons discuté et avons demandé : N’est-il pas requis d’apporter quarante pains avec l’offrande de remerciement, dix pains de chacun des quatre types différents ? La Guemara répond : Il faut cuire quarante pains afin d’accomplir la mitsva de la manière optimale, mais il s’est néanmoins acquitté de son obligation avec quatre pains, un de chaque type.
וְהָא בָּעֵינַן אַפְרוֹשֵׁי תְּרוּמָה מִינַּיְיהוּ! וְכִי תֵּימָא דְּמַפְרֵישׁ פְּרוּסָה מִכׇּל חַד וְחַד, ״אֶחָד״ אֲמַר רַחֲמָנָא, שֶׁלֹּא יִטּוֹל פְּרוּסָה, וְאָמְרִינַן דְּאַפְרְשִׁינְהוּ בְּלֵישַׁיְיהוּ, הָכָא נָמֵי דְּאַפְרְשִׁינְהוּ בְּלֵישַׁיְיהוּ.
La Guemara poursuit sa réponse en éclaircissant davantage la déclaration de Rav Tovi bar Rav Ketina. Et nous avons demandé au sujet de cette opinion : Mais il est tenu d’en prélever la terouma, c’est-à-dire de désigner un pain de chaque type qui est donné aux prêtres. Et si vous dites qu’il prélève une tranche de chacun des quatre pains et les donne au prêtre, cela ne peut pas être le cas, car le Miséricordieux déclare dans la Torah : « Et de cela il présentera un de chaque offrande comme don au Seigneur ; il sera au prêtre » (Lévitique 7:14). Le mot « un » indique qu’il ne peut pas prendre une tranche, mais qu’il prend plutôt un pain entier. La Guemara répond : Au contraire, nous devons dire qu’il a séparé de la pâte pour les pains de terouma pendant son pétrissage. Ici aussi, dans l’incident impliquant la servante de Rabban Gamliel, elle a séparé la pâte pendant son pétrissage.
תָּא שְׁמַע: שׁוּב מַעֲשֶׂה בְּשִׁפְחָה שֶׁל רַבָּן גַּמְלִיאֵל, שֶׁהָיְתָה גָּפָה חָבִיּוֹת שֶׁל יַיִן, וּבֵין כׇּל אַחַת וְאַחַת מְדִיחָה יָדֶיהָ בְּמַיִם וּבוֹדֶקֶת, וּבָאַחֲרוֹנָה בָּדְקָה וּמָצְאָה טְמֵאָה, וּבָאת וְשָׁאֲלָה לְרַבָּן גַּמְלִיאֵל, וְאָמַר לָהּ: כּוּלָּן טְמֵאוֹת. אָמְרָה לוֹ: וַהֲלֹא בְּדִיקָה הָיְתָה לִי בֵּין כׇּל אַחַת וְאַחַת! אֲמַר לַהּ: אִם כֵּן, הִיא טְמֵאָה וְכוּלָּן טְהוֹרוֹת.
La Guemara suggère : Viens et écoute une preuve tirée d’une baraita : Il y eut un autre incident impliquant la servante de Rabban Gamliel, qui scellait des tonneaux de vin. Et entre chacune d’elles elle se lavait les mains dans l’eau et s’examinait. Et après la dernière, elle s’examina et découvrit qu’elle était rituellement impure, puis elle vint demander à Rabban Gamliel au sujet du vin. Et il lui dit : Ils sont tous impurs. Elle lui dit : Mon maître, n’ai-je pas effectué un examen entre chacune d’elles ? Rabban Gamliel lui dit : Si c’est ainsi, cette dernière est impure et les autres sont toutes pures.
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא חֲדָא דְּקֹדֶשׁ, וַחֲדָא דִּתְרוּמָה הִיא, הַיְינוּ דְּהָדְרָה וְשָׁיְילָה. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ אִידֵּי וְאִידֵּי דְּקֹדֶשׁ, לְמָה לַהּ לְמֶהְדַּר וּלְשַׁיּוֹלֵיהּ? מַעֲשֶׂה שֶׁהָיָה — בִּשְׁתֵּי שְׁפָחוֹת הָיָה.
La Guemara clarifie la difficulté concernant l’opinion de Rav Houna : Soit, si tu dis qu’un incident concernait un cas de nourriture sacrificielle et qu’un incident concernait un cas de terouma, c’est la raison pour laquelle elle est revenue et a de nouveau demandé à Rabban Gamliel quoi faire. Mais si tu dis que cet incident et cet autre incident concernaient tous deux de la nourriture sacrificielle, pourquoi a-t-elle eu besoin de revenir lui demander la même question une seconde fois ? La Guemara répond : Chaque incident qui s’est produit concernait de la nourriture sacrificielle, et ils se sont produits avec deux différentes servantes.
לִישָּׁנָא אַחֲרִינָא אָמְרִי לַהּ, אָמַר רַב הוּנָא: מֵעֵת לְעֵת שֶׁבְּנִדָּה מְטַמְּאָה בֵּין לַקֹּדֶשׁ וּבֵין לַתְּרוּמָה. מִמַּאי? מִדְּלָא קָתָנֵי לַהּ גַּבֵּי מַעֲלוֹת. אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן: וְהָא תָּנֵי תַּנָּא לַקֹּדֶשׁ אֲבָל לֹא לַתְּרוּמָה!
Certains rapportent une autre version de la déclaration de Rav Houna. Rav Houna dit : Pendant la période de vingt-quatre heures d’impureté rétroactive d’une femme menstruée, elle rend impurs à la fois les aliments sacrificiels et la terouma. La Guemara demande : D’où cela est-il dérivé ? La Guemara répond : On peut l’inférer du fait que la michna dans Ḥaguiga (20b) n’enseigne pas cette question parmi les autres questions où des niveaux de pureté plus élevés sont requis uniquement pour les aliments sacrificiels, mais non pour la terouma. Rav Naḥman dit à Rav Houna : Mais le tanna n’enseigne-t-il pas explicitement dans une baraita : l’impureté rétroactive d’une femme menstruée ne s’applique qu’à l’égard des aliments sacrificiels mais non à l’égard de la terouma ?
קַבְּלַהּ מִינֵּיהּ רַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק: בְּחוּלִּין שֶׁנַּעֲשׂוּ עַל טׇהֳרַת קֹדֶשׁ, וְלֹא בְּחוּלִּין שֶׁנַּעֲשׂוּ עַל טׇהֳרַת תְּרוּמָה.
La Guemara répond : Rav Shmuel bar Rav Yitzḥak reçut l’explication suivante de la part de Rav Naḥman : La baraita signifie que cette impureté rétroactive s’applique à des aliments profanes préparés selon les normes de pureté des aliments sacrificiels, mais non à des aliments profanes préparés selon les normes de pureté de la terouma. Elle s’applique toutefois à la terouma elle-même.
תְּנַן הָתָם: נוֹלַד לָהּ סְפֵק טוּמְאָה, עַד שֶׁלֹּא גִּלְגְּלָה — תֵּעָשֶׂה בְּטוּמְאָה, מִשֶּׁגִּלְגְּלָה — תֵּעָשֶׂה בְּטׇהֳרָה.
§ En ce qui concerne un aliment non sacré préparé selon les normes de pureté de la terouma, nous avons appris dans une michna ailleurs (Ḥalla 3:2) : Dans le cas d’une pâte au sujet de laquelle un doute est apparu quant à savoir si elle était rituellement impure, si le doute est apparu avant qu’elle ne soit pétrie, elle peut être préparée même en impureté certaine, c’est-à-dire avec des ustensiles impurs. S’il est apparu après qu’elle a été pétrie, elle doit être préparée en pureté.
עַד שֶׁלֹּא גִּלְגְּלָהּ — תֵּעָשֶׂה בְּטוּמְאָה, חוּלִּין נִינְהוּ, וּמוּתָּר לִגְרוֹם טוּמְאָה לְחוּלִּין שֶׁבְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל; מִשֶּׁגִּלְגְּלָה — תֵּעָשֶׂה בְּטׇהֳרָה, חוּלִּין הַטְּבוּלִין לְחַלָּה כְּחָלָה דָּמוּ, וְאָסוּר לִגְרוֹם טוּמְאָה לְחַלָּה.
La baraita précise : Avant d’être pétrie, elle peut être préparée même dans une impureté certaine, parce que c’est une nourriture profane, et la halakha est qu’il est permis de rendre impure une nourriture profane en Eretz Yisrael. Après avoir été pétrie, elle doit être préparée en état de pureté, puisque la nourriture profane qui n’a pas été prélevée en ce qui concerne l’obligation de séparer la ḥalla, c’est-à-dire dont la ḥalla n’a pas encore été séparée, est considérée comme de la ḥalla, et il est interdit de rendre impure la ḥalla.
תָּנָא:
Il est enseigné dans une baraita: