הָעֲקָלִים שֶׁל נְצָרִים וְשֶׁל בִּצְבּוּץ — מְנַגְּבָן, שֶׁל שִׁיפָא וְשֶׁל גֶּמִי — מְיַישְּׁנָן. וְכַמָּה מְיַישְּׁנָן? שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: מַנִּיחָן מִגַּת לַגַּת וּמִבַּד לְבַד.
et il doit nettoyer les paniers de pressage avec de la cendre et de l’eau s’ils étaient faits de feuilles de palmier ou de chanvre [bitzbutz], ou les laisser au repos s’ils étaient faits de liber [shifa] ou de roseaux, car ceux-ci absorbent davantage de vin. Et combien de temps faut-il les laisser au repos ? Il faut les laisser pendant douze mois. Rabban Shimon ben Gamliel dit : Il peut les mettre de côté d’une saison de pressage du vin à la saison de pressage du vin suivante, ou d’une saison de pressage des olives à la saison de pressage des olives suivante.
הַיְינוּ תַּנָּא קַמָּא! אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ חָרְפֵי וְאַפְלֵי.
La Guemara interrompt sa citation pour analyser la baraita : la déclaration de Rabban Shimon ben Gamliel est la même que celle du premier tanna, puisqu’il y a douze mois entre une saison de pressage du vin et la suivante. La Guemara répond : la différence entre eux concerne la saison de maturation précoce et tardive des raisins. Rabban Shimon ben Gamliel n’exige pas une mesure précise de douze mois, car la différence de temps entre les saisons de maturation peut être légèrement supérieure ou inférieure à cela.
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: הָרוֹצֶה לְטַהֵר מִיָּד, מַגְעִילָן בְּרוֹתְחִין אוֹ חוֹלְטָן בְּמֵי זֵיתִים. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי יוֹסֵי: מַנִּיחָן תַּחַת הַצִּינּוֹר שֶׁמֵּימָיו מְקַלְּחִין, אוֹ בְּמַעְיָין שֶׁמֵּימָיו רוֹדְפִין. וְכַמָּה עוֹנָה? כְּדֶרֶךְ שֶׁאָמְרוּ בְּיֵין נֶסֶךְ, כָּךְ אָמְרוּ בִּטְהָרוֹת.
La Guemara poursuit sa citation de la baraita. Rabbi Yossei dit : Celui qui souhaite purifier les paniers immédiatement, sans attendre un an, les purge dans de l’eau bouillante ou les ébouillante dans de l’eau d’olive. Rabban Shimon ben Gamliel dit au nom de Rabbi Yossei : On les place sous un tuyau dont l’eau s’écoule constamment ou dans une source aux eaux rapides. Et combien de temps doit-il les y laisser ? Il doit les y laisser pendant une période de temps. De la même manière que les Sages ont établi ce délai concernant le vin utilisé pour une libation dans l’idolâtrie, de même les Sages ont établi ce délai concernant les questions de pureté rituelle.
כְּלַפֵּי לְיָיא! בִּטְהָרוֹת קָיְימִינַן! אֶלָּא, כְּדֶרֶךְ שֶׁאָמְרוּ בִּטְהָרוֹת, כָּךְ אָמְרוּ בְּיֵין נֶסֶךְ.
La Guemara exprime son étonnement au sujet de cette dernière clause : N’est-ce pas le contraire [kelapei layya] ? Nous traitons de questions de pureté dans cette baraita. Au contraire, la baraita veut dire : De la même manière que les Sages ont énoncé ce laps de temps en ce qui concerne les questions de pureté rituelle, de même les Sages ont énoncé ce laps de temps dans le cas du vin utilisé pour une libation dans l’idolâtrie.
וְכַמָּה עוֹנָה? אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אוֹ יוֹם אוֹ לַיְלָה. רַבִּי חָנָה שְׁאוּנָא, וְאָמְרִי לַהּ רַבִּי חָנָה בַּר שְׁאוּנָא, אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חַנָּה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: חֲצִי יוֹם וַחֲצִי לַיְלָה.
La Guemara demande : Et quelle est la durée de la période mentionnée dans la baraita ? Rabbi Ḥiyya bar Abba dit que Rabbi Yoḥanan dit : Soit le jour, soit la nuit. Rabbi Ḥana She’ona, et certains disent Rabbi Ḥana bar She’ona, disent que Rabba bar bar Ḥana dit que Rabbi Yoḥanan dit : Une demi-journée et une demi-nuit.
וְאָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק: וְלָא פְּלִיגִי — הָא בִּתְקוּפַת נִיסָן וְתִשְׁרִי, הָא בִּתְקוּפַת תַּמּוּז וְטֵבֵת.
Et Rav Shmuel bar Rav Yitzḥak a dit : Et les Sages ne sont pas en désaccord. La décision de celui-ci, qui dit soit un jour soit une nuit, a été énoncée au sujet de l’équinoxe de la saison de Nisan ou de Tishrei, lorsque les jours et la nuit sont égaux ; tandis que la décision de celui-là, qui dit une demi-journée et une demi-nuit, a été énoncée au sujet du solstice de la saison de Tammuz, c’est-à-dire l’été, ou de Tevet, c’est-à-dire l’hiver, qui ont respectivement le jour le plus long ou la nuit la plus longue, de sorte que la moitié du jour et la moitié de la nuit réunies font douze heures. Cette baraita contredit apparemment la déclaration de Rabban Shimon ben Gamliel, qui dit que la femme peut attribuer le sang à son hymen pendant une nuit et la moitié du jour.
הָכָא נָמֵי, אֵימָא גַּבֵּי נִדָּה חֲצִי יוֹם וַחֲצִי לַיְלָה! וְהָא ״לַיְלָה וַחֲצִי יוֹם״ קָאָמַר! אֶלָּא: אִי לַיְלָה דְּנִיסָן וְתִשְׁרִי, אִי חֲצִי יוֹם וַחֲצִי לַיְלָה דְּטֵבֵת וְתַמּוּז.
La Guemara répond : Ici aussi, on peut dire au sujet d’une femme menstruée qu’il voulait dire une demi-journée et une demi-nuit. La Guemara soulève une difficulté. Mais Rabban Shimon ben Gamliel a dit : une nuit et une demi-journée. La Guemara précise : Plutôt, voici ce que voulait dire Rabban Shimon ben Gamliel : Soit une nuit pendant Nissan ou Tishrei, ce qui fait douze heures, soit une demi-journée et une demi-nuit pendant Tevet ou Tammouz, ce qui équivaut également à douze heures.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: שָׁאנֵי כְּתוּבָּה — דְּמַגְּהִי בַּהּ טְפֵי, עַד דְּחָתְמִי.
Et si tu le souhaites, dis plutôt : En ce qui concerne la pureté du vin, la période est de douze heures. Mais dans le cas du mariage, le délai est différent, en raison du contrat de mariage, qui est signé avant que le mariage ne soit consommé, car il y a ceux qui retardent pendant une longue période jusqu’à ce qu’ils le complètent et le signent. Par conséquent, les Sages ont prolongé la période dans ce cas à une nuit et une demi-journée.
רָב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: הֲלָכָה — בּוֹעֵל בְּעִילַת מִצְוָה, וּפוֹרֵשׁ.
§ Bien que la michna fixe une certaine période de temps, tant pour une mineure que pour une jeune femme, durant laquelle elles peuvent attribuer tout sang à l’hymen déchiré, néanmoins Rav et Shmuel disent tous deux que la halakha est que le marié a des relations qui consomment le mariage, lesquelles sont une mitsva, puis il se sépare de sa femme.
מֵתִיב רַב חִסְדָּא: מַעֲשֶׂה וְנָתַן לָהּ רַבִּי אַרְבָּעָה לֵילוֹת מִתּוֹךְ שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ!
Rav Ḥisda soulève une objection à partir de la baraita : Il y eut un incident concernant une vierge qui se maria, et Rabbi Yehouda HaNassi lui accorda quatre nuits pour avoir des rapports conjugaux dans les douze mois suivant son mariage. Cela indique que le mari n’a pas à se séparer immédiatement de sa femme après l’achèvement du premier rapport sexuel.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: הַדּוֹרֵי אַפִּירְכָא לְמָה לִי? אוֹתֵיב מִמַּתְנִיתִין! הוּא סָבַר: מַעֲשֶׂה רַב.
Rava dit à Rav Ḥisda : Pourquoi ai-je besoin de chercher une réfutation dans une baraita, qui n’est pas nécessairement connue de tous ? On peut soulever une difficulté à partir de une déclaration explicite de la michna, qui affirme que le premier sang qu’une femme voit la nuit de son mariage est attribué à la rupture de son hymen. La Guemara explique que Rav Ḥisda soulève son objection à partir de la baraita, car il soutient qu’un cas pratique tranché par un Sage constitue une source préférable.
מִכׇּל מָקוֹם, לְרַב וּשְׁמוּאֵל קַשְׁיָא! אִינְהוּ דַּעֲבַדוּ כְּרַבּוֹתֵינוּ, דְּתַנְיָא: רַבּוֹתֵינוּ חָזְרוּ וְנִמְנוּ — בּוֹעֵל בְּעִילַת מִצְוָה וּפוֹרֵשׁ.
La Guemara revient à l’objection : En tout état de cause, cette baraita est difficile pour Rav et Chmouel. La Guemara répond qu’ils ont agi conformément à l’opinion attribuée à nos Sages, comme il est enseigné dans une baraita : Nos Sages sont revenus et ont été comptés de nouveau, c’est-à-dire qu’ils ont voté et décidé, que le marié a des relations qui consomment le mariage, lesquelles sont une mitsva, puis il se sépare de sa femme.
אָמַר עוּלָּא: כִּי הָווּ בַּהּ רַבִּי יוֹחָנָן וְרֵישׁ לָקִישׁ בְּתִינוֹקֶת, לָא הֲווֹ מַסְּקִי מִינַּהּ אֶלָּא כִּדְמַסֵּיק תַּעֲלָא מִבֵּי כְרָבָא, וּמְסַיְּימִי בַּהּ הָכִי: בּוֹעֵל בְּעִילַת מִצְוָה וּפוֹרֵשׁ.
La Guemara prouve que cette décision de Rav et Shmuel, fondée sur la baraita, est aussi l’opinion de Rabbi Yoḥanan et Reish Lakish. Ulla a dit : Lorsque nous étions en train d’étudier le sujet d’une jeune fille qui a vu du sang la nuit de son mariage avec Rabbi Yoḥanan et Reish Lakish, ils n’en ont tiré que la quantité de terre que le renard remonte d’un champ labouré, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas établi la halakha comme indiqué dans la michna. Et ils ont conclu la discussion de cette manière : Le marié a des relations qui consomment le mariage, lesquelles sont une mitzva, puis il se sépare de sa femme.
אָמַר לוֹ רַבִּי אַבָּא לְרַב אָשֵׁי: אֶלָּא מֵעַתָּה, בַּעַל נֶפֶשׁ לֹא יִגְמוֹר בִּיאָתוֹ! אָמַר לוֹ: אִם כֵּן, לִבּוֹ נוֹקְפוֹ וּפוֹרֵשׁ.
Rabbi Abba dit à Rav Ashi, à la lumière de cette décision selon laquelle le marié doit se séparer de sa mariée après avoir achevé l’acte de relation sexuelle : Si tel est le cas, une personne pieuse ne devrait pas achever son acte de relation sexuelle, de peur de continuer involontairement plus longtemps que permis. Rav Ashi lui répondit : Les Sages n’ont pas promulgué un tel décret, parce que si tel était le cas, son cœur le frapperait de la crainte que peut-être sa femme commence à saigner pendant qu’il est engagé dans l’acte de relation sexuelle, et il se séparera complètement de sa femme et ne consommera pas le mariage.
תָּנוּ רַבָּנַן: וְכוּלָּן שֶׁהָיוּ שׁוֹפְעוֹת דָּם וּבָאוֹת, מִתּוֹךְ אַרְבָּעָה לֵילוֹת לְאַחַר אַרְבָּעָה לֵילוֹת, מִתּוֹךְ הַלַּיְלָה לְאַחַר הַלַּיְלָה — כּוּלָּן צְרִיכוֹת לִבְדּוֹק אֶת עַצְמָן.
§ La michna enseigne qu'à une jeune fille sont accordées quatre nuits durant lesquelles tout saignement est attribué à son hymen déchiré. Les Sages ont enseigné dans une baraita : Et en ce qui concerne toutes celles-ci, c'est-à-dire toutes les femmes auxquelles sont accordées quatre nuits, si elles saignaient continuellement, pendant quatre nuits et après ces quatre nuits, ou dans le cas de ces femmes auxquelles une seule nuit est accordée, si elles saignent depuis cette nuit jusqu'après cette nuit, elles ne peuvent pas attribuer le sang à l'hymen déchiré. Au contraire, toutes doivent s'examiner, de la manière qui sera expliquée.
וּבְכוּלָּן, רַבִּי מֵאִיר מַחְמִיר כְּדִבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי.
Et en ce qui concerne toutes ces femmes, Rabbi Meir est rigoureux conformément à l’opinion de Beit Shammai, et par conséquent une fille mineure qui saigne pendant plus de quatre nuits doit s’examiner, malgré le fait que Beit Hillel disent qu’elle reste rituellement pure jusqu’à ce que la plaie soit guérie. De même, Rabbi Meir soutient que, concernant une jeune fille qui a atteint la puberté, si elle continue à saigner après la première nuit, elle doit s’examiner.
וּשְׁאָר רְאִיּוֹת שֶׁבֵּין בֵּית שַׁמַּאי וּבֵית הִלֵּל — הַלֵּךְ אַחַר מַרְאֵה דָמִים.
La baraita continue : Mais en ce qui concerne les autres cas de vision de sang, lorsqu’elle n’émet pas du sang de façon continue mais saigne de nouveau le lendemain, au sujet desquels il existe une divergence entre Beit Shammai et Beit Hillel, Rabbi Meir soutient que l’on suit l’apparence du sang. En d’autres termes, il ne se conforme pas entièrement à l’opinion de Beit Shammai. Beit Hillel statuent que la femme est rituellement pure même si la couleur du sang a changé, tandis que Beit Shammai soutiennent qu’elle est rituellement impure même si la couleur du sang n’a pas changé.
שֶׁהָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: מַרְאֵה דָמִים מְשׁוּנִּים הֵן זֶה מִזֶּה. כֵּיצַד? דַּם נִדָּה — אָדוֹם, דַּם בְּתוּלִים — אֵינוֹ אָדוֹם. דַּם נִדָּה — זִיהוּם, דַּם בְּתוּלִים — אֵינוֹ זִיהוּם. דַּם נִדָּה — בָּא מִן הַמָּקוֹר, דַּם בְּתוּלִים — בָּא מִן הַצְּדָדִין.
Comme le disait Rabbi Meir : L’apparence du sang impur et du sang pur diffère l’une de l’autre. Comment cela ? Le sang d’une femme menstruée est rouge, tandis que le sang provenant d’un hymen déchiré, indiquant qu’elle était vierge, n’est pas rouge. Le sang d’une femme menstruée est trouble ; le sang indiquant qu’elle était vierge n’est pas trouble. Enfin, le sang d’une femme menstruée provient de l’utérus ; le sang indiquant qu’elle était vierge provient des côtés de la paroi vaginale.
אָמַר רַבִּי יִצְחָק בַּר רַבִּי יוֹסֵי, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: זוֹ דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר, אֲבָל חֲכָמִים אוֹמְרִים כׇּל מַרְאֵה דָמִים אַחַת הֵן.
Rabbi Yitzḥak bar Rabbi Yosei dit que Rabbi Yoḥanan dit : Ceci est l’affirmation de Rabbi Meir. Selon Rabbi Meir, il est possible d’examiner la couleur du sang pour déterminer s’il s’agit de sang menstruel ou de sang hyménal. Mais les Sages disent que tous les aspects du sang sont identiques, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de distinction entre l’apparence du sang menstruel et le sang indiquant la perte de la virginité.
תָּנוּ רַבָּנַן: הָרוֹאָה דָּם מֵחֲמַת תַּשְׁמִישׁ — מְשַׁמֶּשֶׁת פַּעַם רִאשׁוֹנָה, וּשְׁנִיָּה, וּשְׁלִישִׁית, מִכָּאן וְאֵילָךְ — לֹא תְּשַׁמֵּשׁ עַד שֶׁתִּתְגָּרֵשׁ
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita : Une femme qui voit du sang en raison d’un rapport sexuel peut avoir des rapports sexuels avant la première fois que cela se produit, avant la deuxième fois que cela se produit, et avant la troisième fois que cela se produit. À partir de ce point désormais, c’est-à-dire après trois occurrences consécutives de saignement dues au rapport sexuel, elle ne peut pas avoir de rapports sexuels jusqu’à ce qu’elle divorce de son mari