״עַד שֶׁתִּחְיֶה הַמַּכָּה״ תְּנַן!
Conformément à la décision de la michna : les Sages lui accordent quatre nuits ; il aurait donc dû lui accorder plus de temps, car nous avons appris dans la michna que, selon Beit Hillel, le sang peut être attribué à l’hymen déchiré jusqu’à ce que la plaie guérisse.
אֶלָּא דְּיָהֵיב לַהּ כּוּלְּהוּ בִּימֵי נַעֲרוּת — נַעֲרוּת שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ מִי אִיכָּא? וְהָא אָמַר שְׁמוּאֵל: אֵין בֵּין נַעֲרוּת לְבַגְרוּת אֶלָּא שִׁשָּׁה חֳדָשִׁים בִּלְבָד! וְכִי תֵימָא בְּצִיר מֵהָכִי הוּא דְּלֵיכָּא, הָא טְפֵי אִיכָּא — הָא ״בִּלְבָד״ קָאָמַר.
Au contraire, tu diras qu’il lui a donné ces quatre nuits toutes pendant ses jours en tant que jeune femme. Y a-t-il douze mois durant lesquels quelqu’un a le statut de jeune femme ? Mais Shmuel n’a-t-il pas dit : La différence de temps entre le fait de devenir une jeune femme et le fait de devenir une femme adulte est de seulement six mois ? Et si tu disais que Shmuel veut dire qu’en moins de six mois il n’y a pas de transition du statut de jeune femme à celui de femme adulte, mais qu’il y a une telle transition en plus de six mois, puisque les femmes se développent différemment, ce n’est pas le cas, car Shmuel a dit : Seulement, ce qui indique que la période n’est ni inférieure ni supérieure à six mois.
אֶלָּא, דְּיָהֵיב לַהּ שְׁתַּיִם בִּימֵי קַטְנוּת וּשְׁתַּיִם בִּימֵי נַעֲרוּת, הָא בְּעָא מִינֵּיהּ רַב חִינָּנָא בַּר שֶׁלֶמְיָא מֵרַב: הִגִּיעַ זְמַנָּהּ לִרְאוֹת תַּחַת בַּעְלָהּ, מַהוּ?
Au contraire, tu suggéreras que Rabbi Yehuda HaNasi lui a accordé deux jours pendant ses jours de minorité, et lui a accordé deux jours pendant ses jours de jeune femme. Cela aussi est difficile, car Rav Ḥinnana bar Shelamya a demandé à Rav : En ce qui concerne une jeune fille qui s’est mariée avant d’atteindre la puberté, puis le moment de voir du sang menstruel est arrivé alors qu’elle était sous l’autorité de son mari, quelle est la halakha ? A-t-elle les quatre nuits pendant lesquelles le sang est considéré comme provenant de son hymen déchiré ?
אֲמַר לֵיהּ: כׇּל בְּעִילוֹת שֶׁאַתָּה בּוֹעֵל — אֵינָן אֶלָּא אַחַת, וְהַשְּׁאָר מַשְׁלִימִין לְאַרְבָּעָה לֵילוֹת.
Et Rav lui dit : Tous les actes de relation sexuelle auxquels tu te livres alors qu’elle est encore trop jeune sont considérés comme un seul acte de relation sexuelle, et le reste, c’est-à-dire trois autres actes de relation sexuelle, complètent le nombre total de quatre nuits. Si tel est le cas, Rabbi Yehuda HaNasi n’aurait pas pu lui accorder deux nuits en tant que mineure, puisque tout au plus ces actes de relation sexuelle comptent comme un seul.
אֶלָּא, דְּיָהֵיב לַהּ אַחַת בִּימֵי קַטְנוּת, וּשְׁתַּיִם בִּימֵי נַעֲרוּת, וְאַחַת בִּימֵי בַּגְרוּת. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא בּוֹגֶרֶת בְּעָלְמָא יָהֲבִינַן לַהּ טְפֵי, כִּי הֵיכִי דְּאַהֲנַי קַטְנוּת בִּימֵי נַעֲרוּת לְמִבְצַר לַהּ חֲדָא, אַהֲנַי נָמֵי נַעֲרוּת לְבַגְרוּת לְמִבְצַר לַהּ חֲדָא.
Plutôt, tu suggéreras qu’il lui a donné une nuit pendant ses jours de minorité, et deux nuits pendant ses jours de jeune femme, et une nuit pendant ses jours de femme adulte. Mais cela aussi est difficile : Soit, si tu dis que nous donnons généralement à une femme adulte plus d’une nuit, alors on peut comprendre pourquoi Rabbi Yehouda HaNassi lui a donné une nuit dans ce cas : De même que tous les actes de relation sexuelle auxquels elle s’est livrée lorsqu’elle était mineure ont pour effet de déduire une nuit de ses jours de jeune femme, de même tous les actes de relation sexuelle auxquels elle s’est livrée alors qu’elle était jeune femme ont pour effet de déduire une nuit de ses jours de femme adulte, ne lui en laissant qu’une.
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ בּוֹגֶרֶת דְּעָלְמָא לָא יָהֲבִינַן לַהּ טְפֵי — לָא לִיתֵּב לַהּ אֶלָּא בְּעִילַת מִצְוָה, וְתוּ לָא!
Mais si tu dis que généralement nous ne donnons pas à une femme adulte plus d’une nuit, alors dans ce cas Rabbi Yehouda HaNassi aurait dû lui donner, en tant que femme adulte, seulement l’unique acte de relations qui consomme un mariage, lequel est une mitsva, c’est-à-dire simplement un seul acte de rapport sexuel, et rien de plus, sinon les actes de rapport sexuel avant qu’elle ne devienne une femme adulte n’auraient pas affecté son statut.
לְעוֹלָם, דְּיָהֵיב לַהּ אַחַת בִּימֵי קַטְנוּת וְשָׁלֹשׁ בִּימֵי נַעֲרוּת. מִי סָבְרַתְּ כֹּל תְּלָתָא יַרְחֵי — חֲדָא עוֹנָה? כֹּל תְּרֵי יַרְחֵי — חֲדָא עוֹנָה.
La Guemara répond : En réalité, l’explication correcte est que Rabbi Yehuda HaNasi lui a accordé une nuit pendant ses jours de minorité et trois nuits pendant ses jours de jeune femme. Quant au fait qu’elle n’a le statut de jeune femme que pendant exactement six mois, soutiens-tu que chaque période de trois mois était comptée comme une période d’absence du mari, de sorte qu’elle n’avait que deux nuits en six mois ? Ce n’est pas le cas. Au contraire, chaque période de deux mois était comptée comme une période, et par conséquent elle avait trois nuits pendant ces six mois durant lesquelles elle pouvait attribuer le sang à son hymen déchiré.
מִנְיָמִין סַקְסְנָאָה הֲוָה שָׁקֵיל וְאָזֵיל לְאַתְרֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל, סְבַר לְמֶעְבַּד עוֹבָדָא כְּוָותֵיהּ דְּרַב, אֲפִילּוּ רָאֲתָה. אֲמַר: לָא פָּלֵיג רַב בֵּין רָאֲתָה בֵּין לֹא רָאֲתָה.
La Guemara rapporte que le Sage Minyamin Saksana venait en marchant vers l’endroit où se trouvait Shmuel. Il pensa qu’il agirait conformément à l’opinion de Rav, en ce sens qu’il permettrait à une femme adulte d’attribuer le sang à son hymen déchiré pendant toute la première nuit, même si elle avait déjà vu du sang menstruel avant de se marier. Minyamin, par erreur, se dit à lui-même : Rav ne fait pas de distinction entre une femme qui a vu du sang menstruel et une femme qui n’a pas vu de sang menstruel.
קְדֵים שְׁכֵיב בְּאוֹרְחָא, קָרֵי שְׁמוּאֵל עֲלֵיהּ דְּרַב ״לֹא יְאֻנֶּה לַצַּדִּיק כׇּל אָוֶן״.
Avant que Minyamin n’arrive à l’endroit de Shmuel, il mourut en chemin, et il n’acheva jamais le voyage. En apprenant cela, Shmuel récita ce verset au sujet de Rav : « Aucun malheur n’arrivera au juste » (Proverbes 12:21), c’est-à-dire que Dieu ne permet pas que des actes interdits résultent des paroles des justes. Dans ce cas, Minyamin a statué à tort, sur la base d’une mauvaise compréhension de la déclaration de Rav.
אָמַר רַב חִינָּנָא בַּר שֶׁלֶמְיָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: כֵּיוָן שֶׁנִּתְּקוּ שִׁנָּיו שֶׁל אָדָם, נִתְמַעֲטוּ מְזוֹנוֹתָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״גַּם אָנֹכִי נָתַתִּי לָךְ נִקְיוֹן שִׁנַּיִם בְּכׇל עָרֵיכֶם וְחוֹסֶר לֶחֶם בְּכֹל מְקוֹמוֹתֵיכֶם״.
Puisque la Guemara a cité Rav Ḥinnana bar Shelamya, elle cite une autre de ses déclarations : Rav Ḥinnana bar Shelamya a dit au nom de Rav : Une fois que les dents d’une personne tombent et qu’elle a du mal à manger, sa nourriture diminue en conséquence, comme il est dit : « Et moi aussi, je vous ai donné la propreté des dents dans toutes vos villes, et le manque de pain dans tous vos lieux » (Amos 4:6). L’expression « propreté des dents » est ici un euphémisme pour désigner l’absence totale de dents, ce qui entraîne un manque de pain.
רָאֲתָה וְעוֹדָהּ. תָּנוּ רַבָּנַן: רָאֲתָה וְעוֹדָהּ בְּבֵית אָבִיהָ, בֵּית הִלֵּל אוֹמְרִים: כׇּל הַלַּיְלָה שֶׁלָּהּ, וְנוֹתְנִין לָהּ עוֹנָה שְׁלֵמָה. וְכַמָּה עוֹנָה שְׁלֵמָה? פֵּירֵשׁ רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: לַיְלָה וַחֲצִי יוֹם.
§ La michna enseigne : Dans le cas d’une jeune femme qui a vu du sang menstruel avant le mariage, alors qu’elle était encore dans la maison de son père, Beit Hillel disent : Ils peuvent avoir plusieurs rapports sexuels, car tout saignement pendant toute la nuit est attribué à l’hymen déchiré. Les Sages ont enseigné dans une baraita : Dans le cas d’une jeune femme qui a vu du sang menstruel alors qu’elle était encore dans la maison de son père, Beit Hillel disent : Toute la nuit est à elle, et les Sages lui accordent une période complète pendant laquelle elle peut attribuer tout saignement à son hymen déchiré. Et combien dure une période complète dans ce contexte ? Rabban Shimon ben Gamliel a expliqué que c’est une nuit et la moitié du jour suivant.
וּמִי בָּעֵינַן כּוּלֵּי הַאי? וּרְמִינְהִי: הֲרֵי שֶׁהָיוּ גִּתָּיו וּבֵית בַּדָּיו טְמֵאוֹת, וּבִקֵּשׁ לַעֲשׂוֹתָן בְּטָהֳרָה, כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה? הַדַּפִּין וְהַלּוּלָבִין וְהָעֲדָשִׁין — מְדִיחָן,
La Guemara demande : Mais avons-nous besoin de tout ce temps d’une nuit et d’une demi-journée pour une période complète ? Et la Guemara soulève une contradiction à partir d’une baraita : Dans le cas de quelqu’un dont les pressoirs à vin ou à huile étaient impurs et qui souhaitait préparer ses raisins et ses olives dans un état de pureté rituelle, comment agit-il ? Il doit rincer les planches utilisées pour presser les raisins dans le pressoir, ainsi que les branches de palmier utilisées comme balais, et les cuves,