אֲזַל שֵׁילָא, אֲמַר לִדְבֵיתְהוּ: צְבִית לִי זְוַודְתָּא דְּלָא לֵיזִיל וְלֵימָא לֵיהּ לְרַב מִילֵּי עִילָּוַאי. צְבִיתָה לֵיהּ זְוַודְתָּא. נָח נַפְשֵׁיהּ דְּשֵׁילָא, חֲזוֹ דְּפָרְחָא אָסָא מֵהַאי פּוּרְיָא לְהַאי פּוּרְיָא, אָמְרִי: שְׁמַע מִינַּהּ עֲבַדוּ רַבָּנַן פְּיָיסָא.
Immédiatement après la mort de Rav Asi, Sheila bar Avina alla et dit à sa femme : Prépare-moi des provisions [zevadata], c’est-à-dire des linceuls pour mon enterrement, car je mourrai bientôt. C’est afin que Rav Asi n’aille pas raconter à Rav des choses de critique à mon sujet, à savoir que je n’ai pas écouté Rav Asi et que j’ai causé sa mort parce que je me suis offensé lorsqu’il m’a excommunié. Sa femme lui prépara les provisions, et Sheila mourut. Les bières funéraires de Rav Asi et de Sheila bar Avina furent apportées ensemble pour l’enterrement. Ceux qui accompagnaient les morts virent que le myrte qu’on avait coutume de placer sur une bière volait de cette bière à cette bière. Ils dirent : Concluez-en que les Sages, c’est-à-dire Rav Asi et Sheila bar Avina, se sont réconciliés l’un avec l’autre.
בָּעֵי רָבָא: קוֹשִׁי מַהוּ שֶׁתִּסְתּוֹר בְּזִיבָה?
§ La michna enseigne qu’une femme qui a un écoulement de sang en raison des douleurs de l’accouchement n’est pas considérée comme une zava si elle voit le sang pendant des jours où elle peut devenir une zava, mais plutôt comme une femme menstruée si elle voit le sang pendant des jours durant lesquels elle peut être une femme menstruée. À cet égard, Rava soulève un dilemme : En général, si une zava a un écoulement de sang alors qu’elle compte sept jours propres, son compte est annulé et elle doit recommencer un nouveau compte de sept jours propres. Mais quelle est la halakha concernant une zava qui a eu un écoulement de sang en raison des douleurs de l’accouchement ? Cet écoulement annule-t-il son compte en ce qui concerne la ziva ?
דָּבָר הַמְטַמֵּא סוֹתֵר, וְהַאי נָמֵי מְטַמֵּא כִּימֵי נִדָּה הוּא, אוֹ דִילְמָא דָּבָר הַגּוֹרֵם סוֹתֵר, וְהַאי לָאו גּוֹרֵם הוּא?
Rava développe : Toute substance qui transmet l’impureté annule-t-elle le compte de sept jours propres ? Si oui, puisque cette émission transmet l’impureté comme le sang des jours de menstruation, elle annule également son compte. Ou peut-être seulement une substance qui fait qu’une femme devient zavaannule son compte, et, puisque ce sang n’est pas une substance qui fait qu’elle devient zava, il n’annule pas son compte.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: אוֹנֶס בְּזִיבָה יוֹכִיחַ, שֶׁאֵינוֹ גּוֹרֵם, וְסוֹתֵר!
Abaye dit à Rava : Le cas d’une émission de ziva due à des circonstances indépendantes de la volonté d’une personne prouvera la halakha concernant ce dilemme, car une telle émission ne rend pas une personne zav, et pourtant elle annule son compte de sept jours purs.
אֲמַר לֵיהּ: לָאיֵי, הַאי נָמֵי גּוֹרֵם הוּא, דִּתְנַן: רָאָה רְאִיָּיה רִאשׁוֹנָה — בּוֹדְקִין אוֹתוֹ, שְׁנִיָּה — בּוֹדְקִין אוֹתוֹ, שְׁלִישִׁית — אֵין בּוֹדְקִין אוֹתוֹ.
Rava lui dit : Ce n’est pas ainsi [la’ei], car cette émission de ziva due à des circonstances indépendantes de la volonté de la personne est aussi une substance qui fait que l’on est considéré comme un zav, comme nous l’avons appris dans une michna (Zavim 2:2) : En ce qui concerne un homme qui a eu une première émission de ziva, on l’examine afin de déterminer si l’écoulement a été causé par des circonstances indépendantes de sa volonté. Après la deuxième émission de ziva également, on l’examine. Mais après la troisième émission, on ne l’examine pas, car même si la troisième émission s’est produite en raison de circonstances indépendantes de sa volonté, il est néanmoins considéré comme un zav du fait de celle-ci.
וּלְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, דְּאָמַר: אַף בַּשְּׁלִישִׁית בּוֹדְקִין אוֹתוֹ, הָכִי נָמֵי כֵּיוָן דְּלָא גָרֵים לָא סָתַר? אֲמַר לֵיהּ: לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, הָכִי נָמֵי.
Abaye demanda à Rava : Et selon Rabbi Eliezer, qui a dit : Même après la troisième émission on l’examine, diras-tu vraiment que, puisque une émission de ziva due à des circonstances indépendantes de la volonté de la personne ne rend pas quelqu’un zav, elle n’annule pas son compte ? Rava dit à Abaye : Selon Rabbi Eliezer, c’est effectivement le cas.
תָּא שְׁמַע: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר, אַף בַּשְּׁלִישִׁית בּוֹדְקִין אוֹתוֹ, בָּרְבִיעִית אֵין בּוֹדְקִין אוֹתוֹ. מַאי לַָאו לִסְתִירָה?
La Guemara tente de rejeter l’explication de Rava concernant l’opinion de Rabbi Eliezer : Viens et écoute une baraita : Rabbi Eliezer dit : Même après le troisième écoulement, on l’examine afin d’établir s’il doit apporter une offrande, mais après le quatrième écoulement, on ne l’examine pas. Quoi, n’est-ce pas correct de dire que, puisqu’il a déjà été rendu zav après trois écoulements, un examen après le quatrième écoulement est pour la question de l’annulation de tous les jours purs comptés jusqu’à présent ? Si tel est le cas, Rabbi Eliezer soutient qu’un écoulement de ziva dû à des circonstances indépendantes de sa volonté annule son compte.
לָא, לְטַמּוֹיֵהּ לְהַהִיא טִיפָּה בְּמַשָּׂא.
La Guemara rejette cette suggestion : Non, il est possible que le but de l’examen après le quatrième écoulement soit de déterminer s’il faut rendre impure cette goutte de ziva, de sorte qu’elle transmette l’impureté par portage. Selon Rabbi Eliezer, l’écoulement d’un zav transmet l’impureté par portage, même si l’écoulement s’est produit en raison de circonstances indépendantes de sa volonté.
תָּא שְׁמַע: בַּשְּׁלִישִׁית, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר בּוֹדְקִין אוֹתוֹ, בָּרְבִיעִית אֵין בּוֹדְקִין אוֹתוֹ. לְקׇרְבָּן אָמַרְתִּי, וְלֹא לִסְתִירָה.
La Guemara suggère : Viens et écoute une autre baraita : En ce qui concerne la troisième émission, Rabbi Eliezer dit qu’on l’examine, mais après la quatrième émission on ne l’examine pas. La raison est comme je l’ai dit, que le but de ces examens est de déterminer l’obligation d’apporter une offrande, et ils ne concernent pas la question de l’annulation des jours purs comptés jusque-là. Puisque la quatrième apparition n’affecte pas l’obligation d’apporter une offrande, il n’est pas nécessaire de procéder à un examen. De toute évidence, Rabbi Eliezer soutient qu’une émission qui survient en raison de circonstances indépendantes de la volonté de la personne annule effectivement son compte.
אֶלָּא לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, תִּפְשׁוֹט דְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ גּוֹרֵם סוֹתֵר, לְרַבָּנַן מַאי?
La Guemara concède : Au contraire, selon Rabbi Eliezer, on peut résoudre le dilemme et conclure que même une substance qui ne rend pas quelqu’un zavannule son compte. Mais quelle est la halakhaselon l’opinion des Sages ?
תָּא שְׁמַע, דְּתָנֵי אֲבוּהּ דְּרַבִּי אָבִין: מָה גָּרַם לוֹ זוֹבוֹ — שִׁבְעָה, לְפִיכָךְ סוֹתֵר שִׁבְעָה; מָה גָּרַם לוֹ קִרְיוֹ — יוֹם אֶחָד, לְפִיכָךְ סוֹתֵר יוֹם אֶחָד.
La Guemara suggère : Viens et entends ce que le père de Rabbi Avin enseigne au sujet de la question de savoir pourquoi un écoulement de ziva amène un zav à annuler tout son compte de jours purs, tandis qu’une émission séminale n’annule que le jour même de l’émission : Qu’est-ce que sa ziva lui a causé ? Une impureté de sept jours. Par conséquent, un écoulement de ziva l’amène à annuler son compte de sept jours purs. En revanche, qu’est-ce que son émission séminale lui a causé ? Une impureté d’un seul jour. Par conséquent, une émission séminale l’amène à annuler seulement un jour de son compte.
מַאי שִׁבְעָה? אִילֵּימָא דִּמְטַמֵּא שִׁבְעָה — הַאי ״מָה זוֹבוֹ טָמֵא שִׁבְעָה״ מִבָּעֵי לֵיהּ, אֶלָּא לָאו דָּבָר הַגּוֹרֵם סוֹתֵר, דָּבָר שֶׁאֵינוֹ גּוֹרֵם אֵינוֹ סוֹתֵר? שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara analyse cette déclaration : Quel est le sens de l’affirmation selon laquelle la ziva entraîne une impureté de sept jours ? Si l’on dit que cela signifie simplement que la ziva le rend impur pendant sept jours, alors le père de Rabbi Avin aurait dû déclarer : De même que sa ziva le rend impur pendant sept jours, de même elle annule son compte de sept jours purs. Au contraire, n’est-ce pas que la mention de causalité indique que voici ce qu’il dit : Une substance qui cause à une personne de devenir un zavannule son compte de sept jours purs, tandis qu’une substance qui ne cause pas à une personne de devenir un zav, par exemple un écoulement de sang dû aux douleurs de l’accouchement, n’annule pas son compte. La Guemara conclut : En effet, conclus-en que telle est l’opinion des Sages.
אָמַר אַבָּיֵי: נָקְטִינַן, אֵין קוֹשִׁי סוֹתֵר בְּזִיבָה. וְאִי מַשְׁכַּחַתְּ תַּנָּא דְּאָמַר סוֹתֵר — הָהוּא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הִיא.
En ce qui concerne la halakha, Abaye a dit : Nous avons une tradition selon laquelle le sang émis par une femme en raison des douleurs de l’accouchement n’annule pas les sept jours propres de ziva, conformément à l’opinion des Sages. Et si tu trouves un tanna qui a dit que cela les annule, la déclaration de ce tanna est conforme à l’opinion de Rabbi Eliezer.
תַּנְיָא, רַבִּי מָרִינוּס אוֹמֵר: אֵין לֵידָה סוֹתֶרֶת בְּזִיבָה. אִיבַּעְיָא לְהוּ: מַהוּ שֶׁתַּעֲלֶה? אַבָּיֵי אָמַר: אֵינָהּ סוֹתֶרֶת וְאֵינָהּ עוֹלָה. רָבָא אָמַר: אֵינָהּ סוֹתֶרֶת וְעוֹלָה.
§ Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Marinus dit : Dans le cas d’une zava qui a accouché au milieu du compte de sept jours purs, l’accouchement n’annule pas son compte de sept jours purs de ziva. À propos de cette déclaration, un dilemme fut soulevé devant les Sages : Quelle est la halakha quant à savoir si ses jours d’impureté peuvent être comptés dans les sept jours purs de ziva ? Abaye dit : L’accouchement n’annule pas son compte, mais ne compte pas pour les sept jours purs. Rava dit : L’accouchement n’annule pas son compte et compte aussi pour les sept jours.
אָמַר רָבָא: מְנָא אָמֵינָא לַהּ? דְּתַנְיָא: ״וְאַחַר תִּטְהָר״ — ״אַחַר״, ״אַחַר״ לְכוּלָּן, שֶׁלֹּא תְּהֵא טוּמְאָה מַפְסֶקֶת בֵּינֵיהֶם.
Rava a dit : D’où dis-je que la naissance est comptée parmi les sept jours ? Comme il est enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Mais si elle est purifiée de son ziva, alors elle comptera pour elle-même sept jours, et après cela elle sera pure » (Lévitique 15:28). Le mot « après » indique qu’elle ne sera pure qu’après avoir compté la totalité d’entre eux, c’est-à-dire qu’il ne doit pas y avoir d’impureté s’interposant entre l’un quelconque des sept jours purs.
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא עוֹלָה — הַיְינוּ דְּלָא מַפְסְקָה טוּמְאָה, אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ אֵינָהּ עוֹלָה — אַפְסִיק לֵיהּ לֵידָה! וְאַבָּיֵי אָמַר לָךְ: שֶׁלֹּא תְּהֵא טוּמְאַת זִיבָה מַפְסֶקֶת בֵּינֵיהֶם.
Rava explique : Soit, si tu dis que la naissance compte dans les sept jours purs, cela est conforme à l’exigence qu’il ne doit pas y avoir d’impureté faisant séparation entre les sept jours purs, puisqu’ils restent consécutifs. Mais si tu dis que la naissance ne compte pas dans les sept jours purs, alors la naissance fait séparation entre les sept jours purs. La Guemara note : Et Abaye aurait pu te dire que la baraita signifie qu’il ne doit pas y avoir une impureté de ziva faisant séparation entre eux. Il n’y a pas de problème avec une séparation due à la naissance.
אָמַר רָבָא: מְנָא אָמֵינָא לַהּ? דְּתַנְיָא: ״מִזּוֹבָהּ״ — ״מִזּוֹבָהּ״ וְלֹא מִנִּגְעָהּ, ״מִזּוֹבָהּ״ וְלֹא מִלֵּידָתָהּ. וְאַבָּיֵי אָמַר לָךְ: תְּנִי חֲדָא ״מִזּוֹבָהּ״ וְלֹא מִנִּגְעָהּ, וְלָא תִּתְנֵי ״וְלֹא מִלֵּידָתָהּ״.
Rava a en outre dit : D’où dis-je que l’accouchement est compté parmi les sept jours purs ? Comme il est enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Mais si elle est purifiée de son ziva, alors elle comptera pour elle-même sept jours » (Lévitique 15:28). Cela indique qu’elle compte sept jours purs à partir de son ziva et non de sa lèpre, c’est-à-dire qu’elle commence à compter sept jours à partir de la cessation de son ziva, même si elle est lépreuse. De même, elle compte sept jours purs à partir de son ziva et non de son accouchement, car elle compte sept jours purs même s’ils se poursuivent pendant ses jours d’impureté. La Guemara note : Et Abaye aurait pu te dire : De ce verset, apprends une dérivation, à savoir : de son ziva et non de sa lèpre, mais n’apprends pas : de son ziva et non de son accouchement.
וְרָבָא, הַאי מַאי? אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא ״מִזּוֹבָהּ״ וְלֹא מִלֵּידָתָהּ, אַיְּידֵי דְּאִצְטְרִיךְ לֵיהּ לֵידָה, תְּנָא נִגְעָהּ אַטּוּ לֵידָה. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ ״מִזּוֹבָהּ״ וְלֹא מִנִּגְעָהּ, הַאי מִ״וְּכִי יִטְהַר הַזָּב מִזּוֹבוֹ״ נָפְקָא — ״מִזּוֹבוֹ״ וְלֹא מִנִּגְעוֹ!
Et Rava répondrait : Qu’est-ce que cette proposition ? Certes, si tu dis que le tanna de la baraita a enseigné : De sa ziva et non de son accouchement, on peut comprendre pourquoi le tanna enseigne aussi : De sa ziva et non de sa lèpre : Puisqu’il était nécessaire pour le tanna d’enseigner cette halakha concernant l’accouchement, il l’a enseignée concernant sa lèpre, du fait qu’il l’a enseignée concernant l’accouchement. Mais si tu dis que le tanna a enseigné seulement : De sa ziva et non de sa lèpre, alors le verset est inutile, car cette halakha est déjà dérivée d’un autre verset : « Et lorsque le zav sera purifié de sa ziva » (Lévitique 15:13), c’est-à-dire : de sa ziva et non de sa lèpre.
וְאַבָּיֵי — חַד בְּזָב וְחַד בְּזָבָה. וּצְרִיכִי, דְּאִי כְּתַב רַחֲמָנָא
Et Abaye pourrait répondre : Un verset traite du cas d’un zav et l’autre traite du cas d’une zava, et les deux versets sont nécessaires. Car, si le Miséricordieux avait écrit