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הָא קָתָנֵי נִדָּה!
La michna n’enseigne-t-elle pas que la femme observe les rigueurs d’une femme menstruée, c’est-à-dire qu’elle est considérée comme rituellement impure chaque fois qu’elle a un saignement, et n’observe aucune période de pureté du tout ?
שֶׁאִם תִּרְאֶה יוֹם שְׁלוֹשִׁים וְאַרְבָּעָה, וְתַחְזוֹר וְתִרְאֶה יוֹם אַרְבָּעִים וְאֶחָד — תְּהֵא מְקוּלְקֶלֶת עַד אַרְבָּעִים וּשְׁמוֹנָה.
La Guemara répond : la michna mentionne que la femme observe les rigueurs d’une femme qui a donné naissance à un garçon afin d’enseigner que si elle voit du sang le trente-quatrième jour après sa fausse couche et voit de nouveau du sang le quarante et unième jour, son statut de pureté sera compromis, c’est-à-dire qu’il lui sera interdit d’avoir des rapports conjugaux, jusqu’au quarante-huitième jour. Si elle n’observait pas les rigueurs d’une femme qui a donné naissance à un garçon, mais seulement celles d’une femme menstruée et de celle qui a donné naissance à une fille, elle n’aurait pas à attendre sept jours après avoir vu du sang le quarante et unième jour. Au lieu de cela, elle n’attendrait qu’un seul jour, car sa possible période de sept jours de menstruation a commencé le trente-quatrième jour et s’est terminée le quarantième. Pourtant, puisqu’elle a peut-être donné naissance à un garçon, le quarante et unième jour peut être le premier jour après sa période de pureté, et donc le premier de ses sept jours de menstruation. Par conséquent, elle doit se considérer comme impure jusqu’au quarante-huitième jour.
וְכֵן לְעִנְיַן נְקֵבָה, שֶׁאִם תִּרְאֶה יוֹם שִׁבְעִים וְאַרְבָּעָה, וְתַחְזוֹר וְתִרְאֶה יוֹם שְׁמוֹנִים וְאֶחָד, תְּהֵא מְקוּלְקֶלֶת עַד שְׁמוֹנִים וּשְׁמוֹנָה.
De même, en ce qui concerne la halakha selon laquelle elle observe les rigueurs d’une femme qui a donné naissance à une fille, une conséquence est que si elle voit du sang le soixante-quatorzième jour et en voit de nouveau le quatre-vingt-unième jour, son statut de pureté sera compromis jusqu’au quatre-vingt-huitième jour. Bien qu’elle observe l’impureté rituelle après avoir découvert un saignement le soixante-quatorzième jour, car elle a peut-être le statut d’une femme menstruée, lorsqu’elle découvre un saignement le quatre-vingt-unième jour, elle doit recommencer le compte des sept jours de menstruation, au cas où le soixante-quatorzième jour serait tombé pendant sa période de pureté après avoir donné naissance à une fille.
רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: יוֹם אַרְבָּעִים וְאֶחָד תֵּשֵׁב לְזָכָר וּלְנִדָּה כּוּ׳. תַּנְיָא, רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: טִימֵּא וְטִיהֵר בְּזָכָר, וְטִימֵּא וְטִיהֵר בִּנְקֵבָה.
§ La michna enseigne que Rabbi Yishmael dit : Une femme qui a un écoulement le quarante et unième jour après l’immersion observe à la fois les rigueurs d’une femme qui a donné naissance à un garçon, ainsi que celles d’une femme menstruée, mais non les rigueurs d’une femme qui a donné naissance à une fille, car la formation d’un fœtus mâle prend quarante et un jours, tandis que la formation d’un fœtus femelle prend quatre-vingt-un jours. Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Yishmael dit, pour expliquer son opinion : Dans le cas d’une femme qui a donné naissance à un garçon, le verset la considère comme impure pendant sept jours et la considère comme pure pendant trente-trois jours supplémentaires, soit un total de quarante jours ; et en ce qui concerne une femme qui a donné naissance à une fille, le verset la considère comme impure pendant quatorze jours et la considère comme pure pendant soixante-six jours supplémentaires, soit un total de quatre-vingts jours.
מָה כְּשֶׁטִּימֵּא וְטִיהֵר בְּזָכָר יְצִירָתוֹ כְּיוֹצֵא בוֹ, אַף כְּשֶׁטִּימֵּא וְטִיהֵר בִּנְקֵבָה יְצִירָתָהּ כַּיּוֹצֵא בָּהּ. אָמְרוּ לוֹ: אֵין לְמֵדִין יְצִירָה מִטּוּמְאָה.
On peut donc en déduire que de même que, lorsque le verset considère une femme comme impure puis la considère comme pure pendant un total de quarante jours dans le cas d’un garçon, sa durée est parallèle à la durée de la formation de un embryon mâle ; de même, lorsque le verset considère une femme comme impure et la considère comme pure pendant un total de quatre-vingts jours dans le cas d’une fille, sa durée est parallèle à la durée de la formation de un embryon femelle. En conséquence, la formation d’un embryon femelle s’achève le quatre-vingt-unième jour après la conception. Les Sages dirent à Rabbi Yishmaël en réponse : On ne peut pas déduire la durée de la formation d’un embryon de l’étendue de la période d’impureté d’une femme après l’accouchement.
אָמְרוּ לוֹ לְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל: מַעֲשֶׂה בִּקְלֵיאוֹפַּטְרָא מַלְכַּת אֲלֶכְּסַנְדְּרוֹס, שֶׁנִּתְחַיְּיבוּ שִׁפְחוֹתֶיהָ הֲרִיגָה לַמַּלְכוּת, וּבְדָקָן וּמְצָאָן זֶה וָזֶה לְאַרְבָּעִים וְאֶחָד! אָמַר לָהֶן: אֲנִי מֵבִיא לָכֶם רְאָיָיה מִן הַתּוֹרָה, וְאַתֶּם מְבִיאִין לִי רְאָיָיה מִן הַשּׁוֹטִים?!
De plus, les Sages dirent à Rabbi Yishmael qu’il existe une preuve contre son opinion tirée de l’incident impliquant Cléopâtre, reine d’Alexandrie. Puisque ses servantes avaient été condamnées à mort par le gouvernement, elle profita de l’occasion et fit une expérience sur elles afin d’examiner le temps nécessaire au développement d’un embryon. Elle fit en sorte que ses servantes aient des rapports sexuels et les opéra après leur exécution afin de déterminer le stade auquel un embryon est entièrement formé, et constata que, dans ce cas, lorsque l’embryon est mâle, comme dans cet autre cas, lorsqu’il est femelle, la formation est complète le quarante et unième jour après la conception. Rabbi Yishmael leur dit en réponse : Je vous apporte une preuve de la Torah, et vous m’apportez une preuve tirée des insensés ?
מַאי רְאָיָה מִן הַתּוֹרָה? אִילֵּימָא טִימֵּא וְטִיהֵר בְּזָכָר וְטִימֵּא וְטִיהֵר בִּנְקֵבָה כּוּ׳. הָא קָאָמְרִי לֵיהּ: אֵין דָּנִין יְצִירָה מִטּוּמְאָה!
La Guemara demande : Quelle preuve tirée de la Torah Rabbi Yishmael apporte-t-il à son opinion ? Si l’on dit que sa preuve est la déduction susmentionnée selon laquelle, dans le cas d’une femme qui a donné naissance à un garçon, le verset la considère comme impure pendant sept jours et la considère comme pure pendant trente-trois jours supplémentaires, pour un total de quarante jours ; et dans le cas d’une fille, le verset la considère comme impure pendant quatorze jours et la considère comme pure pendant soixante-six jours supplémentaires, pour un total de quatre-vingts jours, les Sages ne lui ont-ils pas dit en réponse qu’on ne peut pas déduire le temps que prend la formation d’un embryon de la durée de la période d’impureté d’une femme après l’accouchement ?
אָמַר קְרָא ״תֵּלֵד״, הוֹסִיף לָהּ הַכָּתוּב לֵידָה אַחֶרֶת בִּנְקֵבָה.
La Guemara répond : la déduction de Rabbi Yishmael est que le verset dit : « Si une femme conçoit et enfante un garçon... et si elle enfante une fille » (Lévitique 12:2–5). Le verset ajoute une autre mention explicite de l’accouchement concernant une fille, outre la mention de l’accouchement dans le cas d’un garçon, alors qu’il aurait pu simplement dire : Et si c’est une fille. Rabbi Yishmael en déduit que non seulement les périodes d’impureté rituelle et de pureté de celle qui enfante une fille sont le double de celles d’une femme qui enfante un garçon, mais que la formation d’un embryon féminin prend également deux fois plus de temps.
וּמַאי רְאָיָה מִן הַשּׁוֹטִים? אֵימַר: נְקֵבָה קְדִים, וְאִיעַבּוּר אַרְבְּעִין יוֹמִין קַמֵּי זָכָר.
La Guemara demande : Et pour quelle raison Rabbi Yishmaël qualifie-t-il la preuve que les Sages ont citée à partir de l’expérience de Cléopâtre de preuve venant des sots ? La Guemara répond : On peut dire que la servante qui était enceinte d’un embryon féminin est tombée enceinte la première, quarante jours avant la servante qui était enceinte d’un embryon masculin. Par conséquent, l’embryon féminin a mis quatre-vingts jours à se développer, et non quarante.
וְרַבָּנַן: סַמָּא דְּנָפְצָא אַשְׁקִינְהוּ. וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל: אִיכָּא גּוּפָא דְּלָא מְקַבֵּל סַמָּא.
La Guemara demande : Et comment les Sages répondraient-ils à cette affirmation ? La Guemara répond : Cléopâtre a donné aux servantes une médecine purgative à boire avant qu’elles n’aient des rapports sexuels, ce qui aurait interrompu toute grossesse antérieure. Et Rabbi Yishmael répondrait qu’il existe des corps qui ne sont pas affectés par ce médicament, c’est-à-dire que certaines grossesses ne sont pas interrompues par le médicament. Par conséquent, la servante qui était enceinte d’un embryon féminin pouvait avoir été enceinte avant l’expérience.
אָמַר לָהֶם רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: מַעֲשֶׂה בִּקְלֵפַּטְרָא מַלְכַּת יְוָונִים, שֶׁנִּתְחַיְּיבוּ שִׁפְחוֹתֶיהָ הֲרִיגָה לַמַּלְכוּת, וּבְדָקָן וּמְצָאָן זָכָר לְאַרְבָּעִים וְאֶחָד, וּנְקֵבָה לִשְׁמוֹנִים וְאֶחָד. אָמְרוּ לוֹ: אֵין מְבִיאִין רְאָיָה מִן הַשּׁוֹטִים.
La Guemara cite une autre baraita qui présente une version différente de cet échange entre Rabbi Yishmaël et les Sages : Rabbi Yishmaël dit aux Sages qu’il existe une preuve de son opinion tirée d’un incident impliquant Cléopâtre, la reine grecque, car ses servantes furent condamnées à mort par le gouvernement, et elle fit une expérience sur elles et constata qu’un embryon mâle est entièrement formé le quarante et unième jour après la conception, et un embryon femelle est formé le quatre-vingt-unième jour. Les Sages lui dirent : On n’apporte pas de preuve à partir des insensés.
מַאי טַעְמָא? הָךְ דִּנְקֵבָה אִיַּיתַּרָה אַרְבְּעִין יוֹמִין, וַהֲדַר אִיעַבַּר.
La Guemara explique : Quelle est la raison pour laquelle les Sages considèrent cela comme une preuve venant des sots ? Ils soutiennent qu’il est possible que cette femme, qui était enceinte d’un embryon féminin, n’ait pas conçu lorsque Cléopâtre lui fit avoir des rapports ; au contraire, elle attendit quarante jours, puis devint enceinte lorsqu’elle eut de nouveau des rapports. Par conséquent, l’embryon s’est formé en quarante jours.
וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל: לְשׁוֹמֵר מַסְרִינְהוּ. וְרַבָּנַן: אֵין אַפּוֹטְרוֹפּוֹס לַעֲרָיוֹת, אֵימָא שׁוֹמֵר גּוּפֵיהּ בָּא עָלֶיהָ.
Et comment Rabbi Yishmael répondrait-il à cette affirmation ? Il soutiendrait que les servantes n’auraient pas pu concevoir à une date ultérieure, car Cléopâtre les a confiées à la garde d’un intendant, qui veillait à ce qu’elles n’aient pas de rapports sexuels pendant l’expérience. Et les Rabbins diraient qu’il n’y a pas d’intendant [apotropos] pour empêcher les rapports sexuels, et que l’on peut donc dire que le gardien lui-même a eu des rapports avec la servante.
וְדִילְמָא: אִי קַרְעוּהוּ לְהָךְ דִּנְקֵבָה בְּאַרְבְּעִין וְחַד, הֲוָה מִשְׁתַּכְחָא כְּזָכָר? אָמַר אַבָּיֵי: בְּסִימָנֵיהוֹן שָׁוִין.
La Guemara soulève une difficulté concernant la preuve de Rabbi Yishmael : Mais comment peut-on être certain que l’embryon féminin s’est formé après quatre-vingt-un jours ? Peut-être que si l’utérus de la femme portant cet embryon féminin avait été ouvert le quarante et unième jour après la conception, l’embryon féminin aurait déjà été trouvé à l’intérieur, tout comme dans le cas d’un embryon masculin. Abaye dit en réponse : C’était un cas où les signes de l’âge des deux embryons, par exemple leurs cheveux et leurs ongles, étaient identiques. Il est donc évident que l’embryon féminin s’est développé en quatre-vingts jours au même degré que l’embryon masculin s’est développé en quarante jours.
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֶחָד בְּרִיַּית זָכָר וְאֶחָד בְּרִיַּית נְקֵבָה וְכוּ׳. חֲכָמִים הַיְינוּ תַּנָּא קַמָּא!
§ La michna enseigne : Et les Sages disent : Tant la formation du mâle que la formation de la femelle s’achèvent le quarante et unième jour. La Guémara demande : La déclaration des Sages est identique à la déclaration du premier tanna. Pourquoi la michna répète-t-elle cette opinion au nom des Sages ?
וְכִי תֵימָא לְמִסְתְּמַהּ רֵישָׁא כְּרַבָּנַן, וְיָחִיד וְרַבִּים — הֲלָכָה כְּרַבִּים, פְּשִׁיטָא!
Et si tu disais que le but est d’enseigner que l’opinion non attribuée mentionnée dans la première clause de la michna est conforme à l’opinion des Sages, et que par conséquent c’est la halakha, puisque lorsqu’il y a un désaccord entre un individu sage et de nombreux sages, la halakha est conforme à l’opinion du plus grand nombre, cela ne peut pas être la raison. La Guemara explique : Il est évident que la halakha est conforme à l’opinion non attribuée mentionnée dans la première clause de la michna, car il s’agit d’un principe halakhique général.
מַהוּ דְּתֵימָא: מִסְתַּבְּרָא טַעְמָא דְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל, (דקמסייע) [דְּקָמְסַיְּיעִי] לֵיהּ קְרָאֵי, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara répond : De peur que tu ne dises que, du fait que l’explication de l’opinion de Rabbi Yishmael est logique, puisque les versets semblent apparemment la soutenir, la halakha devrait être conforme à son opinion, la michna nous enseigne donc que la majorité des Sages est d’accord avec l’opinion anonyme mentionnée dans la première clause de la michna.
דָּרֵשׁ רַבִּי שִׂמְלַאי: לְמָה הַוָּלָד דּוֹמֶה בִּמְעֵי אִמּוֹ — לְפִנְקָס שֶׁמְּקוּפָּל, וּמוּנָּח יָדָיו עַל שְׁתֵּי צְדָעָיו, שְׁתֵּי אֲצִילָיו עַל שְׁתֵּי אַרְכוּבּוֹתָיו, וּשְׁנֵי עֲקֵבָיו עַל שְׁתֵּי עַגְבוֹתָיו, וְרֹאשׁוֹ מוּנָּח לוֹ בֵּין בִּרְכָּיו, וּפִיו סָתוּם, וְטַבּוּרוֹ פָּתוּחַ. וְאוֹכֵל מִמַּה שֶּׁאִמּוֹ אוֹכֶלֶת, וְשׁוֹתָה מִמַּה שֶּׁאִמּוֹ שׁוֹתָה, וְאֵינוֹ מוֹצִיא רְעִי שֶׁמָּא יַהֲרוֹג אֶת אִמּוֹ. וְכֵיוָן שֶׁיָּצָא לַאֲוִיר הָעוֹלָם — נִפְתָּח הַסָּתוּם, וְנִסְתָּם הַפָּתוּחַ, שֶׁאִלְמָלֵא כֵּן אֵינוֹ יָכוֹל לִחְיוֹת אֲפִילּוּ שָׁעָה אַחַת.
§ Rabbi Samlai a enseigné : À quoi un fœtus dans le ventre de sa mère est-il comparable ? À un carnet plié [lefinkas]. Et il repose avec ses mains sur les deux côtés de sa tête, aux tempes, ses deux bras [atzilav] sur ses deux genoux, et ses deux talons sur ses deux fesses, et sa tête repose entre ses genoux, et sa bouche est fermée, et son nombril est ouvert. Et il mange de ce que sa mère mange, et il boit de ce que sa mère boit, et il n’émet pas d’excréments de peur de tuer sa mère. Mais une fois qu’il émerge dans l’espace aérien du monde, le membre fermé, c’est-à-dire sa bouche, s’ouvre, et le membre ouvert, son nombril, se ferme, car autrement il ne peut pas vivre ne serait-ce qu’une heure.
וְנֵר דָּלוּק לוֹ עַל רֹאשׁוֹ, וְצוֹפֶה וּמַבִּיט מִסּוֹף הָעוֹלָם וְעַד סוֹפוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּהִלּוֹ נֵרוֹ עֲלֵי רֹאשִׁי לְאוֹרוֹ אֵלֶךְ חֹשֶׁךְ״, וְאַל תִּתְמַהּ, שֶׁהֲרֵי אָדָם יָשֵׁן כָּאן וְרוֹאֶה חֲלוֹם בְּאַסְפַּמְיָא.
Et une bougie est allumée pour lui au-dessus de sa tête, et il contemple d’une extrémité du monde à l’autre, comme il est dit : « Quand Sa lampe brillait au-dessus de ma tête, et par Sa lumière je marchais à travers l’obscurité » (Job 29:3). Et ne t’étonne pas de la manière dont on peut voir d’une extrémité du monde à l’autre, car une personne peut dormir ici, en ce lieu, et voir un rêve qui se déroule en un endroit aussi lointain que l’Espagne [beAspamya].
וְאֵין לְךָ יָמִים שֶׁאָדָם שָׁרוּי בְּטוֹבָה יוֹתֵר מֵאוֹתָן הַיָּמִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מִי יִתְּנֵנִי כְיַרְחֵי קֶדֶם כִּימֵי אֱלוֹהַּ יִשְׁמְרֵנִי״, וְאֵיזֶהוּ יָמִים שֶׁיֵּשׁ בָּהֶם יְרָחִים וְאֵין בָּהֶם שָׁנִים? הֱוֵי אוֹמֵר: אֵלּוּ יַרְחֵי לֵידָה.
Et il n’y a pas de jours où une personne se trouve dans un état plus heureux que ces jours-là où elle est un fœtus dans le ventre de sa mère, comme il est dit dans le verset précédent : « Si seulement j’étais comme aux mois d’autrefois, comme aux jours où Dieu veillait sur moi » (Job 29:2). Et la preuve que ce verset fait référence à la gestation est la suivante : Quels sont les jours qui ont des mois mais n’ont pas d’années ? Il faut dire que ce sont les mois de gestation.
וּמְלַמְּדִין אוֹתוֹ כָּל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיּוֹרֵנִי וַיֹּאמֶר לִי יִתְמׇךְ דְּבָרַי לִבֶּךָ שְׁמוֹר מִצְוֹתַי וֶחְיֵה״, וְאוֹמֵר: ״בְּסוֹד אֱלוֹהַּ עֲלֵי אׇהֳלִי״.
Et un fœtus apprend toute la Torah alors qu’il est dans le ventre maternel, comme il est dit : « Et Il m’a enseigné et m’a dit : Que ton cœur retienne fermement Mes paroles ; garde Mes commandements, et vis » (Proverbes 4:4). Et cela aussi dit : « Comme j’étais aux jours de ma jeunesse, quand l’entretien de Dieu était sur ma tente » (Job 29:4).
מַאי ״וְאוֹמֵר״? וְכִי תֵימָא נָבִיא הוּא דְּקָאָמַר, תָּא שְׁמַע ״בְּסוֹד אֱלוֹהַּ עֲלֵי אׇהֳלִי״.
La Guemara demande : Quel est le but de l’énoncé : Et cela aussi déclare : « Lorsque l’intimité de Dieu reposait sur ma tente » ? Pourquoi est-il nécessaire de citer ce verset en plus du verset précédemment cité des Proverbes ? La Guemara explique : Et si tu dis que le verset des Proverbes est insuffisant, car c’est un prophète qui dit qu’on lui a enseigné toute la Torah dans le ventre de sa mère, mais que cela ne s’applique pas aux gens ordinaires, viens et écoute le verset dans Job : « Lorsque l’intimité de Dieu reposait sur ma tente ».
וְכֵיוָן שֶׁבָּא לַאֲוִיר הָעוֹלָם, בָּא מַלְאָךְ וְסֹטְרוֹ עַל פִּיו, וּמְשַׁכְּחוֹ כׇּל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לַפֶּתַח חַטָּאת רוֹבֵץ״.
Et une fois que le fœtus émerge dans l’espace du monde, un ange vient et le frappe sur la bouche, le faisant oublier toute la Torah, comme il est dit : « Le péché est tapi à l’entrée » (Genèse 4:7), c’est-à-dire que, lorsqu’une personne entre dans le monde, elle devient immédiatement susceptible de pécher en raison de la perte de sa connaissance de la Torah.
וְאֵינוֹ יוֹצֵא מִשָּׁם עַד שֶׁמַּשְׁבִּיעִין אוֹתוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי לִי תִּכְרַע כׇּל בֶּרֶךְ תִּשָּׁבַע כׇּל לָשׁוֹן״. ״כִּי לִי תִּכְרַע כׇּל בֶּרֶךְ״ — זֶה יוֹם הַמִּיתָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לְפָנָיו יִכְרְעוּ כׇּל יוֹרְדֵי עָפָר״. ״תִּשָּׁבַע כׇּל לָשׁוֹן״ — זֶה יוֹם הַלֵּידָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״נְקִי כַפַּיִם וּבַר לֵבָב אֲשֶׁר לֹא נָשָׂא לַשָּׁוְא נַפְשׁוֹ וְלֹא נִשְׁבַּע לְמִרְמָה״.
Et un fœtus ne sort pas du sein maternel jusqu’à ce que les anges lui fassent prêter serment, comme il est dit : « Devant Moi tout genou fléchira, toute langue jurera » (Isaïe 45:23). Le verset est interprété ainsi : « Devant Moi tout genou fléchira » ; cela fait référence au jour de la mort d’une personne, comme il est dit : « Tous ceux qui descendent dans la poussière s’agenouilleront devant Lui » (Psaumes 22:30). « Toute langue jurera » ; cela fait référence au jour de la naissance d’une personne, comme il est dit dans la description d’une personne juste : « Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur, qui n’a pas pris Mon nom en vain et n’a pas juré avec tromperie » (Psaumes 24:4), c’est-à-dire qu’il a gardé le serment qu’il a prêté avant de naître.
וּמָה הִיא הַשְּׁבוּעָה שֶׁמַּשְׁבִּיעִין אוֹתוֹ? תְּהִי צַדִּיק וְאַל תְּהִי רָשָׁע, וַאֲפִילּוּ כׇּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ אוֹמְרִים לְךָ ״צַדִּיק אַתָּה״ — הֱיֵה בְּעֵינֶיךָ כְּרָשָׁע. וֶהֱוֵי יוֹדֵעַ שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא טָהוֹר, וּמְשָׁרְתָיו טְהוֹרִים, וּנְשָׁמָה שֶׁנָּתַן בְּךָ טְהוֹרָה הִיא. אִם אַתָּה מְשַׁמְּרָהּ בְּטׇהֳרָה — מוּטָב, וְאִם לָאו — הֲרֵינִי נוֹטְלָהּ מִמְּךָ.
Et quel est le serment que les anges font prêter au fœtus ? Soyez juste et ne soyez pas méchant. Et même si le monde entier vous dit : Vous êtes juste, considérez-vous comme méchant. Et sachez que le Saint, béni soit-Il, est pur, et Ses ministres sont purs, et l’âme qu’Il vous a donnée est pure. Si vous la préservez dans un état de pureté, tout ira bien, mais si vous ne la gardez pas pure, moi, l’ange, je vous la retirerai.
תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: מָשָׁל לְכֹהֵן שֶׁמָּסַר תְּרוּמָה לְעַם הָאָרֶץ, וְאָמַר לוֹ: אִם אַתָּה מְשַׁמְּרָהּ בְּטׇהֳרָה — מוּטָב, וְאִם לָאו — הֲרֵינִי שׂוֹרְפָהּ לְפָנֶיךָ.
L’école de Rabbi Yishmael enseigna une parabole : Cette affaire est comparable à un prêtre qui a donné la teruma, la part de la récolte destinée au prêtre, à quelqu’un qui n’est pas digne de confiance en matière d’impureté rituelle [am ha’aretz], et l’on soupçonne donc qu’il pourrait ne pas préserver la pureté de la teruma. Et le prêtre lui dit : Si tu la gardes dans un état de pureté rituelle, tout va bien, mais si tu ne la gardes pas pure, je la brûlerai devant toi.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר:
Le rabbin Elazar a dit :

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