מַאי קְרָא? ״מִמְּעֵי אִמִּי אַתָּה גוֹזִי״. מַאי מַשְׁמַע דְּהַאי ״גּוֹזִי״ לִישָּׁנָא דְּאִשְׁתְּבוֹעֵי הוּא? דִּכְתִיב: ״גׇּזִּי נִזְרֵךְ וְהַשְׁלִיכִי״.
Quel est le verset d’où l’on déduit qu’un fœtus reçoit un serment le jour de sa naissance ? « En Toi j’ai compté depuis la naissance ; Tu es Celui qui m’a tiré [gozi] du ventre de ma mère » (Psaumes 71:6). D’où peut-on déduire que ce mot : « Gozi » est un terme d’administration d’un serment ? Comme il est écrit : « Coupe [gozi] tes cheveux et jette-les » (Jérémie 7:29), ce qui est interprété comme une référence au vœu d’un nazir, qui doit se couper les cheveux à la fin de sa période de naziréat.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: לְמָה וָלָד דּוֹמֶה בִּמְעֵי אִמּוֹ? לֶאֱגוֹז מוּנָּח בְּסֵפֶל שֶׁל מַיִם, אָדָם נוֹתֵן אֶצְבָּעוֹ עָלָיו — שׁוֹקֵעַ לְכָאן וּלְכָאן.
Et Rabbi Elazar dit : À quoi un fœtus dans le ventre de sa mère est-il comparable ? Il est comparable à une noix placée dans un bassin rempli d’eau, flottant à la surface de l’eau. Si une personne pose son doigt sur la noix, elle s’enfonce soit dans cette direction, soit dans cette direction-là.
תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים הָרִאשׁוֹנִים — וָלָד דָּר בְּמָדוֹר הַתַּחְתּוֹן, אֶמְצָעִיִּים — וָלָד דָּר בְּמָדוֹר הָאֶמְצָעִי, אַחֲרוֹנִים — וָלָד דָּר בְּמָדוֹר הָעֶלְיוֹן, וְכֵיוָן שֶׁהִגִּיעַ זְמַנּוֹ לָצֵאת — מִתְהַפֵּךְ וְיוֹצֵא, וְזֶהוּ ״חֶבְלֵי אִשָּׁה״.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita : Pendant les trois premiers mois de la grossesse, le fœtus réside dans le compartiment inférieur de l’utérus ; pendant les trois mois du milieu, le fœtus réside dans le compartiment intermédiaire ; et pendant les trois derniers mois de la grossesse, le fœtus réside dans le compartiment supérieur. Et lorsque vient le moment de sortir, il se retourne la tête en bas et sort ; et c’est ce qui cause les douleurs de l’accouchement.
וְהַיְינוּ דִּתְנַן: חֶבְלֵי (שֶׁל) נְקֵבָה מְרוּבִּין מִשֶּׁל זָכָר.
Concernant l’affirmation selon laquelle les douleurs de l’accouchement sont causées par le fait que le fœtus se retourne la tête en bas, la Guemara note : Et c’est l’explication de ce que nous avons appris dans une baraita : Les douleurs de l’accouchement ressenties par une femme qui donne naissance à une fille sont plus grandes que celles ressenties par une femme qui donne naissance à un garçon. La Guemara expliquera cela ci-dessous.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מַאי קְרָא? ״אֲשֶׁר עֻשֵּׂיתִי בַסֵּתֶר רֻקַּמְתִּי בְּתַחְתִּיּוֹת אָרֶץ״. ״דַּרְתִּי״ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״רֻקַּמְתִּי״.
Et Rabbi Elazar dit : Quel est le verset d’où l’on déduit qu’un fœtus réside initialement dans la partie inférieure de l’utérus ? « Quand j’ai été fait en secret, et que j’ai été tissé dans les profondeurs de la terre » (Psaumes 139:15). Puisqu’il n’est pas dit : j’ai résidé dans les profondeurs de la terre, mais plutôt : « j’ai été tissé » dans les profondeurs de la terre, cela enseigne qu’au stade initial du développement du fœtus, lorsqu’il est tissé, son emplacement est dans le compartiment inférieur de l’utérus.
מַאי שְׁנָא חֶבְלֵי נְקֵבָה מְרוּבִּין מִשֶּׁל זָכָר? זֶה בָּא כְּדֶרֶךְ תַּשְׁמִישׁוֹ, וְזֶה בָּא כְּדֶרֶךְ תַּשְׁמִישׁוֹ, זוֹ הוֹפֶכֶת פָּנֶיהָ, וְזֶה אֵין הוֹפֵךְ פָּנָיו.
La Guemara demande : Quelle est la différence concernant les douleurs de l’accouchement ressenties par une femme qui met au monde une fille, pour qu’elles soient plus grandes que celles ressenties par une femme qui met au monde un garçon ? La Guemara répond : Celui-ci, un fœtus mâle, sort de la manière dont il a des rapports sexuels. De même que le mâle a des rapports sexuels tourné vers le bas, de même il naît tourné vers le bas. Et celle-là, un fœtus femelle, sort de la manière dont elle a des rapports sexuels, c’est-à-dire tournée vers le haut. Par conséquent, celle-là, un fœtus femelle, tourne son visage avant de naître, mais celui-ci, un fœtus mâle, ne tourne pas son visage avant de naître.
תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים הָרִאשׁוֹנִים — תַּשְׁמִישׁ קָשֶׁה לָאִשָּׁה, וְגַם קָשֶׁה לַוָּלָד. אֶמְצָעִיִּים — קָשֶׁה לָאִשָּׁה וְיָפֶה לַוָּלָד. אַחֲרוֹנִים — יָפֶה לְאִשָּׁה וְיָפֶה לַוָּלָד, שֶׁמִּתּוֹךְ כָּךְ נִמְצָא הַוָּלָד מְלוּבָּן וּמְזוֹרָז.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita : Pendant les trois premiers mois de la grossesse, les rapports sexuels sont difficiles et nuisibles pour la femme et sont également difficiles pour le fœtus. Pendant les trois mois du milieu, les rapports sexuels sont difficiles pour la femme mais bénéfiques pour le fœtus. Pendant les trois derniers mois, les rapports sexuels sont bénéfiques pour la femme et bénéfiques pour le fœtus ; il en résulte que le fœtus se révèle fort et à la peau claire.
תָּנָא: הַמְשַׁמֵּשׁ מִטָּתוֹ לְיוֹם תִּשְׁעִים — כְּאִילּוּ שׁוֹפֵךְ דָּמִים. מְנָא יָדַע? אֶלָּא אָמַר אַבָּיֵי: מְשַׁמֵּשׁ וְהוֹלֵךְ, וְ״שׁוֹמֵר פְּתָאיִם ה׳״.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : En ce qui concerne celui qui a des rapports sexuels avec sa femme le quatre-vingt-dixième jour de sa grossesse, c’est comme s’il versait son sang. La Guemara demande : Comment sait-on qu’il s’agit du quatre-vingt-dixième jour de sa grossesse ? Au contraire, Abaye dit : Il faut aller de l’avant et avoir des rapports sexuels avec sa femme même si cela pourrait être le quatre-vingt-dixième jour, et compter sur Dieu pour empêcher tout dommage ultérieur, comme le dit le verset : « Le Seigneur protège les simples » (Psaumes 116:6).
תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁלֹשָׁה שׁוּתָּפִין יֵשׁ בָּאָדָם — הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, וְאָבִיו, וְאִמּוֹ. אָבִיו מַזְרִיעַ הַלּוֹבֶן, שֶׁמִּמֶּנּוּ עֲצָמוֹת, וְגִידִים, וְצִפׇּרְנַיִם, וּמוֹחַ שֶׁבְּרֹאשׁוֹ, וְלוֹבֶן שֶׁבָּעַיִן. אִמּוֹ מַזְרַעַת אוֹדֶם, שֶׁמִּמֶּנּוּ עוֹר, וּבָשָׂר, וּשְׂעָרוֹת, וְשָׁחוֹר שֶׁבָּעַיִן. וְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא נוֹתֵן בּוֹ רוּחַ, וּנְשָׁמָה, וּקְלַסְתֵּר פָּנִים, וּרְאִיַּית הָעַיִן, וּשְׁמִיעַת הָאוֹזֶן, וְדִבּוּר פֶּה, וְהִלּוּךְ רַגְלַיִם, וּבִינָה, וְהַשְׂכֵּל.
§ Les Sages ont enseigné : Il y a trois partenaires dans la création d'une personne : le Saint, béni soit-Il, son père et sa mère. Son père émet la semence blanche, à partir de laquelle se forment les parties suivantes du corps : les os, les tendons, les ongles, le cerveau qui est dans sa tête, et le blanc de l’œil. Sa mère émet une semence rouge, à partir de laquelle se forment la peau, la chair, les cheveux, et le noir de l’œil. Et le Saint, béni soit-Il, insère en lui un esprit, une âme, son visage [ukelaster], la vue, l’ouïe de l’oreille, la capacité de parler de la bouche, la capacité de marcher avec les jambes, l’entendement et la sagesse.
וְכֵיוָן שֶׁהִגִּיעַ זְמַנּוֹ לְהִפָּטֵר מִן הָעוֹלָם, הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא נוֹטֵל חֶלְקוֹ וְחֵלֶק אָבִיו וְאִמּוֹ, מַנִּיחַ לִפְנֵיהֶם. אָמַר רַב פָּפָּא: הַיְינוּ דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי ״פּוּץ מִלְחָא וּשְׁדִי בִּשְׂרָא לְכַלְבָּא״.
Et lorsque vient pour une personne le moment de quitter le monde, le Saint, béni soit-Il, reprend Sa part, et Il laisse devant eux la part du père et de la mère de la personne. Rav Pappa a dit : Cela est conforme à l’adage que les gens disent : Enlève le sel d’un morceau de viande, et tu peux alors jeter la viande à un chien, car elle est devenue sans valeur.
דָּרֵשׁ רַב חִינָּנָא בַּר פָּפָּא: מַאי דִכְתִיב ״עוֹשֶׂה גְּדוֹלוֹת עַד אֵין חֵקֶר וְנִפְלָאוֹת עַד אֵין מִסְפָּר״? בֹּא וּרְאֵה שֶׁלֹּא כְּמִדַּת הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מִדַּת בָּשָׂר וָדָם. מִדַּת בָּשָׂר וָדָם, נוֹתֵן חֵפֶץ בְּחֵמֶת צְרוּרָה וּפִיהָ לְמַעְלָה — סָפֵק מִשְׁתַּמֵּר, סְפֵק אֵין מִשְׁתַּמֵּר. וְאִילּוּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, צָר הָעוּבָּר בִּמְעֵי אִשָּׁה פְּתוּחָה וּפִיהָ לְמַטָּה, וּמִשְׁתַּמֵּר.
§ Rav Ḥinnana bar Pappa a enseigné : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Il accomplit de grandes œuvres au-delà de toute compréhension, des merveilles sans nombre » (Job 9:10) ? Viens et vois que l’attribut de la chair et du sang n’est pas comme l’attribut du Saint, béni soit-Il. L’attribut de la chair et du sang est que, si quelqu’un place un objet dans une fiole, même si la fiole est attachée et que son ouverture est tournée vers le haut, il n’est pas certain que l’objet soit préservé de la perte, et il n’est pas certain qu’il ne soit pas préservé de la perte. Mais le Saint, béni soit-Il, forme le fœtus dans le ventre ouvert d’une femme, et son ouverture est tournée vers le bas, et pourtant le fœtus est préservé.
דָּבָר אַחֵר: אָדָם נוֹתֵן חֲפָצָיו לְכַף מֹאזְנַיִם, כׇּל זְמַן שֶׁמַּכְבִּיד יוֹרֵד לְמַטָּה, וְאִילּוּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, כׇּל זְמַן שֶׁמַּכְבִּיד הַוָּלָד עוֹלֶה לְמַעְלָה.
Une autre question qui démontre la différence entre les attributs de Dieu et ceux des êtres humains est que, lorsque une personne place ses objets sur une balance pour les mesurer, plus l’objet est lourd, plus il descend. Mais lorsque le Saint, béni soit-Il, forme un fœtus, plus le fœtus devient lourd, plus il monte vers le haut dans l’utérus.
דָּרֵשׁ רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי: מַאי דִכְתִיב ״אוֹדְךָ (ה׳) עַל כִּי נוֹרָאוֹת נִפְלֵיתִי נִפְלָאִים מַעֲשֶׂיךָ וְנַפְשִׁי יוֹדַעַת מְאֹד״? בֹּא וּרְאֵה שֶׁלֹּא כְּמִדַּת הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מִדַּת בָּשָׂר וָדָם. מִדַּת בָּשָׂר וָדָם, אָדָם נוֹתֵן זֵרְעוֹנִים בַּעֲרוּגָה כׇּל (אַחַת וְאַחַת) [אֶחָד וְאֶחָד] עוֹלֶה בְּמִינוֹ, וְאִילּוּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא צָר הָעוּבָּר בִּמְעֵי אִשָּׁה, וְכוּלָּם עוֹלִין לְמִין אֶחָד.
Rabbi Yosei HaGelili a enseigné : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Je Te rendrai grâce, car j’ai été fait d’une manière redoutable et merveilleuse ; merveilleuses sont Tes œuvres, et mon âme le sait très bien » (Psaumes 139:14) ? Viens et vois que l’attribut de la chair et du sang n’est pas comme l’attribut du Saint, béni soit-Il. L’attribut de la chair et du sang est que, lorsqu’une personne plante des graines d’espèces différentes dans une plate-bande, chacune et toutes les graines sortent comme une plante adulte selon son espèce. Mais le Saint, béni soit-Il, forme le fœtus dans le ventre d’une femme, et toutes les graines, c’est-à-dire celles du père et de la mère, émergent lorsque la progéniture est formée comme un seul sexe.
דָּבָר אַחֵר: צַבָּע נוֹתֵן סַמָּנִין לַיּוֹרָה — כּוּלָּן עוֹלִין לְצֶבַע אֶחָד, וְאִילּוּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא צָר הָעוּבָּר בִּמְעֵי אִשָּׁה, כׇּל (אַחַת וְאַחַת) [אֶחָד וְאֶחָד] עוֹלֶה לְמִינוֹ.
Autrement, lorsqu’un teinturier met des herbes dans un chaudron [leyora], elles ressortent toutes d’une seule couleur de teinture, tandis que le Saint, Béni soit-Il, forme le fœtus dans le ventre d’une femme, et chacune et chacune des semences émerge selon sa propre espèce. En d’autres termes, la semence du père forme des éléments distincts, comme le blanc de l’œil, et la semence de la mère forme d’autres éléments, comme le noir de l’œil, comme expliqué ci-dessus.
דָּרֵשׁ רַב יוֹסֵף: מַאי דִכְתִיב ״אוֹדְךָ ה׳ כִּי אָנַפְתָּ בִּי יָשׁוֹב אַפְּךָ וּתְנַחֲמֵנִי״, בַּמֶּה הַכָּתוּב מְדַבֵּר?
Rav Yosef a enseigné : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Et en ce jour-là tu diras : Je Te rendrai grâce, Seigneur, car Tu t’es irrité contre moi ; Ta colère s’est détournée, et Tu m’as consolé » (Isaïe 12:1) ? À propos de quelle question le verset parle-t-il ?
בִּשְׁנֵי בְּנֵי אָדָם שֶׁיָּצְאוּ לִסְחוֹרָה. יָשַׁב לוֹ קוֹץ לְאֶחָד מֵהֶן, הִתְחִיל מְחָרֵף וּמְגַדֵּף. לְיָמִים שָׁמַע שֶׁטָּבְעָה סְפִינָתוֹ שֶׁל חֲבֵירוֹ בַּיָּם, הִתְחִיל מוֹדֶה וּמְשַׁבֵּחַ. לְכָךְ נֶאֱמַר: ״יָשׁוֹב אַפְּךָ וּתְנַחֲמֵנִי״.
Cela fait référence, par exemple, à deux personnes qui ont quitté leur maison pour partir en voyage d’affaires. Une épine a pénétré le corps de l’une d’elles, et, par conséquent, elle n’a pas pu partir avec son collègue. Elle s’est mise à blasphémer et à maudire de frustration. Après un certain temps, elle apprit que le navire de l’autre personne avait sombré en mer, et comprit que l’épine l’avait sauvée de la mort. Elle s’est alors mise à remercier Dieu et à Le louer pour sa délivrance en raison de la légère douleur que l’épine lui avait causée. Tel est le sens de la déclaration : Je Te rendrai grâce, Seigneur, car Tu t’étais irrité contre moi. C’est pourquoi il est dit à la fin du verset : « Ta colère s’est détournée, et Tu m’as consolé. »
וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מַאי דִכְתִיב ״עוֹשֶׂה נִפְלָאוֹת (גְּדוֹלוֹת) לְבַדּוֹ וּבָרוּךְ שֵׁם כְּבוֹדוֹ לְעוֹלָם״? אֲפִילּוּ בַּעַל הַנֵּס אֵינוֹ מַכִּיר בְּנִסּוֹ.
Et cette déclaration est identique à ce que Rabbi Elazar a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Béni soit le Seigneur Dieu, le Dieu d’Israël, qui accomplit seul des merveilles ; et béni soit Son nom glorieux à jamais » (Psaumes 72:18–19) ? Que signifie le fait que Dieu « accomplit seul des merveilles » ? Cela signifie que même celui pour qui le miracle a été accompli ne reconnaît pas le miracle qui a été accompli pour lui.
דָּרֵישׁ רַבִּי חֲנִינָא בַּר פָּפָּא: מַאי דִכְתִיב ״אׇרְחִי וְרִבְעִי זֵרִיתָ וְכׇל דְּרָכַי הִסְכַּנְתָּה״? מְלַמֵּד שֶׁלֹּא נוֹצַר אָדָם מִן כׇּל הַטִּפָּה, אֶלָּא מִן הַבָּרוּר שֶׁבָּהּ. תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: מָשָׁל לְאָדָם שֶׁזּוֹרֶה בְּבֵית הַגְּרָנוֹת, נוֹטֵל אֶת הָאוֹכֶל וּמַנִּיחַ אֶת הַפְּסוֹלֶת.
Rabbi Ḥanina bar Pappa a enseigné : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Tu cribles [zerita] ma marche [orḥi] et mon coucher [riv’i], et Tu connais toutes mes voies » (Psaumes 139:3) ? Ce verset enseigne qu’une personne n’est pas créée à partir de toute la goutte de semence, mais de sa partie limpide. Zerita peut signifier vanner, tandis que orḥi et riv’i peuvent tous deux être expliqués comme des références aux rapports sexuels. Par conséquent, le verset est interprété de manière homilétique comme disant que Dieu sépare la partie procréatrice de la semence du reste. L’école de Rabbi Yishmael a enseigné une parabole : Cette chose est comparable à une personne qui vanne du grain dans l’aire de battage ; elle prend la nourriture et laisse le déchet.
כִּדְרַבִּי אֲבָהוּ, דְּרַבִּי אֲבָהוּ רָמֵי: כְּתִיב ״וַתַּזְרֵנִי חַיִל״, וּכְתִיב ״הָאֵל הַמְאַזְּרֵנִי חָיִל״. אָמַר דָּוִד לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, זֵירִיתַנִי וְזֵרַזְתַּנִי.
Cela est conforme à une déclaration de Rabbi Abbahu, car Rabbi Abbahu soulève une contradiction : Il est écrit dans l’un des psaumes du roi David : « Car Tu m’as ceint [vatazreni] de force pour le combat » (II Samuel 22:40), sans la lettre alef dans vatazreni ; et il est écrit dans un autre psaume : « Celui qui me ceint [hame’azreni] de force » (Psalms 18:33), avec un alef dans hame’azreni. Quelle est la différence entre ces deux expressions ? David dit devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l’Univers, Tu m’as choisi [zeiritani], c’est-à-dire que Tu as séparé la partie procréatrice du reste de la semence afin de me créer, et Tu m’as ceint [zeraztani] de force.
דָּרֵשׁ רַבִּי אֲבָהוּ: מַאי דִכְתִיב ״מִי מָנָה עֲפַר יַעֲקֹב וּמִסְפָּר אֶת רוֹבַע יִשְׂרָאֵל״? מְלַמֵּד שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא יוֹשֵׁב וְסוֹפֵר אֶת רְבִיעִיּוֹתֵיהֶם שֶׁל יִשְׂרָאֵל, מָתַי תָּבֹא טִיפָּה שֶׁהַצַּדִּיק נוֹצָר הֵימֶנָּה.
Rabbi Abbahu a enseigné : Que signifie ce qui est écrit dans la bénédiction de Balaam : « Qui a compté la poussière de Jacob, ou dénombré la multitude [rova] d’Israël » (Nombres 23:10) ? Le verset enseigne que le Saint, béni soit-Il, s’assied et compte les fois où le peuple juif s’engage dans des relations conjugales [revi’iyyoteihem], dans l’attente du moment où arrivera la goutte à partir de laquelle la personne juste sera créée.
וְעַל דָּבָר זֶה נִסְמֵית עֵינוֹ שֶׁל בִּלְעָם הָרָשָׁע, אָמַר: מִי שֶׁהוּא טָהוֹר וְקָדוֹשׁ, וּמְשָׁרְתָיו טְהוֹרִים וּקְדוֹשִׁים, יָצִיץ בְּדָבָר זֶה?! מִיָּד נִסְמֵית עֵינוֹ, דִּכְתִיב: ״נְאֻם הַגֶּבֶר שְׁתוּם הָעָיִן״.
Et ce fut à cause de cette affaire que l’œil du méchant Balaam devint aveugle. Il dit : Dieu, qui est pur et saint, et dont les ministres sont purs et saints, regarderait-il cette affaire ? Aussitôt son œil fut aveuglé comme châtiment divin, comme il est écrit : « La parole de l’homme dont l’œil est fermé » (Nombres 24:3).
וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מַאי דִכְתִיב ״וַיִּשְׁכַּב עִמָּהּ בַּלַּיְלָה הוּא״? מְלַמֵּד שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא סִיֵּיעַ בְּאוֹתוֹ מַעֲשֶׂה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יִשָּׂשׂכָר חֲמוֹר גָּרֶם״ — חֲמוֹר גָּרַם לוֹ לְיִשָּׂשׂכָר.
Et cette déclaration est la même que celle qu’a dite Rabbi Yoḥanan : Quel est le sens de ce qui est écrit, au sujet de la conception d’Issakhar par Léa : « Et il coucha avec elle cette nuit-là » (Genèse 30:16) ? Le verset enseigne que le Saint, béni soit-Il, a contribué à cet acte. La manière dont Dieu a contribué à cet acte est déduite d’un autre verset, comme il est dit : « Issakhar est un âne aux os robustes [garem] » (Genèse 49:14). Cela enseigne que Dieu a dirigé l’âne de Jacob vers la tente de Léa afin qu’il ait des rapports avec elle, causant [garam] la conception d’Issakhar par Léa.
אָמַר רַבִּי יִצְחָק, אָמַר רַבִּי אַמֵּי: אִשָּׁה מַזְרַעַת תְּחִילָּה — יוֹלֶדֶת זָכָר, אִישׁ מַזְרִיעַ תְּחִילָּה — יוֹלֶדֶת נְקֵבָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִשָּׁה כִּי תַזְרִיעַ וְיָלְדָה זָכָר״.
§ Rabbi Yitzḥak dit que Rabbi Ami dit : Le sexe d’un fœtus est déterminé au moment de la conception. Si la femme émet la semence en premier, elle enfante un garçon, et si l’homme émet la semence en premier, elle enfante une fille, comme il est dit : « Si une femme conçoit une semence et enfante un garçon » (Lévitique 12:2).
תָּנוּ רַבָּנַן: בָּרִאשׁוֹנָה הָיוּ אוֹמְרִים — אִשָּׁה מַזְרַעַת תְּחִילָּה יוֹלֶדֶת זָכָר, אִישׁ מַזְרִיעַ תְּחִלָּה יוֹלֶדֶת נְקֵבָה, וְלֹא פֵּירְשׁוּ חֲכָמִים אֶת הַדָּבָר, עַד שֶׁבָּא רַבִּי צָדוֹק וּפֵירְשׁוֹ: ״אֵלֶּה בְּנֵי לֵאָה אֲשֶׁר יָלְדָה לְיַעֲקֹב בְּפַדַּן אֲרָם וְאֵת דִּינָה בִתּוֹ״ — תָּלָה הַזְּכָרִים בַּנְּקֵבוֹת וּנְקֵבוֹת בַּזְּכָרִים.
Les Sages ont enseigné : Au début, les gens disaient que si la femme émet la semence en premier, elle enfante un garçon, et si l’homme émet la semence en premier, elle enfante une fille. Mais les Sages n’ont pas expliqué de quel verset cette question est dérivée, jusqu’à ce que Rabbi Tzadok vienne et explique que cela est dérivé du verset suivant : « Voici les fils de Léa, qu’elle enfanta à Jacob à Paddan-Aram, avec Dina sa fille » (Genèse 46:15). Du fait que le verset attribue les mâles aux femmes, puisque les mâles sont appelés : les fils de Léa, et qu’il attribue les femelles aux mâles, en ce que Dina est appelée : sa fille, on déduit que si la femme émet la semence en premier, elle enfante un garçon, tandis que si l’homme émet la semence en premier, elle enfante une fille.
״וַיִּהְיוּ בְנֵי אוּלָם אֲנָשִׁים גִּבּוֹרֵי חַיִל דּוֹרְכֵי קֶשֶׁת וּמַרְבִּים בָּנִים וּבְנֵי בָנִים״ — וְכִי בְּיָדוֹ שֶׁל אָדָם לְהַרְבּוֹת בָּנִים וּבְנֵי בָּנִים? אֶלָּא מִתּוֹךְ
Cette affirmation est également tirée du verset suivant : « Les fils d’Ulam étaient des hommes vaillants, des archers, et eurent beaucoup de fils et de petits-fils » (I Chroniques 8:40). Est-il au pouvoir d’une personne d’avoir beaucoup de fils et de petits-fils ? Plutôt, parce que