פְּרִידָה אַחַת עָפָר, וְנָפֵיל לֵיהּ שִׁיעוּרָא!
un grain de saleté à un certain endroit du mélange. Ce grain de saleté est ainsi annulé par la poussière du cadavre, et, par conséquent, la mesure de la poussière augmente.
אֶלָּא אָמַר רַבָּה: הַיְינוּ טַעְמָא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, סוֹפוֹ כִּתְחִלָּתוֹ — מָה תְּחִלָּתוֹ נַעֲשֶׂה לוֹ דָּבָר אַחֵר גַּנְגִּילוֹן, אַף סוֹפוֹ נַעֲשֶׂה לוֹ דָּבָר אַחֵר גַּנְגִּילוֹן.
Au contraire, Rabba a dit que telle est la raison de l’opinion de Rabbi Shimon : La halakha concernant un cadavre dans son état ultime de poussière est comme la halakha dans son état initial de décomposition : De même que, concernant son état initial, si une autre matière se mélange au cadavre en décomposition, cela sert d’annulation [gangilon] de l’impureté du cadavre, car la poussière d’un cadavre décomposé ne peut transmettre l’impureté que si elle n’est pas mêlée à la poussière d’aucune autre substance, de même, dans son état ultime de poussière, si une autre matière se mélange à elle, cela sert d’annulation de l’impureté de la poussière.
מַאי הִיא? דְּתַנְיָא: אֵיזֶהוּ מֵת שֶׁיֵּשׁ לוֹ רָקָב, וְאֵיזֶהוּ מֵת שֶׁאֵין לוֹ רָקָב? נִקְבַּר עָרוֹם בְּאָרוֹן שֶׁל שַׁיִשׁ אוֹ עַל גַּבֵּי רִצְפָּה שֶׁל אֲבָנִים — זֶהוּ מֵת שֶׁיֵּשׁ לוֹ רָקָב.
La Guemara demande : Quelle est la source de la halakha selon laquelle la poussière d’un cadavre transmet l’impureté seulement si elle n’est pas mêlée à la poussière de toute autre substance ? La Guemara répond : Comme il est enseigné dans une baraita : Quel est le cadavre qui a la halakha de poussière, c’est-à-dire dont la poussière transmet l’impureté ; et quel est le cadavre qui n’a pas la halakha de poussière ? Si un cadavre a été enterré nu dans un cercueil de marbre ou sur un sol de pierre, c’est un cadavre qui a la halakha de poussière qui transmet l’impureté. Puisque toute poussière trouvée là doit provenir du cadavre, elle transmet l’impureté.
וְאֵיזֶהוּ מֵת שֶׁאֵין לוֹ רָקָב? נִקְבַּר בִּכְסוּתוֹ, אוֹ בְּאָרוֹן שֶׁל עֵץ, אוֹ עַל גַּבֵּי רִצְפָּה שֶׁל לְבֵנִים — זֶהוּ מֵת שֶׁאֵין לוֹ רָקָב. וְלֹא אָמְרוּ רָקָב אֶלָּא לְמֵת בִּלְבַד, לְמַעוֹטֵי הָרוּג דְּלָא.
Et qu’est-ce qu’un cadavre qui n’a pas la halakha de poussière ? Si un cadavre a été enterré dans son manteau, ou dans un cercueil en bois, ou sur un sol de briques, c’est un cadavre qui n’a pas la halakha de poussière qui transmet l’impureté, car on suppose qu’une partie de la poussière provient de particules des vêtements, du bois ou des briques, et la poussière d’un cadavre décomposé ne transmet l’impureté que si elle n’est pas mêlée à la poussière d’une quelconque autre substance. La baraita ajoute une autre halakha concernant l’impureté de la poussière d’un cadavre : Et les Sages ont dit que la poussière d’un cadavre est impure seulement en ce qui concerne le cadavre d’une personne qui est morte naturellement, à l’exclusion de celle qui a été tuée, dont la poussière n’est pas impure.
גּוּפָא: מְלֹא תַּרְוָד רָקָב שֶׁנָּפַל לְתוֹכוֹ עָפָר כֹּל שֶׁהוּא — טָמֵא, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מְטַהֵר. מְלֹא תַּרְוָד רָקָב שֶׁנִּתְפַּזֵּר בַּבַּיִת — הַבַּיִת טָמֵא, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מְטַהֵר.
§ La Guemara revient discuter de la question elle-même, c’est-à-dire la baraita citée plus haut qui clarifie l’opinion de Rabbi Shimon : Dans le cas d’une pleine louche de poussière provenant d’un cadavre dans laquelle est tombée une quelconque quantité de terre, la maison est impure ; et Rabbi Shimon la considère pure. La baraita poursuit : Dans le cas d’une pleine louche de poussière provenant d’un cadavre qui a été dispersée dans la maison, la maison est impure. À condition qu’il y ait une quantité suffisante de poussière dans la maison, la maison est impure, même si la poussière est dispersée. Et Rabbi Shimon la considère pure.
וּצְרִיכָא, דְּאִי אַשְׁמְעִינַן קַמַּיְיתָא — בְּהַהִיא קָאָמְרִי רַבָּנַן מִשּׁוּם דְּמִכְּנִיף, אֲבָל נִתְפַּזֵּר — אֵימָא מוֹדוּ לֵיהּ לְרַבִּי שִׁמְעוֹן, דְּאֵין מַאֲהִיל וְחוֹזֵר וּמַאֲהִיל.
La Guemara commente : Et il est nécessaire que la baraita énonce ces deux halakhot. Car, si la baraita nous avait enseigné seulement la première halakha, au sujet de la poussière provenant d’un cadavre dans laquelle de la terre s’est mêlée, on aurait pu penser que c’est précisément dans ce cas que les Sages disent que la maison est impure, parce que la poussière est concentrée en un seul endroit ; mais si la poussière était dispersée, on aurait pu dire que les Sages concèdent à Rabbi Shimon que la maison est pure. Le raisonnement est que si un objet recouvre un amas de poussière d’un cadavre insuffisant pour le rendre impur et recouvre aussi un autre amas de taille semblable, qui ensemble constituent une quantité suffisante pour rendre impur l’objet et tout ce qui se trouve en dessous, il n’est pas impur.
וְאִי אַשְׁמְעִינַן בְּהָא — בְּהָא אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן דְּאֵין מַאֲהִיל וְחוֹזֵר וּמַאֲהִיל, אֲבָל בְּהָא — אֵימָא מוֹדֶה לְהוּ לְרַבָּנַן, צְרִיכָא.
Et si la baraita nous avait enseigné la halakha seulement à l’égard de ce deuxième cas, où la poussière du cadavre a été dispersée, on aurait pu penser que c’est précisément dans ce cas que Rabbi Shimon dit que la maison est pure, car un objet qui surplombe une quantité insuffisante de poussière d’un cadavre et surplombe aussi une autre quantité, lesquelles constituent ensemble une quantité suffisante pour rendre l’objet impur, n’est pas impur. Mais dans ce premier cas, où de la terre a été mélangée à la poussière du cadavre, on pourrait dire que Rabbi Shimon concède aux Sages que la maison est impure. Il est donc nécessaire que la baraita enseigne les deux cas.
תַּנְיָא אִידַּךְ: מְלֹא תַּרְוָד וְעוֹד עֲפַר בֵּית הַקְּבָרוֹת — טָמֵא, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מְטַהֵר. מַאי טַעְמַיְיהוּ דְּרַבָּנַן? לְפִי שֶׁאִי אֶפְשָׁר לִמְלֹא תַּרְוָד וְעוֹד עֲפַר בֵּית הַקְּבָרוֹת שֶׁאֵין בּוֹ מְלֹא תַּרְוָד רָקָב.
Il existe un autre différend entre Rabbi Shimon et les Sages qui est enseigné dans une autre michna (Oholot 2:2) : Si une maison contient une pleine louche de terre provenant d’un cimetière et un peu plus, la maison est impure ; et Rabbi Shimon la considère pure. La Guemara demande : Quelle est la raison de l’opinion des Sages ? La Guemara répond : Ils considèrent la maison comme impure car il est impossible que un peu plus qu’une pleine louche de terre provenant d’un cimetière ne contienne pas une pleine louche de poussière provenant d’un cadavre.
הַשְׁתָּא דְּאָמְרַתְּ טַעְמָא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן מִשּׁוּם סוֹפוֹ כִּתְחִלָּתוֹ, גַּבֵּי שִׁלְיָא מַאי טַעְמָא? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִשּׁוּם בִּטּוּל בְּרוֹב נָגְעוּ בָּהּ.
§ La Guemara demande : Maintenant que tu dis que la raison pour laquelle Rabbi Shimon considère la maison comme pure, dans un cas où elle contient de la poussière provenant d’un cadavre à laquelle de la terre a été mélangée, est que, selon son opinion, la halakha d’un cadavre dans son état final de poussière est comme la halakha dans son état initial de décomposition, alors en ce qui concerne un cas où il y a un placenta dans la maison, quelle est la raison pour laquelle Rabbi Shimon considère la maison comme pure ? Rabbi Yoḥanan dit : Les Sages se sont penchés sur cela, c’est-à-dire qu’ils ont considéré la maison comme pure, en raison de la nullification du fœtus désintégré par la majorité du sang qui est sorti pendant la fausse couche, dans lequel le placenta était mélangé.
וְאַזְדָּא רַבִּי יוֹחָנָן לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: רַבִּי שִׁמְעוֹן וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אָמְרוּ דָּבָר אֶחָד. רַבִּי שִׁמְעוֹן — הָא דַּאֲמַרַן, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר — דְּתַנְיָא: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: בְּהֵמָה גַּסָּה שֶׁשָּׁפְעָה חֲרָרַת דָּם, הֲרֵי זוֹ תִּקָּבֵר, וּפְטוּרָה מִן הַבְּכוֹרָה.
Et Rabbi Yoḥanan suit, à cet égard, sa ligne de raisonnement, comme Rabbi Yoḥanan le dit : Rabbi Shimon et Rabbi Eliezer ben Ya’akov ont tous deux dit la même chose, c’est-à-dire qu’ils ont tous deux rendu des décisions fondées sur le même principe. La déclaration pertinente de Rabbi Shimon est celle que nous avons dite, c’est-à-dire que si une femme a expulsé un placenta, la maison est pure, car le fœtus est annulé par le sang sorti pendant la fausse couche. Rabbi Eliezer ben Ya’akov a dit ce qui est enseigné dans une michna (Bekhorot 21a) : Rabbi Eliezer ben Ya’akov dit : Dans le cas d’un gros animal qui a expulsé une masse de sang coagulé, cette masse doit être enterrée, car il y avait peut-être là un fœtus mâle, qui a été consacré comme premier-né lorsqu’il est sorti, et l’animal est exempté de ce que toute future progéniture soit comptée comme premier-né.
וְתָנֵי רַבִּי חִיָּיא עֲלַהּ: אֵינָהּ מְטַמְּאָה לֹא בְּמַגָּע וְלֹא בְּמַשָּׂא, וּמֵאַחַר שֶׁאֵינָהּ מְטַמְּאָה לֹא בְּמַגָּע וְלֹא בְּמַשָּׂא, אַמַּאי תִּקָּבֵר? כְּדֵי לְפַרְסְמָהּ שֶׁהִיא פְּטוּרָה מִן הַבְּכוֹרָה.
Et Rabbi Ḥiyya enseigne une baraitaau sujet de cette halakha : La masse de sang coagulé ne transmet pas l’impureté rituelle, ni par contact physique ni par le fait de la porter. Elle n’a pas le statut de carcasse d’un animal non abattu, qui transmet l’impureté de telles manières. La Guemara demande : Mais puisque la masse ne transmet l’impureté ni par contact ni par le fait de la porter, ce qui indique qu’elle n’est pas considérée comme un fœtus, pourquoi doit-elle être enterrée ? La Guemara répond : Elle doit être enterrée afin de faire savoir que l’animal est exempté de voir sa future progéniture comptée comme premier-né.
אַלְמָא וָלָד מְעַלְּיָא הוּא, וְאַמַּאי תָּנֵי רַבִּי חִיָּיא: אֵינָהּ מְטַמְּאָה לֹא בְּמַגָּע וְלֹא בְּמַשָּׂא? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִשּׁוּם בִּטּוּל בְּרוֹב נָגְעוּ בָּהּ.
La Guemara demande : Si la progéniture ultérieure de l’animal n’est pas comptée comme premier-né, de toute évidence la masse est traitée comme une progéniture à part entière. Mais, si tel est le cas, pourquoi Rabbi Ḥiyya enseigne-t-il qu’elle ne transmet pas l’impureté, ni par contact physique ni par portage ? Rabbi Yoḥanan dit : Cela est dû à l’annulation halakhique d’une substance étrangère dans une majorité de substances permises, sujet que les Sages ont abordé, afin de l’exclure de l’impureté par contact ou portage. En d’autres termes, le fœtus est considéré comme une progéniture à part entière, mais il ne transmet pas l’impureté, parce qu’il est annulé par le reste de la masse coagulée.
אָמַר רַבִּי אַמֵּי, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וּמוֹדֶה רַבִּי שִׁמְעוֹן שֶׁאִמּוֹ טְמֵאָה לֵידָה.
§ La Guemara reprend sa discussion sur l’opinion de Rabbi Shimon selon laquelle, si une femme expulse un placenta dans une maison, la maison est pure. Rabbi Ami dit que Rabbi Yoḥanan dit : Et Rabbi Shimon concède que sa mère est impure de l’impureté d’une femme après l’accouchement.
אָמַר הָהוּא סָבָא לְרַבִּי אַמֵּי: אַסְבְּרַהּ לָךְ טַעְמָא דְּרַבִּי יוֹחָנָן, דְּאָמַר קְרָא: ״אִשָּׁה כִּי תַזְרִיעַ וְיָלְדָה זָכָר וְגוֹ׳״, אֲפִילּוּ לֹא יָלְדָה אֶלָּא כְּעֵין שֶׁהִזְרִיעָה — טְמֵאָה לֵידָה.
Un certain ancien dit à Rabbi Ami : Je vais t’expliquer la raison de la déclaration de Rabbi Yoḥanan. Comme le verset l’énonce : « Si une femme conçoit et enfante un garçon, elle sera impure pendant sept jours ; comme aux jours de la menstruation de son indisposition, elle sera impure » (Lévitique 12:2). Cela indique que même si une femme met au monde une progéniture qui est semblable seulement à la semence qu’elle a conçue, c’est-à-dire si la progéniture s’est liquéfiée et est devenue semblable à la semence, la femme est impure de l’impureté d’une femme après l’accouchement.
רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: שָׁפִיר שֶׁטְּרָפוּהוּ בְּמֵימָיו — נַעֲשֶׂה כְּמֵת שֶׁנִּתְבַּלְבְּלָה צוּרָתוֹ.
§ Reish Lakish dit : Dans le cas d’un fœtus dans une poche gestationnelle, qui a été écrasé dans son liquide amniotique à la suite d’un violent secouement, il est considéré comme un cadavre qui a été déformé, et par conséquent il ne transmet pas l’impureté à d’autres objets se trouvant sous le même toit.
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יוֹחָנָן לְרֵישׁ לָקִישׁ: מֵת שֶׁנִּתְבַּלְבְּלָה צוּרָתוֹ מְנָלַן דְּטָהוֹר? אִילֵּימָא מֵהָא דְּאָמַר רַבִּי שַׁבְּתַאי אָמַר רַבִּי יִצְחָק מַגְדְּלָאָה, וְאָמְרִי לָהּ אָמַר רַבִּי יִצְחָק מַגְדְּלָאָה אָמַר רַבִּי שַׁבְּתַאי: מֵת שֶׁנִּשְׂרַף וְשִׁלְדּוֹ קַיֶּימֶת טָמֵא, מַעֲשֶׂה הָיָה וְטִמְּאוּ לוֹ פְּתָחִים גְּדוֹלִים
Rabbi Yoḥanan dit à Reish Lakish : D’où déduisons-nous qu’un cadavre qui a été déformé est pur ? Si nous disons que cela est dérivé de ce que dit Rabbi Shabbtai, à savoir que Rabbi Yitzḥak de Migdal [Migdala’a] dit, et certains disent de ce que Rabbi Yitzḥak de Migdal dit que Rabbi Shabbtai dit, cela ne peut pas être correct. La Guemara cite la déclaration pertinente : En ce qui concerne un cadavre qui a été brûlé mais dont la forme [veshildo] existe encore, c’est-à-dire qu’il a encore la forme d’un cadavre humain, il est impur. Il y eut un incident impliquant un tel cadavre, et les Sages déclarèrent impurs tous les objets qui se trouvaient sous les grandes ouvertures de la maison où se trouvait le cadavre, car ces ouvertures convenaient pour faire sortir le cadavre de la maison par elles.