תַּנּוּרֵי בָּנוֹת טֶפַח! דְּתַנְיָא: תַּנּוּר תְּחִלָּתוֹ אַרְבָּעָה וּשְׁיָרָיו אַרְבָּעָה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.
des fours-jouets avec lesquels jouent des filles, dont la mesure minimale concernant l’impureté rituelle est également d’un empan ? Comme il est enseigné dans une michna (Kelim 5:1) : Un four en argile dans son état d’origine, non brisé, est susceptible d’impureté rituelle s’il mesure quatre empans de hauteur. Et concernant un four devenu impur puis brisé, si ses restes comprennent un morceau de quatre empans de hauteur, ce morceau demeure impur. Telle est l’opinion de Rabbi Meïr.
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים? בְּגָדוֹל, אֲבָל בְּקָטָן — תְּחִלָּתוֹ כֹּל שֶׁהוּא מִשֶּׁתִּגָּמֵר מְלַאכְתּוֹ, וּשְׁיָרָיו בְּרוּבּוֹ.
Et les rabbins disent : Dans quel cas cette déclaration est-elle dite ? Elle est dite dans le cas d’un four grand, fabriqué pour un usage régulier ; mais en ce qui concerne un petit four fabriqué pour que des filles jouent avec, dans son état d’origine, toute taille suffit pour qu’il soit susceptible de contracter l’impureté. Une fois sa fabrication achevée, si le four devient alors impur puis est brisé, si ses restes comprennent une pièce qui contient la majeure partie du four, cette pièce reste impure.
וְכַמָּה ״כֹּל שֶׁהוּא״? אָמַר רַבִּי יַנַּאי: טֶפַח, שֶׁכֵּן עוֹשִׂין תַּנּוּרֵי בָּנוֹת טֶפַח. בִּפְלוּגְתָּא לָא קָמַיְירֵי.
La Guemara explique : Et quelle est la petitesse de la taille définie par la michna comme n’importe quelle taille ? Rabbi Yannai dit : Un empan, car les gens fabriquent des fours jouets pour les filles d’un empan de hauteur. C’est un autre exemple d’un objet ayant une mesure minimale d’un empan, en plus des cinq objets énumérés par Rabbi Oshaya. La Guemara répond : Rabbi Oshaya ne parle pas de questions sujettes à controverse, comme la mesure minimale d’un four.
הַשְׁתָּא דַאֲתֵית לְהָכִי, הָא נָמֵי פְּלוּגְתָּא הִיא. דְּקָתָנֵי סֵיפָא: אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: לֹא אָמְרוּ טֶפַח אֶלָּא מִן הַתַּנּוּר וְלַכּוֹתֶל.
La Guemara ajoute : Maintenant que tu es parvenu à cette réponse, le fait que Rabbi Oshaya ne mentionne pas une pierre faisant saillie d’un four peut s’expliquer de la même manière, puisque cettehalakhaest elle aussi sujette à une controverse. Comme la clause finale de cette michna (Kelim 5:2) enseigne que Rabbi Yehuda a dit : Lorsque les Sages ont dit qu’une pierre faisant saillie d’un four est considérée comme une poignée si elle fait saillie d’un empan, ils l’ont dit seulement au sujet d’une pierre qui fait saillie du four en direction du mur. Si la pierre fait saillie davantage, elle n’est pas considérée comme une poignée, car il est probable qu’elle soit retirée afin que le four puisse être déplacé plus près du mur. Mais si la pierre fait saillie vers l’espace de la maison, elle est considérée comme une poignée du four même si elle fait saillie de plus d’un empan.
וְהָאִיכָּא מִסְגֶּרֶת טֶפַח! בְּדִכְתִיבָן לָא קָא מַיְירֵי, וְהָאִיכָּא כַּפּוֹרֶת טֶפַח, בְּקָדָשִׁים לָא קָמַיְירֵי.
La Guemara soulève une difficulté : Mais n’y a-t-il pas le cadre de la Table dans le Temple, qui a une largeur d’un empan, comme il est dit dans la Torah (Exode 25:25) ? La Guemara répond : Rabbi Oshaya ne traite pas de choses qui sont écrites dans la Torah. La Guemara demande en outre : Mais n’y a-t-il pas le Couvercle de l’Arche, qui a une épaisseur d’un empan, et dont la mesure n’est pas écrite explicitement dans la Torah ? La Guemara répond : Rabbi Oshaya ne traite pas des objets consacrés.
וְהָאִיכָּא דַּיָּהּ לַקּוֹרָה שֶׁהִיא רְחָבָה טֶפַח! בִּדְרַבָּנַן לָא קָמַיְירֵי, אֶלָּא בְּדִכְתִיבָן וְלָא מְפָרְשִׁי שִׁיעוּרַיְיהוּ.
La Guemara demande : Mais n’y a-t-il pas la halakha d’une poutre transversale, placée au-dessus de l’entrée d’une ruelle afin de permettre de porter des objets dans la ruelle pendant le Chabbat, et la halakha est qu’il suffit qu’une poutre ait une largeur d’un palme ? La Guemara répond : Rabbi Oshaya ne traite pas de questions de loi rabbinique. Au contraire, il parle seulement de questions qui sont écrites dans la Torah mais dont la mesure n’est pas explicite dans la Torah.
יָתֵיב רַב יִצְחָק בַּר שְׁמוּאֵל בַּר מָרְתָא קַמֵּיהּ דְּרַב כָּהֲנָא, וְיָתֵיב וְקָאָמַר: אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: כׇּל שְׁלֹשָׁה יָמִים הָרִאשׁוֹנִים תּוֹלִין אֶת הַשִּׁלְיָא בַּוָּלָד, מִכָּאן וְאֵילָךְ חוֹשְׁשִׁין לְוָלָד אַחֵר.
§ Rav Yitzḥak bar Shmuel bar Marta était assis devant Rav Kahana, et il était assis et dit que Rav Yehuda dit que Rav dit : Pendant les trois premiers jours entiers après qu’une femme a accouché, si elle expulse le placenta, nous attribuons le placenta au fœtus. Il n’y a pas lieu de craindre que ce placenta indique la fausse couche d’un autre fœtus. À partir de ce moment et par la suite, une fois que trois jours se sont écoulés depuis l’accouchement, si la femme expulse un placenta, nous craignons qu’il ait pu y avoir un autre fœtus dans le placenta, et les halakhot d’une femme qui a expulsé un fœtus s’appliquent à elle.
אֲמַר לֵיהּ: וּמִי אָמַר רַב הָכִי? וְהָאָמַר רַב: אֵין הַוָּלָד מִתְעַכֵּב אַחַר חֲבֵירוֹ כְּלוּם! אִישְׁתִּיק. אֲמַר לֵיהּ: דִּלְמָא כָּאן בְּנֵפֶל, כָּאן בְּבֶן קַיָּימָא?
Rav Kahana dit à Rav Yitzḥak bar Shmuel : Et Rav a-t-il dit cela ? Mais Rav n’a-t-il pas dit qu’une progéniture ne reste pas dans l’utérus du tout après qu’une autre progéniture est née ? Rav Yitzḥak bar Shmuel garda le silence. Rav Kahana lui dit : Peut-être qu’il n’y a pas de contradiction entre les deux déclarations de Rav, car ici, là où il indique qu’une seconde progéniture peut sortir même trois jours après la première, il s’agit d’un cas où la première progéniture est un nouveau-né non viable, tandis que là-bas, dans la déclaration selon laquelle une seconde progéniture ne reste pas dans l’utérus après la naissance de la première, il parle d’un cas où la première progéniture est viable.
אֲמַר לֵיהּ: אַתְּ אָמְרַתְּ לִשְׁמַעְתְּתֵיהּ דְּרַב בְּפֵירוּשׁ? אָמַר רַב הָכִי: הִפִּילָה נֵפֶל וְאַחַר כָּךְ הִפִּילָה שִׁלְיָא — כָּל שְׁלֹשָׁה יָמִים תּוֹלִין אֶת הַשִּׁלְיָא בַּוָּלָד, מִכָּאן וְאֵילָךְ חוֹשְׁשִׁין לְוָלָד אַחֵר. יָלְדָה וְאַחַר כָּךְ הִפִּילָה שִׁלְיָא — אֲפִילּוּ מִכָּאן וְעַד עֲשָׂרָה יָמִים אֵין חוֹשְׁשִׁין לְוָלָד אַחֵר.
Rav Yitzḥak bar Shmuel lui dit : Est-ce toi qui dis cette explication de la halakha de Rav de ton propre chef ? En effet, Rav l’a dit explicitement : Si une femme a expulsé un nouveau-né non viable puis a ensuite expulsé un placenta, pendant les trois premiers jours, nous attribuons le placenta au fœtus. À partir de ce moment et par la suite, si elle a expulsé un placenta, nous craignons qu’il contienne un autre fœtus. Si elle a donné naissance à un enfant viable puis a ensuite expulsé un placenta, même à partir de maintenant et jusqu’à dix jours après l’accouchement, nous ne craignons pas que le placenta contienne un autre fœtus.
שְׁמוּאֵל וְתַלְמִידִי דְּרַב וְרַב יְהוּדָה הֲווֹ יָתְבִי, חָלֵיף וְאָזֵיל רַב יוֹסֵף בְּרֵיהּ דְּרַב מְנַשְּׁיָא מִדְּוִיל לְאַפַּיְיהוּ, בָּאלַי וְאָתֵי. אֲמַר: אָתֵי לַן גַּבְרָא דְּרָמֵינַן לֵיהּ בְּגִילָא דְּחִטְּתָא וּמִרְמֵי וּמִדְחֵי.
La Guemara raconte : Shmuel, les élèves de Rav et Rav Yehuda étaient assis ensemble. Rav Yosef, fils de Rav Menashya de D’vil, passait près d’eux et marchait vers eux, c’est-à-dire qu’il allait dans leur direction, et il se hâtait en s’approchant. Shmuel dit à son groupe : Un homme vient vers nous que l’on peut faire tomber avec un brin de blé, et il tombe et reste à terre. En d’autres termes, il ne peut réfuter même une objection mineure à ses opinions.
אַדְּהָכִי אֲתָא, אֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל: מַאי אָמַר רַב בְּשִׁלְיָא? אֲמַר לֵיהּ: הָכִי אָמַר רַב: אֵין תּוֹלִין אֶת הַשִּׁלְיָא אֶלָּא בְּדָבָר שֶׁל קְיָימָא. שַׁיְילִינְהוּ שְׁמוּאֵל לְכׇל תַּלְמִידֵי דְּרַב, וְאָמְרִי לֵיהּ: הָכִי. הֲדַר חַזְיֵיהּ לְרַב יְהוּדָה בִּישׁוּת.
Entre-temps, Rav Yosef, fils de Rav Menashya, arriva. Shmuel lui dit : Qu’a dit Rav au sujet d’un placenta ? Rav Yosef lui répondit que voici ce que Rav a dit : On n’attribue un placenta qu’à un être viable, c’est-à-dire à une progéniture viable. Par la suite, Shmuel interrogea tous les élèves de Rav qui étaient présents pour savoir si Rav avait réellement dit cela, et ils lui dirent que Rav avait effectivement dit cela. Shmuel lança alors un regard sévère à Rav Yehuda, car Rav Yehuda était lui aussi un élève de Rav, mais il n’avait pas transmis cette halakha à Shmuel après la mort de Rav.
בְּעָא מִינֵּיהּ רַבִּי יוֹסֵי בֶּן שָׁאוּל מֵרַבִּי: הַמַּפֶּלֶת דְּמוּת עוֹרֵב וְשִׁלְיָא מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: אֵין תּוֹלִין אֶלָּא בְּדָבָר שֶׁיֵּשׁ בְּמִינוֹ שִׁלְיָא.
§ Rabbi Yosei ben Shaul demanda à Rabbi Yehuda HaNasi : Dans le cas d’une femme qui expulse un élément sous la forme d’un corbeau et qu’il y a aussi un placenta, quelle est la halakha ? Le placenta est-il attribué à l’élément expulsé, ou craint-on que le placenta ait pu contenir une autre progéniture ? Rabbi Yehuda HaNasi lui dit : On attribue un placenta uniquement à un élément dont l’espèce a un placenta. Puisque les corbeaux n’ont pas de placenta, le placenta ne peut pas être associé à cet élément expulsé.
קְשׁוּרָה בּוֹ מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: דָּבָר שֶׁאֵינוֹ שָׁאַלְתָּ. אֵיתִיבֵיהּ: הַמַּפֶּלֶת מִין בְּהֵמָה חַיָּה וָעוֹף וְשִׁלְיָא עִמָּהֶן, בִּזְמַן שֶׁהַשִּׁלְיָא קְשׁוּרָה עִמָּהֶן — אֵין חוֹשְׁשִׁין לְוָלָד אַחֵר, אֵין שִׁלְיָא קְשׁוּרָה עִמָּהֶן — חוֹשְׁשִׁין לְוָלָד אַחֵר, הֲרֵינִי מֵטִיל עֲלֵיהֶן
Rabbi Yossei ben Chaoul demanda alors à Rabbi Yehouda HaNassi : Si le placenta est attaché à l’objet qui a la forme d’un corbeau, quelle est la halakha ? Rabbi Yehouda HaNassi lui dit : Tu as posé une question sur une chose qui n’existe pas. Rabbi Yossei ben Chaoul souleva une objection à cette réponse à partir d’une baraita : En ce qui concerne une femme qui expulse une sorte d’animal domestique, d’animal sauvage ou d’oiseau, et elle expulse un placenta avec eux, dans un cas où le placenta leur est attaché, nous ne nous préoccupons pas de la possibilité d’une autre progéniture. Si le placenta ne leur est pas attaché, nous craignons que le placenta contenait une autre progéniture. Et je leur impose