פְּרַשְׁתְּבִינָא דְּפוּמְבְּדִיתָא קָאֵי לֵיהּ לְאַדָּא דַּיָּילָא עַד פַּלְגֵיהּ, וְכוּלֵּי עָלְמָא קָאֵי לִפְרַשְׁתְּבִינָא דְּפוּמְבְּדִיתָא עַד חַרְצֵיהּ.
et lorsque le gouverneur [parashtevina] de Poumbedita se tenait debout à côté de Adda le serviteur, il n’atteignait que la moitié de sa taille. Et lorsque tous les autres dans le monde se tenaient debout à côté du gouverneur de Poumbedita, ils n’atteignaient que ses reins [ḥartzeih].
שָׁאֲלוּ לִפְנֵי רַבִּי: הַמַּפֶּלֶת שָׁפִיר מָלֵא בָּשָׂר מַהוּ? אָמַר לָהֶם: לֹא שָׁמַעְתִּי.
§ Les étudiants demandèrent à Rabbi Yehuda HaNasi : Dans le cas d’une femme qui expulse une poche gestationnelle pleine de chair, quelle est la halakha ? A-t-elle l’impureté d’une femme après l’accouchement ? Rabbi Yehuda HaNasi leur dit : Je n’ai pas entendu de mes maîtres la halakha dans ce cas.
אָמַר לְפָנָיו רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי: כָּךְ אָמַר אַבָּא — מָלֵא דָּם טְמֵאָה נִדָּה, מָלֵא בָּשָׂר טְמֵאָה לֵידָה.
Rabbi Yishmaël, fils de Rabbi Yossei, lui dit : Voici ce que mon père, c’est-à-dire Rabbi Yossei ben Ḥalafta, l’un des maîtres de Rabbi Yehouda HaNassi, a dit : Si une femme a expulsé une poche gestationnelle pleine de sang, elle est impure de l’impureté d’une femme menstruée. Si elle est pleine de chair, elle est impure de l’impureté d’une femme après l’accouchement.
אָמַר לֹיה: אִילְמָלֵי דְּבַר חָדָשׁ אָמַרְתָּ לָנוּ מִשּׁוּם אָבִיךָ — שְׁמַעְנוּךָ. עַכְשָׁיו,
Rabbi Yehuda HaNasi lui dit : Si tu nous avais rapporté un enseignement entièrement nouveau au nom de ton père, dont aucune partie n’avait également été dite par un autre Sage, nous t’aurions écouté, c’est-à-dire que nous aurions accepté cet enseignement comme halakha. Mais maintenant, puisque tu as énoncé deux halakhot, l’une concernant une femme qui a expulsé une poche gestationnelle pleine de sang, et l’autre concernant une femme qui a expulsé une poche gestationnelle pleine de chair, l’ensemble de l’enseignement ne peut pas être accepté comme halakha.
מִדְּהָא קַמַּיְיתָא כִּיחִידָאָה קָאָמַר — כְּסוֹמְכוֹס שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי מֵאִיר, הָא נָמֵי — שֶׁמָּא כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אֲמָרָהּ, וְאֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ.
Rabbi Yehuda HaNasi explique : Du fait que Rabbi Yosei a d’abord énoncé cette première clause de sa déclaration, au sujet d’une poche gestationnelle pleine de sang, conformément à une opinion individuelle, c’est-à-dire conformément à l’opinion de Sumakhos, qui a dit au nom de Rabbi Meir que la femme est impure, contrairement à l’opinion des autres Sages, il s’ensuit que concernant cette dernière déclaration également, au sujet d’une poche gestationnelle pleine de chair, on peut dire que peut-être Rabbi Yosei l’a dite conformément à l’opinion d’un autre Sage individuel, Rabbi Yehoshua. Et la halakha n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Yehoshua.
דְּתַנְיָא: הַמַּפֶּלֶת שָׁפִיר שֶׁאֵינוֹ מְרוּקָּם, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: וָלָד, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵינוֹ וָלָד.
Comme il est enseigné dans une baraita : Dans le cas d’une femme qui expulse un sac gestationnel dans lequel aucun tissu ne s’est développé, Rabbi Yehoshua dit : Il a le statut de progéniture, et la femme a l’impureté d’une femme après l’accouchement ; et les Sages disent : Ce n’est pas une progéniture, et la femme est pure. L’opinion de Rabbi Yosei selon laquelle une femme qui a expulsé un sac gestationnel plein de chair est impure pourrait être conforme à la décision de Rabbi Yehoshua, qui n’est pas acceptée comme halakha, puisque la majorité des autres Sages sont en désaccord avec lui. Par conséquent, la halakha ne peut pas être tranchée conformément à l’une ou l’autre partie de la déclaration de Rabbi Yosei.
אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ מִשּׁוּם רַבִּי אוֹשַׁעְיָא: מַחְלוֹקֶת בְּעָכוּר, אֲבָל בְּצָלוּל דִּבְרֵי הַכֹּל אֵינוֹ וָלָד. וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אָמַר: בְּצָלוּל מַחְלוֹקֶת.
Rabbi Shimon ben Lakish dit au nom de Rabbi Oshaya : Le désaccord entre Rabbi Yehoshua et les Sages s’applique dans un cas où le liquide amniotique est trouble, car Rabbi Yehoshua soutient que cette turbidité indique qu’il y avait probablement un embryon dans la poche qui s’est liquéfié. Mais dans un cas où le liquide amniotique est clair, tout le monde est d’accord pour dire que la poche expulsée n’est pas considérée comme une progéniture. Et Rabbi Yehoshua ben Levi dit : Le désaccord s’applique dans un cas où le liquide amniotique est clair.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: בְּצָלוּל מַחְלוֹקֶת, אֲבָל בְּעָכוּר דִּבְרֵי הַכֹּל וָלָד, אוֹ דִּלְמָא בֵּין בָּזֶה וּבֵין בָּזֶה מַחְלוֹקֶת? תֵּיקוּ.
Un dilemme fut soulevé devant les Sages : que veut dire Rabbi Yehoshua ben Levi ? Veut-il dire que le désaccord ne s’applique que dans un cas où le liquide amniotique est clair, mais dans un cas où il est trouble, tous s’accordent à dire qu’il a le statut halakhique d’une progéniture ? Ou peut-être Rabbi Yehoshua ben Levi veut-il dire que le désaccord s’applique dans ce cas comme dans cet autre cas, c’est-à-dire que les Sages soutiennent que la poche n’a pas le statut de progéniture même si le liquide amniotique est trouble. La Guemara conclut que le dilemme restera sans résolution.
מֵיתִיבִי: אֶת זוֹ דָּרַשׁ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן חֲנַנְיָא — ״וַיַּעַשׂ ה׳ אֱלֹהִים לְאָדָם וּלְאִשְׁתּוֹ כׇּתְנוֹת עוֹר וַיַּלְבִּישֵׁם״, מְלַמֵּד שֶׁאֵין הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עוֹשֶׂה עוֹר לָאָדָם אֶלָּא אִם כֵּן נוֹצַר.
La Guemara soulève une objection à l’opinion selon laquelle le différend entre Rabbi Yehoshua et les Sages ne s’applique que dans un cas où le liquide amniotique est trouble. Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Yehoshua ben Ḥananya, qui est le même Rabbi Yehoshua qui est en désaccord avec les Sages au sujet du cas d’une femme qui expulse un sac gestationnel dans lequel aucun tissu ne s’est développé, a enseigné cela comme la preuve suivante de son opinion selon laquelle la femme est impure : Il est dit : « Et l’Éternel Dieu fit pour Adam et pour sa femme des vêtements de peau, et les en revêtit » (Genèse 3:21). Cela enseigne que le Saint, béni soit-Il, ne fait pas de peau pour une personne à moins qu’elle ne soit déjà créée, car Dieu a d’abord créé Adam et Ève, puis leur a donné de la peau. Par conséquent, l’existence d’un sac gestationnel prouve qu’il y a une progéniture.
אַלְמָא: בְּעוֹר תַּלְיָא מִילְּתָא, לָא שְׁנָא עָכוּר וְלָא שְׁנָא צָלוּל.
Manifestement, selon Rabbi Yehoshua, la question de savoir si un embryon est considéré comme une descendance dépend de la présence ou non de peau, et il n’y a pas de différence selon que le liquide amniotique est trouble, et il n’y a pas de différence selon qu’il est clair.
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא בְּצָלוּל מַחְלוֹקֶת — הַיְינוּ דְּאִיצְטְרִיךְ קְרָא, אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ בְּעָכוּר מַחְלוֹקֶת — לְמָה לִי קְרָא? סְבָרָא בְּעָלְמָא הוּא! אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ: בְּצָלוּל מַחְלוֹקֶת, שְׁמַע מִינַּהּ.
Soit, si tu dis que le litige s’applique dans un cas où cela est clair, c’est-à-dire c’est pourquoi il était nécessaire que Rabbi Yehoshua déduise d’un verset qu’un embryon qui a de la peau est considéré comme une progéniture. Mais si tu dis que le litige s’applique dans un cas où le liquide amniotique est trouble, mais que Rabbi Yehoshua concède que la femme est pure s’il est clair, pourquoi ai-je besoin d’un verset pour enseigner que si le liquide amniotique est trouble la femme est impure ? Cela est logique que là où le liquide amniotique est trouble, il y avait probablement un embryon qui s’est liquéfié. Conclue plutôt de cela que le litige s’applique dans un cas où le liquide amniotique est clair. La Guemara conclut : Conclue de cela que cela est correct.
וְכֵן אָמַר רַב נַחְמָן, אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: מַחְלוֹקֶת בְּעָכוּר, אֲבָל בְּצָלוּל — דִּבְרֵי הַכֹּל אֵינוֹ וָלָד.
De même, de la même façon que Rabbi Oshaya interprète le différend entre Rabbi Yehoshua et les Sages comme se rapportant à un cas où le liquide amniotique est trouble, Rav Naḥman dit que Rabba bar Avuh dit : Le différend entre Rabbi Yehoshua et les Sages s’applique dans un cas où le liquide amniotique est trouble ; mais dans un cas où le liquide amniotique est clair, tous conviennent que la poche expulsée n’est pas considérée comme une progéniture.
אֵיתִיבֵיהּ רָבָא לְרַב נַחְמָן: אֶלָּא אָמְרוּ, סִימָן וָלָד בִּבְהֵמָה דַּקָּה — טִינּוּף, בְּגַסָּה — שִׁלְיָא, בְּאִשָּׁה — שָׁפִיר וְשִׁלְיָא.
Rava a soulevé une objection à l’opinion de Rav Naḥman à partir d’une michna qui précise les obligations applicables aux animaux premiers-nés (Bekhorot 19b) :Mais les Sages ont dit que non seulement une progéniture viable dispense toute progéniture ultérieure d’être comptée comme premier-né, mais qu’il en va de même pour un signe de la progéniture qui est expulsé de l’utérus. Le signe chez un petit animal est un écoulement trouble provenant de l’utérus, chez un grand animal c’est la sortie d’un placenta, et chez une femme le signe est un sac gestationnel ou un placenta.
וְאִילּוּ שָׁפִיר בִּבְהֵמָה לָא פָּטַר, אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא בְּצָלוּל מַחְלוֹקֶת — מִשּׁוּם הָכִי.
Rava déduit : Et pourtant, la fausse couche d’une poche gestationnelle chez un grand animal n’exempte pas la progéniture ultérieure de l’animal d’être comptée comme premier-né. Certes, si vous dites que le différend entre Rabbi Yehoshua et les Sages s’applique dans un cas où le liquide amniotique est clair, c’est pour cette raison que la michna fait une distinction entre un grand animal et une femme en ce qui concerne une poche gestationnelle.
אִשָּׁה דְּרַבִּי בַּהּ קְרָא, פְּטַר בַּהּ שָׁפִיר; בִּבְהֵמָה דְּלָא רַבִּי קְרָא, לָא פְּטַר בַּהּ שָׁפִיר.
Rava explique : En ce qui concerne une femme, puisque le verset susmentionné : « Et le Seigneur Dieu fit pour Adam et pour sa femme des vêtements de peau », inclut dans la définition de la descendance une poche gestationnelle, c’est-à-dire la peau, on peut dire qu’une telle poche gestationnelle exempte les naissances ultérieures des obligations de primogéniture. En revanche, dans le cas d’un animal, puisque le verset n’inclut pas une poche gestationnelle dans la définition de la descendance, l’expulsion d’une poche gestationnelle n’exempte pas la progéniture ultérieure de l’animal d’être considérée comme premier-né.
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ בְּעָכוּר מַחְלוֹקֶת, מִכְּדֵי סְבָרָא הוּא, מַאי שְׁנָא אִשָּׁה, וּמַאי שְׁנָא בְּהֵמָה?
Mais si tu dis que le différend s’applique dans un cas où le liquide amniotique est trouble, et que Rabbi Yehoshua considère la femme comme impure en raison de la probabilité qu’il y ait eu un embryon qui s’est liquéfié, puisque cette halakhaest fondée sur la logique, quelle différence y a-t-il dans le cas d’une femme, et quelle différence y a-t-il dans le cas d’un animal ? Le raisonnement de Rabbi Yehoshua s’applique également aux deux. Il est donc évident que le différend s’applique dans un cas où le liquide amniotique est clair.
מִי סָבְרַתְּ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ מִפְשָׁט פְּשִׁיט לֵיהּ? רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ סַפּוֹקֵי מְסַפְּקָא לֵיהּ, וְאָזֵיל הָכָא לְחוּמְרָא וְהָכָא לְחוּמְרָא.
La Guemara répond : Considères-tu qu’il est évident pour Rabbi Yehoshua qu’une poche gestationnelle dans laquelle le liquide amniotique est trouble a le statut halakhique d’une progéniture ? Ce n’est pas le cas ; au contraire, Rabbi Yehoshua est dans l’incertitude quant à son statut halakhique, et par conséquent ici, dans ce cas, il statue avec rigueur, et là-bas aussi il statue avec rigueur.
גַּבֵּי אִשָּׁה, דְּמָמוֹנָא הוּא — סְפֵק מָמוֹנָא לְקוּלָּא.
La Guemara développe : Tout d’abord, en ce qui concerne une situation où une femme a expulsé une poche gestationnelle dans laquelle le liquide amniotique était trouble, cas dans lequel l’obligation de primogéniture est une question pécuniaire, c’est-à-dire l’obligation de racheter le nouveau-né en versant de l’argent à un prêtre, les naissances suivantes sont exemptées, conformément au principe selon lequel le doute en matière pécuniaire est traité avec indulgence.
גַּבֵּי בְּהֵמָה, דְּאִיסּוּרָא הוּא דְּאִיכָּא לְגַבֵּי גִּיזָּה וַעֲבוֹדָה — סְפֵק אִיסּוּרָא לְחוּמְרָא; הָכִי נָמֵי גַּבֵּי אִשָּׁה — סְפֵק טוּמְאָה לְחוּמְרָא.
En revanche, en ce qui concerne un animal, dans le cas où le statut de premier-né est une question rituelle, puisqu’il existe des interdictions en jeu, à savoir l’interdiction de la tonte de la laine de l’animal et de l’utilisation de l’animal pour le travail avant qu’il ne contracte un défaut, la poche gestationnelle expulsée n’est pas considérée comme une progéniture et n’exempte pas les naissances ultérieures des obligations liées au statut de premier-né, car l’incertitude en matière de questions rituelles est traitée avec rigueur. De même, en ce qui concerne l’impureté d’une femme qui a expulsé une poche gestationnelle, elle est considérée comme impure, car l’incertitude en matière d’impureté est traitée avec rigueur, ce qui signifie que, aux fins de cette halakha, une poche gestationnelle est considérée comme une progéniture.
וּמִי מְסַפְּקָא לֵיהּ? וְהָא קְרָא קָאָמַר! מִדְּרַבָּנַן, וּקְרָא אַסְמַכְתָּא בְּעָלְמָא הוּא.
La Guemara demande : Rabbi Yehoshua est-il donc dans l’incertitude au sujet de la halakha d’une femme qui expulse une poche gestationnelle ? Mais ne cite-t-il pas un verset comme preuve que la femme a l’impureté de celle qui a accouché ? La Guemara répond : Rabbi Yehoshua soutient que la femme est impure par loi rabbinique, et le verset qu’il cite n’est qu’un simple appui pour cette halakha ; ce n’en est pas la source réelle.
אֲמַר לֵיהּ רַב חֲנִינָא בַּר שֶׁלֶמְיָא לְרַב: הָא רַבִּי, הָא רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי, וְהָא רַבִּי אוֹשַׁעְיָא, וְהָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי — מָר כְּמַאן סְבִירָא לֵיהּ?
Rav Ḥanina bar Shelamya dit à Rav : Ceci est l’opinion de Rabbi Yehouda HaNassi, qui a dit à ses élèves qu’il n’avait pas entendu de ses maîtres la halakha dans le cas d’une femme qui a expulsé une poche gestationnelle pleine de chair ; et ceci est l’opinion de Rabbi Yishmaël, fils de Rabbi Yossei, qui a cité l’opinion de son père selon laquelle, dans un tel cas, la femme est impure. Et ceci est l’opinion de Rabbi Oshaya, selon laquelle le différend entre Rabbi Yehoshoua et les Sages ne s’applique que dans un cas où le liquide amniotique est trouble ; et, enfin, ceci est l’opinion de Rabbi Yehoshoua ben Levi, qui soutient que le différend s’applique si le liquide amniotique est clair. Selon l’opinion de qui le Maître tranche-t-il ?
אֲמַר לֵיהּ: אֲנִי אוֹמֵר אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה, אֵינָהּ חוֹשֶׁשֶׁת.
Rav dit à Rav Ḥanina bar Shelamya : Je dis que dans les deux cas, dans ce cas, où le liquide amniotique est trouble, et dans cet autre cas, où le liquide est clair, la femme n’a pas besoin de s’inquiéter d’avoir le statut d’une femme qui a accouché d’une progéniture.
וּשְׁמוּאֵל אָמַר: אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה חוֹשֶׁשֶׁת. וְאַזְדָּא שְׁמוּאֵל לְטַעְמֵיהּ, דְּכִי אֲתָא רַב דִּימִי אֲמַר: מֵעוֹלָם לָא דָּכוּ שָׁפִיר בִּנְהַרְדְּעָא, לְבַר מֵהָהוּא שְׁפִירָא דַּאֲתָא לְקַמֵּיהּ דִּשְׁמוּאֵל, דְּמַנַּח עֲלֵיהּ חוּט הַשַּׂעֲרָה מֵהַאי גִּיסָא וְחַזְיֵהּ מֵהַאי גִּיסָא. אֲמַר: אִם אִיתָא דְּוָלָד הוּאי — לָא הֲוָה זִיג כּוּלֵּי הַאי.
Et Shmuel dit : dans ce cas comme dans cet autre cas, la femme doit craindre que la poche gestationnelle expulsée ait le statut d’une progéniture, et par conséquent elle est considérée impure comme une femme qui a accouché. Et Shmuel suit ici aussi sa ligne habituelle de raisonnement, comme lorsque Rav Dimi est venu et a transmis de nombreuses traditions halakhiques, ce dernier a dit : À Neharde’a les Sages n’ont jamais considéré comme pure une femme qui avait expulsé une poche gestationnelle, sauf dans le cas d’une certaine poche gestationnelle qui fut apportée devant Shmuel, lequel plaça un cheveu de ce côté de cette poche, et il était visible de l’autre côté. Shmuel dit, sur la base de ce test : Si tel avait été le cas, à savoir qu’il y avait une progéniture dans la poche, elle n’aurait pas été aussi transparente. Il déclara donc la femme pure, mais sa décision ne s’appliquait que dans ce cas extrême.
וְאִם הָיָה מְרוּקָּם וְכוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: אֵיזֶהוּ שָׁפִיר מְרוּקָּם? אַבָּא שָׁאוּל אוֹמֵר: תְּחִלַּת בְּרִיָּיתוֹ מֵרֹאשׁוֹ, וּשְׁתֵּי עֵינָיו כִּשְׁתֵּי טִיפִּין שֶׁל זְבוּב. תָּנֵי רַבִּי חִיָּיא: מְרוּחָקִין זֶה מִזֶּה. שְׁנֵי חֳוטָמִין כִּשְׁתֵּי טִיפִּים שֶׁל זְבוּב.
§ La michna enseigne : Mais si la poche était une poche dans laquelle du tissu s’est développé, le statut halakhique de la femme est celui d’une femme après l’accouchement. Puisque le sexe de l’embryon est inconnu, elle observe les rigueurs d’une femme qui a accouché à la fois d’un garçon et d’une fille ; elle est impure pendant quatorze jours comme une femme qui a accouché d’une fille, mais le sang qu’elle voit ensuite n’est pur que jusqu’à quarante jours après l’accouchement, comme une femme qui a accouché d’un garçon. Les Sages ont enseigné dans une baraita : Quelle est la définition d’une poche gestationnelle dans laquelle du tissu s’est développé ? Abba Shaul dit : Le début de la formation de l’embryon vient de sa tête, et ses deux yeux ressemblent à deux gouttes, semblables aux yeux d’une mouche. Rabbi Ḥiyya enseigne : Ces yeux doivent être éloignés l’un de l’autre. En outre, ses deux narines ressemblent à deux gouttes, semblables aux narines d’une mouche.
תָּנֵי רַבִּי חִיָּיא: וּמְקוֹרָבִין זֶה לָזֶה, וּפִיו מָתוּחַ כְּ״חוּט הַשַּׂעֲרָה״, וּגְוִיָּתוֹ כַּ״עֲדָשָׁה״, וְאִם הָיְתָה נְקֵבָה — נִדּוֹנָה כִּ״שְׂעוֹרָה״ לְאׇרְכָּהּ.
Rabbi Ḥiyya enseigne : Et ces yeux doivent être proches l’un de l’autre. Et sa bouche s’étend sur la largeur de son visage comme un cheveu. Et son corps est comme la taille d’une lentille. Et si c’était une femelle, son vagin peut être distingué par l’apparence d’une ligne comme un grain d’orge fendu orienté dans le sens de son corps.
וְחִתּוּךְ יָדַיִם וְרַגְלַיִם אֵין לוֹ, וְעָלָיו מְפוֹרָשׁ בַּקַּבָּלָה: ״הֲלֹא כֶחָלָב תַּתִּיכֵנִי וְכַגְּבִינָּה תַּקְפִּיאֵנִי עוֹר וּבָשָׂר תַּלְבִּישֵׁנִי וַעֲצָמוֹת וְגִידִים תְּסוֹכְכֵנִי חַיִּים וָחֶסֶד עָשִׂיתָ עִמָּדִי וּפְקֻדָּתְךָ שָׁמְרָה רוּחִי״.
Et à ce stade, il n’a pas la forme de bras et de jambes. Et il est dit au sujet d’un embryon à ce stade, dans les textes de la tradition, les Prophètes : « Ne m’as-Tu pas versé comme du lait, et fait cailler comme du fromage ? Tu m’as revêtu de peau et de chair, et Tu m’as tissé d’os et de nerfs. Tu m’as accordé vie et faveur, et Ta providence a préservé mon esprit » (Job 10:10–12).
וְאֵין בּוֹדְקִין אוֹתוֹ בְּמַיִם — שֶׁהַמַּיִם עַזִּין
Et on ne l’examine pas avec de l’eau pour découvrir son sexe, car l’eau est trop forte,