מַתְנִי' כׇּל הַיָּד הַמַּרְבָּה לִבְדּוֹק בַּנָּשִׁים — מְשׁוּבַּחַת, וּבָאֲנָשִׁים — תִּקָּצֵץ.
MICHNA : En ce qui concerne toute main qui s’applique avec diligence à examiner les écoulements corporels afin de déterminer l’impureté rituelle, chez les femmes une telle main est louable. Mais chez les hommes une telle main doit être coupée, car cet acte est susceptible d’entraîner une émission séminale en vain.
גְּמָ' מַאי שְׁנָא נָשִׁים, וּמַאי שְׁנָא אֲנָשִׁים? נָשִׁים לָאו בְּנוֹת הַרְגָּשָׁה נִינְהוּ — מְשׁוּבָּחוֹת, אֲנָשִׁים דִּבְנֵי הַרְגָּשָׁה נִינְהוּ — תִּקָּצֵץ.
GUEMARA : La Guemara demande : Quelle est la différence chez les femmes et quelle est la différence chez les hommes, pour que les femmes soient louées pour l’examen des écoulements corporels tandis que les hommes soient blâmés pour la même chose ? La Guemara répond : Les femmes ne sont pas sujettes à l’excitation sexuelle par cette action, et par conséquent, lorsqu’une femme s’examine avec soin, elle est considérée comme digne de louange ; tandis que les hommes, qui sont sujets à l’excitation sexuelle et peuvent avoir une émission séminale à la suite de ce contact, ne peuvent pas le faire, et la main d’un homme qui procède fréquemment à des examens d’écoulements doit être coupée.
אִי הָכִי מַאי אִירְיָא מַרְבָּה? כִּי לֹא מַרְבָּה נָמֵי! כִּי קָתָנֵי ״מַרְבָּה״ — אֲנָשִׁים.
La Guemara demande : Si tel est le cas, pourquoi la michna énonce-t-elle spécifiquement au sujet des hommes que seule la main qui est assidue à examiner, c’est-à-dire qui le fait souvent, doit être coupée ? Même lorsqu’un homme n’est pas assidu à examiner, mais le fait occasionnellement, cette action est aussi susceptible de provoquer une émission séminale. La Guemara répond : Lorsque la michna enseigne : Toute main qui est assidue à examiner, elle ne dit cela que concernant les femmes, car les hommes ne doivent pas examiner, même occasionnellement.
תָּנָא: בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים? לְעִנְיַן שִׁכְבַת זֶרַע, אֲבָל לְעִנְיַן זוֹב — אַף הוּא מְשׁוּבָּח כַּנָּשִׁים.
La Guemara continue de discuter de l’examen des hommes concernant les émissions séminales. Il est enseigné dans une baraita : Dans quel cas cette déclaration a-t-elle été dite, selon laquelle les hommes ne doivent pas s’examiner eux-mêmes ? Elle a été dite au sujet d’un examen de semence. Mais au sujet d’un homme qui s’examine lui-même pour un écoulement [zov] semblable à la gonorrhée, lui aussi est digne d’éloge pour s’examiner avec diligence, comme les femmes. La raison en est qu’un homme qui connaît deux tels écoulements est rituellement impur mais n’est pas tenu d’apporter une offrande, tandis que celui qui connaît trois telles émissions doit apporter une offrande en tant que zav. Il est donc important pour un homme qui connaît un écoulement semblable à la gonorrhée de s’examiner et de compter soigneusement ses émissions.
וַאֲפִילּוּ לְעִנְיַן שִׁכְבַת זֶרַע, אִם בָּא לִבְדּוֹק בִּצְרוֹר אוֹ בְּחֶרֶס — בּוֹדֵק.
La baraita ajoute : Et même en ce qui concerne le sperme, si l’on veut s’examiner soi-même avec une pierre ou avec un morceau de poterie, qui sont durs et ne réchaufferont pas le corps, on peut s’examiner de cette manière.
וּבְמַטְלֵית לָא? וְהָתַנְיָא: בּוֹדֵק עַצְמוֹ בְּמַטְלֵית וּבְכׇל דָּבָר שֶׁרוֹצֶה! כִּדְאָמַר אַבָּיֵי: בְּמַטְלֵית עָבָה, הָכָא נָמֵי בְּמַטְלֵית עָבָה.
La Guemara demande : Et un homme ne peut-il pas s’examiner avec un linge de lin ? Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita : Un homme peut s’examiner avec un linge, pour voir s’il a émis du sperme, ou avec tout objet semblable qu’il souhaite ? La Guemara répond : Tout comme Abaye l’a dit, au sujet d’une autre question, qu’il s’agit d’un linge grossier, qui ne réchauffera pas le corps, ici aussi, la baraita parle d’un linge grossier, qui ne conduira pas à une émission de sperme.
וְהֵיכָא אִיתְּמַר דְּאַבָּיֵי? אַהָא דִּתְנַן: הָיָה אוֹכֵל בִּתְרוּמָה, וְהִרְגִּישׁ שֶׁנִּזְדַּעְזְעוּ אֵיבָרָיו — אוֹחֵז בְּאַמָּתוֹ, וּבוֹלֵעַ אֶת הַתְּרוּמָה.
La Guemara demande : Et où cette déclaration d’Abaye a-t-elle été énoncée ? Elle a été énoncée au sujet de ce que nous avons appris dans une michna (40a) : Si un prêtre mangeait de la terouma et sentait que ses membres tremblaient, indiquant qu’une émission séminale était imminente, il devait tenir fermement son pénis afin d’empêcher l’émission de quitter son corps, et avaler la terouma tout en restant rituellement pur.
אוֹחֵז? וְהָתַנְיָא: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: כׇּל הָאוֹחֵז בְּאַמָּתוֹ וּמַשְׁתִּין — כְּאִילּוּ מֵבִיא מַבּוּל לָעוֹלָם! אָמַר אַבָּיֵי: בְּמַטְלֵית עָבָה.
Une difficulté a été soulevée au sujet de cette michna : Peut-il réellement tenir son pénis ? Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita que Rabbi Eliezer dit : En ce qui concerne quiconque tient son pénis et urine, cela est considéré comme s’il amenait un déluge sur le monde, puisque la masturbation fut l’un des péchés qui conduisirent au déluge (Sanhedrin 108b) ? Abaye dit, pour résoudre cette difficulté, que la michna parle de celui qui tient son pénis avec un tissu grossier.
רָבָא אָמַר: אֲפִילּוּ תֵּימָא בְּמַטְלֵית רַכָּה, כֵּיוָן דַּעֲקַר — עֲקַר, וְאַבָּיֵי חָיֵישׁ דִּלְמָא אָתֵי לְאוֹסוֹפֵי, וְרָבָא לָא חָיֵישׁ דִּלְמָא אָתֵי לְאוֹסוֹפֵי.
Rava dit au sujet de cette michna : Tu peux même dire qu’il s’agit d’un prêtre qui tient son pénis avec un tissu doux, et la raison pour laquelle cela est permis est que, une fois que la semence a déjà été arrachée de son corps, elle est arrachée, et le fait de tenir ensuite le pénis, même avec un tissu doux, n’augmente pas l’émission de semence. Et Abaye interdit l’usage d’un tissu doux même ici, car il craint que peut-être, en raison du contact de ce tissu, on puisse en venir à augmenter l’émission de semence. Mais Rava ne craint pas que peut-être on puisse en venir à augmenter l’émission.
וְלָא? וְהָתַנְיָא: הָא לְמָה זֶה דּוֹמֶה? לְנוֹתֵן אֶצְבַּע בָּעַיִן, שֶׁכׇּל זְמַן שֶׁאֶצְבַּע בָּעַיִן — עַיִן מַדְמַעַת וְחוֹזֶרֶת וּמַדְמַעַת!
La Guemara demande : Et Rava ne se préoccupe-t-il pas de cette possibilité ? Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita : À quoi cela est-il comparable, cet examen répété d’un homme ? À quelqu’un qui met un doigt dans son œil, car tant que le doigt est dans l’œil, l’œil larmoiera et continuera à larmoyer. Ici aussi, l’action du prêtre entraînera une augmentation de l’émission de semence.
וְרָבָא, כֹּל אִחַמּוֹמֵי וַהֲדַר אִחַמּוֹמֵי בְּשַׁעְתֵּיהּ — לָא שְׁכִיחַ.
La Guemara répond : Et Rava soutiendrait que, si les membres du prêtre ne tremblaient pas et que le sperme sortait goutte à goutte, il y a effectivement lieu de craindre qu’un examen n’augmente l’émission. Mais lorsqu’il sent que ses membres tremblent, cette crainte ne s’applique pas. La raison en est que, s’agissant de tout échauffement du corps qui conduit à une émission séminale et qui est ensuite suivi d’un autre échauffement au moment où le sperme est expulsé, il est inhabituel que ce dernier échauffement augmente l’émission. Par conséquent, dans ce cas, le prêtre peut tenir son pénis même avec un tissu doux.
גּוּפָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: כׇּל הָאוֹחֵז בָּאַמָּה וּמַשְׁתִּין כְּאִילּוּ מֵבִיא מַבּוּל לָעוֹלָם. אָמְרוּ לוֹ לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר: וַהֲלֹא נִצּוֹצוֹת נִתָּזִין עַל רַגְלָיו, וְנִרְאֶה כִּכְרוּת שׇׁפְכָה, וְנִמְצָא מוֹצִיא לַעַז עַל בָּנָיו שֶׁהֵן מַמְזֵרִים!
La Guemara traite de la question elle-même. Rabbi Eliezer dit : En ce qui concerne quiconque tient son pénis et urine, cela est considéré comme s’il amenait un déluge sur le monde. Les Sages dirent à Rabbi Eliezer : Mais si quelqu’un ne tient pas son pénis, de petites gouttes éclaboussent ses jambes, et il paraît comme quelqu’un dont le pénis a été sectionné. Un homme atteint de cette affliction est incapable d’engendrer des enfants. Les personnes qui voient de l’urine sur ses jambes pourraient soupçonner qu’il souffre de cette condition et, par conséquent, elles jetteront le discrédit sur ses enfants et diront qu’ils sont des enfants nés d’une relation interdite [mamzerim].
אָמַר לָהֶן: מוּטָב שֶׁיּוֹצִיא לַעַז עַל בָּנָיו שֶׁהֵן מַמְזֵרִים, וְאַל יַעֲשֶׂה עַצְמוֹ רָשָׁע שָׁעָה אַחַת לִפְנֵי הַמָּקוֹם.
Rabbi Eliezer leur dit : Il vaut mieux que les gens jettent le discrédit sur ses enfants en disant qu’ils sont des mamzerim, et qu’il ne se rende pas lui-même méchant ne serait-ce qu’un seul instant devant l’Omniprésent.
תַּנְיָא אִידַּךְ: אָמַר לָהֶן רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לַחֲכָמִים, אֶפְשָׁר יַעֲמוֹד אָדָם בְּמָקוֹם גָּבוֹהַּ וְיַשְׁתִּין, אוֹ יַשְׁתִּין בְּעָפָר תִּיחוּחַ, וְאַל יַעֲשֶׂה עַצְמוֹ רָשָׁע שָׁעָה אַחַת לִפְנֵי הַמָּקוֹם.
À propos de la même question, il est enseigné dans une autre baraita que Rabbi Eliezer dit aux autres Rabbins en réponse : Il est possible d’éviter de projeter de l’urine sur ses jambes. Comment cela ? Qu’une personne se tienne sur un endroit surélevé et urine vers le bas, ou urine dans un endroit où il y a de la terre meuble, qui absorbe l’urine, afin qu’elle ne rejaillisse pas vers le haut, et qu’il ne se rende pas méchant ne serait-ce qu’un instant devant l’Omniprésent.
הֵי אֲמַר לְהוּ בְּרֵישָׁא? אִילֵּימָא קַמַּיְיתָא אֲמַר לְהוּ בְּרֵישָׁא, בָּתַר דְּאָמַר לְהוּ אִיסּוּרָא הֲדַר אֲמַר לְהוּ תַּקַּנְתָּא?!
La Guemara demande : Laquelle de ces réponses a dite Rabbi Eliezer aux Sages en premier ? Si l’on dit que c’était la première déclaration, à savoir qu’on ne doit pas tenir son pénis même si des gens pourraient jeter des soupçons sur ses enfants, qu’il a dite aux Sages en premier, puis qu’ensuite il leur a dit qu’il existait un moyen d’éviter que l’urine n’éclabousse ses jambes, cela est difficile ; après leur avoir dit que c’est une interdiction, leur dirait-il ensuite un remède pratique ? En disant qu’on peut éviter que l’urine n’éclabousse ses jambes, Rabbi Eliezer a indiqué que, si l’on ne peut pas le faire, on peut tenir son pénis, ce qui contredit son autre déclaration.
אֶלָּא, הָא אֲמַר לְהוּ בְּרֵישָׁא, וַאֲמַרוּ לֵיהּ: אֵין לוֹ מָקוֹם גָּבוֹהַּ וְעָפָר תִּיחוּחַ, מַאי? אָמַר לָהֶן: מוּטָב שֶׁיּוֹצִיא לַעַז עַל בָּנָיו, וְאַל יַעֲשֶׂה עַצְמוֹ רָשָׁע שָׁעָה אַחַת לִפְנֵי הַמָּקוֹם.
Au contraire, il est clair qu’il a dit cela comme solution pratique aux rabbins d’abord, et ils lui dirent alors : Si quelqu’un n’a pas d’endroit surélevé ni de terre meuble sur lequel il puisse uriner, que doit-il faire ? En réponse à cette question, il leur dit : Il vaut mieux que les gens jettent la suspicion sur ses enfants en disant qu’ils sont des mamzerim, plutôt qu’il ne se rende coupable ne serait-ce qu’un instant devant l’Omniprésent.
וְכׇל כָּךְ לָמָּה? מִפְּנֵי שֶׁמּוֹצִיא שִׁכְבַת זֶרַע לְבַטָּלָה, דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הַמּוֹצִיא שִׁכְבַת זֶרַע לְבַטָּלָה חַיָּיב מִיתָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֵּרַע בְּעֵינֵי ה׳ (אֶת) אֲשֶׁר עָשָׂה וַיָּמֶת גַּם אוֹתוֹ״.
La Guemara demande : Et pourquoi faut-il s’abstenir à ce point de tenir son pénis ? Parce que, du fait de tenir son pénis, il pourrait émettre de la semence en vain. Comme le dit Rabbi Yoḥanan : Quiconque émet de la semence en vain est passible de la peine de mort par la main du Ciel, comme il est dit au sujet d’Onân, fils de Juda : « Et il arriva que, lorsqu’il avait des rapports avec la femme de son frère, il la répandait à terre, afin de ne pas donner de descendance à son frère. Et la chose qu’il faisait était mauvaise aux yeux du Seigneur, et Il le fit mourir lui aussi » (Genèse 38:9–10).
רַבִּי יִצְחָק וְרַבִּי אַמֵּי אָמְרִי: כְּאִילּוּ שׁוֹפֵךְ דָּמִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַנֵּחָמִים בָּאֵלִים תַּחַת כׇּל עֵץ רַעֲנָן שׁוֹחֲטֵי הַיְלָדִים בַּנְּחָלִים תַּחַת סְעִיפֵי הַסְּלָעִים״, אַל תִּקְרֵי ״שׁוֹחֲטֵי״ אֶלָּא ״סוֹחֲטֵי״.
Rabbi Yitzḥak et Rabbi Ami disent : Celui qui émet de la semence en vain est considéré comme s’il versait le sang, comme il est dit : « Mais approchez ici, fils de la magicienne, descendance de l’adultère et de la prostituée… N’êtes-vous pas des enfants de transgression, une descendance de mensonge, vous qui vous échauffez parmi les térébinthes, sous tout arbre verdoyant, qui égorgez [shoḥatei] les enfants dans les vallées, sous les fentes des rochers ? » (Isaïe 57:3–5). Ne lis pas ce mot comme shoḥatei ; mais plutôt, lis-le comme soḥatei, c’est-à-dire que celui qui presse [soḥet] la semence est considéré comme ayant versé le sang des enfants qui auraient pu naître de cette semence.
רַב אַסִּי אָמַר: כְּאִילּוּ עוֹבֵד עֲבוֹדָה זָרָה, כְּתִיב הָכָא ״תַּחַת כׇּל עֵץ רַעֲנָן״, וּכְתִיב הָתָם ״עַל הֶהָרִים הָרָמִים וְתַחַת כׇּל עֵץ רַעֲנָן״.
Rav Asi dit : Cela est considéré comme s’il adorait des idoles, car il est écrit ici : « Sous tout arbre feuillu », et il est écrit là-bas, au sujet de la mitzva d’éradiquer les idoles d’Eretz Yisrael : « Vous détruirez entièrement tous les lieux où les nations que vous allez déposséder ont servi leurs dieux, sur les hautes montagnes, et sur les collines, et sous tout arbre feuillu » (Deutéronome 12:2).
רַב יְהוּדָה וּשְׁמוּאֵל הֲווֹ קָיְימִי אַאִיגָּרָא דְּבֵי כְּנִישְׁתָּא דְּשָׁף וִיתֵיב בִּנְהַרְדְּעָא. אֲמַר לֵיהּ רַב יְהוּדָה לִשְׁמוּאֵל: צָרִיךְ אֲנִי לְהַשְׁתִּין. אֲמַר לֵיהּ: שִׁינָּנָא, אֱחוֹז בַּאֲמָתְךָ וְהַשְׁתֵּן לַחוּץ.
§ En ce qui concerne la question de tenir son pénis afin d’uriner, la Guemara rapporte que Rav Yehuda et Shmuel se tenaient sur le toit de la synagogue qui avait été détruite puis reconstruite à Neharde’a. Rav Yehuda dit à Shmuel : Que puis-je faire ? J’ai besoin d’uriner. Shmuel lui dit : Shinnana, tiens ton pénis, afin que l’eau ne tombe pas sur le toit de la synagogue, et urine vers l’extérieur, loin de la synagogue.
הֵיכִי עָבֵיד הָכִי? וְהָתַנְיָא: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: כׇּל הָאוֹחֵז בְּאַמָּתוֹ וּמַשְׁתִּין — כְּאִילּוּ מֵבִיא מַבּוּל לָעוֹלָם!
La Guemara demande : Comment Rav Yehuda a-t-il pu faire cela ? N’est-il pas enseigné dans une baraita que Rabbi Eliezer dit : En ce qui concerne quiconque tient son pénis et urine, cela est considéré comme s’il amenait un déluge sur le monde ?
אָמַר אַבָּיֵי: עֲשָׂאוֹ כְּבוֹלֶשֶׁת, דִּתְנַן: בּוֹלֶשֶׁת (שנכנס) [שֶׁנִּכְנְסָה] לָעִיר, בִּשְׁעַת שָׁלוֹם — חָבִיּוֹת פְּתוּחוֹת אֲסוּרוֹת, סְתוּמוֹת מוּתָּרוֹת, בִּשְׁעַת מִלְחָמָה — אֵלּוּ וְאֵלּוּ מוּתָּרוֹת, לְפִי שֶׁאֵין לָהֶן פְּנַאי לְנַסֵּךְ. אַלְמָא: דְּכֵיוָן דִּבְעִיתִי לָא אָתֵי לְנַסּוֹכֵי, הָכָא נָמֵי: כֵּיוָן דִּבְעִיתִי לָא אָתֵי לְהַרְהוֹרֵי.
Abaye dit : Les Sages ont considéré le statut halakhique de cette situation comme celui d'une troupe de pillards, comme nous l'avons appris dans une michna (Avoda Zara 70b) : En ce qui concerne une troupe de pillards qui est entrée dans une ville, si elle l'a fait en temps de paix, les tonneaux ouverts de vin sont interdits, de peur que les pillards n'aient utilisé le vin pour des libations dans un culte idolâtre, tandis que les tonneaux scellés sont permis. En temps de guerre, tant ceux-ci que ceux-là sont permis, parce que les pillards n'ont pas le loisir de faire des libations. Il est évident que, puisque ces pillards ont peur, ils ne viendront pas faire des libations. Ici aussi, dans cet incident impliquant Rav Yehuda, puisqu'il a peur, il n'en viendra pas à avoir des pensées sexuelles.
וְהָכָא מַאי בְּעִיתוּתָא אִיכָּא? אִיבָּעֵית אֵימָא: בִּיעֲתוּתָא דְּלֵילְיָא וּדְאִיגָּרָא, וְאִיבָּעֵית אֵימָא: בִּיעֲתוּתָא דְּרַבֵּיהּ, וְאִיבָּעֵית אֵימָא: בִּיעֲתוּתָא דִּשְׁכִינָה, וְאִיבָּעֵית אֵימָא: אֵימְתָא דְּמָרֵיהּ עֲלֵיהּ, דְּקָרֵי שְׁמוּאֵל עֲלֵיהּ: ״אֵין זֶה יְלוּד אִשָּׁה״.
La Guemara demande : Et quelle crainte y a-t-il ici, dans le cas de Rav Yehouda ? La Guemara explique : Si tu veux, dis qu’il y a la crainte de la nuit et du toit, c’est-à-dire qu’il pourrait tomber. Et si tu veux, dis que la crainte de son maître, Chmouel, est sur lui. Et si tu veux, dis que la crainte de la Présence divine qui réside dans la synagogue est sur Rav Yehouda. Et si tu veux, dis que la crainte de son Maître, Dieu, est sur lui. Rav Yehouda était renommé pour sa crainte du Ciel, comme Chmouel déclara à son sujet : Celui-ci n’est pas né d’une femme, mais il est comme un ange.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: נָשׂוּי הֲוָה, דְּאָמַר רַב נַחְמָן: אִם הָיָה נָשׂוּי — מוּתָּר.
Et si tu le souhaites, dis une réponse différente : Rav Yehuda avait le droit de tenir son pénis pendant qu’il urinait parce qu’il était marié ; comme l’a dit Rav Naḥman : si quelqu’un est marié, il lui est permis de tenir son pénis pendant qu’il urine, car ses pulsions sexuelles inappropriées ne sont pas aussi fortes.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא, כִּי הָא אוֹרִי לֵיהּ, דְּתָנֵי אַבָּא בְּרֵיהּ דְּרַבִּי בִּנְיָמִין בַּר חִיָּיא: אֲבָל מְסַיֵּיעַ בַּבֵּיצִים מִלְּמַטָּה. וְאִיבָּעֵית אֵימָא, כִּי הָא אוֹרִי לֵיהּ, דְּאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: גְּבוּל יֵשׁ לוֹ, מֵעֲטָרָה וּלְמַטָּה – מוּתָּר,
Et si tu veux, dis que Shmuel a statué pour Rav Yehuda conformément à cette baraita, qu’enseigne Abba, fils de Rabbi Binyamin bar Ḥiyya : On ne peut pas tenir le pénis lui-même en urinant, mais un homme qui souhaite uriner peut faciliter le processus en tenant les testicules par-dessous. Shmuel a instruit Rav Yehuda d’agir de cette manière. Et si tu veux, dis que Shmuel a statué pour Rav Yehuda conformément à ce qu’a dit Rabbi Abbahu, à savoir que Rabbi Yoḥanan dit : Il y a une délimitation claire dans l’interdiction de tenir son pénis en urinant : À partir de la couronne et en dessous, vers l’extrémité du pénis, il est permis de le tenir, car cela ne conduira pas à l’excitation.