בִּ״מְנוּדֶּה אֲנִי לָךְ״, דְּרַבִּי עֲקִיבָא סָבַר: לִישָּׁנָא דְנִידּוּיָא הוּא, וְרַבָּנַן סָבְרִי: לִישָּׁנָא דִמְשַׁמַּתְנָא הוּא.
Ils sont en désaccord en ce qui concerne un cas où le langage employé est : Je suis ostracisé de toi, comme le soutient Rabbi Akiva que c’est un langage de distanciation et exprime donc un vœu, et les Sages soutiennent que c’est un langage d’excommunication, et non la terminologie par laquelle les gens expriment des vœux.
וּפְלִיגָא דְּרַב חִסְדָּא. דְּהָהוּא גַּבְרָא דְּאָמַר ״מְשַׁמַּתְנָא בְּנִכְסֵיהּ דִּבְרֵיהּ דְּרַב יִרְמְיָה בַּר אַבָּא״ אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב חִסְדָּא. אֲמַר לֵיהּ: לֵית דְּחָשׁ לַהּ לְהָא דְּרַבִּי עֲקִיבָא. קָסָבַר: בִּ״מְשַׁמַּתְנָא״ פְּלִיגִי.
La Guemara commente : Et Rav Pappa n’est pas d’accord avec l’opinion de Rav Ḥisda, comme le montre l’incident suivant : Il y eut un certain homme qui dit : Je suis excommunié des biens du fils de Rav Yirmeya bar Abba. Il se présenta devant Rav Ḥisda pour demander si cette déclaration était efficace pour créer une interdiction ou non. Rav Ḥisda lui dit : Il n’y a personne qui, en pratique, tienne compte de cette opinion de Rabbi Akiva. Apparemment, Rav Ḥisda soutient qu’ils sont aussi en désaccord au sujet de l’expression : Je suis excommunié de toi. Cela indique que le différend entre les tanna’im ne porte pas sur des termes spécifiques, mais sur la question plus générale de savoir si des termes d’ostracisme ou d’excommunication sont des termes qui peuvent aussi exprimer des vœux.
אָמַר רַבִּי אִילָא אָמַר רַב: נִדָּהוּ בְּפָנָיו — אֵין מַתִּירִין לוֹ אֶלָּא בְּפָנָיו. נִדָּהוּ שֶׁלֹּא בְּפָנָיו — מַתִּירִין לוֹ בֵּין בְּפָנָיו בֵּין שֶׁלֹּא בְּפָנָיו.
§ Rabbi Ila a dit que Rav a dit : Si quelqu’un a mis au ban un autre individu en sa présence, on ne peut le lever pour lui qu’en sa présence. Si quelqu’un l’a mis au ban en son absence, on peut le lever pour lui en sa présence ou en son absence.
אָמַר רַב חָנִין אָמַר רַב: הַשּׁוֹמֵעַ הַזְכָּרַת הַשֵּׁם מִפִּי חֲבֵירוֹ צָרִיךְ לְנַדּוֹתוֹ, וְאִם לֹא נִידָּהוּ — הוּא עַצְמוֹ יְהֵא בְּנִידּוּי. שֶׁכׇּל מָקוֹם שֶׁהַזְכָּרַת הַשֵּׁם מְצוּיָה, שָׁם עֲנִיּוּת מְצוּיָה.
Rav Ḥanin a dit que Rav a dit : Celui qui entend la mention du nom de Dieu en vain de la part d’une autre personne doit l’ostraciser pour cela. Et s’il ne l’ostracise pas, lui-même, l’auditeur, sera ostracisé, car partout où la mention du nom de Dieu en vain est courante, la pauvreté y est également courante.
וַעֲנִיּוּת, כְּמִיתָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי מֵתוּ כׇּל הָאֲנָשִׁים״, וְתַנְיָא: כׇּל מָקוֹם שֶׁ״נָּתְנוּ חֲכָמִים עֵינֵיהֶם״, אוֹ מִיתָה אוֹ עוֹנִי.
Et la pauvreté est si dure qu’elle est considérée comme la mort, comme il est dit : « Car tous les hommes sont morts qui cherchaient ta vie » (Exode 4:19). Les Sages avaient pour tradition que Dathan et Abiram avaient cherché à faire tuer Moïse en Égypte et qu’ils étaient les hommes visés dans le verset cité (voir 64b). Ils étaient encore en vie à ce moment-là, mais étaient devenus pauvres. Et, de plus, il est enseigné dans une baraita : Partout où il est dit que les Sages ont porté leurs yeux sur un individu particulier, le résultat fut soit la mort, soit la pauvreté. Cela indique également que la mort et la pauvreté sont équivalentes.
אָמַר רַבִּי אַבָּא: הֲוָה קָאֵימְנָא קַמֵּיהּ דְּרַב הוּנָא, שַׁמְעַהּ לְהָךְ אִיתְּתָא דְּאַפִּקָה הַזְכָּרַת הַשֵּׁם לְבַטָּלָה, שַׁמְּתַהּ וּשְׁרָא לַהּ לְאַלְתַּר בְּאַפַּהּ. שְׁמַע מִינַּהּ תְּלָת: שְׁמַע מִינַּהּ הַשּׁוֹמֵעַ הַזְכָּרַת הַשֵּׁם מִפִּי חֲבֵירוֹ צָרִיךְ לְנַדּוֹתוֹ, וּשְׁמַע מִינַּהּ: נִידָּהוּ בְּפָנָיו, אֵין מַתִּירִין לוֹ אֶלָּא בְּפָנָיו, וּשְׁמַע מִינַּהּ: אֵין בֵּין נִידּוּי לַהֲפָרָה וְלֹא כְּלוּם.
Rabbi Abba a dit : Je me tenais devant Rav Houna, et il entendit une certaine femme prononcer une mention du nom de Dieu en vain. Il l’excommunia et immédiatement leva l’excommunication pour elle en sa présence. La Guemara commente : Apprends-en trois choses. Apprends-en que celui qui entend la mention du nom de Dieu en vain de la part d’une autre personne doit l’ostraciser ; et apprends-en que si quelqu’un a ostracisé un autre en sa présence, on peut la lever pour lui seulement en sa présence ; et apprends-en qu’il n’y a rien, c’est-à-dire aucun délai minimal devant s’écouler, entre l’ostracisme et l’annulation de l’ostracisme.
אָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב: תַּלְמִיד חָכָם מְנַדֶּה לְעַצְמוֹ, וּמֵיפֵר לְעַצְמוֹ. פְּשִׁיטָא? מַהוּ דְּתֵימָא: ״אֵין חָבוּשׁ מַתִּיר עַצְמוֹ מִבֵּית הָאֲסוּרִין״, קָא מַשְׁמַע לַן.
Rav Giddel a dit que Rav a dit : Un érudit de la Torah peut s’ostraciser lui-même, et il peut annuler l’ostracisme pour lui-même. La Guemara demande : N’est-ce pas évident qu’il peut annuler l’ostracisme pour lui-même, tout comme il est capable de le faire pour les autres ? La Guemara répond : Cela est énoncé de peur que tu ne dises, selon la maxime populaire : Un prisonnier ne peut pas se libérer lui-même de prison, et puisqu’il est ostracisé, il ne peut pas lever l’ostracisme pour lui-même ; c’est pourquoi cela nous enseigne qu’il peut le faire.
הֵיכִי דָּמֵי: כִּי הָא דְּמָר זוּטְרָא חֲסִידָא, כִּי מִחַיַּיב בַּר בֵּי רַב שַׁמְתָּא — מְשַׁמֵּית נַפְשֵׁיהּ בְּרֵישָׁא, וַהֲדַר מְשַׁמֵּת בַּר בֵּי רַב. וְכִי עָיֵיל לְבֵיתֵיהּ, שָׁרֵי לְנַפְשֵׁיהּ וַהֲדַר שָׁרֵי לֵיהּ.
La Guemara demande : Quelles sont les circonstances dans lesquelles un érudit de la Torah pourrait s’ostraciser lui-même ? C’est comme ce cas impliquant Mar Zutra Ḥasida. Lorsqu’un étudiant de l’académie était passible d’excommunication, Mar Zutra Ḥasida commençait par s’excommunier lui-même, puis il excommuniait l’étudiant de Torah. Et lorsqu’il entrait chez lui, il annulait l’excommunication pour lui-même, puis annulait l’excommunication de l’étudiant.
וְאָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב:
Et Rav Giddel dit que Rav dit :