כְּגוֹן דְּאַתְפֵּיס אַחֲרִינָא בְּהָדֵין נִדְרָא. אִי אָמְרַתְּ חָלִין — הָוְיָא תְּפִיסוּתָא. אִי אָמְרַתְּ לָא חָלִין — לָא אִיכָּא מְשָׁשָׁא.
La Guemara répond : Il y a une différence dans un cas où une autre personne a associé son propre vœu à ce vœu. Si quelqu’un d’autre a entendu son vœu et a déclaré que son vœu serait comme le sien, le statut de son vœu dépend de cette question. Si vous dites que de tels vœux prennent effet, alors l’association du vœu de l’autre personne prend effet. Si vous dites que de tels vœux ne prennent pas effet du tout, alors le vœu de l’autre personne n’a aucune substance, puisque le vœu auquel il l’a associé n’a jamais existé.
מַאי? תָּא שְׁמַע, אָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: אִם הֵפֵר נְדָרִים שֶׁבָּאוּ לִכְלַל אִיסּוּר, לֹא יָפֵר נְדָרִים שֶׁלֹּא בָּאוּ לִכְלַל אִיסּוּר? שְׁמַע מִינַּהּ לָא חָלִין!
Quelle, donc, est l’opinion de Rabbi Eliezer ? Viens et écoute la michna : Rabbi Eliezer a dit : Si l’on peut annuler des vœux qui ont déjà atteint le statut d’une interdiction, ne devrait-on pas annuler des vœux qui n’ont pas atteint le statut d’une interdiction ? Apprends-en que de tels vœux ne prennent pas effet du tout, puisqu’ils sont décrits comme n’ayant pas atteint le statut d’une interdiction.
מִי קָתָנֵי ״שֶׁאֵינָן בָּאִין״? ״שֶׁלֹּא בָּאוּ״ קָתָנֵי, עֲדַיִין לֹא בָּאוּ.
La Guemara rejette cette conclusion : Est-ce que la michna enseigne avec les mots : Qui n’atteignent pas le statut d’une interdiction ? Elle enseigne : Qui n’ont pas atteint le statut d’une interdiction, ce qui pourrait signifier qu’ils n’ont pas encore atteint le statut d’une interdiction, mais ils peuvent prendre effet, momentanément, lorsqu’elle fait effectivement le vœu.
תָּא שְׁמַע, אָמַר לָהֶן רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: וּמָה בִּמְקוֹם שֶׁאֵין מֵיפֵר נִדְרֵי עַצְמוֹ מִשֶּׁנָּדַר, מֵיפֵר נִדְרֵי עַצְמוֹ עַד שֶׁלֹּא יָדוּר. מְקוֹם שֶׁמֵּפֵר נִדְרֵי אִשְׁתּוֹ מִשֶּׁתִּדּוֹר, אֵינוֹ דִּין שֶׁיָּפֵר נִדְרֵי אִשְׁתּוֹ עַד שֶׁלֹּא תִּדּוֹר?
Viens et écoute une baraita de la Tosefta (Nedarim 6:5) : Rabbi Eliezer leur a dit : Et de même que dans une situation où il ne peut pas annuler ses propres vœux une fois qu’il les a prononcés, il peut annuler ses propres vœux avant de les prononcer en stipulant à l’avance que les vœux qu’il fera ne prendront pas effet, à plus forte raison dans une situation où il peut annuler les vœux de sa femme même après qu’elle a prononcé son vœu, n’est-il pas logique qu’il doive pouvoir annuler les vœux de sa femme avant qu’elle ne prononce son vœu ?
מַאי לָאו, דְּאִשְׁתּוֹ דּוּמְיָא דִּילֵיהּ, מָה [הוּא] דְּלָא חָיְילִין — אַף אִשְׁתּוֹ נָמֵי דְּלָא חָיְילִין? לָא, הָא כִּדְאִיתָא וְהָא כִּדְאִיתָא.
La Guemara explique la preuve : Quoi, ne fait-on pas référence à un cas où les vœux de sa femme sont semblables aux siens, en ce que, de même que ses vœux, qui ont été annulés à l’avance, ne prennent pas effet du tout, de même les vœux de sa femme ne prennent pas effet du tout lorsqu’ils sont annulés à l’avance ? La Guemara rejette cela : Non, ce cas où il annule ses propres vœux avant de les faire est tel qu’il est, et cet autre cas où il annule ses vœux à elle avant qu’elle ne les fasse est tel qu’il est ; la ressemblance entre les deux cas suffit pour une inférence a fortiori, mais ils ne se ressemblent pas à tous égards.
תָּא שְׁמַע, אָמְרוּ לוֹ לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר: וּמָה מִקְוֶה שֶׁמַּעֲלֶה אֶת הַטְּמֵאִין מִטּוּמְאָתָן — אֵין מַצִּיל עַל הַטְּהוֹרִים מִלִּיטָּמֵא, אָדָם שֶׁאֵין מַעֲלֶה אֶת הַטְּמֵאִין מִטּוּמְאָתָן — אֵינוֹ דִּין הוּא שֶׁלֹּא יַצִּיל עַל הַטְּהוֹרִין מִלִּיטָּמֵא?
Viens et écoute une baraita : Ils dirent à Rabbi Eliezer : Ton inférence a fortiori est erronée, comme on peut le voir dans cet exemple : Et de même que, en ce qui concerne un bain rituel, qui élève les impurs de leur impureté rituelle lorsqu’ils s’y immergent mais ne préserve pas les purs de devenir impurs s’ils entrent en contact avec l’impureté après l’immersion, de même, en ce qui concerne une personne, qui n’élève pas les impurs de leur impureté, par exemple lorsqu’une personne avale un objet rituellement impur puis s’immerge dans un bain rituel, l’objet reste impur, n’est-il pas logique qu’elle ne doive pas préserver des objets purs de devenir impurs ? Lorsqu’une personne qui a avalé un objet rituellement pur entre en contact avec l’impureté, l’objet qu’elle a avalé devrait lui aussi devenir impur. Ce n’est pas le cas, car un objet avalé ne devient pas impur lorsque la personne qui l’a avalé devient impure. Par conséquent, l’argument a fortiori est erroné, et on ne peut pas déduire de la capacité de changer un statut, comme la capacité du mari d’annuler les vœux de sa femme ou la capacité du bain rituel de rendre quelque chose rituellement pur, que la source du changement puisse aussi empêcher un changement de statut ou préserver ce statut.
שְׁמַע מִינַּהּ לָא חָיְילִין!
Cependant, apprends de cette baraita que, selon Rabbi Eliezer, les vœux annulés par le mari dès le départ ne prennent pas effet du tout, puisque l’objection des Sages présume que, selon Rabbi Eliezer, les vœux ne prennent pas effet du tout. Leur argument repose sur l’analogie entre l’annulation préventive et la prévention préventive de l’impureté. La prévention préventive de l’impureté est comprise comme le fait de sauver un objet de devenir impur un jour, et de façon analogue, l’annulation préventive est comprise comme le fait d’empêcher qu’un vœu ne prenne effet un jour.