אִם תִּמְצָא לוֹמַר הָא לָא אֲמַר לַהּ, אֲמַר לַהּ ״מוּפָר לִיכִי לְמָחָר״, מַהוּ? מִי אָמְרִינַן: לִמְחַר לָא מָצֵי מֵיפַר, דְּהָא קַיְּימֵיהּ לְנִדְרַיהּ הַיּוֹם, אוֹ דִלְמָא: כֵּיוָן דְּלָא אֲמַר לַהּ ״קַיָּים לִיכִי הַיּוֹם״, כִּי קָאָמַר לַהּ ״מוּפָר לִיכִי לְמָחָר״, מֵהַיּוֹם קָאָמַר.
Si tu dis que, puisque il n’a pas dit à elle explicitement que le vœu est annulé, cela signifie qu’il reste en vigueur, alors, si il lui a dit : Il est annulé pour toi demain, quelle est la halakha ? Disons-nous que le lendemain il ne peut pas l’annuler, puisqu’il a déjà ratifié le vœu aujourd’hui, du fait qu’il ne l’a pas annulé « le jour où il l’a entendu » (Nombres 30:8) ? Ou peut-être, puisqu’il n’a pas dit à elle explicitement : Il est ratifié pour toi aujourd’hui, alors quand il lui dit : Il est annulé pour toi demain, il est en fait en train de dire que l’annulation commence à partir d’aujourd’hui, de sorte que le vœu est annulé.
וְאִם תִּמְצָא לוֹמַר אֲפִילּוּ הָכִי, כֵּיוָן דְּקִיְּימוֹ הַיּוֹם — לִמְחַר כְּמַאן דְּאִיתֵיהּ דָּמֵי, אֲמַר לַהּ ״קַיָּים לִיכִי שָׁעָה״, מַהוּ? מִי אָמְרִינַן: כְּמַאן דַּאֲמַר לַהּ ״מוּפָר לִיכִי לְאַחַר שָׁעָה״ דָּמֵי, אוֹ דִלְמָא: הָא לָא אֲמַר לָהּ?
Et si tu dis : Néanmoins, puisqu’il l’a ratifié aujourd’hui, comme il a dit qu’il n’est annulé que demain, le jour suivant cela est considéré déjà comme en vigueur et il ne peut pas l’annuler, alors si il lui a dit : C’est ratifié pour toi pendant une heure, quelle est la halakha ? Disons-nous que c’est comme quelqu’un qui lui a dit : C’est annulé pour toi après une heure écoulée ? Ou peut-être, puisqu’il ne le lui a pas dit explicitement, ce n’est pas annulé ?
אִם תִּמְצָא לוֹמַר הָא לָא אֲמַר לַהּ, מִיהוּ אֲמַר לַהּ, מַאי? מִי אָמְרִינַן: כֵּיוָן דְּקִיְּימוֹ קִיְּימוֹ, אוֹ דִלְמָא: כֵּיוָן דְּכוּלֵּיהּ יוֹמָא בַּר הֲקָמָה וּבַר הֲפָרָה הוּא, כִּי אָמַר ״מוּפָר לִיכִי לְאַחַר שָׁעָה״ מַהְנֵי?
Si tu dis que, puisque il ne lui a pas dit cela à elle explicitement, par conséquent le vœu n’est pas annulé après une heure, néanmoins, si il lui a dit explicitement qu’il est annulé après une heure, quelle est la halakha ? Disons-nous que, puisqu’il a ratifié ce vœu, en retardant explicitement l’annulation d’une heure, il l’a ratifié et ne peut plus l’annuler ? Ou peut-être, puisque toute la journée est valable pour la ratification et valable pour l’annulation, lorsqu’il dit : Il est annulé pour toi après une heure, cela prend effet.
תָּא שְׁמַע: ״הֲרֵינִי נְזִירָה״, וְשָׁמַע בַּעְלָהּ וְאָמַר ״וַאֲנִי״ — אֵין יָכוֹל לְהָפֵר. וְאַמַּאי? נֵימָא ״וַאֲנִי״ דְּאָמַר הוּא עַל נַפְשֵׁיהּ דְּהָוֵי נָזִיר, אֲבָל ״הֲרֵינִי נְזִירָה״ דִּילַהּ, דְּשָׁעָה אַחַת קַיְּימָא, לְאַחַר שָׁעָה אִי בָּעֵי — לֵיפַר, אַמַּאי אֵין יָכוֹל לְהָפֵר? לָאו מִשּׁוּם דְּכֵיוָן שֶׁקִּיְּימוֹ — קִיְּימוֹ? לָא, קָסָבַר: כֹּל ״וַאֲנִי״ — כְּמַאן דְּאָמַר ״קַיָּים לִיכִי לְעוֹלָם״ דָּמֵי.
La Guemara cite une michna (Nazir 20b) pour résoudre cette dernière question : Viens et écoute : Si une femme a dit : Me voici naziréenne, et son mari a entendu son vœu et a dit : Et moi, voulant dire qu’il a lui aussi l’intention de devenir nazir, il ne peut plus annuler le vœu de sa femme. Et pourquoi pas ? Disons que les mots : Et moi, qu’il a dits, se rapportaient à lui-même, afin qu’il soit nazir. Mais le vœu d’elle : Me voici naziréenne, subsiste pendant une heure, c’est-à-dire jusqu’au moment où le mari a fait son propre vœu sur la base du sien. Après une heure, s’il veut l’annuler, pourquoi ne peut-il pas l’annuler ? N’est-ce pas parce qu’une fois qu’il l’a ratifié en fondant son vœu sur le sien, même pour une heure, il l’a ratifié de façon permanente et ne peut plus l’annuler ? La Guemara rejette cette suggestion. Non, ce n’est pas l’explication. Le tanna de cette michna soutient que quiconque dit les mots : Et moi, en réponse au vœu de sa femme, est comme quelqu’un qui dit : Cela t’est ratifié pour toujours. Toutes les questions susmentionnées restent donc sans résolution.
מַתְנִי׳ מֵת הָאָב — לֹא נִתְרוֹקְנָה רְשׁוּת לַבַּעַל. מֵת הַבַּעַל — נִתְרוֹקְנָה רְשׁוּת לָאָב. בָּזֶה יִפָּה כֹּחַ הָאָב מִכֹּחַ הַבַּעַל.
MICHNA : Si le père d’une jeune femme fiancée meurt, son autorité ne revient pas au mari, et le mari ne peut pas annuler seul les vœux de la jeune femme. Cependant, si le mari meurt, son autorité revient au père, qui peut désormais annuler seul ses vœux. À cet égard, le pouvoir du père est supérieur à celui du mari.
בְּדָבָר אַחֵר יִפָּה כֹּחַ הַבַּעַל מִכֹּחַ הָאָב: שֶׁהַבַּעַל מֵפֵר בִּבְגָר, וְהָאָב אֵינוֹ מֵפֵר בִּבְגָר.
À un autre égard, le pouvoir du mari est supérieur à celui du père, car le mari annule les vœux pendant l’âge adulte de la femme, une fois qu’ils sont pleinement mariés, tandis que le père n’annule pas ses vœux pendant son âge adulte.
גְּמָ׳ מַאי טַעְמָא — דְּאָמַר קְרָא ״בִּנְעֻרֶיהָ בֵּית אָבִיהָ״.
GUEMARA :Quelle en est la raison, c’est-à-dire quelle est la source du fait que l’autorité sur les vœux de la jeune femme ne revient pas au mari si son père meurt ? La source est que le verset déclare : « Étant dans sa jeunesse, dans la maison de son père » (Nombres 30:17). Tant qu’elle est une jeune femme « dans sa jeunesse », elle est considérée comme étant « dans la maison de son père » et sous son autorité, même si elle est fiancée. Même si son père vient à mourir, elle est toujours considérée comme étant dans sa maison, et son fiancé n’assume pas l’autorité sur ses vœux.
מֵת הַבַּעַל נִתְרוֹקְנָה רְשׁוּת לָאָב מְנָלַן? אָמַר רַבָּה: דְּאָמַר קְרָא ״וְאִם הָיוֹ תִהְיֶה לְאִישׁ וּנְדָרֶיהָ עָלֶיהָ״ —
La Guemara demande : D’où déduisons-nous que, si le mari est mort, son autorité retourne au père ? Rabba a dit : Nous l’apprenons du fait que le verset déclare : « Et si elle devient [hayo tihyeh] à un mari, et que ses vœux soient sur elle » (Nombres 30:7). L’expression hayo tihyeh est un emploi redoublé du verbe être. La Guemara comprend cela comme renvoyant à deux cas différents de fiançailles avec un homme, par exemple, le premier fiancé de la femme meurt, puis elle est fiancée à un autre homme.