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בָּעֵי רַב פָּפָּא: יֵשׁ יָד לְקִידּוּשִׁין, אוֹ לָא? הֵיכִי דָמֵי: אִילֵימָא דְּאָמַר לַהּ לְאִשָּׁה ״הֲרֵי אַתְּ מְקוּדֶּשֶׁת לִי״, וְאָמַר לַחֲבֶירְתָּהּ ״וְאַתְּ נָמֵי״ — פְּשִׁיטָא הַיְינוּ קִידּוּשִׁין עַצְמָן! אֶלָּא כְּגוֹן דְּאָמַר לַהּ לְאִשָּׁה ״הֲרֵי אַתְּ מְקוּדֶּשֶׁת לִי״, וְאָמַר לַהּ לַחֲבֶירְתָּהּ ״וְאַתְּ״. מִי אָמְרִינַן ״וְאַתְּ נָמֵי״ אֲמַר לַהּ לַחֲבֶירְתָּהּ, וְתָפְסִי בַּהּ קִידּוּשִׁין לַחֲבֶירְתָּהּ, אוֹ דִּלְמָא: ״וְאַתְּ חֲזַאי״ אֲמַר לַהּ לַחֲבֶירְתַּהּ, וְלָא תָּפְסִי בָּהּ קִידּוּשִׁין בַּחֲבֶירְתַּהּ.
§ Rav Pappa a soulevé un dilemme : y a-t-il une insinuation pour les fiançailles ou non ? Les fiançailles prennent-elles effet au moyen d’une déclaration incomplète ? La Guemara demande : Quelles sont les circonstances d’un tel cas ? Si nous disons qu’il s’agit d’un cas où quelqu’un a dit à une femme : Te voici fiancée à moi, et il a dit à une autre femme : Et toi aussi, n’est-il pas évident que c’est là les fiançailles elles-mêmes, et qu’elles prennent effet ? Plutôt, il s’agit d’un cas où quelqu’un a dit à une femme : Te voici fiancée à moi, et il a dit à une autre femme : Et toi. Disons-nous qu’il a dit à cette autre femme : Et toi aussi tu es fiancée, et les fiançailles prennent effet à l’égard de l’autre femme, ou peut-être a-t-il dit à l’autre femme : Et toi, vois que je fiance cette femme, et les fiançailles ne prennent pas effet à l’égard de l’autre femme ?
וּמִי מִיבְּעֵי לֵיהּ לְרַב פָּפָּא? וְהָא מִדַּאֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: מִי סָבַר שְׁמוּאֵל יָדַיִם שֶׁאֵין מוֹכִיחוֹת הָוְיָין יָדַיִם, מִכְּלָל דִּסְבִירָא לֵיהּ לְרַב פָּפָּא דְּיֵשׁ יָד לְקִידּוּשִׁין! חֲדָא מִגּוֹ מַאי דִּסְבִירָא לֵיהּ לִשְׁמוּאֵל אֲמַר לֵיהּ לְאַבָּיֵי.
La Guemara demande : Rav Pappa a-t-il soulevé cela comme un dilemme ? Mais du fait que Rav Pappa a dit à Abaye dans un cas concernant les fiançailles (voir Kiddushin 5b) : Shmuel soutient-il que les allusions ambiguës sont des allusions valides, on peut prouver par déduction que Rav Pappa soutient qu’il existe une allusion pour les fiançailles. La Guemara répond : Rav Pappa a parlé à Abaye de l’une des opinions que Shmuel soutenait. Shmuel avait statué que même une allusion ambiguë suffisait dans le cas des fiançailles, et Rav Pappa a mis en question cette décision sans exprimer sa propre opinion selon laquelle même des allusions évidentes ne sont pas valides en matière de fiançailles.
בָּעֵי רַב פָּפָּא: יֵשׁ יָד לְפֵאָה, אוֹ אֵין יָד לְפֵאָה? הֵיכִי דָמֵי: אִילֵימָא דְּאָמַר ״הָדֵין אוּגְיָא לֶיהֱוֵי פֵּאָה, וְהָדֵין נָמֵי״ — הָהִיא פֵּיאָה מְעַלַּיְיתָא הִיא. כִּי קָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ, כְּגוֹן דְּאָמַר ״וְהָדֵין״ וְלָא אָמַר ״נָמֵי״, מַאי?
§ Rav Pappa a soulevé un autre dilemme : y a-t-il une allusion concernant la pe’a, la production dans le coin d’un champ qui doit être laissée aux pauvres, ou n’y a-t-il pas d’allusion concernant la pe’a ? La Guemara demande : Quelles sont les circonstances de ce cas ? Si nous disons qu’il s’agit d’un cas où quelqu’un a dit : Ce sillon [ugeya] sera pe’a et celui-ci aussi, cela constitue une déclaration complète de pe’a. La Guemara explique : Il soulève le dilemme au sujet d’un cas où il a dit : Et celui-ci, sans dire : Et celui-ci aussi, et, par conséquent, sa déclaration peut être interprétée comme signifiant que cet autre sillon doit rester à lui et ne pas être inclus dans la pe’a (Tossafot). Quelle est la halakha dans ce cas ?
מִכְּלָל, דְּכִי אָמַר ״שָׂדֶה כּוּלָּהּ תֶּיהְוֵי פֵּאָה״, הָוְיָא פֵּאָה?
La Guemara interrompt ce raisonnement et se demande : Cela prouve-t-il par déduction que, dans un cas où quelqu’un a dit : Le champ entier sera pe’a, il serait entièrement considéré comme pe’a ? Le cas doit être celui où le premier sillon était suffisamment grand pour servir de pe’a pour tout le champ, car si ce n’était pas le cas, il serait clair qu’il voulait dire que le second sillon devait lui aussi être pe’a. Par conséquent, il ressort clairement de la question de Rav Pappa que l’on peut désigner comme pe’a une portion du champ plus grande que celle que l’on est absolument tenu de désigner.
אִין, וְהָתַנְיָא: מִנַּיִן שֶׁאִם רוֹצֶה לַעֲשׂוֹת כׇּל שָׂדֵהוּ פֵּאָה — עוֹשֶׂה, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״פְּאַת שָׂדְךָ״.
La Guemara répond : Oui, et cela est enseigné dans la baraita suivante : D’où est-il déduit que, si quelqu’un veut rendre tout son champ pe’a, il peut le faire ? Le verset déclare : « Tu ne moissonneras pas entièrement le coin de ton champ” (Lévitique 19:9). Cela est interprété comme signifiant que la totalité de « ton champ » peut être désignée comme le « coin » laissé aux pauvres.
מִי אָמְרִינַן: כֵּיוָן דְּאִיתַּקַּשׁ לְקׇרְבְּנוֹת; מָה קׇרְבָּנוֹת יֵשׁ לָהֶם יָד, אַף פֵּאָה יֵשׁ לָהּ יָד. אוֹ דִלְמָא: כִּי אִיתַּקַּשׁ — לְ״בַל תְּאַחֵר״ הוּא דְּאִיתַּקַּשׁ. וְהֵיכָא אִיתַּקַּשׁ? דְּתַנְיָא:
La Guemara revient à sa discussion du dilemme de Rav Pappa. Devons-nous dire que, puisque la pe’a est juxtaposée aux offrandes, de même que les offrandes comportent une allusion, ainsi la pe’a comporte-t-elle aussi une allusion ? Ou peut-être, lorsque la pe’a est juxtaposée aux offrandes, elle leur est juxtaposée uniquement pour indiquer qu’elle est soumise à l’interdiction : Tu ne tarderas pas ? La Guemara précise : Et où est-elle juxtaposée ? Comme cela a été enseigné dans une baraita :

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