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תָּנָא: הוּקְפְּלוּ רוֹב הַמַּקְצוּעוֹת — מוּתָּרוֹת מִשּׁוּם גֵּזֶל, וּפְטוּרוֹת מִן הַמַּעַשְׂרוֹת.
Les Sages ont enseigné : Si la plupart des couteaux ont été mis de côté, les figues laissées dans le champ sont permises au regard des lois du vol et sont exemptes des dîmes, puisqu’on présume que leurs propriétaires n’en veulent pas, et les figues sont donc considérées comme une propriété sans maître.
רַבִּי וְרַבִּי יוֹסֵי בַּר רַבִּי יְהוּדָה אִיקְּלַעוּ לְהָהוּא אַתְרָא בִּזְמַן שֶׁהוּקְפְּלוּ רוֹב הַמַּקְצוּעוֹת, רַבִּי הֲוָה קָא אָכֵיל, רַבִּי יוֹסֵי בַּר רַבִּי יְהוּדָה לָא אָכֵיל. אֲתָא מָרְהוֹן, אֲמַר לְהוּ: אַמַּאי לָא אָכְלִי רַבָּנַן? הוּקְפְּלוּ רוֹב הַמַּקְצוּעוֹת הוּא! וְאַף עַל פִּי כֵן לָא אָכֵיל רַבִּי יוֹסֵי בַּר רַבִּי יְהוּדָה, קָסָבַר: מִשּׁוּם סַנְיוּת מִילְּתָא הוּא דְּקָאָמַר הָדֵין גַּבְרָא.
La Guemara raconte : Rabbi Yehuda HaNasi et Rabbi Yosei bar Rabbi Yehuda arrivèrent dans un certain endroit à une époque où la plupart des couteaux avaient déjà été mis de côté. Rabbi Yehuda HaNasi mangea les figues laissées dans le champ, mais Rabbi Yosei bar Rabbi Yehuda ne mangea pas. Le propriétaire du champ vint et leur dit : Pourquoi les Sages ne mangent-ils pas ? C’est maintenant la période où la plupart des couteaux ont déjà été mis de côté. La Guemara note : Mais néanmoins, Rabbi Yosei bar Rabbi Yehuda ne mangea pas, car il pensa que c’était seulement par embarras à propos de l’affaire que cet homme avait dit cela, mais qu’il ne voulait pas réellement déclarer ses figues sans propriétaire.
רַבִּי חָמָא בַּר רַבִּי חֲנִינָא אִיקְּלַע לְהָהוּא אַתְרָא בִּזְמַן שֶׁהוּקְפְּלוּ רוֹב הַמַּקְצוּעוֹת, הֲוָה קָאָכֵיל, יָהֵיב לְשַׁמָּעֵיהּ לָא אָכֵיל. אֲמַר לֵיהּ: אֱכוֹל, כָּךְ אָמַר לִי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בַּר רַבִּי יוֹסֵי מִשּׁוּם אָבִיו: הוּקְפְּלוּ רוֹב הַמַּקְצוּעוֹת — מוּתָּרוֹת מִשּׁוּם גֵּזֶל וּפְטוּרוֹת מִן הַמַּעֲשֵׂר.
La Guemara rapporte un autre incident : Rabbi Ḥama bar Rabbi Ḥanina arriva dans un certain endroit à un moment où la plupart des couteaux avaient déjà été mis de côté. Il mangea des figues qui restaient dans le champ, mais lorsqu’il en donna quelques-unes à son serviteur, celui-ci n’en mangea pas. Rabbi Ḥama lui dit : Mange, car Rabbi Yishmael bar Rabbi Yosei m’a dit la décision suivante au nom de son père : Si la plupart des couteaux ont été mis de côté, les figues sont permises au regard des lois du vol et sont exemptes de la dîme.
רַבִּי טַרְפוֹן אַשְׁכְּחֵיהּ הָהוּא גַּבְרָא בִּזְמַן שֶׁהוּקְפְּלוּ הַמַּקְצוּעוֹת דְּקָאָכֵיל. אַחֲתֵיהּ בְּשַׂקָּא וְשַׁקְלֵיהּ וְאַמְטְיֵיהּ לְמִשְׁדֵּיהּ בְּנַהֲרָא. אָמַר לוֹ: אוֹי לוֹ לְטַרְפוֹן שֶׁזֶּה הוֹרְגוֹ! שְׁמַע הָהוּא גַּבְרָא שַׁבְקֵיהּ וַעֲרַק. אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ מִשּׁוּם רַבִּי חֲנַנְיָה בֶּן גַּמְלִיאֵל: כׇּל יָמָיו שֶׁל אוֹתוֹ צַדִּיק הָיָה מִצְטַעֵר עַל דָּבָר זֶה, אָמַר: אוֹי לִי שֶׁנִּשְׁתַּמַּשְׁתִּי בְּכִתְרָהּ שֶׁל תּוֹרָה.
La Guemara rapporte un autre incident : Un certain homme trouva Rabbi Tarfon en train de manger des figues de son champ au moment où la plupart des couteaux avaient déjà été mis de côté. Il plaça Rabbi Tarfon dans un sac, le souleva et le porta pour le jeter dans la rivière. Rabbi Tarfon lui dit : Malheur à Tarfon, car cet homme est en train de le tuer. Lorsque cet homme entendit qu’il transportait le grand Rabbi Tarfon, il le relâcha et s’enfuit. Rabbi Abbahu dit au nom de Rabbi Ḥananya ben Gamliel : Tous les jours de ce juste, Rabbi Tarfon, il fut affligé par cette affaire, disant : Malheur à moi, car j’ai fait usage de la couronne de la Torah, car Rabbi Tarfon ne fut libéré que par respect pour son étude de la Torah.
וְאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הַמִּשְׁתַּמֵּשׁ בְּכִתְרָהּ שֶׁל תּוֹרָה נֶעְקָר מִן הָעוֹלָם. קַל וָחוֹמֶר: וּמָה בֵּלְשַׁצַּר שֶׁנִּשְׁתַּמֵּשׁ בִּכְלֵי קוֹדֶשׁ שֶׁנַּעֲשׂוּ כְּלֵי חוֹל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבָאוּ בָהּ פָּרִיצִים וְחִילְּלוּהָ״, כֵּיוָן שֶׁפְּרָצוּם נַעֲשׂוּ חוֹל — נֶעְקַר מִן הָעוֹלָם, דִּכְתִיב: ״בֵּהּ בְּלֵילְיָא קְטִיל בֵּלְשַׁצַּר״, הַמִּשְׁתַּמֵּשׁ בְּכִתְרָהּ שֶׁל תּוֹרָה, שֶׁהוּא חַי וְקַיָּים לְעוֹלָם — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
Et au sujet de cette déclaration, Rabba bar bar Ḥana a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Quiconque fait usage de la couronne de la Torah est retranché du monde. Cela peut être déduit au moyen d'un raisonnement a fortiori : Si Belschatsar, qui a fait usage des vases sacrés du Temple, qui étaient déjà devenus des vases non sacrés à ce moment-là, car après leur retrait forcé du Temple les vases avaient perdu leur sainteté, comme il est dit dans le verset : « Et des pillards y entreront et le profaneront » (Ézéchiel 7:22), montrant que une fois que les vases du Temple ont été pillés, ils deviennent non sacrés, a été retranché du monde pour ses actes, comme il est écrit : « Cette nuit-là, Belschatsar, roi des Chaldéens, fut tué » (Daniel 5:30) ; celui qui fait usage de la couronne de la Torah, qui vit et demeure à jamais et dont la sainteté ne peut être retirée, à plus forte raison sera retranché.
וְרַבִּי טַרְפוֹן, כֵּיוָן דְּכִי אָכֵיל דְּהוּקְפְּלוּ רוֹב הַמַּקְצוּעוֹת הֲוָה, אַמַּאי צַעֲרֵיהּ הָהוּא גַּבְרָא? מִשּׁוּם דְּהָהוּא הֲווֹ גָּנְבִי לֵיהּ עִנְבֵי כּוּלַּהּ שַׁתָּא, וְכֵיוָן דְּאַשְׁכְּחֵיהּ לְרַבִּי טַרְפוֹן סָבַר: הַיְינוּ דְּגַנְבַן. אִי הָכִי אַמַּאי צַיעַר נַפְשֵׁיהּ? מִשּׁוּם דְּרַבִּי טַרְפוֹן עָשִׁיר גָּדוֹל הֲוָה, וַהֲוָה לֵיהּ לְפַיְּיסוֹ בְּדָמִים.
La Guemara revient sur l’incident impliquant Rabbi Tarfon. Et dans le cas de Rabbi Tarfon, puisqu’il mangeait au moment où la plupart des couteaux avaient déjà été mis de côté, pourquoi cet homme l’a-t-il importuné ? La Guemara explique : C’était parce que quelqu’un volait des raisins à cet homme toute l’année, et lorsqu’il trouva Rabbi Tarfon, il pensa : C’est celui qui m’a volé toute l’année. La Guemara demande : Si c’est le cas, pourquoi Rabbi Tarfon se réprimanda-t-il ? Il était clairement justifié de se sauver. La Guemara répond : Puisque Rabbi Tarfon était très riche, il aurait dû chercher à l’apaiser avec de l’argent afin de se sauver, plutôt que de s’appuyer sur son statut d’érudit de la Torah.
תַּנְיָא: ״לְאַהֲבָה אֶת ה׳ אֱלֹהֶיךָ לִשְׁמוֹעַ בְּקֹלוֹ וּלְדׇבְקָה בוֹ״, שֶׁלֹּא יֹאמַר אָדָם: אֶקְרָא שֶׁיִּקְרָאוּנִי ״חָכָם״, אֶשְׁנֶה שֶׁיִּקְרָאוּנִי ״רַבִּי״, אֲשַׁנֵּן שֶׁאֶהְיֶה זָקֵן וְאֵשֵׁב בִּישִׁיבָה.
À propos de l’histoire du regret de Rabbi Tarfon d’avoir tiré un bénéfice personnel de son statut d’érudit de la Torah, la Guemara cite des enseignements similaires. Il est enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Aimer l’Éternel, ton Dieu, écouter Sa voix et t’attacher à Lui » (Deutéronome 30:20). Ce verset indique qu’une personne ne doit pas dire : Je lirai la Torah écrite afin qu’on m’appelle Sage ; j’étudierai la Michna afin qu’on m’appelle Rabbi ; je réviserai mes études afin de devenir un Ancien et de siéger à l’académie.
אֶלָּא לְמַד מֵאַהֲבָה, וְסוֹף הַכָּבוֹד לָבֹא. שֶׁנֶּאֱמַר: ״קׇשְׁרֵם עַל אֶצְבְּעֹתֶיךָ כׇּתְבֵם עַל לוּחַ לִבֶּךָ״. וְאוֹמֵר: ״דְּרָכֶיהָ דַרְכֵי נוֹעַם״, וְאוֹמֵר: ״עֵץ חַיִּים הִיא לַמַּחֲזִיקִים בָּהּ וְתֹמְכֶיהָ מְאֻשָּׁר״.
Au contraire, apprends par amour, comme l’énonce le verset : « Aimer le Seigneur ton Dieu. » Et l’honneur finira par venir de lui-même, comme il est dit : « Attache-les à tes doigts ; écris-les sur la tablette de ton cœur » (Proverbes 7:3), et il est dit : « Ses voies sont des voies agréables, et tous ses sentiers sont paix » (Proverbes 3:17), et il est dit : « Elle est un arbre de vie pour ceux qui la saisissent ; heureux est quiconque la retient fermement » (Proverbes 3:17). Par conséquent, celui qui étudie afin de maîtriser la Torah pour elle-même, comme cela se reflète dans le verset « attache-les à tes doigts », finira par mériter l’agrément, la paix et le bonheur.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בַּר רַבִּי צָדוֹק אוֹמֵר: עֲשֵׂה דְּבָרִים לְשֵׁם פׇּעֳלָם, וְדַבֵּר בָּהֶם לִשְׁמָם. אַל תַּעֲשֵׂם עֲטָרָה לְהִתְגַּדֵּל בָּהֶם, וְאַל תַּעֲשֵׂם קוּרְדּוֹם לִהְיוֹת עוֹדֵר בּוֹ. וְקַל וָחוֹמֶר: וּמָה בֵּלְשַׁצַּר שֶׁלֹּא נִשְׁתַּמֵּשׁ אֶלָּא בִּכְלֵי קֹדֶשׁ שֶׁנַּעֲשׂוּ כְּלֵי חוֹל — נֶעְקַר מִן הָעוֹלָם, הַמִּשְׁתַּמֵּשׁ בְּכִתְרָהּ שֶׁל תּוֹרָה — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
Rabbi Eliezer bar Rabbi Tzadok dit : Faites les choses pour l’accomplissement même de celles-ci, et non pour quelque motif ultérieur, et prononcez des paroles de Torah pour elles-mêmes. N’en faites pas une couronne avec laquelle vous glorifier, et n’en faites pas une doloire [kordom] avec laquelle bêcher, c’est-à-dire n’utilisez pas l’étude de la Torah comme moyen de gagner votre vie. Et ceci est un raisonnement a fortiori : Si Belschatsar, qui n’a fait usage que de vases sacrés devenus des vases non sacrés, a été retranché du monde, celui qui fait usage de la couronne de la Torah, dont la sainteté est permanente, à plus forte raison sera retranché du monde.
אָמַר רָבָא: שְׁרֵי לֵיהּ לְאִינִישׁ לְאוֹדוֹעֵי נַפְשֵׁיהּ בְּאַתְרָא דְּלָא יָדְעִי לֵיהּ — דִּכְתִיב: ״וְעַבְדְּךָ יָרֵא אֶת ה׳ מִנְּעוּרָיו״, אֶלָּא קַשְׁיָא דְּרַבִּי טַרְפוֹן! עָשִׁיר גָּדוֹל הָיָה, וַהֲוָה לֵיהּ לְפַיֹּיסֵיהּ בְּדָמִים.
Rava a dit : En temps de nécessité, il est permis à une personne de se faire connaître dans un endroit où les gens ne la connaissent pas. La preuve vient de ce qu’Obadia dit à Élie afin de s’identifier, comme il est écrit : « Mais moi, ton serviteur, j’ai craint le Seigneur depuis ma jeunesse » (I Rois 18:12). La Guemara demande : Mais cela est difficile au regard de l’histoire de Rabbi Tarfon, qui était bouleversé parce qu’il avait révélé son identité à l’homme qui l’avait placé dans le sac. La Guemara répond : Le cas de Rabbi Tarfon est différent, car il était très riche, et par conséquent il aurait dû chercher à l’apaiser avec de l’argent.
רָבָא רָמֵי, כְּתִיב: ״וְעַבְדְּךָ יָרֵא אֶת ה׳ מִנְּעוּרָיו״, וּכְתִיב: ״יְהַלֶּלְךָ זָר וְלֹא פִיךָ״! הָא — בְּאַתְרָא דְּיָדְעִי לֵיהּ, הָא — בְּאַתְרָא דְּלָא יָדְעִי לֵיהּ.
Rava soulève une contradiction : Il est écrit qu’Abdias a parlé avantageusement de lui-même : « Mais moi, ton serviteur, j’ai craint le Seigneur depuis ma jeunesse. » Et il est écrit : « Qu’un autre te loue, et non ta propre bouche » (Proverbes 27:2). Il répond : Ce verset fait référence à un endroit où les gens le connaissent, où il ne devrait pas se louer lui-même, tandis que cet autre verset fait référence à un endroit où les gens ne le connaissent pas.
אָמַר רָבָא: שְׁרֵי לֵיהּ לְצוּרְבָּא מֵרַבָּנַן לְמֵימַר ״צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן אֲנָא, שְׁרוֹ לִי תִּיגְרַאי בְּרֵישָׁא״, דִּכְתִיב: ״וּבְנֵי דָוִד כֹּהֲנִים הָיוּ״ — מָה כֹּהֵן נוֹטֵל בָּרֹאשׁ, אַף תַּלְמִיד חָכָם נוֹטֵל בָּרֹאשׁ. וְכֹהֵן מְנָא לַן? דִּכְתִיב: ״וְקִדַּשְׁתּוֹ כִּי אֶת לֶחֶם (ה׳) אֱלֹהֶיךָ הוּא מַקְרִיב״, וְתָנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: ״וְקִדַּשְׁתּוֹ״ — לְכׇל דָּבָר שֶׁבִּקְדוּשָּׁה,
Rava dit en outre : Il est permis à un érudit de la Torah de dire : Je suis un érudit de la Torah, donc réglez mon affaire en premier, comme il est écrit : « Et les fils de David étaient prêtres » (II Samuel 8:18). Les fils de David ne pouvaient pas avoir été de véritables prêtres, puisque David n’était pas prêtre. Le verset indique plutôt que de même qu’un prêtre prend sa part en premier, de même un érudit de la Torah prend sa part en premier. Et d’où déduisons-nous, concernant un prêtre, qu’il prend sa part en premier ? Comme il est écrit : « Tu le sanctifieras, car il offre le pain de ton Dieu » (Lévitique 21:8). Et l’école de Rabbi Yishmael a enseigné : L’expression « tu le sanctifieras » s’applique à toute question de sainteté :

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